On peut faire dire ce qu’on veut aux chiffres

C’est un peu de la répétition de ce que mon collègue de la Kaverne racontait aujourd’hui, mais c’est que ça m’impressionne de voir la logique implacable des Conservateurs et leur habileté machiavélique à manipuler les faits. Franchement, c’est du pur génie ni plus ni moins !

Pensons-y : prenons l’affaire de Statistiques Canada qui, selon Stockwell Day (le « grand penseur » de l’Alliance canadienne si vous vous souvenez de votre histoire politique canadienne), ne révélerait pas de bons chiffres sur le crime. Effectivement pour un conservateur qui rêve chaque nuit de voir les gens de la gauche dans des camps de concentration établissements de réforme, qui souhaite voir pousser des prisons comme de la moisissure et qui veut établir de régime de terreur, des chiffres indiquant une baisse de la criminalité, ça défait la fête un peu.

Alors, pour se justifier, il sort des « sondages » indiquant que beaucoup de Canadiens ne dénoncent pas des crimes auxquels ils sont témoins. 1) Déjà, ça part mal quand tu utilises le terme sondages de manière vague sans les citer. 2) Qu’est-ce qu’on entend pas crime non dénoncés ? Parce que, par exemple, j’ai vu souvent sur la route des chauffards chauffeurs pour qui, malheureusement, les clignotants semblaient être une option (particulièrement sur les voitures munies des trois lettres suivantes: B M & W). Il est donc vrai que je n’ai jamais dénoncé cela à la police. Ou une voiture qui grille un feu rouge. J’ai déjà connu des gens qui se faisaient payer sous la table pour des services. C’est effectivement illégal et je ne les ai pas dénoncés. Donc, oui, si on me posait la question dans un sondage, je pourrais dire que j’ai déjà omis de dénoncer un « Canadien » ayant commis une infraction à la loi. Or, il me semble que quand on parle de crimes graves, on parle de fraudes, de cambriolages, de hold-up, d’agressions, de tentatives de meurtre, d’homicides et de viols. Or, il doit pas y avoir TANT de Canadiens qui se la bouclent quand ils assistent à ce type de crimes. Mais, 3) cela va directement dans la stratégie conservatrice de manipuler les faits pour ses besoins.

Ce sont comme les supposées milliers de plaintes que Maxime Bernier (alias M. Joe Louis ou M. J’oublie des documents confidentiels chez ma maîtresse) aurait reçues sur le recensement alors qu’officiellement, seulement 3 plaintes en 10 ans sur le fameux formulaire composé pour nous transformer en zombies de l’État. Mais là, encore, manipulons les chiffres pour alerter la population: c’est horrible, cette version va dans votre intimité et veut savoir VOTRE REVENU !!! Ouh ! Donc, si je suis cette logique, l’an prochain lors de la période des impôts, je pourrais refuser d’envoyer mes formulaires. Après tout, on cherche à savoir un chiffre intime:  combien j’ai gagné dans l’année.

Ce qui est amusant dans toute cette bataille commencé en plein milieu du mois de juillet (façon que le public ne s’intéresse pas à l’histoire), c’est de voir les grands partisans de la droite sur Internet crier que le recensement est une laisse étatique pour nous contrôler (j’imagine qu’on tombe en transe en prenant le papier en question), MAIS lorsque vient le temps de nous démontrer qu’on tue la richesse au Canada avec nos impôts, que le niveau de vie des pauvres n’est pas aussi dramatique que le disent les organismes de gauche, ils sont les premiers à ressortir les chiffres de l’entité qui veut laver nos cerveaux au détergent Statistiques Canada.

Comme quoi, on peut faire dire ce qu’on veut aux chiffres…

Pierre-Hugues Boisvenu et la paranoïa

Sur ces fameuses statistiques de la criminalité qui n’est, du moins, pas en progression fulgurante comme le croit M. Day, le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu crie littéralement au complot. J’imagine que ce sont les corps de police du pays qui ont arrangé le tout pour pouvoir se prendre le beigne à deux mains…

Vous savez, M. Boisvenu, je vous l’avoue, je ne l’aime pas. J’ai été très touché par la mort de sa fille (voire ses filles car une autre est morte dans un accident de la route) par un meurtrier. Mais – comment dire ? – son deuil s’est carrément mal fait. Au départ, ça semblait pourtant constructif. Il avait conçu un organisme de défense des victimes, il apportait des points intéressants dans un système de justice qui croule un peu trop sous la paperasse et qui fait durer des procès indéfiniment. Sauf que le problème de M. Boisvenu, c’est qu’il est toujours au stade « colère » du deuil. C’est ainsi qu’il en est venu à dire des énormités sur les détenus, à voir tous ceux en prison sur le même pied: comme des psychopathes sanguinaires et violeurs. Il a tenté de soutirer de l’argent au corps policier de Sherbrooke, réclamant vengeance. Cela lui fut refusé par la Cour car, même s’il est vrai que les policiers auraient pu arrêter le meurtrier de sa fille plus rapidement, il n’y a jamais eu de mauvaise foi de leur part.

Et c’est à cet homme qu’Harper a offert un poste de sénateur. À un homme qui, visiblement, est loin d’avoir fait le deuil de sa fille. Un homme ultra en colère a désormais le pouvoir de voter des législations au Parlement ? Y a-t-il rien que moi qui voit les dérives que cela peut entraîner ? Cet homme avait la capacité de faire quelque chose de bien. Il est tombé dans le côté sombre. Bien sûr, pour tous, il sonne comme le « Robin des bois des victimes » et il trouve facilement son public chez ceux en quête d’une justice sanglante. Mais le pire, dans tout ça, c’est que cette « guerre aux criminels » ne lui ramènera ni sa fille ni même un bien-être qu’il cherche visiblement.

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Et le monde tourne

Bon, petit retour sur ce qui a touché l’actualité dans les dernières semaines et mes opinions là-dessus très courtes ou moins courtes . Évidemment, l’actualité a été chaude alors je ne couvrirai pas tout ce qui s’est passé. Seulement quelques événements:

Le petit « tour de chant » de Stephen Harper: OK, ce n’est pas le fait que le premier ministre (ancien pianiste) ait chanté une chanson des Beatles qui m’achale mais le mouvement de « Oh mais y est-tu « cuuuute » ! » ou « Oh ça le rend tellement plus humain ! » qu’il y a autour. Votre « nouvel ami chanteur », je vous le rappelle, disait pratiquement il y a un an que les artistes étaient des sangsues, des bêtes en quête de visibilité dans des galas chics. Et là, on le voit dans un gala au profit des jeunes artistes… Et vous aller me faire accroire que ce n’est pas un coup politique planifié ? Ben ouais !

Oh et j’aurais bien publié la vidéo de Harper, mais comment dire, notre comité aux subventions a décidé de refuser sa demander. Pas assez de valeurs canadiennes dans la chanson (chanson britannique) et chez le chanteur aussi à droite socialement que le Parti républicain des États-Unis.

Public vs privé, l’éternel combat des écoles: À cette période de l’année, c’est le moment où l’on se rue sur les examens d’admission du privé. Bien sûr le mouvement populaire veut que point d’école privée, point de salut pour nos jeunes qui seront alors confrontés à la drogue, au sexe et pire, « aux races ».  C’est bizarre car parmi les plus grands drogués que j’ai connus au secondaire, la plupart provenaient… d’écoles privées. Et puis, comment dire, il y a peut-être plus de sexe et de drogue à l’école privée parce que ce n’est pas un club sélect et donc, forcément, il y a toutes sortes d’individus: des cancres profonds aux génies.

Le problème avec le financement de l’école privée à 60%, c’est qu’elle veut les avantages du public (financement du gouvernement) sans les désagréments (élèves à problème, familles pauvres, etc.). Alors, on veut continuer à financer le privé ? OK, mais elles devraient respecter un ratio d’élèves en difficulté et d’élèves moins fortunés dans ses murs (et donc, qui ne paieraient pas).  Quoi ? Mais ça deviendrait une école mixte, presque publique !, s’écrièrent les parents d’effroi. Peut-être mais ça serait mes conditions pour un financement de l’État. Sinon, vous vous débrouillez  comme une véritable entreprise privée ! Mais personne ne pourra se permettre un tel coût ? Pas notre problème ! Parce que pourquoi je paierais pour un système qui peut faire ce qui veut, qui peut choisir qui il veut avec mon argent et à la fois un système qui fait ce qui peut avec les faibles moyens qu’il a ? Certains partisans du privé diront qu’ils paient déjà la taxe scolaire même en envoyant leurs enfants au privé.  C’est vrai. D’ailleurs, je serais prêt à faire une exemption à ces parents: à condition qu’ils paient 2000-3000-4000 $  par année d’instruction pour leur(s) chérubin(s) comme le font tous les parents en Amérique qui tiennent mordicus à éviter le système public. C’est ça le rêve américain, ça coûte très cher.

C’est drôle, hein ? On parle souvent des vaches sacrées que l’on doit modifier au Québec. C’est le motto de l’ADQ d’ailleurs. Pourtant, parmi toutes les vaches sacrées au Québec, celle du financement public d’écoles privées passe sous silence…

Coderre et le PLC : Pas grand chose à dire. Il faut le dire, j’ai toujours vu Denis Coderre comme la grosse mascotte fatigante du Parti Libéral. OK, ouais, elle est bien sympathique au début et pleine de couleurs. Sauf que dans ce cas-ci en plus, elle a une grande gueule, elle ne la ferme jamais et elle a tendance à se lancer devant chaque lentille pour garder sa popularité. Pas étonnant que certains grinçaient des dents avec lui comme lieutenant du Québec.

Quant à Ignatieff, ça a démontré son manque de leadership flagrant et son incapacité à gérer une crise. Qu’est-ce que ça serait s’il était premier ministre et qu’il devait gérer des crises bien plus graves qu’un dodu québécois aspirant à sa « job » ? Plusieurs ne comprennent pas pourquoi la sauce Ignatieff ne prend pas. Peut-être parce qu’on croit qu’elle sent nouvelle, elle a l’air nouvelle, mais elle n’a pratiquement pas de goût, on ne sait pas où ça veut aller et quand il y a un goût, c’est un vieux fond de fédéralisme centralisateur que tout le monde déteste. Oui, la sauce peut prendre de la saveur mais pour cela, ils doivent ajouter des épices (alias des idées, des propositions rassembleuses… pas juste « s’opposer pour s’opposer ») au plus sacrant ! Parce que j’ai bien peur qu’une sauce aussi fade laisse la porte toute ouverte à un Harper majoritaire… Gulp !

Barack Obama, prix Nobel de la paix: J’ai eu deux réactions à cette nouvelle. La première était un sourire en me disant que c’est vrai qu’avec Obama à la tête des États-Unis, le discours international guerrier a changé et tout. Puis, j’ai fait comme: « Ouais, OK, le discours a changé mais pas les actions… » Après tout, ne sont-ils pas encore en Irak et en Afghanistan ? Ils se demandent même s’ils doivent envoyer plus de troupes dans ce Vietnam des années 2000…

Et puis, en un an, son bilan ne m’impressionne guère. Je comprends qu’aux États-Unis, c’est plus facile de déplacer une maison avec la force de ses bras que de faire passer un projet de loi, une réforme, etc. Mais au-delà des beaux discours, il faut du concret. Sinon, ça ne donne qu’un acteur charismatique. Alors, oui, c’est trop tôt le prix Nobel de la paix à Barack. Cependant, on peut se dire que c’est peut-être surtout un prix du style « Merci de ne pas être George W. Bush ».  Là-dessus, oui, il le mérite.

La bébelle de Guy mission humanitaire de Guy Laliberté dans l’espace: Comprenons-nous bien. Guy Laliberté n’a pas volé son argent. Il l’a pleinement mérité. Il a le droit de faire ce qu’il veut avec son dû. Donc, il a les moyens de se payer un voyage dans l’espace et il l’a fait. Parfait. Le gars est milliardaire, mais donne 1% de son revenu à sa fondation One Drop. C’est TRÈS peu, mais c’est vrai que rien ne l’oblige théoriquement à le faire.

Là où je décroche, ça a été tout le battage médiatique ici sur ce fameux spectacle qui eut lieu vendredi passé et qui franchement… était une grosse pub du Cirque du Soleil avec – oh je l’accorde ! – beaucoup de moyens, mais très longue et ennuyeuse et qui a servi à quoi au fond ? Parce que c’est bien beau dépenser des millions de dollars sur un spectacle supposé sensibiliser sur l’eau, de rassembler David Suzuki, Al Gore, U2 et d’autres artistes et militants dans le monde, mais quand le show ne passe à la télévision que dans quelques pays et sur des chaînes anonymes (genre, ici, à RDI)… Il me semble que l’impact équivaut à une goutte dans l’océan, sans jeu de mots. Oui, OK, il y avait Internet, mais franchement, je n’ai pas ressenti un mouvement de soulèvement populaire de protection de l’eau et pour que tous aient accès à de l’eau. Je suis même convaincu qu’il y a quelque part en fin de semaine, un « twit » qui a profité de la belle fin de semaine pour laver son entrée de garage…

C’est qu’à ce prix-là, pourquoi ne pas avoir simplement injecté tout cet argent dans la fondation One Drop ? Ou pour créer un documentaire coup de poing sur la question de l’eau ? Je pensé sincèrement que j’aurais préféré que Laliberté dise simplement: « Je me paie un « trip », je vais dans l’espace. Ça a toujours été mon rêve depuis que je suis gamin. » Plutôt que d’essayer de camoufler cela sous un couvert philanthropique qui s’avère être davantage des coups d’épée dans l’eau plus qu’autre chose. Et non, ce n’est pas de dénigrer le gars, ce n’est pas pour « démoniser un riche »;  c’est juste qu’au bout du compte, on se demande s’il n’aurait pas été préférable que le tourisme spatial passe incognito plutôt que de nous faire croire à un événement MONDIAL et incroyable… qui n’a finalement pas réuni grand monde.

Le sens des priorités

Non, je ne parlerai pas encore de Kovalev. Le dossier est clos ! Bon débarras et bonne chance au coach d’Ottawa de devoir apprendre à supporter la volonté « flottante » de l’attaquant.

Je ne parlerai ni de ça. Tous les médias le font et j’espère d’ailleurs qu’après aujourd’hui, on lâchera le morceau.

Non, c’est que je voulais aborder quelque chose qui va passer sous silence à cause de la nouvelle abordée dans les lignes précédentes. Le Sommet du G8 s’amorcera demain en Italie et encore une fois, notre bacon premier ministre canadien reste dans ses positions avant ce sommet de pays riches: y faut parler cash, cash, cash et surtout pas de changements climatiques.

Première question: vit-il vraiment au Canada ce gars-là ? Parce que les changements climatiques font déjà des effets. Il n’avait qu’à regarder dans ses belles Prairies où il y a une sécheresse qui a eu lieu dans le dernier mois. Des agriculteurs et éleveurs d’ailleurs bien nerveux qui commencent peut-être à comprendre ce que ça fait quand on pense qu’on peut polluer sans cesse sans que ça nous revienne dans la face.

Évidemment, la réaction de Harper et de bien des suivants de la droite: pas le moment de parler de ça alors qu’on vit une crise économique. Euh… Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas faire les deux. Au contraire, ces changements climatiques nous forcent à revoir certaines manières de faire, à développer des industries plus écologiques (je vais parler en termes simples: création d’emplois dans des industries plus « vertes »), des moyens d’exploiter les ressources planétaires de manière logique et respectueuse. Mais non ! Hé ! Ça c’est un discours d’écolo extrémiste ! Voyons donc !

Harper a ajouté que ça ne donnait rien de parler de ça là-bas, qu’il faudrait en parler dans un forum plus vaste. Foutaises ! Vous allez être entre les pays les plus riches au monde, donc ceux qui consomment le plus et par conséquence sont parmi les plus grands pollueurs de la planète. Donc, déjà amorcer une discussion entre plus riches serait un incitatif pour les autres pays de discuter sur le sujet. Mais non, ça serait trop logique et ça serait penser différemment, faire de la politique différemment.

Allons ! Continuons dans les mêmes traces qu’on a suivies depuis la fin du 19ème siècle ! On va que ça nous a emmenés à tant de bonheur ! (dis-je avec sarcasme)

Éloge de la feuille d’érable

OK, bon, j’ai déjà dit ici que j’étais souverainiste… Sauf que… Après mûres réflexions et discussions, je me suis rendu compte que ben… j’avais tort. Non, vraiment, fallait être assez niaiseux merci pour croire vraiment que le Québec est en mesure d’être un pays fort et fier sans l’appui de ce bon et cher Canada ! Alors, en cette journée de la fête nationale, je fais mon éloge du pays de la feuille d’érable en soulignant les grands symboles canadiens.

Tout d’abord, les feuilles d’érables bien sûr. Ces feuilles ne sont pas aussi intéressantes si on ne s’intéresse pas à l’arbre derrière. Cet arbre qui peut sembler plutôt ordinaire, presque repoussant, cache pourtant en sa sève un redoutable atout: bien apprêté, la sève peut créer un sirop très sucré, collant, attirant et qui enlève toute capacité de réfléchir. Un vrai arbre canadien.

Ah les Rocheuses canadiennes ! Une des trop nombreuses raisons pour ne pas se séparer du Canada. Ces grandes chaînes de montagne sont un symbole de notre société « la plusse meilleure au monde »: des montagnes de roches et d’arbres qui peinent à survivre avec au sommet, la neige – fort riche – qui a tous les avantages et qui se fout du reste des montagnes. Non, mais « c’es-ti pas » magnifique ?

Ah, notre gendarmerie royale ! Gardiens de notre fédéralisme trop souvent menacé, ils sont également des symboles plutôt controversés. Après tout, ils représentent aussi toute notre concupiscence canadienne. En effet, tous les Canadiens au lit, ils se sentent obligés de porter du rouge, ils n’ont aucune expression faciale et restent immobiles pendant des heures.

Notre reine, notre souveraine. Tous comme la majorité des Canadiens, elle ne sait pas qu’il y a des francophones dans sa colonie son ancienne colonie.

Le castor, symbole national des parcs nationaux canadiens. Sa longue queue plate représente bien tout le plaisir qu’on peut avoir dans ceux-ci. En plus, notre premier ministre actuel. Stephen Harper, n’a pas l’intention de mettre un castor* sur l’environnement. Bah… au pire, notre symbole national deviendra des sables bitumineux.

Ah, le Sauveur du Canada: Jean Chrétien. Sans lui et ses groupes de joyeux fantastiques, le pays aurait été déchiré en 1995 par les sales souverainistes. Certains pourraient dire qu’ils ont usé de manières sales pour gagner en se servant de pots-de-vin. Mais ne dit-on pas que la fin justifie les moyens ? Surtout pour sauver un pays aussi honnête que le Canada ?

Finalement, le symbole le plus actuel du patrimoine canadien: Stephen Harper. Pas aussi puissant que Jean Chrétien, mais tout de même, Harper aura réussi là où tous les premiers ministres précédents ont échoué. En effet, le premier ministre d’Alberta a réussi le rêve profond de tout canadien: devenir américain. Parce qu’en se retirant du protocole de Kyoto, en appuyant les décisions de Bush, en augmentant le budget de l’armée et en diminuant les budgets allant aux arts et à la recherche scientifique, en engageant un ministre créationniste et en se tenant avec la droite religieuse, Stephen Harper pave le chemin pour que le Canada devienne un 51ème État des États-Unis. N’est-ce pas là, le rêve ?

Merci, Stephen Harper ! Et happy Canada Day 4th of July !

Merci également à Martin Petit pour l’inspiration « fédéraliste de ce billet » et à Steve Proulx qui nous rappelle que malgré tout, il y a encore quelques jeunes terroristes qui souhaitent la mort du plus beau pays au monde

(Attention: Vous avez été en contact avec un billet de blogue contenant du sarcasme, de l’ironie et de la « bitcherie ». Veuillez vous lavez les mains avec du savon pendant 5 minutes. Si vous sentez des malaises après avoir lu ce billet, appellez un centre antipoison et vous passerez pour un « fucké ». Si vous avez avalé le billet (c’est-à-dire l’écran d’ordinateur), vous êtes définitivement un craqué dans la tête et on ne peut rien pour vous.)

Le chant des sirènes

J’aime l’Histoire. J’aimerais même en lire plus sur l’Histoire, voir plus de films sur le sujet. Parce que quand tu regardes l’Histoire, tu te rends compte d’une chose: l’humain fait souvent les mêmes erreurs. Regardez la crise économique actuelle et celle de 1929. Bon, OK, ce ne sont pas tout à fait les mêmes circonstances, mais on a encore souffert de la spéculation trop grosse pour la réalité.

Mais ce qui est le plus drôle dans l’Histoire, c’est quand tu vois que les mêmes choses se reproduisent dans un intervalle court. Parce que ça permet de vérifier la fameuse devise du Québec: « Je me souviens ».

En fin de semaine, c’était le congrès du Parti Libéral du Canada au Québec. Le but étant de rallier, secouer les troupes qui ont franchement perdu des plumes depuis le scandale des commandites (allez y comprendre quelque chose !, dis-je avec sarcasme) dans la « belle province ». Hier, Michael Ignatieff disait aux Québécois qu’il était temps qu’ils votent pour former le pouvoir et non l’opposition, qu’il défendrait les Québécois becs et ongles, disant même qu’il n’y avait pas de problèmes à ce qu’un Québécois se dise Québécois avant Canadien ou vice-versa…

Ça ne vous fait pas penser à quelque chose qui a eu lieu il y a à peine 3 ou 4 ans ?

Un bedonnant albertain qui dans un français cassé nous invitait à défaire un gouvernement corrompu ? Qui disait que le Québec serait sa top priorité ? Qu’il partageait les valeurs des Québecois ?

Vous savez, celui qui a ensuite changé les règles de péréquation, qui a coupé dans la culture, qui voulait qu’on enferme tous nos jeunes de 14 ans qui respirent légèrement croches et etc. ?

Ah, là, ça vous dit quelque chose, n’est-ce pas ?

On aime bien le chant des sirènes au Québec. On aime se faire dire par des fédéralistes, peu importe le parti: « Non, écoutez, NOUS on va s’occuper de vous, on va bien vous traiter, on a des racines ici. » Or, à chaque fois, c’est la même histoire. Une fois qu’ils nous ont bien envoûtés avec leur chant et avec quelques actions pour être sûr que nous sommes sous leur emprise (l’exemple le plus récent dans l’Histoire: nous donner un statut de nation), ils nous mettent dans le filet et nous regarde nous débattre (exemples: se rendre compte que le statut de nation donne rien et qu’on ne peut même pas négocier pour rapatrier des pouvoirs à Québec, qu’on a un siège à l’UNESCO sans avoir le droit de parole, nos artistes (et là, je ne parle pas des vedettes, je parle des artistes moins connus, plus locaux) qui se font couper des programmes sans qu’on en remette de neufs, etc.). Parce que le problème, comme le dit si bien le Prof Solitaire, c’est que ça n’a jamais rien donné de bon d’avoir une grande majorité de députés fédéralistes au pouvoir, même Québécois.

On devrait peut-être faire comme Ulysse: se mettre de la cire dans les oreilles, arrêter d’écouter ces beaux-parleurs qui ne veulent de nous que pour avoir une majorité à Ottawa…

Autre sujet qui a peut-être succombé au chant des sirènes de la Star Ac: Michel Rivard. Hier, l’artiste et le groupe Beau Dommage était à Tout le monde en parle (Est-ce moi, d’ailleurs, où l’émission a capitulé devant Star Académie en mettant les invités les plus plates du monde dans les dernières semaines ? Enfin…) et forcément, une question est venue sur le fait qu’il est maintenant professeur à Star Académie, lui qui en 2003 avait fait une sortie assez dure sur ce type d’émission.

Or, comme le rapporte Richard Therrien ici, Michel Rivard a dit comme seule affirmation face à cette question hier soir:

Depuis le début, je suis un fan fini de Star Académie.

Pardon ? Celui qui a qualifié cette émission en 2003 de dangereuse et de mercantile, celui qui a même fait des blagues lors du gala de l’ADISQ qu’il anima en 2005 comme quoi les académiciens étaient des petits pitous, ce gars-là  serait un fan fini depuis le début ?!! Entendons-nous bien ! Je sais qu’un être humain change, qu’il est plein de contradictions. Je sais même qu’il a participé à Star Académie avant son gala de l’ADISQ de 2005 et qu’il a aimé ça.

Sauf que de dire que tu es un fan de la première heure ? Wô ! Snif, snif… Ça sent l’hypocrisie à plein nez. Pourquoi ne pas avoir été honnête ? « Au début, je trouvais ça effectivement dangereux comme entreprise, mais après quelques visionnements et rencontres avec les artisans, je me suis rendu compte que c’était correct et j’ai accroché. » Je veux dire: il a le droit d’avoir changé d’idée, y paraît qu’il y a rien que les fous qui ne le font pas. Sauf que de faire comme s’il n’y avait jamais rien eu, pas la moindre critique, que dans le fond, il badinait quasiment avec les journalistes lors de ses critiques en 2003… Bullshit. Désolé, mais c’est juste ça que c’est.

Le billet du jour: Je suis un « nerd », un « geek », allez-y de tous les qualificatifs possibles. Bref, ai-je besoin de vous dire que le sport et moi, ça a toujours fait deux ? Là, j’ai une routine d’exercices mais elle commence à peine et c’est pas toujours la joie. Pour moi, les périodes d’éducation physique à l’école étaient cauchemardesques, source d’anxiété profonde qui m’a probablement enlevée 5 années de vie. Et pourtant, il est possible de se réconcilier avec le sport, même quand ça a été le sujet de grandes humiliations. Un peu comme la démarche du Détracteur décrite dans son billet d’aujourd’hui, un billet très touchant et rempli d’optimisme. 🙂

Hein ?

Caricature de Renart du 3 mars 2009- Je ne trouvais rien d’autre qui allait mieux avec le sujet que ça.

OK. Attendez que je comprenne. Pour Harper, c’était important d’être en Afghanistan. Il y a deux ans à peine, nous sauvions ce peuple en allant là selon lui. Le rapport Manley venait conforter Harper l’an dernier dans ses convictions de rester quelques années sur le terrain.

Et là, soudain en 2009…

« On ne gagnera jamais contre l’insurrection talibane. »

Alors qu’on s’est fait chier pendant 2-3 ans à entendre les « Support our troopers » sur cette foutue guerre, que deux jours avant cette entrevue à CNN, le maire LaBeaume traitait tous les sceptiques de cette mission de « bavards emmitouflés dans leur sécurité québécoise » (question au maire LaBeaume: êtes-vous déjà allés au combat, vous ? Et là, je ne parle pas d’avoir été dans les cadets de l’air les fins de semaine. Je parle d’un vrai terrain de combat où ça pue la mort, où les seuls sons ambiants sont des tirs de balle et que l’on reste posté à attendre son ennemi sous une pluie diluvienne ou une chaleur infernale.  Non, hein ?  Facile de parler d’emmitouflés dans la sécurité quand on en est un soi-même.), aux lendemains on entend le prime minister, celui pour qui le conflit armé est une solution viable, nous dire que finalement, ça ne marchera pas.

Et là, il y a plein d’autres convois de l’armée canadienne qui vont partir d’ici 2011 en Afghanistan… Génial ! Alors, on dira quoi aux enfants qui vont perdre leur père et leur mère là-bas ?

– Désolé mon grand, mais ton papa est mort pour rien. En fait, ce n’est pas vrai. Ton papa est mort pour des raisons politiques (et économiques), pour faire plaisir à tous ces grands seigneurs de guerre qui n’ont jamais foutu le pied sur un champ de bataille. Eux qui, pendant que ton papa crevait, le corps atrocement mutilé par une mine artisanale, buvaient du champagne hors de prix en se faisant croire que cette guerre est pour la « liberté du peuple afghan ». Or, la liberté d’un peuple qu’on ne connaissait même pas avant ce conflit, on s’en fiche quand on est un seigneur de guerre. L’important, c’est le fric qui vient avec. Particulièrement quand la mission est payée chèrement par les deniers publics. Là, c’est la jouissance.

Évidemment, j’entends déjà les mautadits « support our troops » dire que je dénigre les soldats. Or, s’ils lisaient comme il se doit, ils verraient que je vois au contraire ces gens comme des victimes sacrifiées pour faire plaisir à quelques pro militaristes justement. Parce que l’état du pays est toujours lamentable au niveau des droits humains (malgré la présence militaire en Afghanistan) et que ce beau pays, malgré un président soutenu par les États-Unis (l’emblème de la liberté et des droits humains, semble-t-il), continue de faire des choses intelligentes comme condamner à mort pour finalement envoyer 20 ans en prison un étudiant qui a « osé » télécharger un document sur les droits des femmes.

Et c’est cette mission que je dois continuer de supporter ? Hein ? Pour que les « petites filles puissent aller à l’école » ? C’est drôle, ça fait depuis 2002 que l’OTAN y est et j’en vois toujours pas de ces belles images idylliques…

Le fou rire de la fin de la semaine

Bon, il semble que la visite d’Obama au Canada s’est déroulée rondement. Le coquin a même fait une petite visite « délinquante » (ou prévue, mais pas dite aux journalistes) dans un centre d’achats pas loin de l’ambassade américaine où monsieur s’est payé une queue de castor (c’est un dessert, et non pas, la queue coupée d’un castor qu’on mange) en plus de quelques gâteries pour la petite famille j’imagine. Mais franchement, via Steve Proulx qui cite le blogue de Marie-Claude Lortie, j’ai vu la photo la plus drôle et – comme le dit le chroniqueur – qui résume tout de la visite  du président américain. Je me permets de la mettre ici, mais en vous signalant qu’il s’agit d’une photo d’Ivanoh Demers de La Presse:

Obama éclipsant Harper

Non, mais quand on dit que l’un est plus populaire que l’autre… En tout cas, je la ris encore. 😛

P.S.: Oui, je sais que ce n’est qu’une question de prise de vue, mais pareil… Avouez que ça illustre bien la visite du président. 😉