Pourquoi on vous dit de ne pas croire aux promesses…

De mes promesses, jen ai accompli zéro ! - Jean Charest

"De mes promesses, j'en ai accompli zéro !" - Jean Charest

En effet, quand on regarde, le bilan Charest, beaucoup de gens avec peu de mémoire diront que « bof ! ce n’est pas si pire ! ». Sauf que Denis Lessard de la Presse nous rappelle aujourd’hui que les promesses de Charest en 2003 pour « redéfinir le Québec »… Ben on n’en voit pas encore la trace. Extrait plutôt révélateur de l’article :

Pour lui (Jean Charest), il était intolérable que le niveau de vie des Québécois soit au 52e rang sur les 60 États ou provinces de l’Amérique du Nord.

«C’est le prix payé pour des gouvernements qui ont manqué à leur devoir, à leur devoir de réviser périodiquement leurs façons de faire», soutenait-il, solennel.

Le programme électoral du PLQ, publié à l’automne 2002, promettait déjà de «hisser le Québec dans la première moitié des 60 États et provinces du nord du continent où le niveau de vie est le plus élevé d’ici 10 ans». «Il n’est pas acceptable que le niveau de vie des Québécois les place au 52e rang», martelait le document qui promettait de «Réinventer le Québec».

Cinq ans plus tard, le Québec est… au 53e rang, selon une étude récente de l’Institut économique de Montréal. Une autre étude sur l’investissement, publiée le printemps dernier par le gouvernement du Québec, le reléguait même au 55e rang, selon les données de 2006 !

Content de voir que quelqu’un se rend compte que le PLQ sous Charest a autant pratiqué l’immobilisme que les gouvernements précédents. Aussi, content de voir M. Lessard arrêter de s’acharner sur le PQ, surtout après son article peu pertinent sur la « fatigue » de Madame Marois.

Par la même occasion, mon collègue Anarcho s’intéresse à Jean Charest qui bloguerait… Non, pardon, c’est plutôt Jean Charestt et disons que son « bilan » nous rappelle que ça lève pas fort au PLQ. 😛 (Bravo au Petit Émerillon pour cette trouvaille comme me le rappelle Anarcho.)

De plus, j’aimerais souligner quelque chose. Pourquoi tout le monde capote avec la fameuse ligne « Un enfant, une place en garderie » du PQ ?  Car après la juge (ancienne juge) Ruffo chez les crétins militants adéquistes, y a le docteur Chicoine – par le biais de Richard Martineau – qui s’insurge.  Premièrement, arrêtez de capoter: c’est une promesse électorale ! Les chances que ça se produise sont de 0,05%. Et là, je suis généreux. Deuxièmement, je comprends le point des deux intervenants : « Il ne faut pas que la garderie devienne le lieu où on élève les enfants, où on les « garroche » selon notre bon vouloir comme certains le font. » Vrai. Or, ce que « promet » l’équipe Marois, c’est que vous savez ces parents qui DOIVENT travailler le jour et qui sont pratiquement obligés de réserver leur place à une garderie cinq ans… avant la naissance de l’enfant. Hé bien, pour ces parents, un gouvernement péquiste s’arrangerait pour que ce soit plus facile pour eux d’avoir une place sans courir dans tous les CPE en espérant en obtenir une (comme ce qui se passe avec les médecins de famille).

Oui, je suis tout à fait d’accord: ce n’est pas aux garderies d’élever les enfants et ceux qui jettent leurs enfants inutilement dans les CPE pour leurs caprices d’adultes sont des irresponsables dont on devrait songer sérieusement à retirer les droits parentaux. Sauf que la majorité des utilisateurs de CPE sont des gens qui en ont besoin et pour qui trouver une place, c’est un cauchemar. Alors, c’est si grave que ça leur miroiter l’idée que « PEUT-ÊTRE », ils pourraient avoir une place en garderie plus facilement ?

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L’économie, d’abord ? Non !

Voici un vidéo officiel des candidats péquistes en Estrie (ma région) qui font un texte en slam, un art oratoire de plus en plus populaire. Bon, c’est « cheap » comme moyens (et la musique est vraiment pas super), mais bon, c’est tout de même original et en plus, ce qui m’a marqué c’est que ça touche vraiment aux résultats du sondage de la semaine. En effet, dans le vidéo, on aborde énormément d’enjeux et pas nécessairement juste l’économie.

Car c’est ce qui sort du sondage. Tout d’abord, les résultats:

  1. C’est la position constitutionnelle québécoise qui remporte la palme d’or avec 29% des voix.
  2. Deuxièmement, la langue française avec 18%.
  3. Par la suite, 3 ex-aqueo: l’économie, l’éducation et l’immigration avec 12% des voix.
  4. 3 autres ex-aqueo: la santé, l’environnement et la culture avec 6% chaque.
  5. Et finalement, ceux qui n’ont reçu aucun vote: la justice et les transports.

Bon, évidemment, on est loin du sondage scientifique et l’échantillon est plutôt limité. N’empêche que je trouve que ça réflète bien que le slogan de Charest – « L’économie, d’abord. Oui ! » – ne passe pas auprès de la population. Oui, bien sûr, on est inquiet de la crise, mais on s’en fait bien plus avec d’autres sujets comme l’avenir du Québec avec le Canada, le système de santé qui – malgré toutes les promesses de Charest en 2003 et 2007 – ne s’est pas amélioré tant que ça, le système d’éducation qui est en train de brûler des bons profs qui lâchent le métier (et dans le contexte actuel, on ne peut pas les blâmer), etc. Sans compter qu’on voit beaucoup de reportages et de témoignages comme quoi l’île de Montréal s’anglicise de plus en plus.

Moi, ce qui m’énerve particulièrement en période électorale, c’est les millions et les milliards qui sortent de tous bords et tous côtés… C’est tellement drôle comment – quand un gouvernement est au pouvoir – il n’a JAMAIS d’argent pour rien (sauf évidemment, les petits amis du secteur privé). Or, en période électorale, il faut croire que malgré le froid automnal, il réussit à pousser des arbres à argent et particulièrement dans des régions non libérales (exemple: la ville de Québec) ou non péquiste ou non adéquiste. Bref, « it’s raining cash, alléluia ! » Sauf que nous ne sommes plus dupes. À l’époque de Duplessis, Lesage ou même Lévesque, c’était plus facile de promettre des investissements qui ne se feraient jamais car on ne suivait pas autant les politiciens. Or, aujourd’hui, à l’ère de l’information continue, on le sait clairement que les politiciens, une fois élus, ne font pas grand chose de leurs dix doigts et que soudainement, c’est l’amnésie totale en ce qui a trait aux sommes promises durant la campagne électorale. Tout d’un coup, les arbres à argent disparaissent sous la neige. Ce qui arrivera en décembre prochain, peu importe qui est au pouvoir.

Ah, bien sûr ! La logique – dans un tel contexte de cynisme – serait de changer cette vision généralisée de la population en agissant bien et en se rappelant des promesses pas juste à quelques semaines des élections. Or, j’imagine par paresse, nos partis politiques préfèrent opter de la vieille méthode de s’asseoir et attendre… en espérant que la population oublie leur inaction.