La petite brute quitte

Source: Le Devoir

Le défenseur du gouvernement, le bras droit de Jean Charest, le ô combien partisan Jacques Dupuis quitte le navire de la politique pour un monde plus honnête autre chose. On imagine un poste dans le privé quelque part où il fera un salaire dans les six chiffres (en plus de sa pension de ministre). Peu importe…

Reste que le Parti Libéral perd un gros morceau, son chien de garde qui défendait absolument tout – même des dossiers pratiquement indéfendables en termes d’éthique. Personnellement, je ne le regretterai pas. Comment dire, Jacques Dupuis, j’ai toujours trouvé que c’était la petite peste à l’Assemblée nationale. Si j’étais anglophone, j’utiliserais le terme plus exact de « bully ». Si vous avez moindrement assisté à certaines de ses interventions uniquement ce printemps, on pouvait voir le style de M. Dupuis qui se résumait à:

  • « Monsieur le Président, je veux que député(e) X retire ses paroles car ses propos sont anti-parlementaires! »
  • « J’inviterais député(e) X à dire ses propos hors de la chambre, qu’il (elle) assume les conséquences de ces accusations ! »
  • Tous propos visant à souligner la supposée grandiloquence de l’opération Marteau

Le tout sous un ton arrogant qui attire bien ce qu’on appelle une claque par chez nous. Liza Frulla me dirait, comme elle le disait si souvent au Club des Ex, que le ton de M. Dupuis était compréhensible: « Quand on est attaqué sur son intégrité… »

N’empêche que son ton belliqueux et sa manière virulente de défendre la supposée éthique du PLQ auront servir en quoi les intérêts du Québec ? Mise à part, de belles prises de becs dignes d’une maternelle, évidemment. Surtout qu’on a appris dernièrement qu’un certain Amir Khadir avait raison en ce qui a trait à l’usage de prête-noms par des firmes de génie-conseil (du moins, une est condamnée).

Son départ changera-t-il l’atmosphère à Québec ? Je reste sceptique. On parle quand même de Jean Charest ici. Le têtu en chef. Le « je ne veux rien voir » suprême. Néanmoins, avec un(e) second(e) moins enragé(e), on peut peut-être espérer que le niveau de la discussion passe de maternelle à deuxième année.

Par contre, on apprend que Jean-Marc Fournier va revenir. Il risque fortement de se faire réélire (Saint-Laurent étant un château fort libéral), ce qui n’est pas une bonne chose car Charest a promis que monsieur aurait des « responsabilités ». Or, je ne sais pas si vous vous rappelez mais monsieur Fournier, c’est celui qui a tergiversé pendant des mois afin de savoir si on allait revenir aux bulletins chiffrés… un grand signe de compétence.

Et pas que je veuille enculer des mouches, mais un détail m’a fait tiquer dans l’article de Radio-Canada. Il est écrit que:

M. Fournier était, depuis avril dernier, vice-président principal en planification stratégique de Socodec, une filiale de SNC-Lavalin.

Comprenons-nous bien: nous ne sommes pas pour interdire tout ceux qui ont travaillé ou travaillent pour des firmes de construction ou de génie-conseil au Québec. Mais dans le contexte actuel, vous ne trouvez pas que c’est déplacé ?

Alors, la petite peste part et du vieux stock vient pour le remplacer… C’est moi ou ça ne sonne pas très excitant pour un parti déjà moribond ?

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En direct d’une république de bananes

Je croyais vivre dans un pays démocratique d’Amérique du Nord. Je croyais que nos élus, malgré parfois un peu d’incompétence, voulaient notre bien et ne cherchaient pas à y être QUE pour le pouvoir et l’argent. Je croyais que nous étions un peuple solidaire et qui ferait n’importe quoi pour ne pas laisser ses concitoyens dans la merde.

Mais je vivais dans une illusion totale.

Je me suis réveillé il y a plusieurs mois dans une république de bananes où les entrepreneurs sapent l’argent public pour le mettre dans leurs poches.

un gouvernement s’entête à ne rien voir et pire est complice, selon certaines sources, de la chose.

les intérêts de groupes orthodoxes passent avant ceux des modérés.

Où on pointe du doigt ce haut pourcentage de ceux qui ne paient pas d’impôts sans 1) s’informer et se rendre compte qu’il est similaire à nos voisins du Sud (voire plus bas) , 2) se rappeler qu’ils paient des taxes comme tout le monde et donc contribue aux revenus étatiques et 3) s’inquiéter du fait que justement autant de gens ne puissent collaborer de cette manière à cause de leur précarité de vie.

Ouaip, welcome (puisque le français est en voie de disparition et qu’on n’y fait rien) to the Quebec, royaume où les corrompus règnent et ont même le culot de nous quémander nos votes.

Pendant ce temps, une figure marquante du Québec, un des derniers modèles prônant des valeurs de protection sociale, une grande gueule comme il n’en existe plus (ou presque) avec une mission plus grande que lui succombait du cancer.

Un phare de solidarité qui a eu la chance d’avoir une longue vie, mais qui laisse un vide immense qui ne semble pas être près d’être comblé. Il rejoindra sa Simone – sa partenaire de bataille et femme de sa vie – et on ne peut que s’en réjouir pour cet homme qui aura tenu tant de combats à bout de bras. Michel Chartrand a connu un Québec debout; il quitte malheureusement cette Terre avec un Québec rampant, léchant les pompes des grandes corporations pour ne « surtout pas déranger » et crachant sur les regroupements pour être sûr de ne pas se faire pénaliser par les riches et puissants.

Oui, voilà où je vis: dans une lande où tout signe de solidarité est vu comme louche et contraignant au point où tous achètent un produit fabriqué par des scabs * ! Ouais, vive my country !

*Oui, je sais, ce sont les chiffres de QMI donc à relativiser, mais il reste quand même que le quotidien se vend encore aussi bien qu’auparavant.

Qu’ils se prennent en main

Le budget Bachand divise en deux camps la population. Pour les chantres du néo-libéralisme (qui se sont nommés lucides il y a quelques années), ce jour est encore plus beau et intense que l’élection en novembre 2008 de Barack Obama.

Les Pratte, Dubuc, Noreau, Samson, Elgrably (dont je n’arrive pas à trouver de textes sur le sujet, mais qui doit glousser de plaisir depuis mardi) et autres jouissent de ce coup de barre « enfin attendu » par la droite québécoise comment certains attendent encore le Messie.

De l’autre côté, les opposants qui sont sur le derrière depuis mardi. Des exemples? Michèle Ouimet, Josée Legault, Jean-François Lisée et même Patrick Lagacé était mal à l’aise avec les nouvelles contributions sur la santé.

Car c’est probablement ça qui bogue le plus. La hausse prévisible de TVQ de 2 points d’ici le 1er janvier 2012 ne cause aucun « problème » ou, du moins, l’opinion publique n’en semble pas très affectée.

Non, c’est la contribution santé non modulée qui heurte. Surtout quand on sait qu’en deux ans, elle grimpera de 800% (passant de 25$ à 200$) et, ce, peu importe votre revenu. Sans compter que le budget a bel et bien spécifié l’idée d’un ticket modérateur orienteur qui nous ferait payer au bout de l’année de 25$ chaque visite chez le médecin.

Et même si plusieurs croient que ça ne tiendra pas la route étant donné la loi fédérale sur la santé, la porte est maintenant grande ouverte. Et pas pour inquiéter outre mesure, mais on s’entend que ce n’est pas les Conservateurs qui vont empêcher une idée de droite de germer (et s’il faut modifier la loi, why not ?) et rien pour rassurer quand l’opposition officielle se dit: « Ouais, savez-vous… pourquoi pas ? »

Le fait qu’il y ait une budget dédié à la santé qu’on puisse surveiller, ouaip… pourquoi pas ? Par contre, qu’on fasse payer au citoyen le même montant pour tous sans tenir compte du revenu ? Wô ! Bachand disait: « Tous les Québécois profitent également du système de santé. »

PARDON ? Non ! Tous n’ont pas un médecin de famille (j’en suis d’ailleurs mais à 25 ans c’est moins grave), tous n’ont pas un accès rapide aux soins, tous n’ont pas les moyens – contrairement aux amis du parti d’un premier ministre frisé – de se payer du privé pour guérir plus vite. Alors, bullshit qu’on profite tous également du système de santé !

Et ce qu’il y a de merveilleux, c’est que malgré cette contribution, on n’aura pas plus de services ! Génial, non ? C’est un peu comme si vous alliez au cinéma et que non seulement vous appreniez que le prix des billets a monté de manière astronomique (genre 800%, ce qui ferait donc 80$ pour un billet adulte environ) mais qu’en plus vous alliez devoir écouter le film entièrement debout, le tout sur un écran 13 pouces avec un seul haut-parleur datant de 1990 et dont les fils ont commencé à être rongé par les rats qui squattent la salle.

Mieux encore, j’entendais cette semaine Gaëtan Barrette de l’ordre des médecins spécialistes du Québec dire que bien que c’était de bonnes idées (ben tiens !), tout ça ne donnerait plus de services et j’entendais aussi des économistes dire que ça comblerait à peine la hausse des coûts dans la santé. Wow ! Un vrai investissement… Je sais bien que M. Barrette exagère peut-être puisqu’il est en négociation avec le gouvernement. Néanmoins, je reste convaincu qu’effectivement, il n’y aura pas augmentation significative du service au citoyen.

Et l’idée du ticket modérateur est encore « mieux » car elle emmène l’idée que ceux qui sont malades, c’est de leur faute alors qu’ils paient et s’endettent les enfants de (censuré) ! Non, mais je trouve ça marrant d’entendre les gens parler comme s’il y avait vraiment BEAUCOUP de gens qui vont à l’urgence pour le plaisir.

Ben oui, tout le monde sait qu’après La Ronde et le Village Vacances Val-Cartier, les plus grandes attractions au Québec sont les urgences. Quoi de plus extraordinaire que d’entendre une demi-journée (minimum) entouré de monde qui se plaignent/souffrent ou toussent, de lire des revues qui datent des années 70 à 90, d’entendre à intervalles plus ou moins réguliers l’intercom avec le ton agressant de la secrétaire « toujours en cr… » et d’écouter, sans le son, des images de TVA ou de la SRC sur une télé cheap tellement vieille qu’on dirait qu’elle fait de la cataracte tellement elle est blanche ? Voyons, tout le monde adore ça !

Et puis, s’il y a autant de « parasites », selon nos « bien-pensants », dans les urgences, c’est peut-être parce que les cliniques familiales  et CLSC débordent. Genre que pour être sûr de voir un médecin en sans rendez-vous là, il faut camper à 2h du matin devant la porte. Peut-être parce que la plupart d’entre nous n’ont pas de médecins de famille à qui ils peuvent passer un coup de fil pour vérifier s’il y a un trouble quelconque ? Quant à Urgence-Santé (811), j’ai eu ouï-dire qu’il était difficile de se faire répondre et que ça arrivait souvent de se faire dire: « Hum, j’irais voir un médecin quant à moi ! »

Et ce qui me tue le plus avec ce budget, c’est tout le mépris qui ressort envers les pauvres. À RDI hier midi, on demandait au Club des Ex si les riches devaient contribuer plus que les pauvres pour la santé. Une réponse d’un téléspectateur m’a frappé: « Non, parce que les riches font attention à leur santé, ils font plus d’exercices et mangent mieux. »

J’aurais aimé savoir le salaire annuel de cette personne. Probablement que ça se chiffre dans les 75 000 et plus, du genre que les mesures régressives du ministre Bachand, ça ne la touche pas. Or, ce discours méprisant, on le sent chez ceux qui défendent ces mesures en santé.

« Qu’ils se prennent en main », disent-ils à chaque fois avec l’arrogance de leur classe sociale.

Je pourrais aborder longuement le sujet (je le ferai peut-être un jour), mais juste une chose que je tiens à mettre au clair:

J’ai connu des gens au style de vie parfait: non fumeur, font de l’exercice quotidiennement et plusieurs heures par jour, ne prennent pas de cochonneries alimentaires, sont pratiquement végétaliens… Et pourtant, certains d’entre eux choppent des tumeurs, un cancer ou d’autres terribles maladies.

À l’inverse, j’ai connu des gens avec des super mauvaises habitudes à l’inverse de ce qui est écrit plus haut (peut-être pas toutes en même temps, mais…) et qui, pourtant, ne sont jamais allés ou presque chez le médecin de leur vie.

La raison pourquoi nous avons, à l’époque, choisi d’instaurer un système de santé universel était justement parce que quand la maladie frappe, elle le fait sans discernement à la race, la classe sociale, le compte en banque, l’orientation sexuelle ou le sexe. Pour que les pauvres arrêtent de crever parce qu’ils ne pouvaient pas payer leurs soins, ou s’endettait tellement qu’ils perdaient tout quand un membre de la famille choppait quelque chose. Même chose pour les riches aussi !

Mais non, mardi, on a signé l’arrêt de mort de ce système. Ou du moins, le Parti Libéral du Québec a clairement affiché ses couleurs: nous allons l’abattre de nos mains d’ici les prochaines élections en 2012-2013.

Vrai que le système coûte cher. Vrai qu’il faut aussi trouver des moyens de l’améliorer, mais est-ce que ça ne passe pas surtout par l’embauche de nouveau personnel, par donner les moyens aux établissements d’établir des systèmes qui répondent aux besoins spécifiques de leurs patients ?

Comment ça se fait que dans les « consultations » sur le budget du gouvernement Charest, ce sont toujours les mêmes penseurs qui eurent le droit de parole ? Comment ça se fait que des gars comme Lisée, des gens de gauche pragmatique, n’ont pas été invités ? Je pense qu’on connaît la réponse…

En tout cas, une chose est sûre. Je ne souhaite à personne de tomber malade si la mesure du ticket modérateur orienteur, d’avoir un cancer, le VIH, une maladie chronique ou même être enceinte dans deux ans. Parce qu’à coup de 25$/la visite, ça va faire mal à la fin de l’année (et je n’y crois pas à la limite de coût de maximum 1% du revenu).

Peut-être même que plusieurs éviteront d’aller chez le médecin pour ne pas faire un trou dans leur très maigre budget. Et que leur état s’empirera. Et qu’il en mourront finalement, faute d’avoir été vu par un docteur.

Mais peu importe, ce ne sont que des pauvres. Ils n’avaient qu’à se prendre en main…

P.S.: Je ne crois pas non plus Bachand qui veut s’attaquer à l’évasion fiscale. Premièrement, il ne s’attaque qu’au travail au noir et pas aux paradis fiscaux. Et comme on le voit dans cet article, ça ne donnera pas grand argent au gouvernement.

P.P.S.: Oh ! Avouez que c’est hilarant de voir Monsieur Bachand dire: je ne veux pas moduler la contribution de la santé car ça serait un impôt de faire cela. Euh… ÇA EN EST PAS DÉJÀ UN ?!!!

P.P.P.S.: Et à ceux qui diront: tu sauras qu’on paie déjà la santé avec nos impôts ! Je le sais. Mais vous rendez-vous compte qu’ils nous font payer pour leur erreur de baisses d’impôts d’il y a deux ans qui n’ont servi encore une fois qu’aux riches, aux corporations ou à la très haute classe moyenne ? Quels gestionnaires de génies que nos amis les Libéraux, hein ?

P.P.P.P.S.: À lire différents textes de ma blogoliste sur ce budget. J’en oublie mais c,est parce qu’il est près de 2 heures du mat’ et que je dois aller dormir. Ouais, OK, c’est souvent de gauche, mais si vous lisez mon blogue, vous êtes comme prévenus:

Sicile P.Q.

-On a trouvé un entrepreneur/politicien honnête. -T'inquiètes pas, on va s'assurer que ça ne dure pas.

Je voulais recommencer à écrire à un rythme plus régulier, mais un vilain rhume (non, ce n’est pas la grippe H1N1) m’a forcé à me concentrer sur le boulot et le repos.

Mais j’écoute les nouvelles et lis les blogues et il en ressort une chose. Vous vous rappelez comment il y a à peine dix ans, on regardait les pays en voie de développement, les pays d’Amérique du Sud et d’Afrique, la Russie, la Chine et d’autres pays en se disant: « Hé, on est don’ chanceux de vivre dans le plusse meilleur pays du monde et jamais on sera confronté à autant de corruption que dans ces pays-là. »

Hé bien, aujourd’hui, après tout ce qui sort jour après jour grâce au travail journalistique,  je me sens Sicilien, Africain, Argentin, Mexicain, Chinois, etc. Bref, bien loin du nirvana qu’on nous vantait quand j’étais enfant et adolescent. Il ne faut pas chercher loin: où il y a de l’homme, il y a de « l’hommerie ». Et dans un système capitaliste qui valorise ceux qui possèdent, pas étonnant qu’on veule toujours plus d’argent et qu’on contourne ce mot contraignant appelé « éthique ».

Parce que disons les choses comme elles sont, à la limite, Tony Accurso a quasiment raison de déposer une poursuite contre Radio-Canada. Après tout, rien dans la loi n’empêche que des instances syndicales soient ami avec le plus influent entrepreneur au Québec. Il n’y a rien d’illégal à ce que des députés, des politiciens, des gens du monde municipal et syndical aillent sur le yacht luxueux du dit entrepreneur. Mais est-ce moral, éthique ? Absolument pas. Et c’est qu’on ne peut rien prouver de ces rencontres en catimini. Peut-être ont-ils seulement pris un bon verre de vin, accompagné de mets fins et d’un cigare en regardant le St-Laurent. Mais il y a peut-être eu aussi collusion, échanges d’enveloppes d’argent et ententes sur le bateau.

Et là, avec les actes du « Fab Fourteen » mises au grand jour, les scandales qui ont affligé la ville de Montréal depuis un an (avec un « SUPER » maire qui a à peu près la crédibilité d’un Jean Pelletier à la Commission Gomery), les frasques immorales de Benoït Labonté (alias « je n’étais pas là quand on a distribué le charisme), la tentative de sabotage des élections municipales à Boisbriand au nom de « la sauvegarde d’argent » (remarquez comment la sauvegarde de la démocratie, ce n’était pas très important pour Lino Zambito et la mairesse St-Jean) et d’autres, on se dit qu’il y a une culture pourrie au Québec.

D’ailleurs, petit paragraphe parenthèse: avez-vous remarqué la connotation italienne des noms qui sortent dans les scandales ? Zampino, Accurso, Zambito… Pas que je veuille jeter la pierre à une communauté en particulier (la corruption ici est autant « de souche » que multiculturelle), mais ça sent la mafia italienne revenue en force en ta…

Forcément, je n’ai pas connu la Commission Cliche avec mes 25 ans tout juste. Je n’ai pas connu cette purge dont on parle encore aujourd’hui. Mais une chose est sûre: je ne verrai pas de Commission de ce genre dans ma vie, je crois. Du moins, pas avec l’attitude actuelle des politiciens. Parce qu’une commission s’intéressant au milieu de la construction, mais également à la collusion des contrats municipaux et gouvernementaux et au financement des partis politiques, ça ne ferait pas tomber que quelques têtes. Ça serait une hécatombe et le PLQ et le PQ le savent trop bien. Ils savent que des irrégularités dans leur financement et avec leurs ministres et premiers ministres pourraient sortir. Alors, ils feront tout pour éviter une enquête publique.

Est-ce à dire que de voter au municipal ne donnera rien ? ABSOLUMENT PAS. Je continue, malgré notre démocratie viciée, à rester un démocrate dans l’âme et le vote reste le seul moyen de se faire entendre. Un lecteur proposait sur le blogue de Patrick Lagacé d’au moins annuler son vote en masse pour envoyer un message clair. Mais cette idée, bien que séduisante au départ, me laisse perplexe. Car elle réalisera le souhait de ceux qui veulent voir certains maires/mairesses passer pour leur bien (alias les corrompus et agents de corruption). Car eux ne voteront pas blanc. Alors, non, il faut vraiment voter pour celui ou celle qui nous semble plus « propre » (remarquez que le mot est entre guillemets).

Si l’on veut vraiment purifier l’air de notre démocratie, il faudra qu’on sorte les amis. En masse. Malgré les risques de grippe H1N1. Quitte à porter des masques, il faudra que la population démontre davantage que par des sondages et des opinions de lignes ouvertes. Parce que c’est ça la démocratie, c’est prendre le droit d’aller dans la rue et d’exiger du gouvernement qu’ils nous entendent. Ça fait trop longtemps qu’on est assis sur notre steak à beugler au téléviseur. Vous voulez une enquête publique comme moi ? Il faut sortir, manifester sa colère, exiger des comptes.

À moins que vous aimiez le fait de vivre dans les intérêts de la mafia, des Hells, etc.

Garder « mongrain » de sel pour soi

Bon, c’est la vidéo virale de l’heure. On en a parlé chez la Clique, chez Dominic Arpin, chez Patrick Lagacé, etc. Mongrain qui pète sa coche à propos d’absurdités de la rentrée… On y voit un gros mouvement d’appui à l’animateur, mais il est rassurant – pour moi – de voir aussi des « ho là » à ce pétage de coche. Tout d’abord, un courriel d’une enseignante sur le blogue de Lagacé (plein de fautes, je le concède, mais sûrement écrit sur le coup de la colère) et puis, ce collègue blogueur qui fait aussi toute une critique sociale de pétage de coche en ondes. Parce que, je vous avoue, même si c’est drôle, les absurdités dites dans ce segment d’émission m’horripilent.

C’est vrai que 17 reliures, c’est beaucoup pour un élève. C’est vrai que l’organigramme du ministère de l’Éducation est engorgé (et tant qu’à y être celui de la DPJ aussi). C’est vrai que l’affaire des pantoufles est un peu loufoque à première vue. Mais est-ce qu’on a cherché à comprendre le pourquoi de ces règles absurdes ? Non. Non, parce que ça nécessiterait l’effort de montrer les deux côtés de la médaille, ça nécessiterait de montrer à quel point notre système public d’éducation tire le diable par la queue.

Les guerres

J’en ai marre d’entendre que les profs ont 2 mois de congés payés. So what ?! Ce n’est pas un argument. Premièrement, parce que ce n’est pas tout à fait vrai. Déjà en août, ils recommencent à se préparer pour la nouvelle année scolaire. Mais oui, ils ont un mois de juillet de vacances et un mois d’août plus relaxe avant. Deuxièmement, ils travaillent à l’année pour éduquer une classe qui déborde d’élèves où ils doivent faire affaire avec des problèmes cognitifs et émotifs, doivent s’assurer que tout le monde suit en même temps, doivent « dealer » avec des parents qui ne prennent que pour leur enfant lorsqu’il y a un problème, doivent se battre avec les directions d’école pour avoir un peu de sous pour une activité, etc. Et ça, c’est sans compter les nombreuses heures non payées où ils doivent corriger, concevoir le contenu des cours, régler des problèmes interpersonnels d’élèves, etc.

Je lisais un commentaire sur le blogue de Lagacé qui disait que les profs étaient gras dur: super bien payés et qui travaillent juste 6 heures par jour sans compter tous les congés. Super bien payés ? Si c’est le cas, comment se fait-il qu’il y a pénurie ? Après tout, on devrait se battre pour faire « autant d’argent ». 6 heures de travail par jour ? Il ne faut vraiment pas connaître un prof pour dire une telle idiotie. Il ne faut pas se fier uniquement à l’horaire des enfants pour deviner du temps de travail d’un prof : les profs travaillent avant et après cette période ! Mais ce genre de commentaire démontre très bien tout le mépris qu’a la population pour les enseignant(e)s en général. Même si je suis d’accord: il y a des profs cons, plates et méprisables, mais on peut dire la même chose des parents aussi.

Cette semaine, on parle beaucoup d’éducation car la ministre de l’éducation Michelle Courchesne a dévoilé son « super » plan pour lutter contre le décrochage scolaire. Le problème c’est que ce plan – qui risque d’échouer comme tous les autres avant (oui, c’est cynique, je l’admets mais soyons honnêtes… c’est un plan du PLQ, ça ne peut être autrement), c’est qu’on refuse de voir la réalité en face: il y a des guerres en ce moment. Des guerres entre professeurs et parents, directions et professeurs, ministère de l’Éducation et système d’éducation. Personne ne s’entend.

Voici leur vision propre de l’éducation à chacune et vous comprendrez pourquoi notre système chambranle:

Ministère de l’éducation: l’éducation est faite pour former de futurs travailleurs uniquement. Or, plus ça décroche, plus gros sont les risques de devoir donner des chèques d’assistance sociale alors il faut lutter contre le décrochage scolaire pour éviter que ça nous coûte plus cher.

Directions d’école: peu importe l’idéologie, il faut qu’on arrive à faire de l’argent un peu avec nos activités. Comme la majorité d’entre nous n’y arrivons pas au public, on se tourne vers le privé.

Professeurs: On ne s’entend pas sur quelle direction donner, on est bousculés par les réformes. Certains d’entre nous veulent former uniquement pour former des travailleurs, d’autres aimeraient former des citoyens. Certains d’entre nous sont conformistes, d’autres voudraient avoir plus de possibilités uniques d’enseigner. Certains d’entre nous sommes blasés, d’autres sont plein d’enthousiasme. Bref, on est tellement un « melting pot » qu’on donne mal à la tête aux parents et aux enfants qui peuvent passer d’un prof super à un prof plate en deux ans. Mais une chose nous rassemble : la CSQ (ce qui est pas nécessairement une bonne chose car elle perpétue l’image du syndicat braillard et fatigant).

Les parents: Jaloux des congés des profs (alors que si en tant que société, on voulait plus de congés obligatoires comme en Europe, il suffirait de se lever debout et de le demander aux gouvernements, mais on préfère s’assoir sur notre cul et chialer), on aimerait que l’école s’adapte à notre horaire: c’est-à-dire ouvert 365 jours par année pour qu’on puisse y laisser nos enfants comme on le fait avec eux  depuis qu’ils ont 8 mois en les laissant à la garderie. On veut que l’école soit une annexe de la maison, que les profs obéissent donc à nos moindres demandes et qu’ils s’occupent personnellement de nos enfants même s’il en a 40 dans sa classe. Trop occupé le professeur ? Pas grave, on le paie avec nos taxes alors qu’il courre et sue l’enfant de chienne ! Quant à la pédagogie, on s’en sacre: on veut juste que nos jeunes apprennent les matières de base pour pouvoir aller travailler plus tard. De toute façon, on ne sait même pas ce que ça veut dire pédagogie… (Ok, c’est chien, mais c’est en lien avec cette nouvelle très troublante qui est sortie cette semaine.)

Oui, ces visons sont un peu caricaturales, mais représente les dialogues de sourds qu’il y a dans le milieu de l’éducation. Alors, le plan de Mme Courchesne ne pourra fonctionner: on ne s’entend même pas sur ce que devrait être l’école. Un formateur de citoyens (tout en donnant des compétences pouvant servir sur le milieu du travail) ou un formateur de main d’oeuvre ?

Et au lieu de faire un débat de la sorte, un vrai débat utile et de fond, Jean-Luc Mongrain préfère péter sa coche sur des pantoufles et des crayons que l’on doit identifier. D’ailleurs, je ne sais pas quand sont allés ses enfants à l’école, mais moi qui vais avoir un quart de siècle dans 48 heures devait aussi identifier ses crayons de couleur et à mine à l’école. Pour éviter les guéguerres inutiles de crayons et de qu’est-ce qui est à qui, une situation que les professeurs aiment éviter. Alors, je ne vois pas c’est quoi le problème.

C’est bizarre ce que je vais dire, mais des fois, j’ai l’impression qu’il était plus posé à TQS qu’à LCN… M’enfin. Suggestion à M. Mongrain: allez donc faire un petit tour dehors en fin de semaine question de se calmer ou, mieux, allez donc dans une école quelques temps, question que vous voyiez comment c’est dur d’enseigner.

Tout va bien dans le meilleur des mondes

(Attention: Peut contenir de l’ironie et du sarcasme)

Non, mais vraiment, j’en ai marre de ceux qui chialent contre notre société. Sans farces, il me semble que l’actualité des derniers jours donnent amplement de raison de dire que notre société va bien, qu’il ne faut pas qu’elle change, que le statut quo est fantastique ! Bon, vous voulez des preuves ?

Le Parti Libéral  qui refuse l’implantation d’un commissaire à l’éthique. C’est pas beau de voir un parti qui veut protéger ses pauvres ministres de leurs belles relations pleines de parti pris et de conflits d’intérêt ? Ça ne vous met pas la larme à l’oeil ?

Ou de voir enfin le Parti Conservateur mettre enfin ses culottes et couper ses damnés scientifiques (qui ont la prétention de dire que la science vaut quelque chose) en coupant la subvention de  l’observatoire du Mont-Mégantic, ce terrible repère qui forme des astronomes qui vont travailler partout dans le monde. Bon, certains oseraient dire que c’est presque ironique quand on pense que le député du comté c’est… Christian Paradis, ministre responsable du Québec sous l’égide de Harper. Mais là, ce sont des mauvaises langues.

Oh et puis, il y a cette convention collective qui vient de s’implanter dans un Wal-Mart de St-Hyacinthe. Ah, ce que ce sera magnifique quand on verra d’ici 2 mois la fermeture de cette grosse boîte grise pour des motifs comme quoi la succursale « ne faisait plus assez de profits » (car c’est toujours ça qu’ils disent quand ça ferme à cause d’un syndicat). Et ça sera merveilleux car Wal-Mart continuera de dire qu’il est un gros employeur au Québec, encourageant les produits québécois et etc. Bon, de mauvaises langues pourraient dire que 90% de leur matériel est fait en Chine, mais hé ! Ce sont des mauvaises langues qui disent ça. D’ailleurs, le gros Bon Sens fait un « pool » à savoir quand la succursale de St-Hyacinthe va fermer. Moi, j’ai été généreux et j’ai dit 25 à 45 jours. Et vous ?

Et finalement, y a Hollywood qui prend une série de mangas et d’anime décente comme Dragonball et qui la « scrappe » carrément (à la manière d’un Speed Racer) en étant trop coloré, trop d’effets spéciaux moches et des acteurs qui surjouent…

Définitivement, Hollywood continue de se surpasser de jour en jour et mérite qu’on l’encourage en payant 10$ pour cette merde (sans compter qu’on paye les hypothèques des multiplexes avec les cochonneries à bouffer…).

Non, mais hé, « c’es-ti » pas beau la vie pareil ?

(Fin de l’ironie et du pétage de coche)

La parité injuste

Bon, aujourd’hui, Jean Charest a fait son cabinet des ministres. 26 ministres, on ne se prive de rien, hein M. Charest ? Mais bon, ça va peut-être délester certains portefeuilles à des ministres qui en avaient gros sur les épaules.

Sauf que ce qui m’accroche ce n’est pas le manque de nouveautés de ce cabinet vieux jeu, ni le fait que Jean Charest a dit que ça serait le cabinet de la « collaboration et la compassion »… MOUHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA ! Excellent M.Charest, on vous a presque cru là-dessus ! Sauf que vous avez nommé Jacques Dupuis, alias le belliqueux, comme leader parlementaire… Snif, snif… C’est moi où ça sent la saison des baîllons ?

Non, ce qui m’accroche, c’est l’idée de parité hommes/femmes. Un instant, je ne dis pas que ce n’est pas bien la parité hommes/femmes dans un cabinet. Mais le fait-on pour les bonnes raisons ? Je veux dire, Jean Charest a dit qu’il venait d’instaurer une tradition. Je veux bien, mais le but d’un conseil des ministres n’est pas de mettre les plus qualifiés en charge de portefeuilles ? Or, la décision presque obligatoire de nommer autant de ministres hommes que femmes ne risque pas de mettre de côté des gens compétents, peu importe leur sexe ?

Bon, je sais, c’est des libéraux. Hommes ou femmes, ils sont nuls donc ce n’est pas problématique ici. Sauf que supposons que dans 4-5 ans, Madame Marois prenne la tête du gouvernement et décide de faire la même chose (ce qui serait fort possible si je me fie au point de presse qu’elle a donné à 13h)… Va-t-on mettre d’excellents éléments de côté au profit de la parité ? Et je m’excuse, mais ce n’est pas une attaque contre les ministres femmes, au contraire !

Reprenons le cabinet Charest. Et si, en cherchant à faire une parité, on aurait mis d’excellentes femmes sur la touche ? Et si on avait jugé selon la COMPÉTENCE, aurait-on eu droit plutôt à un cabinet 20 femmes, 6 hommes ? Je veux dire, je croyais que c’était ça l’idée de l’égalité des sexes: on ne juge plus une personne selon son sexe mais selon sa compétence pour l’emploi. Or, là, on vient de nous prouver le contraire une seconde fois en 2 ans !

Oui, je sais, symboliquement c’est joli, 50/50. Mais si on fait ça pour soi-disant « représenter la population québécoise », il faudrait alors qu’il y ait environ 10% des ministres qui soient homosexuels, 20%  qui soient d’origine autres que blanche, qu’une majorité des ministres soient des pauvres ou de classe moyenne et que seulement 5% soient très riches… Or, ça je suis pas sûr que n’importe quel premier (ou première) ministre soient prêts à faire ce type d’exercice casse-tête.

Bref, je trouve ça un peu triste qu’on mette des gens (peu importe leur sexe) sur la touche au nom de l’équité hommes/femmes qui prend alors seulement un aspect symbolique plutôt qu’une véritable philosophie d’équité. M’enfin ! C’est peut-être juste moi qui est grognon… 😉

En passant, y as-tu quelqu’un qui peut me dire ce que Pierre Paradis a fait à Jean Charest ? Parce qu’encore une fois, il n’est pas ministré (alors que Charest a fait un ministre d’un gars qui a déjà voulu nuir aux Libéraux dans le temps) et va probablement se retrouver encore député d’arrière-banc. C’est pas que je trippe sur le gars, mais je ne comprends pas. Coudon, il a fait quoi pour mériter une hargne aussi forte de Jean Charest ? Il a couché avec Michou ou quoi ?!!! En tout cas, ceux qui veulent éclairer ma lanterne sont libres de le faire dans les commentaires.