En direct d’une république de bananes

Je croyais vivre dans un pays démocratique d’Amérique du Nord. Je croyais que nos élus, malgré parfois un peu d’incompétence, voulaient notre bien et ne cherchaient pas à y être QUE pour le pouvoir et l’argent. Je croyais que nous étions un peuple solidaire et qui ferait n’importe quoi pour ne pas laisser ses concitoyens dans la merde.

Mais je vivais dans une illusion totale.

Je me suis réveillé il y a plusieurs mois dans une république de bananes où les entrepreneurs sapent l’argent public pour le mettre dans leurs poches.

un gouvernement s’entête à ne rien voir et pire est complice, selon certaines sources, de la chose.

les intérêts de groupes orthodoxes passent avant ceux des modérés.

Où on pointe du doigt ce haut pourcentage de ceux qui ne paient pas d’impôts sans 1) s’informer et se rendre compte qu’il est similaire à nos voisins du Sud (voire plus bas) , 2) se rappeler qu’ils paient des taxes comme tout le monde et donc contribue aux revenus étatiques et 3) s’inquiéter du fait que justement autant de gens ne puissent collaborer de cette manière à cause de leur précarité de vie.

Ouaip, welcome (puisque le français est en voie de disparition et qu’on n’y fait rien) to the Quebec, royaume où les corrompus règnent et ont même le culot de nous quémander nos votes.

Pendant ce temps, une figure marquante du Québec, un des derniers modèles prônant des valeurs de protection sociale, une grande gueule comme il n’en existe plus (ou presque) avec une mission plus grande que lui succombait du cancer.

Un phare de solidarité qui a eu la chance d’avoir une longue vie, mais qui laisse un vide immense qui ne semble pas être près d’être comblé. Il rejoindra sa Simone – sa partenaire de bataille et femme de sa vie – et on ne peut que s’en réjouir pour cet homme qui aura tenu tant de combats à bout de bras. Michel Chartrand a connu un Québec debout; il quitte malheureusement cette Terre avec un Québec rampant, léchant les pompes des grandes corporations pour ne « surtout pas déranger » et crachant sur les regroupements pour être sûr de ne pas se faire pénaliser par les riches et puissants.

Oui, voilà où je vis: dans une lande où tout signe de solidarité est vu comme louche et contraignant au point où tous achètent un produit fabriqué par des scabs * ! Ouais, vive my country !

*Oui, je sais, ce sont les chiffres de QMI donc à relativiser, mais il reste quand même que le quotidien se vend encore aussi bien qu’auparavant.

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Le bourgeois gentilhomme de 2010

Bon, et moi qui avait dit que je n’avais rien à dire sur l’affaire Clotaire Rapaille…

Mais avec tout ce qui se dit, j’ai envie d’ajouter mon très bref grain de sel. Les conneries de Clotaire ne m’étonnent pas depuis ce topo d’Infoman où on prouvait par a+b que notre ami Rapaille n’avait pas pu avoir une idée du Québec étant jeune en écoutant Félix Leclerc… pas connu à cette époque outre-Atlantique.

En fait, c’est l’attitude de LaBeaume dans toute cette histoire qui me fait 1) sourire (rire jaune) 2) grincer des dents. Si convaincu qu’il avait raison – semble-t-il selon Lagacé, entre autres, que même en conférence de presse le maire blâmait davantage les journalistes qu’il ne prenait le blâme – qu’une vision internationale était la seule chose qui pouvait donner une marque à Québec. Même si, pour moi, Québec en a une. Bon, c’est vrai que Vieille Capitale, ça peut sonner péjoratif.

Or, il me semble que dans une société où on jette les vieux à tour de bras dans les résidences pour personnes âgées, il me semble que c’est bien d’avoir une icône de « vieillesse » admirable. Et puis, une « vieille capitale » peut être jeune en son coeur, peut développer des projets du 21ème siècle tout en respectant son héritage de 400 ans…

Québec veut rajeunir aux yeux du monde ? Qu’elle cesse déjà de voter pour des partis qui veulent nous ramener au début du 20ème siècle (Parti Conservateur et ADQ)… ça aiderait pas mal ! (Hé que c’est dur pas sortir de commentaires politiques, ma foi !)

Bref, pour moi, le maire LaBeaume me fait penser au Bourgeois Gentilhomme de Molière. Pièce que je connais fort bien, j’y ai joué étant au Cégep. 😉 Pas très bon acteur, mais peu importe. La pièce correspond bien à LaBeaume: un récent bourgeois veut imiter le style de vie des nobles. Il invite alors à sa luxueuse résidence toutes sortes de maîtres (philosophie, d’armes, etc.) et d’individus qui se foutent de sa gueule et profitent de sa naïveté.

Par exemple, je jouais le maître de philosophie (ou plutôt, dans notre version, nous étions deux maîtres de philosophie… quel plaisir ai-je eu avec ma comparse d’ailleurs !). Or, ce(s) personnage(s) apprend(nent) il(s) la rhétorique au Bourgeois ? Non, il(s) lui enseigne (nt) la sonorité des voyelles. On est loin de Socrate, mettons… Au bout du compte, la pièce finit et il passe littéralement pour un con.

Et c’est exactement ce qui est arrivé à Régis. Quant à Clotaire, on pourrait le comparer au Grand Turc de la pièce…

D’ailleurs, j’adore cette dernière phrase de la chronique d’Yves Boisvert: « Celui qui a l’air fou ce matin n’est pas Clotaire Rapaille, c’est Régis Labeaume, qui s’est inventé un problème d’image dans une ville où, enfin, tout allait bien. »

Hé oui et ce « problème » a coûté des milliers de dollars aux contribuables de Québec… Chapeau monsieur le maire !

Le serment d’Hypocrite

Je ne m’attarderai même pas sur le fait que ça fait un bail que j’ai apposé ma plume ici. Trop long, trop personnel, trop plate. Mais j’ai vu une nouvelle qui m’a fait bondir et je devais partager ce sentiment de colère quelque part.

Je n’ai pas écrit durant la catastrophe en Haïti. Que vouliez-vous dire d’autre que tout ce qui a été écrit dans les dernières semaines ? On a abordé tout: de la place des journalistes là-bas, sur le débat sommes-nous des pourris gâtés quand on se compare à eux ou pas du tout, on a même invoqué Dieu pour expliquer cette tragédie ou on s’est moqué de cette pensée manichéenne (avec raison).

Bref, plus grand chose à dire là-dessus… Sauf qu’aujourd’hui, je tombe sur une nouvelle qui m’a fait bouillir le sang, la fumée me sortait par les oreilles. Vous vous rappelez comment les médecins voulaient accourir en Haïti ? Tout d’un coup, nos plus brillants chirurgiens se faisaient une joie d’aller aider ces centaines de milliers de blessés. Magnifique altruisme, nous nous exclamâmes, que nous sommes de bons humains.

Cependant, la misanthropie a la cote de nos jours avec raison. On apprenait donc aujourd’hui que des orthopédistes québécois qui se sont – excusez l’expression – « garrochés » là-bas bénévolement pour aider demande des compensations monétaires au gouvernement. Un montant pour soi-disant couvrir les frais de leurs dépenses (chauffage, secrétaire, etc.) pendant qu’ils sont partis « sauver le monde » et ce, même si c’est DE LEUR PROPRE CHEF qu’ils sont partis là-bas. Bon, le président des orthopédistes québécois a dit qu’il accepterait la décision du ministre Bolduc, mais soyons honnêtes: ils veulent l’argent. Même Gaëtan Barrette, le président de la Fédération des médecins spécialistes, sans être d’accord appuie cette idée.

Permettez-moi d’être populiste et de déverser mon fiel, après tout, ce n’est pas comme si on me lisait avec mon rythme irrégulier des derniers 6 mois… Ce qui me met hors de moi, c’est que tout d’un coup, on revoit la vraie face du médecin. Croyez-moi, il faut en connaître et avoir connu de jeunes étudiants en médecine comme moi pour savoir que les docteurs sont pratiquement tous sur le même moule. Ils désirent deux choses: l’argent et être reconnu comme des héros. Point. Le serment d’Hippocrate et l’aide aux malades, ouais, OK, en troisième lieu. Mais offrez-leur d’abord la possibilité d’être célèbre et de pouvoir se payer 2 ou 3 maisons et ils se taperont toutes les interventions médicales que vous voulez.

Pas pour rien qu’ils veulent tant du privé et que ceux qui ouvrent des cliniques vendent l’idée dans la population comme le paradis terrestre. Privé = plus d’argent dans leur poche. Et le médecin, en général, répond bien à l’oseille. Quant à la tragédie en Haïti, ce fut encore mieux: tout d’un coup, nos médecins moroses dans le tragique système public allaient pouvoir suivre leur rêve d’être aux yeux du monde, des super-héros en spandex.

Vrai que les besoins médicaux étaient et sont toujours urgents dans la « Perle des Antilles ». Sauf que c’est quoi ? Nous devrions collectivement payer pour des médecins qui n’ont pas su gérer leurs cliniques, hypnotisés par l’appel de passer pour des Superman des temps modernes ? C’était à eux de prévoir leur voyage humanitaire, pas au gouvernement à ramasser les pots cassés de leur « bonté hâtive ».

Haïti a fait sortir le meilleur de nous dans les dernières semaines… mais ça ne fut pas long que l’humain a repris ses bonnes vieilles habitudes acquises depuis des siècles. Sauf qu’ici, c’est se renflouer sous des prétextes humanitaires faits, au départ, bénévolement. Assez ordinaire, admettons-le.

Au royaume du bonhomme Labeaume

Alors que je me prépare pour un week-end au royaume du bonhomme Labeaume (non, mais c’est pas justement notre charmant maire qui en a assez qu’on dise la « vieille Capitale » quand on parle de Québec ?), j’avais envie de donner quelques grains de sel sur des sujets d’actualité dont on parle pas mal ces temps-ci dans les médias.

Nos services de santé ne sont pas satisfaits du ralentissement dans la vaccination contre la grippe H1N1: hé, ça engage même Malik pour nous donner le goût du vaccin (voir la vidéo à la droite de la page pour ceux qui s’ennuieraient déjà des hauts et des bas de Sophie Paquin) ! L’acteur qui jouait Malik en médecin… Hum, pour moi, à Santé Canada, ils ont oublié qu’on était plus de 800 000 à écouter la série. En tout cas, je trouve ça pathétique tous ces mouvements des ministères pour nous donner le goût du vaccin. Il aurait fallu démystifier les choses AVANT au lieu de la cacophonie auquelle on a eu droit en début de vaccination. Maintenant, il est trop tard. De toute façon, on est quand même près de la moitié de la population à être vaccinée (dont moi, depuis une semaine) alors… C’est déjà ça, non ? Après tout, n’était-ce pas une vaccination VOLONTAIRE ?

Mais par contre, à ceux qui auraient peur du méchant vaccin, je vais vous dire la seule chose que j’ai eue: mal de bras au niveau de la piqûre pendant 4 jours. Et en fait, ça aurait pu être moins long mais j’ai voulu faire mon « tough » et je n’ai pas mis de compresses froides sur mon bras au début des douleurs. Ça m’apprendra à jouer au rebelle. 😉

Les frasques de Tiger Woods: Hé, mais sont complètement débiles aux États (et j’aurais le goût de dire partout ailleurs) ! Ça fait 2 semaines que ça fait la une des journaux !

Oui, OK, le golfeur a eu des maîtresses. BIG DEAL ! N’ont-ils pas eu un charmant président qui couchait à gauche et à droite (hello Mr. Clinton !) ? Personnellement, je ne savais même pas que le sportif était casé et avait des enfants. Je ne dis pas que j’approuve ses infidélités, mais… On s’entend qu’il ne s’est pas mis à frapper à innocents à coups de bâton de golf dans la rue, il a juste eu le malheur d’avoir des aventures. Je peux comprendre la déception de ceux qui mettaient le Tigre en dogme, mais get a life ! Dans à peu près toutes les séries américaines, ça se trompe à tour de bras et personne n’en fait un drame. Pourtant, ils font bien des unes pour accuser les jeux vidéos des tueries dans les écoles; pourquoi ne pas mettre à la une des séries et des soaps télévisés où l’infidélité règne ?

Quant à toutes ces femmes qui sortent soudainement pour dire: « Oui, oui, moi aussi j’ai couché avec Tiger Woods », vous ne trouvez pas ça mesquin et excessivement opportuniste ? Disons que ça rappelle que sur une majorité de femmes qui sont posées et intelligentes, y a aussi une belle tranche de pétasses malheureusement.

Le cours d’éthique et culture religieuse, une propagande du multiculturalisme canadien: Je ne dirai que ceci: qu’est-ce qu’on attend pour remplacer les cours de religions par des cours d’Histoire, qui pourraient du même coup rappeller les atrocités commises par les diverses religions dans le monde ? Question de créer une et des générations qui ne se serviront pas de la religion comme béquille pour leurs valeurs. Question de développer l’humanisme chez nos enfants sans avoir à passer par Allah, Yahvé et tous les autres…

Le « Climategate »: On est en pleine conférence de Copenhague. On essaie de trouver des moyens d’améliorer le sort de la planète et là, bien sûr, il y a une tranche de la blogosphère qui capote parce que le GIEC aurait modifié des données sur certaines de leurs études sur les changements climatiques.

Bon, OK, admettons que ça soit exact, admettons qu’ils aient exagéré… Ce qui pourrait correspondre d’ailleurs à de l’éco-terrorisme doux. Supposons – car ça ne reste que des suppositions – que la Terre se réchauffe naturellement – sans AUCUNE influence humaine (ce dont je suis très sceptique) – comme plusieurs planètes et que c’est un cycle qui éventuellement va faire qu’elle va retomber dans une période plus froide éventuellement… Même à ça, on n’est obligé de se croiser les bras et se tourner les pouces en ne changeant rien dans nos habitudes de vie ?

Car c’est ce qui m’énerve de ces blogueurs qui sortent cette « Vérité avec un grand V », l’air bavant et jouissant d’être un révélateur du « Grand Complot Climatique »: ils confirment les positions des Sarah Palin et des Stephen Harper de ce monde. Leur position ? Continuons comme nous faisons: saccageons, pillons les ressources et polluons au nom de l’économie parce que de toute façon, ce n’est pas notre faute si la planète se réchauffe, qu’il y a un trou dans la couche d’ozone, qu’il y a des pluies acides, etc. Et ne changeons surtout rien à nos habitudes, ça serait devenir de sales communistes !

Or, ça m’énerve. Peut-être que c’est vrai: peut-être qu’on met trop l’accent sur les émanations de dioxyde de carbone et pas assez sur la pollution en général. Mais est-ce que ça veut dire pour autant qu’il faut recommencer à conduire des Hummer ? Arrêter de vouloir produire des technologies automobiles et industrielles moins génératrices de GES ? Moi, je dis que non et savez-vous quoi ? Voyant comment les humains ont toujours tendance à agir à la dernière minute, je préfère quasiment qu’on me dise que la situation est catastrophique et que ça force l’ensemble de la planète à bouger. C’est terrible, mais si ça peut nous faire changer dans nos modes de vie.

Car, effectivement, la solution environnementale ne se situe pas uniquement dans la réduction des gaz à effet de serre. Elle se situe dans une consommation raisonnable, locale, dans une utilisation saine des énergies, dans le développement d’énergies « propres », dans le recyclage, dans la cessation du suremballage, dans la protection de la faune et la flore, dans un développement urbain plus sain et respectueux de l’environnement, etc. Bref, c’est un ensemble de facteurs et de comportements que l’on doit adopter petit à petit. Pas juste les petits citoyens: les gros citoyens corporatistes doivent être mis au pas aussi ! Or, parce qu’UN groupe de scientifiques aurait PEUT-ÊTRE joué avec les données, il faudrait jeter le bébé avec l’eau du bain ? Euh… NON ! À moins de vouloir de s’auto-détruire, bien sûr.

Une commission d’enquête publique toujours ignorée: Bon, puisque notre premier nul du Québec Jean Charrue refuse toujours une commission d’enquête publique pour ne pas plonger son parti dans les abysses de la non-réélection, je vous invite à aller signer cette pétition officielle sur le site de l’Assemblée nationale. Vous avez jusqu’au 4 février prochain pour la signer. Déjà plus de 11 000 signatures au moment où j’écris, mais allez ! On peut monter ça davantage ! Partagez ce site à vos proches, question qu’il y ait bien des signataires.

Se souvenir, oui, mais pas juste d’un côté

Bon, c’est aujourd’hui le Jour du Souvenir. Y a-t-il rien que moi qui ne s’extasie pas devant ces cérémonies protocolaires d’une longueur insupportable sur fond de cornemuse et de coquelicots tape-à-l’oeil ?

Oui, je sais. Comme le dirait Marie Grégoire ce midi aux Ex: « C’est l’occasion d’honorer la mémoire de ceux qui ont sacrifié leur vie pour nous. » Or, voilà le mensonge ? Pour nous, vraiment ? Ne serait-ce pas plutôt pour des gouvernements, des chefs d’État incapables de ne pas succomber au désir de pouvoir/d’expansion territoriale/de pillage de ressources ?

Dans la lignée de ce texte publié sur Cyberpresse, je me dis qu’une majorité des conflits armés dont la fameuse guerre de 1914-1918 pouvaient se régler de façon diplomatique. Parce que soyons honnêtes, si la Deuxième Guerre Mondiale avait un semblant d’aspect vertueuse (un mégalomane veut prendre le contrôle du monde et nous venons pour les sauver… ça ressemble à un synopsis de film de super-héros, d’ailleurs), la plupart des autres conflits n’étaient que pour des profits économiques ou de question « nationale ».

Bref, ceux qu’on honore aujourd’hui, ce sont des pions servant dans une grosse partie d’échecs destinée à avoir plus de pouvoir. N’est-ce pas là le genre humain dans toute sa laideur ? Le titre de Radio-Canada peut paraître insultant au départ (Devoir de mémoire) mais on peut le détourner de cette façon:

On a le devoir de se souvenir que ces « sacrifiés », mises à part pour ceux de la conscription, sont allés VOLONTAIREMENT, EN PLEINE CONNAISSANCE DE CAUSE tuer et risquer la mort pour une cause n’enrichissant que des compagnies privées et leur gouvernement.

On a le devoir de se souvenir que la majorité des conflits font bien l’affaire des gouvernements qui n’ont pas à faire des compromis, à trouver des solutions diplomatiques.

On a le devoir de se souvenir que tant qu’on continuera d’élire des chefs de guerre (*tousse, tousse* Stephen Harper *tousse, tousse*), on continuera à encourager une industrie militaire multimilliardaire et qui aime bien les petits chefs ambitieux qui veulent toujours plus d’une planète déjà bien malmenée par l’ego humain.

Et le monde tourne

Bon, petit retour sur ce qui a touché l’actualité dans les dernières semaines et mes opinions là-dessus très courtes ou moins courtes . Évidemment, l’actualité a été chaude alors je ne couvrirai pas tout ce qui s’est passé. Seulement quelques événements:

Le petit « tour de chant » de Stephen Harper: OK, ce n’est pas le fait que le premier ministre (ancien pianiste) ait chanté une chanson des Beatles qui m’achale mais le mouvement de « Oh mais y est-tu « cuuuute » ! » ou « Oh ça le rend tellement plus humain ! » qu’il y a autour. Votre « nouvel ami chanteur », je vous le rappelle, disait pratiquement il y a un an que les artistes étaient des sangsues, des bêtes en quête de visibilité dans des galas chics. Et là, on le voit dans un gala au profit des jeunes artistes… Et vous aller me faire accroire que ce n’est pas un coup politique planifié ? Ben ouais !

Oh et j’aurais bien publié la vidéo de Harper, mais comment dire, notre comité aux subventions a décidé de refuser sa demander. Pas assez de valeurs canadiennes dans la chanson (chanson britannique) et chez le chanteur aussi à droite socialement que le Parti républicain des États-Unis.

Public vs privé, l’éternel combat des écoles: À cette période de l’année, c’est le moment où l’on se rue sur les examens d’admission du privé. Bien sûr le mouvement populaire veut que point d’école privée, point de salut pour nos jeunes qui seront alors confrontés à la drogue, au sexe et pire, « aux races ».  C’est bizarre car parmi les plus grands drogués que j’ai connus au secondaire, la plupart provenaient… d’écoles privées. Et puis, comment dire, il y a peut-être plus de sexe et de drogue à l’école privée parce que ce n’est pas un club sélect et donc, forcément, il y a toutes sortes d’individus: des cancres profonds aux génies.

Le problème avec le financement de l’école privée à 60%, c’est qu’elle veut les avantages du public (financement du gouvernement) sans les désagréments (élèves à problème, familles pauvres, etc.). Alors, on veut continuer à financer le privé ? OK, mais elles devraient respecter un ratio d’élèves en difficulté et d’élèves moins fortunés dans ses murs (et donc, qui ne paieraient pas).  Quoi ? Mais ça deviendrait une école mixte, presque publique !, s’écrièrent les parents d’effroi. Peut-être mais ça serait mes conditions pour un financement de l’État. Sinon, vous vous débrouillez  comme une véritable entreprise privée ! Mais personne ne pourra se permettre un tel coût ? Pas notre problème ! Parce que pourquoi je paierais pour un système qui peut faire ce qui veut, qui peut choisir qui il veut avec mon argent et à la fois un système qui fait ce qui peut avec les faibles moyens qu’il a ? Certains partisans du privé diront qu’ils paient déjà la taxe scolaire même en envoyant leurs enfants au privé.  C’est vrai. D’ailleurs, je serais prêt à faire une exemption à ces parents: à condition qu’ils paient 2000-3000-4000 $  par année d’instruction pour leur(s) chérubin(s) comme le font tous les parents en Amérique qui tiennent mordicus à éviter le système public. C’est ça le rêve américain, ça coûte très cher.

C’est drôle, hein ? On parle souvent des vaches sacrées que l’on doit modifier au Québec. C’est le motto de l’ADQ d’ailleurs. Pourtant, parmi toutes les vaches sacrées au Québec, celle du financement public d’écoles privées passe sous silence…

Coderre et le PLC : Pas grand chose à dire. Il faut le dire, j’ai toujours vu Denis Coderre comme la grosse mascotte fatigante du Parti Libéral. OK, ouais, elle est bien sympathique au début et pleine de couleurs. Sauf que dans ce cas-ci en plus, elle a une grande gueule, elle ne la ferme jamais et elle a tendance à se lancer devant chaque lentille pour garder sa popularité. Pas étonnant que certains grinçaient des dents avec lui comme lieutenant du Québec.

Quant à Ignatieff, ça a démontré son manque de leadership flagrant et son incapacité à gérer une crise. Qu’est-ce que ça serait s’il était premier ministre et qu’il devait gérer des crises bien plus graves qu’un dodu québécois aspirant à sa « job » ? Plusieurs ne comprennent pas pourquoi la sauce Ignatieff ne prend pas. Peut-être parce qu’on croit qu’elle sent nouvelle, elle a l’air nouvelle, mais elle n’a pratiquement pas de goût, on ne sait pas où ça veut aller et quand il y a un goût, c’est un vieux fond de fédéralisme centralisateur que tout le monde déteste. Oui, la sauce peut prendre de la saveur mais pour cela, ils doivent ajouter des épices (alias des idées, des propositions rassembleuses… pas juste « s’opposer pour s’opposer ») au plus sacrant ! Parce que j’ai bien peur qu’une sauce aussi fade laisse la porte toute ouverte à un Harper majoritaire… Gulp !

Barack Obama, prix Nobel de la paix: J’ai eu deux réactions à cette nouvelle. La première était un sourire en me disant que c’est vrai qu’avec Obama à la tête des États-Unis, le discours international guerrier a changé et tout. Puis, j’ai fait comme: « Ouais, OK, le discours a changé mais pas les actions… » Après tout, ne sont-ils pas encore en Irak et en Afghanistan ? Ils se demandent même s’ils doivent envoyer plus de troupes dans ce Vietnam des années 2000…

Et puis, en un an, son bilan ne m’impressionne guère. Je comprends qu’aux États-Unis, c’est plus facile de déplacer une maison avec la force de ses bras que de faire passer un projet de loi, une réforme, etc. Mais au-delà des beaux discours, il faut du concret. Sinon, ça ne donne qu’un acteur charismatique. Alors, oui, c’est trop tôt le prix Nobel de la paix à Barack. Cependant, on peut se dire que c’est peut-être surtout un prix du style « Merci de ne pas être George W. Bush ».  Là-dessus, oui, il le mérite.

La bébelle de Guy mission humanitaire de Guy Laliberté dans l’espace: Comprenons-nous bien. Guy Laliberté n’a pas volé son argent. Il l’a pleinement mérité. Il a le droit de faire ce qu’il veut avec son dû. Donc, il a les moyens de se payer un voyage dans l’espace et il l’a fait. Parfait. Le gars est milliardaire, mais donne 1% de son revenu à sa fondation One Drop. C’est TRÈS peu, mais c’est vrai que rien ne l’oblige théoriquement à le faire.

Là où je décroche, ça a été tout le battage médiatique ici sur ce fameux spectacle qui eut lieu vendredi passé et qui franchement… était une grosse pub du Cirque du Soleil avec – oh je l’accorde ! – beaucoup de moyens, mais très longue et ennuyeuse et qui a servi à quoi au fond ? Parce que c’est bien beau dépenser des millions de dollars sur un spectacle supposé sensibiliser sur l’eau, de rassembler David Suzuki, Al Gore, U2 et d’autres artistes et militants dans le monde, mais quand le show ne passe à la télévision que dans quelques pays et sur des chaînes anonymes (genre, ici, à RDI)… Il me semble que l’impact équivaut à une goutte dans l’océan, sans jeu de mots. Oui, OK, il y avait Internet, mais franchement, je n’ai pas ressenti un mouvement de soulèvement populaire de protection de l’eau et pour que tous aient accès à de l’eau. Je suis même convaincu qu’il y a quelque part en fin de semaine, un « twit » qui a profité de la belle fin de semaine pour laver son entrée de garage…

C’est qu’à ce prix-là, pourquoi ne pas avoir simplement injecté tout cet argent dans la fondation One Drop ? Ou pour créer un documentaire coup de poing sur la question de l’eau ? Je pensé sincèrement que j’aurais préféré que Laliberté dise simplement: « Je me paie un « trip », je vais dans l’espace. Ça a toujours été mon rêve depuis que je suis gamin. » Plutôt que d’essayer de camoufler cela sous un couvert philanthropique qui s’avère être davantage des coups d’épée dans l’eau plus qu’autre chose. Et non, ce n’est pas de dénigrer le gars, ce n’est pas pour « démoniser un riche »;  c’est juste qu’au bout du compte, on se demande s’il n’aurait pas été préférable que le tourisme spatial passe incognito plutôt que de nous faire croire à un événement MONDIAL et incroyable… qui n’a finalement pas réuni grand monde.

Bon, et on fait quoi ?

Maudite grippe H1N1 ! Dieu que ça doit faire l’affaire des politiciens ! Parce qu’avec la panique créée autour de la supposée deuxième vague à venir et toutes ces infos contradictoires, on ne sait plus où donner de la tête.

Se faire vacciner ou pas ? Certains disent que le vaccin à la va-vite, qu’il est donc plus dangereux que le virus lui-même, y en a même qui disent que le vaccin sera un produire qui fera un génocide, stratagème de compagnies pharmaceutiques (quoique ça, comment dire, je doute pas mal de cet argument). De l’autre côté, on dit que le virus s’attaque encore plus durement aux gens de mon âge, que les conséquences peuvent être plus dangereuses si une grande partie de la population ne se fait pas vacciner.

Mais bon, il n’y a pas d’obligations de le prendre. Sauf que… Moi, je vis avec quelqu’un qui a une maladie pulmonaire. Cette personne n’aura pas le choix de se faire vacciner pour la maladie comme elle doit le faire de toute façon pour la grippe saisonnière. Sauf que je me demande si ça ne serait pas plus prudent de le faire aussi, éviter que le virus court chez moi, question de ne pas mettre en danger la personne en question.

De l’autre côté, et si on s’énervait le poil des jambes pour rien ? À ce que je sache, la saison de grippe durant l’été (l’hiver dans l’hémisphère sud) dans les pays du Sud n’a pas été plus mortelle qu’à l’habitude. Et puis, rappelez-vous la panique du virus du Nil il y a 7 ans. On ne pouvait plus sortir dehors l’été sans chasse-moustique selon les « experts ». Et aujourd’hui, le virus est pratiquement invisible et même les oiseaux sont rendus immunisés !

Alors, est-ce la pandémie n’est pas déjà amorcée ? Celle de la peur ? De l’autre côté, peut-on vraiment prendre le virus à la légère ? Vous voyez le dilemme… En tout cas, vivement qu’on arrête de prendre des bribes d’informations à droite et à gauche pour faire des suppositions alarmistes. Peut-on avoir de l’information rigoureuse à ce sujet s’il vous plaît ? Ça serait déjà un bon remède à la confusion actuelle.