Une leçon de morale d’un immoral

Jacques Nadeau pour le Devoir (source)

Jacques Nadeau pour le Devoir (source)

Alors, comme ça, notre parti conservateur préféré en a fait des siennes vendredi dernier en ayant le culot – grâce à la brillante stratégie de Michael Fortier – de faire un panneau prétextant que le Bloc Québécois a coûté 350 millions aux contribuables pour « rien ». Évidemment, ce n’est pas étonnant: c’est la stratégie du Parti de faire passer le Bloc pour inutile. Sauf que le messager derrière ça n’est pas blanc comme neige et ça, c’est drôle, on semble l’oublier.

Parce qu’on oublie trop aisément que ce crétin de Fortier a eu un poste de ministre alors qu’il n’a pas été élu. Pourtant, il y a eu au moins 3 partielles au Québec… Jamais il ne s’est présenté. Parce qu’on a beau dire que Yves Bolduc, ministre de la santé par intérim, n’a pas été élu non plus, n’empêche qu’il se présente dans la partielle qui aura lieu bientôt dans la région de Québec. Fortier aucunement. Raymond Giroux a écrit un excellent texte là-dessus, disant que pour un non élu il a dépensé en #*&(*# avec les fonds publics. Ce qui est le plus sarcastique c’est que Stephen Harper qui HAIT le Sénat d’une manière monumentale a quand même trouvé l’outil utile quand vint le temps de nommer un ministre non élu. Mais ce n’est pas étonnant tout ça: Michael Fortier et Maxime Bernier, ce sont des nuls de la politique. On le voit clairement à leurs actions toutes plus questionnables les unes après les autres. Or, pourquoi leur fait-on confiance ? Simple. L’un avait un père député, l’autre est ami avec le cowboy albertain. En politique, encore plus que dans la vie normale, avoir des connexions est plus important qu’être compétent.

De plus, c’est tout le côté du message: ça ne donne rien de voter pour un parti qui ne va pas au pouvoir. À ce compte-là, pourquoi on n’enlève pas le NPD et le Parti Vert ? Et au provincial, pourquoi on n’enlève pas Québec Solidaire ou le Parti Indépendantiste ? Il semble évident qu’à court terme, ils ne prendront pas la tête. Or, c’est la démocratie mon petit Stephen ! N’importe qui a le droit de former un parti et si la population juge que ce parti emmène quelque chose d’intéressant, ils vont voter pour eux. C’est tout ! À moins que tu comptes instaurer une dictature 100% canadian… Mais ça, tu vois, je ne suis pas certain que la population va te laisser faire.

*

Bon, sortons de la colère un peu ! C’est l’heure des « plogues » ! En fait, j’en ai 2 : tout d’abord, le Robin des bois du design qui me sert accessoirement d’oncle (c’est une farce ! 😛 ) va passer dans un reportage de l’émission « Club social » à TV5. Ouais, ben il est en train de devenir une bête médiatique mon oncle sur le l’éco-emballage… Disons qu’il est rendu à 3ème ou 4ème apparition télé sur le sujet. 😉

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Pour les 3-4 que ça intéresse, ça y est, un autre chapitre est ajouté sur l’Île de Circé ! Un point tournant dans l’histoire car après ce chapitre, on va s’intéresser aux vies de nos protagonistes dans le désordre, mais ça devrait être compréhensible et encore plus amusant à écrire parce que moins compliqué que de faire parler 8 personnages de manière cohérentes avec la narration à la troisième personne… 😉 Bref, restez à « l’encoute », il devrait y avoir d’autres écrits cette semaine. 🙂 Je vais essayer d’être un peu plus régulier (sans dire que je vais en publier tous les jours). Par la même occasion, je souligne aussi l’excellente nouvelle écrite et publiée hier par le Médiateur Farceur. Je n’ai pas laissé de commentaires hier, je préférais ben plus faire une « grosse plogue plein de bons mots » sur mon blogue ! 😀 Bravo Médiateur, continue d’en écrire !

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Fuck, fuck, fuck ou la culture sous Harper

Aujourd’hui, il y a eu une manifestation d’artistes pour critiquer le gouvernement Harper qui a désiré hacher dans les programmes de subventions culturelles. D’ailleurs, il y a Martin Petit qui cherchait des slogans pour la manifestation. On a appris aussi, par Marc Cassivi, que le montant coupé servirait au relais de la flamme olympique pour 2010… Ou du moins, c’est bizarre comment les montants se ressemblent. Mais j’ai bien aimé l’article de François Parenteau sur le sujet, particulièrement ce passage:

Sauf que les conservateurs n’ont pas fait ces coupures-là par souci de rigueur financière ou pour insuffler une nouvelle dynamique dans le milieu culturel. Ils l’ont fait pour freiner la progression de formes artistiques qui ne correspondent pas à leurs valeurs. Tout le contraire d’un laisser-aller, il s’agit d’un geste de contrôle. Ce n’est pas là le geste d’un gouvernement conservateur mais bien du vieux fond du Reform Party qui est revenu à la surface. Chose certaine, en empêchant les manifestations culturelles les plus inventives, les plus libres et les plus porteuses de nous représenter à l’étranger, les conservateurs prouvent qu’ils ne font aucunement la job de nous représenter. Ils essayent de nous modeler.

Parce qu’effectivement, il y a toujours une gang de droitistes aux petits cerveaux – des gens qui croient que le Banquier est une oeuvre culturelle – qui sortent de leur placard pour dire: « Hé gang de BS subventionnés, soyez des honnêtes travailleurs et vous allez pouvoir vous permettre de faire des statues lettes et des shows de théâtre que plus personne ne va voir ! » S’il est vrai que ce n’est pas nécessairement fou de songer à d’autres moyens que les subventions pour financer le milieu culturel, couper de manière aussi drastique est stupide et comme il est dit: c’est pour qu’on dise ce que Harper veut entendre. Une politique incroyable quand on pense que même Bush n’a osé faire une telle politique et baillonner Hollywood qui, pourtant, se faisait un malin plaisir à le descendre ! Et après, on osera dire que Harper est un gars qui croit en la démocratie… HUM, HUM…

Mais bon, puisque des élections s’en viennent et qu’il semble qu’il y a une gang de tatas au Québec (et ils sont plusieurs à ce qu’il faut croire) qui vont voter pour lui si on se fie aux sondages de ce matin, je vais vous donner un aperçu de ce que sera la culture en 2011 si on se fie à Harper.

2011… Le dictateur Harper règne sur la république canadienne depuis maintenant 3 ans et il a décidé de mettre les artistes au pas… au pas militaire. Voici les changements qu’il a fait:

Littérature & Poésie : Tout a commencé lorsque Victor Lévy-Beaulieu a osé écrire – en se moquant de notre grand chef – « la bedaine de sa Majesté ». Aussitôt, tout le Bas-St-Laurent a été mis à feu et à sang et on a brûlé tous les livres sauf ceux qui montrent des images positives du Canada. Malheureusement, comme ça n’existe pas (des images positives du Canada), ils ont réellement tout brûlé. Les auteurs et poètes sont passibles de la peine de mort et les blogueurs sont censurés, abattus ou simplement relégués au Yukon, le territoire le plus ennuyant que la Terre n’ait jamais portée. L’utilisation du mot « fuck » est non seulement banni, mais on doit éliminer le village ou la ville où il a été écrit.

Arts visuels: Comme Harper ne comprend rien des sous-thèmes dans une toile ou une sculpture, il a aboli les subventions aux musées et brûlé les oeuvres qui semblaient pas assez canadiennes (alias, tout ce qui fait référence au Québec). À la place, les « artistes » doivent peindre des feuilles d’érables ou sculpter des castors dans du bois.

Danse: Évidemment, tout est aboli et les danseurs crèvent tous dans une pauvreté abject. Les danseurs mâles – considérés comme d’horribles homosexuels qui mettent en danger la culture canadienne de la famille – sont abattus dans le stade olympique de Montréal. C’est déjà une bonne nouvelle: on a trouvé quoi faire du stade !

Théâtre: On ne le savait pas, mais Harper est un dramaturge. Il a en fait écrit une pièce: « Let’s be canadian: say no to those gays, feminists, aborters, and non catholics who want to destroy our beautiful country » qui se traduirait par — Ah pardon, on m’apprend que je n’ai pas le droit de la traduire en français. Donc, c’est ça, c’est la seule pièce permise de jouer dans tous les théâtres canadiens.

Cinéma: On n’a plus le droit de voir des comportements amoraux dans les films canadiens subventionnés, donc plus de personnages qui boivent, baisent, fument et disent des gros mots. Ainsi, l’industrie cinématographique française a perdu beaucoup d’argent puisqu’elle ne peut plus diffuser ces films au Québec. De plus, l’industrie cinématographique canadienne se résume à des films dans le style des Télétubbies (sans le mauve à cause de la connotation gaie). D’ailleurs, tous les méchants dans les films sont soient gais, de couleurs ou de religions différentes. Parfois les trois en même temps.

Humour: L’industrie humoristique est morte ou presque. On raconte des blagues contre les peuples de gauche pour ne pas choquer sa majesté. Devant le théâtre St-Denis, ancien temple de plusieurs humoristes et de galas Juste pour rire, on y trouve un Martin Petit – celui qui a osé faire une blague contre l’empereur Harper – empalé et dévoré par les mouches pour rappeler au peuple le danger de rire du bedonnant être suprême. Quant à Laurent Paquin, autre humoriste s’étant essayé, il a fini en méchoui au dernier congrès du Parti Conservateur. Des milliers de fans des deux humoristes se cachent pour vivre leur deuil. Quant à Daniel Lemire et Guy Nantel, ceux-ci se sont réfugiés au Rwanda et espèrent un jour pouvoir revenir sans qu’on attente à leurs vies.

Et voilà mes amis ce qui risque d’arriver en 2011 si Harper devient majoritaire ! C’est plaisant, hein ? Mais bon, on est chanceux. Un an plus tard, la Terre va cramer… MOUHAHAHAHAHA ! Petit clin d’oeil à ce billet du Médiateur Farceur qui est d’une telle lucidité sur le propos que ça en est génial ! N’empêche que – puisque j’ai encore le droit d’utiliser le mot « fuck » – j’envoie un méga « fuck you » à Harper et aussi à tous ces crétins de Libéraux qui croient qu’ils vont gagner avec Stéphane Dion à leur tête… On vous as-tu déjà dit que vous manquiez de jugement ? (Ah, quoi de mieux que de finir son billet avec une phrase choc. Merci Jeff Fillion pour le cours de communication ! 😉 C’est une blague !)

L’aveu

Vous dire que j’ai hésité à faire ce billet est un euphémisme. Si je n’ai pas recommencé dans ma tête 20 fois le billet, je ne l’ai jamais recommencé. Sans compter un brouillon que j’avais enregistré il y a 2 mois et que j’ai effacé, par peur ou parce qu’il n’était pas à mon goût. Mais ça fait 3 mois que je blogue. Malgré toute la sincérité et l’authenticité de mes billets, j’ai parfois l’impression d’être un menteur. Ah ! Ce n’est pas un grand mensonge, c’est un mensonge pieux, en fait (quoiqu’on pourrait poser la question: existe-il des mensonges réellement pieux ?). Mais c’est un mensonge qui affecte bien sûr, certaines de mes phrases, de mes syntaxes, de mes sous-entendus. Car je dois trafiquer ce que, en temps normal, j’aurais dit tout simplement avec le sourire et relaxation. Alors, quel est le contre-poison du mensonge ? La vérité. Alors, je vais vous la dire (motivé par ce billet de Noisette), elle est simple. Elle comporte 3 mots: je suis homosexuel.

Et voilà ! C’est dit ! J’ai failli le dire il y a deux mois, lors de la journée internationale de l’homophobie. Peut-être certains s’en sont doutés dans mes propos (de ce billet ou ailleurs). Peu importe. Mais je n’étais pas prêt. Ça m’écoeurait un peu, je vous avoue. Après tout, je suis sorti du placard (dieu que je hais cette expression) il y a maintenant 7 ans pour mes proches. Alors, comme m’a dit un ami gai que j’apprécie beaucoup et qui se reconnaîtra en lisant ces mots car il vient assez souvent sur le blogue: « Tu sais, mon grand, tu n’as pas une obligation de « coming out » ! C’est à toi de le faire si tu te sens prêt à le faire ! » Premièrement, vous remarquerez qu’il est super gentil: il m’appelle « mon grand » alors que je mesure 5’4 ». 😛 Deuxièmement, c’est vrai. J’aurais pu aussi fermer ma gueule. Ne jamais le dire. Or, ça serait renier une partie de mon être. Et puis, comment pourrai-je le justifier à l’égard de ce billet plus que honnête cité ci-haut de Noisette sociale ou les histoires crues de bisexualité du défunt Papa me fourre qui a remporté un succès sur la blogosphère ? De plus, je me trouvais dans des situations parfois déroutantes. En effet, je ne pouvais pas me mettre à discuter de quel comédien je trouvais le plus beau avec Noisette sociale par exemple sans me trahir. Comment dire à Renart L’éveillé que j’étais d’accord avec ses positions sur l’Église homophobe sans ajouter le « parce que moi-même on m’a rejeté de cette Église pour cause de mon orientation sexuelle » ? Je devais cacher au Médiateur Farceur que sa lettre de rupture coquine et cruelle m’a fait penser à une lettre que j’avais reçu en rompant avec mon premier copain et au Détracteur Constructif que son fameux Carcajou qui revient sans cesse dans son blogue me fait penser à un surnom d’un gars sur un site de clavardage pour homosexuel… Oups ! Désolé, là, je déconne un peu. C’est le stress vous comprenez ? 😉 Si vous me permettez, je vous raconterai un peu les aléas d’un « coming out » brièvement (ne vous inquiétez pas, pas de détails sexuels ni même amoureux ici). Pour les autres qui seraient pressés, sautez au paragraphe suivant pour une conclusion de billet ! 😛

Comment s’amorce la gaieté si je puis dire ? Je crois que dans mon cas, il y a eu un moment en cinquième année du primaire qui aurait dû me mettre la puce à l’oreille à l’époque. Il y avait un gars, nous l’appellerons Maxime ici. Maxime avait doublé une année (je crois, la troisième), oui c’était à l’époque où le doublage à l’école existait. Alors, il était plus grand et plus gros que tous les autres élèves de la classe. Pour vous dire franchement, il me faisait peur. Au début. Puis, un jour, plusieurs mois après la rentrée scolaire, je ne me rappelle plus pourquoi, un élève voulait me péter la gueule dans la cour d’école. Évidemment, trouillard comme je suis, j’allais me défendre en m’apprêtant à manger une mornifle. Puis, la grosse main de Maxime se déposa sur l’épaule du gars: « Ça suffit, laisse-le ! » L’autre l’a envoyé se promener. Maxime a gentiment répété, mais avec un brin de fermeté dans la voix: « Laisse-le tranquille ! » À ce moment, un prof remarqua l’altercation, il y eut explications, le jury opta en ma faveur et le prof isola l’élève en question. Je me rappelerai toujours, alors que la cloche sonnait pour qu’on forme le rang et entrer dans l’école le visage de Maxime qui me regarda avec un beau sourire: « Ça va aller Satellite ? » Je hochai la tête en le remerciant. Puis, nous allâmes vers le rang silencieux. Dans ma tête, quelque chose qui clocha: non seulement le gars dont j’avais peur ne m’a jamais voulu de mal et, en plus, je le trouve beau… En effet, j’étais un peu plus loin dans le rang et je le voyais sous le soleil du midi: sa taille haute et forte était superbe, son visage blême éclairé par deux cercles rougeauds sur ses joues. Pourquoi je le trouvais beau et pas les autres gars ? Sur le chemin du retour, avec un ami, j’osai lui demander innocemment pendant que l’on marchait le long de la rue: « Tu sais, les filles n’arrêtent pas de parler de gars qu’elles trouvent beau et elles capotent sur eux. Mais sérieusement, toi, y as-tu un gars que tu trouves beau ? » L’autre de me répondre immédiatement: « Ouach ! Non ! C’est juste les filles qui trouvent des gars beaux ! » À ce moment, je compris que je n’étais peut-être pas normal. Mais bon, de là à sauter à la conclusion homosexuelle… Quant à Maxime, après cette année-là, je ne l’ai jamais revu. Je ne devins jamais son ami proche, mais il me souriait et me saluait à pratiquement chaque jour, était très gentil avec moi, aimait mes oraux et bref, il devint un camarade comme tant d’autres. Sauf que pour moi, c’était un BEAU camarade… C’est avec le recul que je pus avouer que Maxime a peut-être été le premier béguin de ma vie. 🙂 Puis, arriva l’adolescence. Là, c’est l’enfer: désolé, mais on ne trouve pas ça ni cool, ni chouette, ni formidable d’être gai. C’est le calvaire, ça nous fait chier et on ne veut pas le croire. On se dit que c’est une passe, que c’est uniquement parce qu’on n’attire pas la gent féminine. Je me rappelle, entre autres, en cinquième secondaire, m’être fait accroire que j’avais le béguin pour une fille. Ah ! Elle était jolie, gentille, intelligente, avait un bon sens de l’humour, mais à chaque fois que je m’imaginais dans l’intimité avec elle… C’était la panique ! Je n’étais pas attiré par elle ! Alors, nul besoin de vous dire que je n’ai jamais dit mes sentiments, même si quelque part, ça aurait pu marcher (elle n’était pas indifférente à mon égard… peut-être pas attiré, mais disons qu’elle aurait peut-être été intriguée par une « date » avec moi). J’en suis heureux pour elle. Le mal que je lui aurais fait… Mais ça, c’est une anecdote plus comique de ma réalité. Car l’année d’avant, dans une autre école, j’ai brisé des vieilles amitiés parce que je ne m’acceptais pas. Hé oui ! J’étais dans une gang que je sentais – peut-être que j’avais tort – très fermée aux gens qui étaient ou avaient des opinions différentes. Le genre qui fait beaucoup des jokes de fif et dont certains membres étaient dégoûtés par l’homosexualité, de ce que je sentais. Il y avait aussi un bel environnement de « parlage dans le dos » qui me rendait paranoïaque. Alors, lorsque j’eus 16 ans, je pétai ma coche: je menacai de me suicider, je me mis à mentir, à monter des membres les uns contre les autres, avoir des délires de persécution, aller jusqu’à mentir au psychologue de l’école comme quoi certains voulaient ma mort… Le cauchemar, à certains moments, j’avais presque l’impression d’être sorti de mon corps tellement j’étais guidé par un mouvement d’auto-destruction ! Puis, la direction m’a fait venir dans les bureaux et je ne devais plus jamais leur reparler. Ils avaient tous raison: j’étais malade, malade de moi-même à un point que je m’en veux encore aujourd’hui et je leur demande pardon de ce que je leur ai fait subir ! Mais malgré que je me retrouvai isolé, il fallut qu’ils se vengent et me harcelèrent tout le reste de l’année, mirent des menaces de mort dans mon casier, me traitèrent de fifs TOUS LES JOURS, etc. Malgré des tentatives de la direction pour cesser le tout, ça ne fonctionna pas. Puis, je changeai d’école à la fin d’année, brûlé par une année exténuante qui m’emmena dans un centre de prévention du suicide (car là, je menaçais de le faire). Ce qui est le plus sarcastique ? J’appris, quelques années après, que 2 autres gars de la gang se retrouvèrent à faire leur coming out aussi… La vie est ironique à souhait ! Mais ne vous inquiétez pas, depuis, j’ai suivi une thérapie pour expliquer ce qui s’était passé et c’est là que j’ai compris que je ne m’acceptais pas et que j’avais pété ma coche. Bref, ne vous inquiétez pas ! Je ne suis pas un sociopathe fini ! Finalement, arriva le collégial et un groupe littéraire auquel je participai. Puis, je rencontrai un gars superbe dont j’eus le coup de foudre. Malheur ! Je me devais d’admettre que j’étais gai i ! Or, là, je n’allais pas gâcher une nouvelle gang – celle de ce collégial- que je venais de me faire. Le gars était gentil et très sensible alors, je me disais que ça serait la meilleure personne pour lui dire sans avouer mes sentiments envers lui évidemment… Je lui demandai un matin si je pouvais lui parler en privé. Nous allâmes dans un coin tranquille et je lui avouai mon orientation sexuelle. Il sourit et fut d’une extrême douceur. Il y avait de quoi… il m’avoua derechef que lui aussi était gai. Alors, je ne sais pourquoi, je lui admis mes sentiments pour lui et ce fut réciproque ! Donc, vous imaginez qu’il y eut un… baiser. 😉 Puis, quelques minutes plus tard après notre LONGUE conversation (j’ai même manqué un cours pour jaser avec), alors que le gars devait se rendre à un cours, je rencontrai une collègue de théâtre et lui avouai mon orientation en jasant avec elle. La réaction fut plus que positive et en une heure, déjà 5 collègues de mon groupe le surent et furent super content que je sois capable de l’admettre (poussée par cette collègue enthousiaste). Cette journée-là, qui pourtant avait une couverture nuageuse forte dans le ciel, fut celle la plus lumineuse de toute ma vie. Je rentrai chez moi ce soir-là et j’admis à ma mère ce que j’étais. En fait, en une semaine, une bonne partie de mon entourage le sut. Et tous réagirent plutôt « bizarrement » pour moi qui m’était fait tant de scénarios d’horreur d’aveu de mon orientation sexuelle : soit trop contents pour moi, soit en hochant la tête en s’en doutant, soit même en étant « presque » indifférent, en voulant dire « ouin, pis ? ça change quoi à qui tu es ? ». Toutes ces réactions, je les ai mises dans ma tête et dans mon cœur en me disant que – sans vouloir porter l’insigne « gai » dans le front – je ne vivrais plus dans la peur de ce que je suis. Bon, vous allez me dire que c’est sarcastique étant donné que j’avoue être stressé le dire sur le Net, mais pour moi, c’est différent. Je vais m’expliquer…

Désolé du long récit, il faut croire qu’il y en avait long à dire. Je sais que je prends de gros risques en vous faisant cet aveu. Premièrement, je prends le risque de recevoir des commentaires de bêtise, de haine, d’homophobie car le Net est rempli de gens ouverts comme de gens obtus. Même si les blogues que je consulte sont pour la plupart progressistes et « ouverts d’esprit », on s’entend que certains visiteurs peuvent être choqués par ce texte. Deuxième risque, celui d’être catégorisé blogueur gai. Bref, que tout d’un coup, mon orientation sexuelle passe au-devant de mes points de vue, mes écrits, comme un filtre malsain qui va teinter en arc-en-ciel tous mes propos. 😉 Dernier point, en avouant tant de choses sur moi, il se peut que certains lecteurs assidus soient déçus, choqués ou ne sachent pas comment réagir face à tout cela. Qu’ils aient peur que tout d’un coup, ce blogue dévie vers des sujets uniquement orientés sur l’orientation sexuelle. Premièrement, je vous rassure sur ce dernier point. Le blogue garde le cap sur ce que j’ai voulu et non, je ne parlerai pas nécessairement plus d’homosexualité que je le faisais avant. Pour le reste, il y a les commentaires pour ceux qui voudraient afficher leurs réactions face à cet aveu… Je leur laisse cet espace démocratique !  J’espère, néanmoins, que cela ne changera pas trop votre image de moi (négativement, du moins) et que ceux qui commentent souvent et me lisent régulièrement comme Noisette, Molécule, Renart, Pascal, La Fêlée et tant d’autres ne seront pas effarouchés par ce billet. En tout cas, maintenant, je vous ai sorti quelques squelettes du placard et je peux dire que je suis vraiment honnête. 🙂 Donc, si vous me permettez, je vais aller me reposer : j’ai dû perdre dix livres de sueur en écrivant ce billet, j’ai tremblé comme si je me trouvais sur une sécheuse et – comment dire – certaines larmes ont retrouvé le chemin de mes deux yeux en me rappelant tous plein d’événements aussi horribles que beaux. Ça, un jour, j’en parlerai peut-être. Pourquoi faire un « coming out » doit pratiquement toujours se faire en pleurant ou les larmes aux yeux ? 😉 Merci encore de votre patience infinie, je vous salue bien bas.

Pour finir, si vous me permettez, je vous laisserai avec un poème que j’ai écrit en avril 2003 sur le sujet et qui m’a valu beaucoup de bons commentaires même si techniquement, il n’est pas terrible:

Le suicide de mon secret

Quand le ciel est bas et pèse lourd comme un couvercle,
Il me rappelle les douleurs sucrées que j’ai engobées,
Où un mal grandissant finissait par former un cercle,
Et par sentir l’acariâtre goût des yeux crevés.

Comme un enfant devant des grappes de raisin,
Je m’accrochai sans vertige à de sombres destinées,
Où la morale t’arrache aux doux flancs d’un essaim,
De passions torrides que je devais cacher.

Je ressentais la peau aux couleurs d’une pêche,
Ses doux flancs maculés de forêts,
Où j’y pénétrais avec la douceur de l’eau fraîche,
Dans un nirvana dont je ne reviendrais jamais.

L’odeur du sang me rappelle le silence,
Je noie ma passion dans le rhum.
Quelle serait la réaction de la potence
Si je disais: « J’aime un homme. »

Lendemain de veille animalier

Me voilà de retour et mise à part un lama qui voulais quasiment me « frencher », je suis indemne de ce périple dans la faune (non, quand je parle de faune, je ne parle pas de Renart 😉 ). Évidemment, je vous ferai un compte-rendu avec quelques photos (oui, oui, Omelette, il y aura des photos ! 😛 ) un peu plus tard. Mais là, je dois trier justement parmi les 168 prises hier, lesquelles (et je n’en metttrai pas trop non plus, je veux pas vous écoeurer avec ça !).

Hier soir, malgré un mal de tête dû à la chaleur, le soleil intense (une chance que je portais une casquette) et un peu des aléas de la déshydratation (bien qu’on ait bu comme des chameaux déshydratés… qui peuvent boire 130 litres d’eau en 10 minutes ! Vive les zoos où on apprend plein de trucs « insolites » qui servent pas à grand chose sinon la culture générale !), je suis allé voir les billets de ma blogosphère. Puis, en allant sur le célèbre petit nombril, je vois aussi que la thématique de sa BD est zoologique: une visite au Zoo de Granby avec son ami, aussi blogueur, Patrick. En effet, le webmestre du Blog plein de fautes (c’est le nom du blogue) qui parle de vélo, de sa petite famille, de musique, de cinéma et de zombies (!!!) a tout fait pour que son ami Pascal fasse une BD de moments cocasses provoqués par celui-ci. Sauf que ce n’est pas ça qui m’a marqué. C’est que Patrick (appelons-le par son prénom puisqu’on le sait) a parlé de cette visite dimanche dernier et a mis une photo de lui (à gauche) avec… mais qui est ce jeune homme à droite ? LE PETIT NOMBRIL ?!!! Là, faites l’exercice que j’ai fait: mettez une BD du petit nombril dans un onglet et la photo de Patrick et Pascal dans un autre et alternez sans arrêt pendant quelques instants. Si je me sentais déjà en lendemain de veille, là, c’était le comble ! 😛

À Patrick, je remercie cette photo digne d’entrer dans les annales. 😛 Et un bon texte aussi, bonne plume, bon humour… (reniflements) Sentirai-je un nouveau membre de la Communauté du Blog ? À suivre… Quant à toi Pascal, merci pour cette bonne BD hier et aussi pour ta générosité de temps envers « tu-sais-quoi » 😉 . Et désolé, de te dire ce qu’on t’a dit 1000 fois auparavant, mais Dieu que tu as l’air plus jeune en vrai que dans tes BDs. Là, je peux confirmer ! 😛

Restez à « l’encoute » (j’aime dire ça de même), un compte-rendu de mon aventure à la Steve Irwin (comme l’a dit si bien le Médiateur Farceur) très prochainement…

Que je suis gêné !

SHF-France (source)

Petit billet qui m’a été inspiré par deux membres de ma Communauté du Blogue qui ont parlé de la même nouvelle qui se retrouve ici. En effet, Richard Martineau et le Médiateur Farceur ont accueilli avec incrédulité cette bizarre de nouvelle comme quoi il y aurait un gène du vote… Bon, bon, bon… C’est moi ou il ne se passe pas un mois sans qu’on apprenne qu’il y aurait un gène pour ci et pour ça (c’est pareil pour tout ce qui serait cancérigène, la liste augmente aux 2 jours…). Finalement, si on écoute les scientifiques l’idée des choses acquises par l’apprentissage est en train de disparaître… Bientôt, on va me dire que j’ai des gènes qui me prédisposent à me gratter le bord du nez ou ceux qui font que je regarde toujours dans mon mouchoir après m’être mouché… Je veux dire, oui, il n’est pas impossible que les gènes aient une part d’importance dans notre personnalité. Mais, euh, où est le libre-arbitre si c’est rendu qu’on peut expliquer chacun de mes gestes par des gènes ?

Est-ce que je suis le seul qui commence à trouver ça un peu effrayant toutes ces recherches génétiques ? Je veux dire, ça va donner quoi d’apprendre qu’il y a un gène de la démocratie. C’est quoi, ils vont fabriquer des bombes irradiées qui rendent l’idée de la démocratie plaisante ? Après la bombe H, la bombe D ? Vous la lancez sur une dictature et POUF ! Ça devient un pays qui a le goût d’un parlement, d’une démocratie et d’élections propres et sans corruption ? Ça me fait peur tout ces recherches parce que j’ai l’impression qu’on cherche à identifier tous ces gènes pour éventuellement fabriquer l’être humain « parfait » dans le sens d’obéissant, pareil, qui ne sortira jamais de la norme. Autant j’aime ce que la science a pu nous emmener en termes d’innovations écologiques, énergétiques ou médicales, autant elle peut me faire peur par moment…

C’est nos vies

Petite suite à ce billet que j’ai fait en début de semaine qui m’a emmené un tas de monde que je salue sur ce petit blogue à la « bonne franquette ». 😉 Premièrement, la qualité des commentaires de ce billet m’a jeté par terre. Je savais que vous étiez tous allumés et plein d’esprit, mais là… Wow ! 🙂 Ne vous gênez pas, c’est tellement intéressant de vous lire. Et le billet a fait des petits. Il y a Noisette qui a aussi amorcé la réflexion de son côté et cela a emmené à une belle discussion sur son blogue que j’ai lu avec beaucoup d’intérêt puisqu’il s’agit un peu de la suite de la discussion amorcée ici. Le sujet a, en tout cas, touché direct dans le mille. Les Anglais ont une expression que j’aime bien: it hit a nerve. Même la Fêlée, grande instigatrice du Blogu’Or et presque une déesse de la blogosphère (sérieusement, j’ai entendu parler d’elle bien avant d’amorcer un blogue…) 😛 , a avoué sur le blogue de Noisette qu’elle avait aussi une idée de billet sur le sujet. D’ailleurs, j’aimerais bien le lire si elle le fait, par curiosité. 😉

Bref, à la suite des commentaires et billets sur le sujet, je pense vraiment qu’on peut conclure que notre petite « sphère » du blogue forme des liens de toutes sortes, mais des liens majoritairement basés sur le respect, la discussion, l’ouverture et le progrès. C’est peut-être une nouvelle démocratie qui se forme, qui sait ? Après tout, peut-être qu’on retourne un peu – malgré plusieurs différences – à l’idée des forums grecs de la Cité d’Athènes… mais sur le Net 😉 (la référence aux Grecs anciens est pour le Médiateur Farceur qui semble s’intéresser à l’histoire de plusieurs civilisations… juste pour ça, je suis content qu’il soit dans ma Communauté) ! En tout cas, pendant ce temps, y a un membre de ma Communauté qui a recommencé un billet de blogue comme il le faisait à l’époque et j’en suis content ! 🙂

En novembre 2006, j’écrivais dans le Sans-Papier que la folie du blogue me semblait incompréhensible, mais j’admettais qu’il s’agissait peut-être d’une nouvelle forme de médias. Près de deux ans plus tard, après changé mon fusil d’épaule (ben quoi ? y a juste les fous qui ne changent pas d’idée… !), je me rends compte que c’est un outil formidable et intéressant. C’est une nouvelle forme de communication. C’est une façon – dans un monde qui s’individualise – d’échanger avec d’autres, de les écouter et de leur parler sur tout et rien à la fois. Tout comme dans mon article de 2006, je reprendrai (à défaut de savoir chanter) les paroles de la chanson de Salvatore Adamo (écrite en 1975) qui me semble tellement s’appliquer aux blogues (en bonne partie, si l’on interprète d’une certaine manière):

 Notre histoire a commencé par quelques mots d’amour, c’est fou ce qu’on s’aimait

Et c’est vrai, tu m’as donné les plus beaux de mes jours, mais je te les rendais
Je t’ai confié sans pudeur les secrets de mon coeur, de chanson en chanson
Et mes rêves et mes « je t’aime », le meilleur de moi-même
Jusqu’au moindre frisson
(refrain)
C’est ma vie, c’est ma vie
Je n’y peux rien, c’est elle qui m’a choisi
C’est ma vie
C’est pas l’enfer, c’est pas le paradis
Ma candeur et mes vingt ans avaient su t’émouvoir, je te couvrais de fleurs
Mais quand à mon firnament j’ai vu des nuages noirs, j’ai senti ta froideur
Mes rires et mes larmes, la pluie et le soleil, c’est toi qui les régis
Je suis sous ton charme, souvent tu m’émerveilles, mais parfois tu m’oublies
(Refrain)
J’ai choisi des chaînes, mes amours, mes amis savent que tu me tiens
Devant toi, sur scène, je trouve ma patrie, dans tes bras je suis bien
Le droit d’être triste quand parfois j’ai coeur gros, je te l’ai sacrifié
Et devant toi, j’existe, je gagne le gros lot, je me sens sublimé
C’est ma vie, c’est ma vie… (suite du refrain tant connu)
Et voilà, c’est à vous que je dédiais ce beau classique de la chanson française ! À plus tard pour d’autres billets ! 😉
(P.S.: Pour les fanatiques de la grammaire, je sais que mon titre de billet est grammaticalement incorrect. J’aurais dû écrire « Ce sont nos vies », mais je voulais faire référence à la chanson d’Adamo. Merci de la compréhension. 😛 )

La Communauté se munit d’un archer

Bon, je devais faire cela plus tard, attendre un peu qu’il y ait plus de billets sur son blogue. Et puis, dans un coup de tête, j’ai décidé que non ! Le Médiateur Farceur va entrer tout de suite dans la Communauté du Blog. Déjà son premier billet très lucide sur son désir d’être dans la blogosphère est très efficace… et drôle aussi. C’est pourquoi je le surnomme « archer »: il est très juste dans sa manière d’analyser les choses. 😉 Le blogue n’est que tout naissant, mais je suis sûr qu’il deviendra grand. 🙂 À suivre…