La rue est ouverte

Rue Frontenac

Rue Frontenac, le journal Web des « lock-outés »/grévistes du Journal de Montréal est disponible depuis cet après-midi. On sent déjà qu’on s’éloigne du sensationnalisme sanguinaire du JdeM avec le goût, néanmoins, de fournir une source d’informations aux gens qui lisaient le journal (et qui continuent de le lire en se foutant carrément du conflit… comme d’habitude).

Aussi, si ça vous intéresse, une discussion entre 5 journalistes à Christiane Charette aujourd’hui… Maudit que le constat est déprimant quand tu regardes ça d’un certain point de vue. 😦

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Notre source d’informations idéale…

Je me tape sur les doigts souvent ces temps-ci: je ne laisse donc pas souvent des commentaires sur ma blogosphère adorée ! Et pourtant ! Tant de billets intéressants ! Mais bon, ces dernières heures, j’en ai un en tête. Louis-Philippe a écrit un billet que j’ai A-DO-RÉ sur le lock-out du Journal de Montréal. Particulièrement, ce moment passablement jouissif:

A-t-on nécessairement besoin d’écrire de la merde pour rejoindre un maximum de personnes? Allez, dites-moi que ce n’est pas le cas. Dites-moi que vous êtes plus intéressés par notre futur et par notre vivre-ensemble que par les dernières folies de stars ou meurtres crapuleux. Allez, s’il-vous-plaît, dites-moi que l’avenir de notre pays, de l’humanité sont plus importants que ces conneries.

Sinon, si vraiment vous aimez votre Journal de Montréal tel qu’il est, si vous assumez votre indifférence vis-à-vis d’une information déficiente et trompeuse, respectez au moins le sacrifice qu’ont dû accomplir de nombreux journalistes talentueux pour vous livrer votre dose quotidienne de banalité et encouragez-les afin qu’ils puissent continuer à jouir de ce monde et gagner assez d’argent pour être en mesure de piler sur leur orgueil de créateurs pour persister dans leur rôle d’exécutants façonnant pour une direction cupide de la merde en boîte que vous payez sottement.

Parce qu’effectivement, Louis-Philippe souligne un point important: évidemment qu’il est facile de critiquer les conditions de travail du JdeM, de dire que ce sont des bébés gâtés et tout. Sauf que, comment dire, depuis 2003 surtout (même si certains considèrent que le Journal a toujours été boiteux dans le type de nouvelles couvertes), le niveau du journal est passé de « tabloïd sensationnaliste » à « outil pour couvrir en publicité toutes les activités de Quebecor Médias ».  Je veux dire, on le sait tous que les médias convergent depuis une décennie maintenant. On sait tous que La Presse et Radio-Canada s’entendent plutôt bien tout comme TVA et le Journal de Montréal aussi. À la différence que j’ai déjà vu – et même souvent vu – des critiques acerbes sur Radio-Canada, sa programmation, ses animateurs dans La Presse. Or, avez-vous déjà vu une critique de TVA dans le Journal de Montréal depuis l’acquisition du réseau par Quebecor Médias ? Si oui, vite ! Envoyez-moi les coupures de presse et plus vite que ça ! Je veux dire que même des trucs comme la « fabuleuse entrevue Denis Lévesque – Paul McCartney » n’a pas été questionnée par le quotidien.

Et c’est là le problème. Au nom de la convergence, on a décidé de couper encore plus le niveau intellectuel du journal. Bien sûr que les médias écrits sont en repositionnement, l’arrivée d’Internet a changé beaucoup de choses dans la pratique. Il n’empêche que si au Globe & Mail, la situation actuelle laisse transparaître des problèmes de changement du médium, on sent que le conflit au JdeM transpire le malsain, les abscès non crevés. On sent la rancoeur de journalistes qui se sont faits rentrer de la convergence à la gorge jusqu’à la nausée.

Alors, les médias écrits sont en plein changement. Ils ne sont pas disparition – oh que non ! – l’Internet fait bien de la place à l’écrit (les blogues en sont déjà un exemple frappant). Sauf que forcément, il faut une nouvelle vision du médium.

Donc, je me demande que comprendrait notre source d’informations idéale ? Si on avait à établir un quotidien à nous tous (le rêve ! 😀 ), quel serait les aspects importants de notre quotidien ? En fait, j’aimerais votre vision du quotidien écrit idéal ?

Moi, personnellement… Hum, je serais peut-être mieux d’attendre avant de le dire. Ne pas influencer vos réponses ou avoir des commentaires du style: « comme toi ». Alors, on s’en reparle cette semaine. D’ici là, écrivez-moi sur votre quotidien/source d’informations idéal(e)… (Merci à Carl pour l’inspiration de ce billet.)

Le Bye Bye du Satellite: 7 décembre 2008

Julie : Bonsoir, ici Julie Schnauzer et bienvenue à la Banqueroute. Bonsoir les laideurs !
Laideurs : Bonsoir Julie !
Julie : Cette semaine, notre concurrente vient de Longueuil en Gaspésie, j’ai l’honneur de…
(dring !)
Oups, le loser qu’on fait passer pour un banquier qui appelle déjà… (Elle répond.) Allô ? Quoi ? Longueuil, c’est pas en Gaspésie, mais sur la Rive-Sud de Montréal ? Ben voyons donc ! Si c’était le cas, ils sentiraient pas le poisson pas frais et on aurait pas l’impression qu’il s’habille tous au troisième sous-sol de chez Wal-Marde ! (Elle raccroche.) Alors, on accueille : madame Paule Bergeron ! Bonsoir Paule !
Paule : Bonsoir Julie !
Julie : Alors, dites-moi Paule, pourquoi venez-vous à la Banqueroute ?
Paule : Ben moi je suis une banlieusarde, j’ai deux enfants, un mari. Tous les deux, on travaille. Alors, on fait partie clairement de la classe moyenne. Alors, en bons Québécois de classe moyenne, on vit au-dessus de nos moyens, on est surendettés, on exige toujours plus d’argent du gouvernement…
Julie : Exactement comme on le lisait dans le cahier spécial du Journal de Mourial. (regardant l’écran) Regarde, Pier-Karl, comment je fais bien ça de la convergence !
Paule : Ben c’est ça, donc je viens ici pour espérer ramasser un demi million de dollars dans le but de tout dépenser sottement pour des affaires dont on n’a pas besoin pour être heureux.
(applaudissements)
Julie : Excellent ! Bon, vous savez que cet automne, on a augmenté les chances de remporter le 500 000 dollars pour plusieurs concurrents ?
Paule : (excitée) Oui…
Julie : Hé bien, on a fait quelque chose de similaire pour vous. Vous n’avez pas une seule chance de remporter le montant de 1 sous, mais bien 15 chances sur 26 !!!
(musique d’excitation)
Paule : QUOI ?!
Julie : Écoutez Paule, avec la crise économique et les menaces de grève au Journal de Mourial, on peut pas se permettre de leur montrer qu’on nage dans l’argent à Quebecor. Comme ça, ça nous donne un argument de plus en négociations, vous comprenez ? Faudrait quand même pas que le lock-out de 15 mois du Journal de Quibec se reproduise, hein ?
Paule : Ah ben tabarnak !
(Paule quitte le studio en colère.)
Julie : Oh je pense que notre concurrente vient de dire à notre jeu comme PK dit aux demandes syndicales : RE-FU-SÉ ! Alors, on se revoit bientôt !

Les bonnes nouvelles Tiviya

Évidemment, il fallait bien que je parte UNE journée pour deux bonnes nouvelles arrivent coup sur coup, les commentant ainsi après que la planète l’ait déjà fait. Mais bon, il faut quand même souligner, tout d’abord, la libération très espérée d’Ingrid Bétancourt. Après 6 ans à être retenue captive, on s’entend que c’est enfin qu’elle pourra regagner un tant soit peu la terre française. 🙂 Malgré tout, la femme ne pense pas ne pas revenir éventuellement en Colombie. Wow ! Je ne saurais dire si c’est de la passion ou de l’inconscience, mais en tout cas, j’espère au moins qu’elle va profiter un peu de sa libération avant de retourner dans le contexte trouble de la politique colombienne.

Deuxième bonne nouvelle, la fin du lock-out au Journal de Québec. Un lock-out de 14 mois… Ouch, long conflit de travail que ce fût. Patrick Lagacé souligne bien le pourquoi de cette longueur: malgré le fait que sans journalistes et que le syndicat publiait un autre quotidien qui devait rivaliser avec le Journal, le Journal de Québec rapportait des profits. Les gens l’achetaient quand même car il y avait des nouvelles (qui venaient du Journal de Montréal) et les patrons travaillaient sur le journal ! Bref, pas hâte de voir ce que ça va donner avec les négociations qui devront avoir lieu avec les employés du Journal de Montréal vers la fin de l’année… Disons que l’employeur aura moins peur d’aller en lock-out, sachant qu’il continuera à faire des profits tout de même. De plus, Patrick souligne un point que j’ai pensé en apprenant la nouvelle hier soir: comment vont être les relations de travail entre les employés qui reviennent au boulot et les patrons qui ont agi comme scabs (briseurs de grève) ? Ça risque d’être tendu dans les prochains mois…

Ai-je de quoi contre Pier-Karl Péladeau ?

Le Devoir (source)

Ou Quebecor pourraient se demander certains qui lisent mes derniers articles sur le blogue. Personnellement, non. Je ne connais pas le gars. Et oui, je lis des blogues et des chroniques publiées sur Canoë et je regarde des émissions de TVA. C’est pas ça le problème. Bon, évidemment, j’en ai un peu contre l’énorme convergence des empires médiatiques, mais y a pas juste Quebecor qui le fait. J’en ai contre ses positions anti-syndicales excessives (rappelez-vous de la grève en 2002-2003 des employés de Vidéotron qui avait quelque peu dégénéré autant du point de vue syndical que des patrons) et le fait qu’elle joue les grandes vertueuses des médias alors qu’elle a plusieurs trucs à se reprocher. Alors, voir la compagnie jouer les vierges offensées sur deux commentaires dans les publications de Gesca (alors qu’on sent qu’il n’attendait que ça pour pouvoir faire un bras-de-fer juridique avec le groupe de médias), ça me met en rogne. Parce que, c’est drôle hein, mais ils ont pas vraiment joué les vierges offensées quand Quebecor World a mis 670 personnes à pied juste au début du mois, ou quand ils ont parti le lock-out, ou quand monsieur Luc Lavoie (qui travaillait à l’époque pour le groupe) était d’un mépris sans nom pour les employés du Journal… (D’ailleurs, voir la suite, quelques jours plus tard, de cet article qui avait montré la grande maturité de monsieur Lavoie.)

Je n’en ai pas autant contre l’empire médiatique que contre son arrogance sans nom. Nuance.