John and Mary go to controversy

Bon, j’étais absent quand s’est amorcée cette crise à propos de ses deux groupes invités au spectacle de l’Autre St-Jean, deux groupes anglophones. Néanmoins, j’ai le goût d’en parler un peu à une semaine – même pas – de la St-Jean-Baptiste.

Première réaction primaire en lisant la nouvelle: oh cal***** ! C’est rendu que pour rendre ça appréciable, on invite des groupes anglophones pour suivre la mode de ces petits chanteurs et petites chanteuses qui chantent dans la langue de Shakespeare.

Deuxième réaction plus posée: Mouin, en même temps, j’ai déjà entendu du monde chanter en espagnol ou même en italien pendant la St-Jean et pas un organisme se choquait de cette décision. Ni moi, d’ailleurs.

Troisième réaction, la plus rationnelle: dans le fond, ce qui me choque, c’est peut-être plus les réactions des anglos à cette première décision qu’autre chose.

Car effectivement, si on permet à des gens de chanter en arabe, en créole, en hindi pour la fête des Québécois, pourquoi pas de l’anglais ? Parce que c’est la « langue de l’oppresseur » ? Ça ne fait pas un peu « colonisé » ? Ça ne fait pas un peu « deux poids, deux mesures » ? Quelque part, même, ça ne serait pas un signe de grandeur d’esprit et d’ouverture ? Après tout, 40 minutes sur un spectacle de 6 heures… Même placé en milieu de spectacle, on oubliera rapidement leur performance. Évidemment, ça ne serait pas la même chose si c’était 1 heure, 2 heures ou 3 sur 6 heures… Ça serait un trop gros pourcentage du spectacle. Mais là, 40 minutes… c’est à peine 11%.

En fait, j’ai trouvé sur le blogue du Prof Solitaire (blogueur très souverainiste, en passant), une position qui ressemble à ce que je ressens face à cette affaire:

On veut une fête inclusive ou non? Ce n’est pas parce que quelques tounes seront chantées en anglais le 23 juin que le glas sonnera pour la civilisation française d’Amérique quand même! Moi, c’est en partie pour ça que je souhaite la souveraineté: pour que cesse la terreur de l’extinction et le complexe d’infériorité, pour qu’on acquière une confiance dans l’avenir et qu’on ne se sente plus menacés par nos concitoyens anglophones ou allophones. Seule la souveraineté peut accomplir cela.

Mais cela étant dit, les anglos qui se font aller la gueule depuis quelques jours pour nous donner de grandes leçons d’ouverture et d’inclusivité seraient mieux de se regarder sérieusement dans le miroir. Aucun de leurs maudits postes de radio anglo-montréalais ne diffuse de musique franco et ce, 365 jours par année! Les seuls mots français qui y sont prononcés sont les noms des rues et des ponts pendant les rapports sur la circulation!

Il n’a pas tort. Et c’est là-dessus que ça me choque. Car ce ne sont que des controverses du genre qui encouragent les médias anglos à nous traiter de xénophobes, de racistes, de peuple désirant faire un nettoyage racial au Québec…

Nettoyage racial… Mouhahahahahaha ! Faites-moi rire ! Dites-moi, journalistes anglos, vous devriez peut-être cesser de chercher des « bébittes » aux Quebecers et regarder dans l’histoire mondiale. Parce que si on voulait faire un vrai nettoyage racial, un digne de M. Net alias Slobodan Milošević, on ne serait pas en train de se crêper le chignon à savoir si on doit accepter deux groupes anglophones montréalais (dont, d’ailleurs, j’ai vu un reportage et un des groupes semblait parler français en plus… pourquoi ne pas les inviter aussi à chanter des chansons françaises en plus de leurs chansons ?). Non, on serait tous dehors à vous chasser à coup de fusil et de bombes. On kidnapperait vos rejetons et vos femmes pour les mettre dans des camps de concentration où on finirait par les tuer. C’est ça un VRAI nettoyage racial. Mais vous êtes chanceux: vous vivez avec des Québécois francophones paisibles et qui n’aiment pas la violence plus qu’il faut. Par contre, je me demande si on devrait pas s’organiser pour battre le prochain anglo qui osera prononcer les deux mots ethnic cleansing…

En fait, en termes d’ouverture, ce sont bien davantage les anglos qui ont du chemin à faire. À ce qu’on sache, sur leurs terriblement plates radios anglophones, avez-vous déjà entendu une chanson francophone ? À ce que je sache, dans ce beau Canada « supposément » bilingue, on ne peut toujours pas être servi en français coast-to-coast dans les édifices gouvernementaux… Il me semble bien avoir lu que mise à part à Montréal, ça fait dur sur le bilinguisme dans les aéroports canadians.

Alors, avant de nous donner des leçons de tolérance linguistique, some should do their homework and give us a good French service coast-to-coast. Ah, évidemment, là, ce n’est pas la même chose… Là, ça branle dans le manche et on ne voit pas l’utilité du français. Dans ce cas, la prochaine fois qu’ils crient au meurtre et à l’intolérance linguistique, la seule réponse qu’il conviendra de leur répondre sera: Shut the fuck  up !

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Signes de l’apocalypse

Ça y est, je le dis. C’est l’apocalypse. Comme bien des malades intégristes fanatiques chrétiens fort croyants, je proclame que l’Apocalypse avec un grand « A » est proche. Premier signe: le pape est en train de se mettre à dos une quantité incroyable de catholiques (même du clergé lui-même !!!) avec ses propos qui viennent de l’an 1000 avant Jésus-Christ.  Deuxième signe: les États-Unis vont signer une déclaration des Nations Unies (non contraignante par contre) pour dépénaliser l’homosexualité. J’entends d’ici les fanatiques évangélistes et mormons en tout genre hurler d’horreur et ça me fait tellement sourire. Dernier signe et non le moindre: Carbonneau a été renvoyé du Canadien de Montréal la semaine dernière.

Ah, le renvoi de Carbo… Je n’en ai pas parlé la semaine dernière. 1) Parce que je suis que de très loin le Canadien de Montréal et franchement, leur sort m’indiffère. 2) Parce que ça a pris tellement de place dans les médias que ça en devenait franchement gênant. Quand tu dis que ça a pris plus de place que Henri-Paul Rousseau qui commentait sur la Caisse de dépôt (avec ces fameux « Je suis content de votre question »)… 3) Me semble que les 110% de ce monde ont tout dit, ont tous pété leur coche et qu’il est l’heure de passer à autre chose.

Là, attention, je vais dire quelque chose de terrible, mais je vais le dire pareil: au pire, c’est juste une ÉQUIPE DE HOCKEY. C’est incroyable toute la place médiatique que ça prend, sans farces. Cet automne, je riais quand je voyais ce cours de l’Université de Montréal disant que le Canadien de Montréal était une religion. Aujourd’hui quand je vois qu’on accorde 1h30 de temps d’antenne à ce sujet (voire plus) sur LCN et RDI… Je me dis que oui, c’est définitivement plus gros que la religion catholique elle-même.

Alors, bon, maintenant que Moïse Carbonneau est parti (puisqu’il faut parler en termes religieux), qui va emmener nos Glorieux (dont 90% environ ne parlent pas un traître mot de français sauf les sempiternels « bonjour » et « merci ») vers la Terre Promise ? On ne sait pas. On ne sait même pas s’il devrait parler français. Bon, moi qui aime le français, je dirais que OUI. Déjà que l’équipe est de moins en moins francophones, est-ce qu’on pourrait de grâce avoir quelqu’un qui s’exprime en français ? Question de rappeler – à défaut de l’appliquer – qu’au Québec, la langue d’usage et principale est le français. Mais bon, il semble qu’on préfère quelqu’un qui nous emmenera à la Coupe Stanley (l’inaccessible rêve) à quelqu’un qui s’exprime en français. Soit. On pourrait peut-être commencer à parler en anglais partout, maybe this blog should be english-only, no ?

En fait, je déconnais tantôt avec mes signes de l’Apocalypse. Mais il y a peut-être lieu de s’inquiéter pour le français au Québec quand la Caisse de dépôt est dirigée par un unilingue anglophone et que les Québécois sont prêts à renier leur langue tout ça pour avoir une parade sur la Ste-Catherine pour admirer une coupe argent qu’ils perdront l’année d’ensuite.

Le billet du jour: Avez-vous peur du cancer ? Qui ne le serait pas ? Le mot revient TOUS LES JOURS dans les médias et chaque semaine, une nouvelle étude nous dit que tel truc est cancérigène ou qu’au contraire, prend tel aliment est un anticancérigène. Steve Proulx aborde le sujet alors que des médias ont pratiquement colporté que Facebook était cancérigène… Moi, qui a une tendance à l’hypocondrie (j’en reparlerai éventuellement), j’ai abandonné. Sans farces, j’en ai plein le derrière de me farcir de la peur à la petite cuillère. À écouter toutes les études qui se font, TOUT EST CANCÉRIGÈNE. Bientôt, on va nous apprendre que les souliers à crampons,  marcher sur les mains, les toutous de Bob l’Éponge, regarder les Simpsons entre 16h et 20h et flatter un chat à la pleine lune les mois qui finissent par un 30 sont cancérigènes. Une question comme ça, je ne suis pas médecin mais j’ai une hypothèse: est-ce que ça ne serait pas possible que ce soit notre mode de vie, nos relations humaines centrées sur nous-mêmes et le refoulement de nos problèmes et émotions qui causent le cancer ? Je dis ça de même…

Pointilleux, moi ?

OK, bon, ça va sentir la frustration cette semaine sur le blogue. Frustration car c’est la #!//%%&? de semaine sur l’AMOUR: la St-Hypocrisie qui réussit à faire survivre des milliers de fleuristes et de fabricants de chocolat à 5 cents. Mais bon, on aura tout le temps d’en reparler de cette fête qui me pue, me tanne, me lève le cœur (et pas juste parce que je suis célibataire, oh que non !)…

Mais bon, c’est une petite affaire qui me turlupine. Bon, je suis allé dans un restaurant sportif connu que je ne nommerai pas ici (disons juste que ça commence par « Cage » et ça finit par « Sports » 😛 ) et je ne pouvais m’empêcher de regarder les chandails des employés. Pas parce qu’ils étaient beaux, non, mais parce qu’à l’endos, c’était inscrit: STAFF.

Bon, OK. Je sais que le mot est permis par la langue française (à ma grande stupéfaction), je sais que le milieu du sport est TRÈS anglophone, j’ai même remarqué que le mot « employé » ne paraîtrait pas bien à l’endos… Mais « staff » ? Pourquoi utiliser le terme anglais et pas juste un logo de la compagnie pour spécifier qu’il s’agissait d’employés ? « Oh, Satellite, on s’en fout ! C’est un terme accepté par la langue française, alors décroche ! » N’empêche que je commence légèrement à en avoir assez de notre langue qui – semble-t-il – se plie devant l’anglais comme un petit chien soumis. Un moment donné, on s’entend-tu que « staff » c’est carrément anglophone ? Et puis, qu’est-ce qu’ils ont les vieux croûtons de l’Académie française à accepter maintenant n’importe quoi ? Si c’est ça, je ne vois pas pourquoi je me mettrais à bien écrire. Pk je n’écrierai pas de mème debord ?

Peut-être parce que j’aime ma langue et je tente – sans y arriver à tout coup – de la préserver du mieux que je peux. Le pire, c’est l’indifférence de la situation. Alors que je trouvais que l’utilisation du terme « staff » était franchement dérangeante, tout le monde s’en foutait. Et je ne peux même pas me plaindre à l’Office de la langue française puisque le terme est accepté dans le dictionnaire… Argh !

Mais bon, qui sait ? Je suis peut-être un vieux pointilleux amer. Alors, la prochaine fois que je verrai un article sur l’état du français dans les écoles, j’écrirai au journaliste ou à la journaliste en disant: « man, j’vois pa pk tu kpot avek le franssais anyway tlm sans fou du franssais de ns jour la lange c l’anglè pour tou et c mieu de mème »

Je sens que la semaine va être longue… (et une chance que je ne suis pas professeur dans une école, je pense que les élèves et les parents me trouveraient chiants sur l’usage du français)

« Moé chu Mario, chu plombier pis je sauve la même princesse depuis 20 ans ! »

Pour le Temps des Fêtes, je me suis offert une petite gâterie. Ou plutôt j’ai offert une petite gâterie à ma Wii: je lui ai offert la première aventure (car il y en aura une deuxième sur la même console) de Mario sur la console blanche du géant Nintendo. Ça faisait longtemps que je n’avais pas fait un Mario au complet. En fait, même je n’ai jamais fait un Mario en 3D, le dernier réussi étant l’excellent Super Mario World sur Super Nintendo…

Ainsi, Mario 64 et Mario Sunshine n’ont jamais touché mes… doigts. 😉 Pour Mario 64, comme je n’ai jamais eu de Nintendo 64, c’est explicable. Quant à Mario Sunshine, il ne me semblait pas attirant. Par contre, Super Mario Galaxy me titillait. L’idée originale des planètes, l’aspect « féérique » d’une aventure dans l’espace avec le sympathique plombier italien replet me plaisait.  😛 Je me suis donc procuré une copie des dernières aventures de notre moustachu favori.

Il faut dire aussi que j’étais curieux. J’étais curieux car partout on lisait que le jeu contenait 3 pistes de langages au Canada : anglais, espagnol et… français. Le tout étant déterminé par le langage de la console. Et j’avais lu un billet sur le sujet du Détracteur Constructif (désolé, ce n’est pas le lien de son blogue car celui-ci a explosé, mais j’ai retrouvé son billet grâce à Google) comme quoi la traduction française canadienne du jeu était à saveur québécoise…

Après avoir fini le jeu, je peux confirmer: oui, il y a bien du joual dans le jeu. Pas tout le temps, mais on le rappelle régulièrement avec des expressions comme « awaye ! », « grouille ! », « on est bien adonnants », un postier Toad qui parle en « moé », « toé », « ben fine »…

D’un côté, ça peut être un peu énervant. On se dit pourquoi ne pas avoir gardé un français international, un français compris par tous ? Premièrement, c’est moins long sur la traduction et deuxièmement, ça évite des malaises. Le malaise de se dire que pour Nintendo Canada, le Québécois moyen parle pauvrement. D’un autre côté… peut-être qu’ils se sont dits: « on va leur faire plaisir, ils vont parler le dialecte québécois, on va respecter leur langue distincte ! ». Sauf que comme le dirait le Détracteur, c’est juste dommage qu’on dirait que c’est aux personnages idiots que la traduction « joualesque » s’est faite… ce qui est dommage.

Mais bon, le jeu est bon alors je pardonne ce genre de traduction. Néanmoins, j’ai un message pour Nintendo Canada:

Merci de vouloir offrir des produits vidéoludiques en français au Québec. C’est très apprécié et continuez de faire de même pour les consommateurs francophones qui méritent de jouer dans la langue qu’ils désirent. Cependant, vous n’êtez pas obligé d’ajouter du joual pour qu’on apprécie un jeu vidéo Nintendo en français. Une simple traduction en français international, sans argot parisien, nous suffirait amplement et éviterait de propager l’image de Québécois qui ne parlent qu’en joual… Ce qui est un peu cliché, avouez-le !

Alors, le prochain Mario qui risque de sortir en 2010-2011 ou le prochain Zelda sur Wii… français international, OK ? 😉 Merci.

Tellement pas d’accord avec Pratte

Bon, ce n’est pas très étonnant. Je ne suis pas un fédéraliste alors, forcément, les paroles d’André Pratte me semblent souvent des illusions tricotées dans de la feuille d’érable. N’empêche, je n’ai pas une haine horrible du gars et bon, il assume ces idées. C’est déjà ça. Sauf que je ne peux pas être en accord avec son éditorial pour un gouvernement libéral majoritaire. Voici des extraits où j’accroche dans sa logique :

Tout d’abord, il dit:

Pauline Marois a toute l’expérience requise pour devenir première ministre du Québec. C’est injustement que ses adversaires lui font porter la responsabilité de tout ce qui va mal en santé et en éducation, deux ministères qu’elle a dirigés avec compétence. Mme Marois a fait preuve d’un leadership certain en maîtrisant une formation réputée pour son indiscipline.

Quel est le problème alors ? C’est ce qui suit ce paragraphe:

Cela dit, le Parti québécois reste un parti indépendantiste, les péquistes promettant de «gouverner comme des souverainistes». Cela présage d’affrontements incessants avec le gouvernement fédéral. Le PQ propose aussi de faire adopter une constitution québécoise et d’amender la loi 101, ce qui promet de plonger le Québec dans des débats stériles. En cette époque d’incertitude, ces conflits internes nous feront perdre temps et énergies.

Ah, parce que c’est vrai que se plier aux quatre volontés d’Ottawa – particulièrement de Harper, un maniaque assoiffé de pouvoir et plus à droite que n’importe qui au Canada, c’est un signe d’intelligence et de respect des Québécois. Et je ne vois pas en quoi c’est stérile de vouloir que même dans les petits commerces, on parle français ? Ah, mais j’oubliais ! À la Presse, l’anglicisation de Montréal, c’est pas un problème… Bref, selon Pratte, en temps de crise il faut fermer sa gueule quand Ottawa perd la tête et veut nous mettre au pas ? Wow !

Mais le meilleur s’en vient en ce qui a trait aux Libéraux:

Les premières années du gouvernement Charest ont été très difficiles. Le gouvernement semblait désorganisé, il provoquait inutilement la colère populaire, faisait souvent preuve d’incompétence. Depuis la deuxième moitié de leur mandat initial, les libéraux ont corrigé le tir. Le premier ministre est à l’écoute des citoyens et le gouvernement est maintenant géré de manière efficace. En fait foi le taux de satisfaction élevé dont jouissent l’un et l’autre depuis plusieurs mois.

Dans la deuxième moitié du mandat 2003-2007, ils ont corrigé le tir ? Euh… Non ! Ça a été aussi moche et il a été tout aussi arrogant que dans la première partie. Si la deuxième moitié du mandat avait été si extraordinaire, on n’en serait pas venu en mars 2007 avec un gouvernement minoritaire, non ? « Le premier ministre est à l’écoute des citoyens… » Il n’a pas le choix, il est minoritaire ! S’il reprend le pouvoir majoritairement demain soir, comptez sur moi qu’il va reprendre ses bonnes vieilles habitudes arrogantes (comme un certain Harper qui a mis le Canada en crise politique…) et préparez-vous à des festivals de manifestations devant l’Assemblée nationale comme en 2003, 2004, 2005 et 2006 (je ne compte pas 2007 puisqu’il a déclenché les élections tôt dans l’année) ! Je veux dire, a-t-il écouté le débat notre bon prêcheur du fédéralisme de la Presse ? N’a-t-il pas vu le premier ministre cramoisi qui essayait tant bien que mal de contenir sa rage devant ses deux autres adversaires ? Quant au supposé taux de satisfaction: big deal, le gars n’a rien fait dans les derniers 18 mois ! Et comme 90% de la population est complètement ignorante face à la politique (votant majoritairement pour 1) le parti qu’ils ont toujours voté sans se poser de questions ou lire le programme électoral 2) pour la couleur de la cravate ou « ça ferait un bon gendre/ une bonne bru » ou 3) pour personne), pour eux, un Premier Ministre qui ne fait rien et qui ne cause donc pas de manifestations ou de hargne dans l’opinion publique, le crétin l’électeur moyen va se dire: « Hé, il est bon comme Premier Ministre, personne le critique ! »

L’éditorialiste le dit à la fin de son papier: la prochaine année, surtout, sera difficile économiquement. Or, dans un contexte comme celui-là, il faut prendre de bonnes décisions. Donc, si je comprends la logique de Pratte, il faut donner le pouvoir à un gars qui, par exemple,  a sacrifié des centaines d’emplois d’une usine pour qu’une autre usine reste ouverte ? Oui, ça a évité que le double d’emplois soient perdus… Sauf que quel beau message que ça a envoyé au secteur manufacturier: « Hé les gars, le PM Charest, c’est une carpette. Tu menaces de fermer et il va tout faire pour te plaire. Tu peux t’essuyer dessus, cracher dessus, y en a pas de problèmes ! »

Donc, donnons le pouvoir à la carpette du fédéral et des corporations !!! Vous vous ennuyez des manifestations massives de syndicats et autres groupes de la société bafoués par des lois libérales (comme en décembre 2003 ou 2004, je ne sais plus) ? Réjouissez-vous ! Elles vont revenir à grand pas dans les années à venir.

L’économie, d’abord ? Non !

Voici un vidéo officiel des candidats péquistes en Estrie (ma région) qui font un texte en slam, un art oratoire de plus en plus populaire. Bon, c’est « cheap » comme moyens (et la musique est vraiment pas super), mais bon, c’est tout de même original et en plus, ce qui m’a marqué c’est que ça touche vraiment aux résultats du sondage de la semaine. En effet, dans le vidéo, on aborde énormément d’enjeux et pas nécessairement juste l’économie.

Car c’est ce qui sort du sondage. Tout d’abord, les résultats:

  1. C’est la position constitutionnelle québécoise qui remporte la palme d’or avec 29% des voix.
  2. Deuxièmement, la langue française avec 18%.
  3. Par la suite, 3 ex-aqueo: l’économie, l’éducation et l’immigration avec 12% des voix.
  4. 3 autres ex-aqueo: la santé, l’environnement et la culture avec 6% chaque.
  5. Et finalement, ceux qui n’ont reçu aucun vote: la justice et les transports.

Bon, évidemment, on est loin du sondage scientifique et l’échantillon est plutôt limité. N’empêche que je trouve que ça réflète bien que le slogan de Charest – « L’économie, d’abord. Oui ! » – ne passe pas auprès de la population. Oui, bien sûr, on est inquiet de la crise, mais on s’en fait bien plus avec d’autres sujets comme l’avenir du Québec avec le Canada, le système de santé qui – malgré toutes les promesses de Charest en 2003 et 2007 – ne s’est pas amélioré tant que ça, le système d’éducation qui est en train de brûler des bons profs qui lâchent le métier (et dans le contexte actuel, on ne peut pas les blâmer), etc. Sans compter qu’on voit beaucoup de reportages et de témoignages comme quoi l’île de Montréal s’anglicise de plus en plus.

Moi, ce qui m’énerve particulièrement en période électorale, c’est les millions et les milliards qui sortent de tous bords et tous côtés… C’est tellement drôle comment – quand un gouvernement est au pouvoir – il n’a JAMAIS d’argent pour rien (sauf évidemment, les petits amis du secteur privé). Or, en période électorale, il faut croire que malgré le froid automnal, il réussit à pousser des arbres à argent et particulièrement dans des régions non libérales (exemple: la ville de Québec) ou non péquiste ou non adéquiste. Bref, « it’s raining cash, alléluia ! » Sauf que nous ne sommes plus dupes. À l’époque de Duplessis, Lesage ou même Lévesque, c’était plus facile de promettre des investissements qui ne se feraient jamais car on ne suivait pas autant les politiciens. Or, aujourd’hui, à l’ère de l’information continue, on le sait clairement que les politiciens, une fois élus, ne font pas grand chose de leurs dix doigts et que soudainement, c’est l’amnésie totale en ce qui a trait aux sommes promises durant la campagne électorale. Tout d’un coup, les arbres à argent disparaissent sous la neige. Ce qui arrivera en décembre prochain, peu importe qui est au pouvoir.

Ah, bien sûr ! La logique – dans un tel contexte de cynisme – serait de changer cette vision généralisée de la population en agissant bien et en se rappelant des promesses pas juste à quelques semaines des élections. Or, j’imagine par paresse, nos partis politiques préfèrent opter de la vieille méthode de s’asseoir et attendre… en espérant que la population oublie leur inaction.

L’école, pour vous, devrait être…

Selon mon sondage très scientifique de Lourd & Très Lourd, voici les résultats du sondage instauré mardi sur vos priorités dans le cursus scolaire:

  1. Le français avec 19% des voix.
  2. Les sciences humaines (histoire, géographie, etc.) avec 14% des voix
  3. Les arts en général avec 11%
  4. La technologie (informatique, robotique, etc.) à 10%
  5. L’économie, les autres langues (anglais, espagnol, etc.) et l’éducation physique à 9%
  6. Les sciences naturelles (incluant mathématiques, sciences physiques, etc.) et d’autres cours non mentionnés dans le sondage à 7 %
  7. Et finalement, la religion et/ou la morale à 6% des voix

Ouin, ben les parents catholiques en croisade (sic!) pour le retour du cours religieux dans les écoles seront déçus du résultat du cours de religion. 😉 Quant au français, ça semble être primordial. Une bonne chose – dommage que le Ministère en pense autrement. En fait, non, ils disent prioriser le français mais ils prêtent oreille (et déjà, c’est beaucoup trop de temps perdu) à quelques « crackpots » dans le ministère qui proposent d’arrêter de pénaliser les fautes de français dans d’autres cours que le français… Euh… C’est parce qu’une langue, ça s’applique dans tous les domaines. Désolé, mais pour moi, un jeune qui écrit « Jacke Kartier » ou lieu de « Jacques Cartier »… je ne sais pas, mais ça me prouve qu’il n’a que retenu le nom à l’oreille. Il n’a pas saisi la matière, il l’a apprise par coeur pour l’écrire comme ça se prononce.

En fait, j’aurais fait un long discours sur l’éducation au Québec, mais je l’ai déjà fait plus tôt sur ce blogue. Comme c’est un sujet vaste, je m’en tiendrai à ce qui a démarré cette idée de sondage (outre le fait que je n’avais pas de temps pour écrire un billet): c’est la colère des parents catholiques face au cours d’éthique et de culture religieuse. Eux, évidemment, souhaiteraient qu’on ramène le cours de religion catholique dans les écoles (et pourquoi pas les évêques tant qu’à y être…). Or, le débat est stérile: pour moi, aucune religion n’a sa place dans l’école. On peut brièvement aborder les croyances dans un cours d’histoire, par exemple, mais ça ne doit pas être enseigné comme une « matière exacte » à maîtriser. À la place, un bon cours de morale – non teinté de mythologies religieuses – ferait bien l’affaire sur les questions morales qui jalonneneront leurs vies.

À écouter ces parents – et leurs enfants brainwashés par « The Bible » – c’est comme si sans cours de religion, point de salut. Tout d’un coup, l’école devienne quasiment inutile. Bref, eux auraient répondu la réponse qui n’a eu que 6% dans le sondage… Sur cette question, je trouve que l’opinion de Richard Martineau est bonne (hé oui ! ça lui arrive des fois !).  Pour moi, l’école, c’est un lieu d’apprentissage, de stimulation intellectuelle. D’ailleurs, dans vos commentaires, on a souligné beaucoup que toutes ces matières sont importantes. Et ce n’est pas faux. Même que – si je devais réformer le système scolaire (encore !) – j’instaurerais ce que j’appellerais la politique de la connaissance globale. Je m’explique. Forcément, plus on avance dans le système scolaire, plus on se « spécialise ». C’est normal. Or, moi, je trouve ça imbécile de former des gens uniquement bon dans une matière et carrément occulter d’autres connaissances qui peuvent servir à un être humain. Ainsi, si j’établissais une politique comme celle ci-haut, la proposition serait la suivante: les élèves doivent prendre minimalement dans une session (donc, ça serait surtout une politique de Cégep et d’université) un cours non lié au domaine d’études. Exemple: un étudiant en administration à l’université serait obligé de prendre un cours dans la faculté des sciences humaines, naturelles, arts et lettres, etc. Bref, un cours non en lien avec sa formation pour lui faire ouvrir d’autres raisons. Attention ! Ici – et c’est là que ça serait plus intéressant – le cours serait au choix de l’élève. Par exemple, un élève de psychologie s’intéresse à un cours sur le cancer ou sur la littérature anglaise ? Parfait ! Un futur cardiologue s’intéresse à la comptabilité ou aux mythologies européennees ? Soit !

Bon, je sais que c’est utopique et que jamais ça ne se fera, mais il me semble qu’une politique du genre ouvrirait les horizons, obligeraient les élèves à se munir non seulement d’une expertise mais d’une connaissance globale et variée de ce monde. Il me semble que ça ferait une population plus curieuse, allumée, intéressée… et pas juste un intérêt pécunier ! M’enfin ! C’est mon côté idéaliste qui parle. Parce qu’avant qu’un gouvernement ait une idée du genre, faudrait qu’ils arrêtent de joueur les enfants d’école. Parfois, j’ai l’impression que l’Assemblée nationale est une grosse garderie qui nous coûte très cher – même si nos députés clament qu’ils sont peu payés pour le travail accompli. Travail accompli ? Si je me fie aux débuts des soi-disant « travaux » de l’Assemblée nationale cette semaine, ça ressemblait plus à du bitchage de cours d’école. Je vais dire comme Lagacé: ça ne vous tente pas de gouverner à la place ?

Hé ! J’ai bien aimé ça ce sondage ! Je pense que je vais faire un sondage différent par semaine, genre le week-end quand j’ai moins le temps de bloguer, et je pourrais commenter les résultats tous les vendredis, qu’est-ce que vous en dites ? Probablement aussi que je cocherais l’option pour que le billet du sondage reste le premier billet sur la page – afin qu’il ne se perde pas dans les méandres d’autres écrits après. En tout cas, prochain sondage en ligne en fin de semaine ! Merci WordPress pour le nouvel outil (ça sonne comme une mauvaise infopub) ! 😉