Polanski est coupable

Ce billet va prouver à quel point il m’arrive aussi de pencher à droite dans ma vision des choses. Faut bien que je fasse du Martineau de temps en temps. 😉 Non, c’est que j’ai l’impression que ce mouvement de sympathie envers le cinéaste Roman Polanski, arrêté dimanche en Suisse, est un peu trop grand.

Vous le savez, je déteste le deux poids deux mesures. Alors quand je vois certaines personnes prendre la défense de M. Polanski alors que je m’excuse, mais il a commis le même genre d’acte envers une fillette de 13 ans qu’un certain Guy Cloutier a fait à une Nathalie Simard à l’époque et pourtant, ces mêmes personnes ont traîné – avec raison – l’ancien producteur dans la boue, je ne comprends plus rien.

Ah, c’est vrai ! C’est Polanski, cinéaste supposément raffiné (excusez-moi, mais s’il a fait des chef-d’œuvres, je le concède, il a aussi fait des daubes genre The Ninth Gate ou un énième remake de Oliver Twist), le genre qui fait baver les critiques alors que Guy Cloutier produisait des gros shows gras de popularité, des artistes populaires et des shows télé où l’utilisation de neurones était facultatif (et j’avoue que ce n’est faux là aussi).

Donc, si je comprends bien: c’est t’es un gros dégueu populiste, t’as pas le droit de violer une jeune fille. Mais si tu es un cinéaste oscarisé et plébiscité par les critiques, ah là, permets-toi toutes les conneries que tu veux mon homme ! On va te défendre !

Honte à Cassivi et Lussier !

Je pense que la cerise sur le gâteau, ce sont les réactions de Marc Cassivi et Marc-André Lussier qui osent prétendre qu’un festival de films, ça devrait être comme dans une église, tu as une immunité face à la police. Euh… NON ! Déjà que je ne comprends toujours pas pourquoi quelqu’un qui va se réfugier dans une église est à l’abri de la police…

Alors, si je comprends leur logique, un producteur/réalisateur/scénariste/acteur tue quelqu’un volontairement pendant un festival de films, on devrait laisser tomber les accusations ? Ben quoi, ça s’est passé pendant un festival de films ! Alors, c’est génial, à Cannes, à Venise, à Berlin, à Namur et même à Montréal, pendant quelques semaines dans l’année, si vous faites partie du monde cinématographique, vous avez le droit de commettre tous les actes criminels répréhensibles par la loi et on n’a pas le droit de vous arrêter ! C’est le fun, hein ? Belle jurisprudence que ça fait.

Je suis conscient effectivement que son arrestation en Suisse était un peu… moche et surprenante. Surprenante parce que ça fait des années qu’il vit en France, comment ça se fait qu’on ne l’a pas arrêté plus tôt ?!! Surtout que le gars s’est déclaré coupable ! Sauf qu’après une quarantaine de jours en prison, il a fui. Ça lui tentait plus. Car ça a beau être le réalisateur de The Pianist, mes amis, ça reste un FUGITIF !

Et ça n’a rien à voir, contrairement à ce que dit Cassivi, avec la liberté d’expression. On ne parle pas d’un cinéaste qui fait un film dont les propos ne plaisent pas à quelques pays. On parle d’un gars d’une une quarantaine d’années qui s’est amusé à badiner avec une jeune fille de 13 ans (pas 16, 17 ans sur le bord d’être majeure… 13 !!!) et l’a violée, s’arrangeant pour la droguer  afin qu’elle soit « consentante ».

Oui, mais la victime dit qu’on peut abandonner les poursuites. Euh… à ce compte-là, y a bien des criminels qui seraient dans les rues car bien des victimes abandonnent en cours de route par peur de représailles ou découragées du processus. Or, c’est la société qui poursuit M. Polanski, pas la chère dame.

Oui, mais c’est une erreur de jeunesse. Wô ! Depuis quand violer une fille de 13 ans fait partie des « erreurs de jeunesse » ? Conduire saoul ou faire du « car surfing », oui. Consommer un mélange d’un paquet de drogues ensemble, oui. Baiser avec une fille/un gars sans condom pour un « one night stand », oui. Voler un dépanneur, oui. Violer une mineure… Hum… Me semble que ça ne fait pas partie du processus normal. En plus, peut-on parler d’erreur de jeunesse ? Le gars avait les 40 ans dépassés quand c’est arrivé !

Oui, mais il vient d’une époque qui était libertine sur le plan sexuel / mais il a vécu des choses terribles comme sa femme enceinte se faisant assassiner par Charles Manson. OK, oui, c’est vrai que son passé a été dur. Mais à ce compte-là, y a bien des criminels qui ont un passé terriblement dur (abandon parental, toxicomanie, inceste, etc.). Devrait-on tous les acquitter ? Et puis, ne me sortez pas l’argument de l’époque de la libération sexuelle ! Parce que si vous me sortez cet argument, je vous demanderais: comment réagiriez-vous si, hypothétiquement, je vous disais que je viens d’un milieu où il était bien vu à chaque semaine d’éventrer des bébés chats et percer l’hymen des jeunes filles avec un couteau de chasse ? Me pardonneriez-vous le fait que j’attaque des jeunes filles avec un couteau en raison de cela (ce que je ne fais pas, c’est un exemple) ? Non, hein ? Vous feriez bien ! Heureusement, d’ailleurs, que je ne viens pas de ce genre de milieu. 😉

Oui, d’accord, il n’a fait qu’une victime. OK, ça fait un bon bout de temps et la justice pourrait lui donner un pardon. Sauf qu’il faut qu’il assume et aille justement devant la justice pour le demander. C’est pas en restant en Europe comme un fugitif qu’il va s’aider et je ne trouve pas qu’on envoie un bon message en disant aux agresseurs sexuels: hé, les gars et les filles, si vous êtes des génies dans votre domaine, on va vous pardonner vos actes répréhensibles car on vous aime bien !

Je suis d’autant plus traumatisé de voir les réactions françaises qui défendent gros comme le bras le cinéaste qu’ils avaient accueilli sous leur aile. Euh… C’est quoi ? En France, c’est bien vu de coucher avec des filles de 13 ans ?

Bon ben sur ce, pendant que vous me traitez de vieux réactionnaire coincé, je vais aller subir une douche de « démartineausation ». Parce que ouf, c’est dur d’écrire avec la veine sortie du front comme ça. 😉

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David contre Goliath, version 2009

Gravure provenant de White Head Carvings (source)

Gravure provenant de White Head Carvings (source)

Je sais qu’on est encore à deux mois de l’Halloween, mais j’ai une histoire d’horreur à vous raconter.

Au Québec, dans les années 80, un dessinateur rencontre deux producteurs télé et leur propose une idée de dessins animés pour enfants mettant en vedette un personnage faisant un clin d’oeil au classique Robinson Crusoé. Il travaille avec ces deux producteurs pendant un an ou deux où il expose ses idées, ce qu’il veut faire de ce projet qui lui tient à coeur. Malheureusement, au bout du compte, le projet tombe à l’eau. Jusque là, rien de particulier sinon un peu de déception. Mais l’horreur arrive une dizaine d’années plus tard.

Un matin de septembre 1995, le dessinateur en question s’assoit devant la télé et il tombe sur un charmant petit dessin animé… qui ressemble comme deux gouttes d’eau à ce qu’il avait proposé à ces deux producteurs il y a une dizaine d’années. Personnages presque identiques, trame scénaristique très ressemblante, etc. Il est là, tétanisé dans son siège alors qu’au générique apparaissent les noms de scénaristes qui se sont appropriés son œuvre et des deux producteurs en question dont il vient de se rendre compte de leur perfidie.

C’est alors que le dessinateur décide de poursuivre les producteurs et leur compagnie pour plagiat. Or, il s’agit de tout un ennemi: la compagnie est colossale, multinationale (ce qui fait encore plus mal car le dessin animé en question est diffusé dans près de 160 pays sans qu’il n’ait aucun droits d’auteur) et peut se payer de très bons avocats. Sans compter que dès le départ, les producteurs font mine de n’avoir jamais rencontré l’artiste. C’est alors que le processus judiciaire s’enclenche, un processus qui va durer 14 ans. 14 ans où le dessinateur devra avoir recours à des avocats et des enquêteurs pour prouver le plagiat. Pas une mince tâche surtout que cette histoire a placé notre artiste dans un haut niveau de déprime qui l’a pratiquement fait lâcher les pinceaux.

Mais aujourd’hui, 14 ans plus tard, après des années de bataille acharnées, l’histoire d’horreur a pris une tournure de conte de fées. En effet, Claude Robinson a enfin eu justice aujourd’hui. Dans un jugement touffu de 240 pages, acclamé par plusieurs personnes, le juge Claude Auclair donne raison à ce David des temps modernes qui a dû se battre contre Goliath. Il faut dire que Robinson avait amassé beaucoup de preuves et de témoignages prouvant le plagiat et le fait qu’il avait bien eu des rencontres avec feue Micheline Charest et Ronald Weinberg de Cinar (il avait même gardé les tickets de métro de l’époque pour prouver leurs rencontres !!! c’est dire !).  Et dire que, honte à moi, j’ai écouté plein d’épisodes de cette série qui a plagié sur son œuvre lorsque j’étais jeune et que j’aimais pas mal ça ce dessin animé… Avoir su. Dans ce billet qui reprend quelques extraits du jugement, il y en a deux que j’aime particulièrement et que je mets ici:

Il faut envoyer un message clair aux contrefacteurs que la cupidité sera punie et qu’ils devront s’attendre à plus qu’une simple condamnation de dommages compensatoires sans pénalité, s’ils sont découverts.

En l’instance, l’octroi de dommages exemplaires enverra un message clair aux producteurs que : la fraude, la contrefaçon, la copie, les mensonges à la Cour ne sont pas tolérés et que les créateurs sont protégés, ces derniers étant souvent démunis financièrement, n’ayant pas la ténacité, l’énergie, ni la détermination nécessaire pour faire face à une guérilla judiciaire, sans compter les coûts que cela implique.

C’est là-dessus que tout se jouait: faire reconnaître les droits de ses créations artistiques ! De la paternité de l’œuvre sur laquelle il a mis temps et énergie ! Un jugement qui pourrait faire jurisprudence et qui ralentira l’ardeur des producteurs qui auraient envie de chaparder d’autres idées à des créateurs sans ressources financières pour les poursuivre. Je me rappelle au collégial que dans notre cours d’écriture dramatique, notre professeur nous disait: « le milieu de la télévision, c’est là où il y a le plus de plagiats et souvent, il est difficile de le prouver alors si vous vouliez écrire pour la télé, protégez vos arrières ! »

Car c’est aussi la leçon du dossier Robinson: les créateurs doivent assurer leurs arrières lorsqu’ils vont présenter leurs œuvres à des producteurs. Car il faut le dire, sans preuves suffisantes et vigilance de sa part, Claude Robinson ne serait probablement pas un homme soulagé et victorieux aujourd’hui.  Par moment, je me demande si les associations d’auteurs ne pourraient pas se concerter pour créer un organisme quelconque ou une petite structure permettant de mieux protéger les droits d’auteur… M’enfin !

Une chose est sûre: voilà un exemple de David contre Goliath moderne. Comment la ténacité incroyable d’un homme a été récompensée au bout du compte, comment il a toujours défendu son point avec courage et dignité. Une bien belle leçon de vie, en tout cas ! 😀

Bravo David Monsieur Robinson et même s’il y a appel (ce qui est fort possible puisqu’on parle d’un dédommagement de 5 millions), vous devez déjà être soulagé qu’on ait reconnu sur la place publique la paternité de votre œuvre !

Money makes the world go round (vraiment !)

(Extrait du film Cabaret, adaptation de la comédie musicale du même nom)

Je lisais sur ce crosseur sans-coeur filou de Earl Jones qui aurait dérobé de 30 à 50 millions de dollars à des épargnants. Je dis « aurais » car, bon, pour l’instant il n’a pas eu de jugement de notre système de justice confirmant son crime. Car évidemment toute personne totalement innocente vide ses comptes et se pousse du pays, voyons ! C’est la logique même !

Serait-ce la sentence Maddoff qui lui aurait fait peur ? Pourtant, il est au Cacanada : les sentences pour ce genre de crimes sont dérisoires et il ne serait même pas obligé de rembourser l’argent volé, juste payer une amende infime pour ce type de fraudeur.

Il n’empêche que je m’amusais à lire les réactions et je suis entre autre tombé sur ce texte de la Plaine de Nicolas Racine (que vous trouverez également dans la Communauté du Blog à partir de maintenant). Le terme psychopathe représente bien le schéma de pensée de ses gars-là: pour eux, les gens ne sont rien d’autres que des pions dans leur jeu. Des pions qu’ils peuvent manipuler à leur guise pour s’enrichir. Et une fois qu’ils sentent le jeu trop dangereux, ils se cachent.

Par contre, notre blogueur emmène le point que les gens sont peut-être naïfs aussi dans tout ça et qu’ils ont une certaine part de responsabilité dans ce type de fraude. Je vous cite un extrait auquel je réagirai:

Pourtant, le succès de tels escrocs me laisse perplexe. S’ils ont pu détourner autant d’argent, c’est parce que leurs clients avaient une totale confiance en eux. Pourquoi ? L’appât du gain, bien sûr. Lorsqu’on vous propose des rendements sur investissement supérieur à 10%, il est difficile de résister. La cloche normalement bruyante de la méfiance reste muette devant la perspective d’un fort gain, qui permet de réaliser un rêve, de prendre une agréable retraite ou de réinvestir. Bien sûr, ce ne sont pas toutes les victimes qui sont dans cette situation. Certaines étaient de bonne foi, référées par des amis ou de la parenté ayant fait affaire avec le bandit. Mais le criminel en cravate ne les a pas forcées à placer leur argent entre ses mains.

Là-dessus, je suis totalement d’accord. Car même si j’exècre ces bandits en cravate, quelque part – le constat est triste – mais les gens ont pris un risque en mettant autant d’argent dans les mains d’un gars. Mais je voulais réagir à cette phrase que j’ai mise en gras. L’appât du gain attire la brebis imprudente dans le bois où le loup n’attend que pour la dévorer.

Et nous sommes particulièrement dans une époque où le gain d’argent est plus important que tout le reste. En fait, quelque part nous sommes tous des victimes potentielles et même ces psychopathes de la finance sont des victimes de cette maladie digne du 21ème siècle: le gain d’argent, toujours le gain d’argent, rien que le gain d’argent. Et vous croyez que ce n’est que la génération de baby-boomers qui « trippe » sur les billets verts, mauves, bruns, etc. ? Oh que nenni ! Ma génération est peut-être encore plus esclave de cette idéologie de l’argent, surtout quand on se fait dire à chaque semaine qu’on va devoir payer pour les excès de la génération précédente… On n’a qu’à écouter une conversation avec des gens de ma génération:

– Hé, je me suis pogné une « job » !

Là, on va quand même être poli, alors on demande :

– Ah oui ?! Cool ! C’est où ?

– C’est chez Compagnie Machinchouette !

Et là, la question va nous brûler les lèvres et on ne pourra plus la retenir:

– Ah ! Ça paye-tu bien ?

– (Mettre un chiffre.) de l’heure

– Pas mal. C’est mieux que ton autre emploi !

– Tu parles ! Là, je me faisais juste payer (mettre un chiffre) par semaine !

– Ah ben, ça va te permettre de faire quelques folies et de sortir plus avec ta blonde.

Remarquez qu’on a pas encore demandé c’était quoi le poste, si la compagnie était bien, si les relations de travail sont chaleureuses… Non. On va le demander, oui, mais… à la limite, on s’en fout ! Une fois que le salaire est dit, c’est réglé, on a jugé le boulot et c’est sans appel. Il y a aussi cette obsession de la valeur de nos choses: ma voiture vaut tant, j’ai un ordi de tant chez nous, ma maison vaut quand même (mettre un chiffre important pour que ça passe pour riche), j’ai 2-3 télés HD chez nous, etc.

Les symboles de richesse deviennent un « standing » et même tes meilleurs amis de gars ou tes meilleures amies de fille se mettent à descendre ou à monter dans ton estime selon leurs avoirs. Un des bons exemples de ça: faites  cet exercice pour vous amuser. Sortez avec un groupe d’amis. Forcément, quelqu’un du groupe proposera une activité payante quelconque. Et là, même si c’est faux, dites: « Euh… savez-vous, je préférerais qu’on fasse autre chose. Ces temps-ci, je n’ai pas trop les moyens de me permettre ça. » ou « Ouais, on peut aller dans ce (bar/resto/bistro/etc.), mais je ne prendrai rien, je suis serré de ce temps-là. » Amusez-vous à regarder le malaise profond de chaque individu du groupe. Peut-être serez-vous chanceux et une âme charitable vous offrira de partager les frais ou vous invitera, mais il n’empêche que tout le reste de la journée et/ou soirée, on vous regardera comme un parasite ou comme une rencontre du 3ème type.

L’argent fait tourner le monde. Plus vous en avez, plus on vous apprécie. Pas pour rien que des gens sont prêts à croire n’importe quoi et n’importe qui quand on leur dit: « Pensez-y ! Vous pourriez doubler, tripler, quintupler vos avoirs ! » Pas étonnant que ceux qui n’arrivent pas à garder la tête froide se lance alors dans des pièges énormes conçus par ces bandits en cravate. Parce que cette multiplication de richesse vient alors – dans leur tête – avec multiplication du respect, du statut social et de l’appréciation des pairs.

Même chose pour les Lacroix et Earl Jones de ce monde: eux aussi veulent être apprécié et avoir plein d’argent ! Cependant, devenir riche de manière honnête, c’est trop long et ça exige trop de sacrifices. Alors, ils se disent qu’en fraudant et en obtenant donc cet argent rapidement, ils arriveront plus vite à être aimé. Sauf qu’ils ne pensent pas qu’ils peuvent être pris forcément. Surtout quand ils voient que les organismes supposés surveiller les marchés se pognent le beigne à deux mains

Psychologie à 5¢ ? Possible. Mais sans farces, qui est capable de dire en toute honnêteté que l’argent ne lui importe pas ? Rassurez-vous, même votre humble serviteur est incapable de le dire alors… 😉

La justice est aveugle, chers amis

Aujourd’hui, un nouveau développement dans l’affaire de Guy Lafleur déclaré coupable d’avoir déclaré des témoignages contradictoires en Cour. En effet, l’ancien Canadien risque d’être radié de l’Ordre national du Québec à cause de cette condamnation. J’entends déjà les lignes ouvertes pleines de gens décrier cette possible (car elle n’est pas confirmée) radiation, comment on ostracise le joueur de hockey, etc.

C’est drôle comment, aux lendemains de la condamnation, tout le monde a pris la défense de l’ex hockeyeur: « C’est épouvantable, c’est de l’acharnement, c’est un  scandale ! » Euh… les amis, je ne veux pas péter votre party d’adoration mais… LE GARS A MENTI EN COUR. J’ai été même assez épouvanté d’entendre des gens dire: « j’aurais fait la même chose pour mon enfant. » Quoi ?! C’est quoi cette vague de désobéissance civile tout d’un coup ? C’est drôle, car je ne suis pas certain que cette vague d’appui serait la même pour un parfait inconnu.

Reprenons l’exemple Guy Lafleur sans M.Lafleur. Situation: M. Tartampion, un travailleur honnête dans une usine d’outils,  a un fils qui est accusé d’agression sexuelle sur des filles. Le juge dit à M. Tartampion: « Votre fils doit respecter un couvre-feu pour garder sa liberté et en tant que parent responsable, vous devez vous assurer qu’il soit à la maison à partir de 10h le soir. » Or, on apprend par les journaux que M. Tartampion a laissé son fils passer une nuit dans un motel et que, mieux que ça, monsieur a menti lorsqu’il fut interrogé sur cette situation en Cour.

C’est drôle, je ne suis pas certain que l’opinion publique serait aussi favorable envers M. Tartampion. Je ne suis pas certain qu’elle goberait l’histoire du « il s’est trompé ». Même si son fils était atteint du syndrome de Tourette. Même si c’était un gentil travailleur qui prenait au moins 20 heures de son temps chaque semaine à faire du bénévolat. Je crois que l’opinion publique serait alors celle-ci: « Il a menti en Cour, qu’il paie pour le (censuré) ! »

Mais là, parce que c’est un ancien hockeyeur, on pardonne tout et on recommence ? Avoir su qu’être hockeyeur te donnait le droit de faire n’importe quoi et de défier la loi, j’aurais joué au hockey étant jeune… Alors, c’est quoi, on est prêt à accepter deux systèmes de justice ? Parfait ! Qu’il en soit ainsi ! Mais que j’en entende plus jamais un dire qu’il trouve injuste qu’un policier, un avocat ou un juge a des traitements favorables en Cour. Je leur rappelerai avec plaisir qu’il souhaitait pourtant la même chose pour un joueur de hockey… Même Claude Poirier, qui dénonce la justice partiale pour les hommes de loi, aurait voulu qu’on s’attendrisse devant le cas Lafleur. Monsieur Poirier, n’êtes-vous pas un partisan des Bruins, anyway ? 😉

Satellite, tu fais du « Guy Lafleur bashing » là ! Faux. Je n’ai rien contre l’homme, même qu’il me semblait (me semble toujours aussi) sympathique. Sauf que je suis objectif: le gars a menti en Cour, a donné des témoignages contradictoires et c’est interdit par la loi.

Satellite, il n’a pas volé ou tué quelqu’un, il s’est juste trompé dans ses témoignages ! Tout d’abord, qui peut nous dire qu’il s’est vraiment trompé ? Parce qu’habituellement, très rare que tu donnes des témoignages contradictoires quand tu ne caches rien… Quand tu ne protèges pas quelqu’un. C’est pour ça d’ailleurs que c’est interdit par la loi: imaginez le nombre de criminels qui seraient liberté si on ne punissait pas ceux qui essaient de protéger des accusés ! Alors, oui, il est vrai que le crime est moins grave, mais il n’empêche qu’objectivement, selon la loi, c’est un crime.

Satellite, un gars saute à pieds joints sur le visage d’une femme et ne va pas en prison mais toi tu souhaiterais que pour un petit mensonge, Guy Lafleur aille en taule ? Tout d’abord, je ne crois pas que Guy Lafleur aille en prison. Trop connu, première offense à la loi, il risque d’avoir seulement une amende. Même le procureur demandait peut-être une peine à purger dans la communauté… Ce qui est pas terrible pour une violation de la loi qui peut être puni de 14 ans de prison. D’ailleurs, je ne demande pas la prison. Mais si on a réussi à prouver qu’il a menti en Cour, j’espère qu’il aura une punition pour la faute. Pour ce qui est du gars qui a sauté à pieds joints sur le visage de cette femme, je suis aussi scandalisé que vous de ce jugement. Or, c’est ça la justice : c’est la combinaison d’un procureur (visiblement incompétent dans cette cause), de la preuve (visiblement pas assez solide), d’un avocat de la défense (visiblement bien payé et assez fort) et d’un juge (visiblement… j’aime dire visiblement)… La justice est aveugle chers amis et devrait même l’être davantage. Elle doit se foutre que vous vous appeliez président Obama ou madame Doyon, gentille propriétaire de dépanneur. Elle doit juger impartialement que vous soyez le président de la Caisse de dépôt ou Joe « The Plumber ».

Évidemment, ça peut la rendre imparfaite, scandaleuse. Parfois, elle n’est pas impartiale. On aimerait tous – moi, le premier – qu’elle soit meilleure. Mais je préfère notre système imparfait à un système chinois ou russe où vous devez prouvez que vous ne l’avez pas fait. Car oui, un système où tu es coupable jusqu’à preuve du contraire fait plus d’emprisonnés… mais il emprisonne plus des gens qui n’ont peut-être rien fait aussi.

Les billets du jour: Tout d’abord, en tant que « geek », j’ai été très « touché » par le billet du Détracteur constructif qui a ramené chez moi un dilemme que je vis également. Solidarité mon Détracteur ! 😉 Plus sérieusement, j’ai bien ri en lisant le billet de Richard Hétu parlant des catholiques extrémistes aux États-Unis. C’est rendu qu’ils font presque peur au Vatican, c’est dire… 😛

La justice n’aime pas l’urine

Petit billet insolite pour « ensoleiller » votre week-end. En fait, je voulais vous emmener à lire cette nouvelle ma foi comique et insolite sur la justice américaine. Bon, vous savez, y a pas qu’ici qu’on critique les tickets de vitesse (PV pour les Français)… On n’aime pas plus cela aux États-Unis.

Alors, il y a un homme de l’État de Washington qui s’est fait prendre à 54 miles à l’heure dans une zone de construction où la limite est 35 miles àl’heure. Résultat: le gars doit payer une amende de 206 $. Jusque là, rien de bien singulier. Cependant, le gars n’a pas amassé l’argent à temps et ne s’est pas rendu à sa comparution. Résultat: 65 $ de plus ajouté à l’amende. Or, notre homme ne l’a pas pris ainsi. Dans un sac en plastique, il a amassé les 206 dollars en sous noirs et y a ajouté une touche personnelle… son urine dans le sac. Le tout dans une boîte hermétique envoyé par la poste. Ce qui est légal aux États-Unis, tant qu’il n’y a pas d’odeurs et que le liquide ne coule pas.

Ai-je besoin de dire que la justice n’a pas pris le paiement et a renvoyé le tout au plaisantin ? 😉 (Merci au Chibougameux pour m’avoir envoyé cette histoire incroyable !)

Le billet du jour: Parlant de trucs incroyables, je vous invite à lire cette réflexion provenant de l’Antre de la Vérité. On a parlé cette semaine d’apostasie avec les propos de Ti-Ben 16 et surtout cette Église ancrée au Moyen Âge. Justement, la réflexion de Dark Rémi: pourquoi balaie-t-on si facilement la possibilité du surnaturel dans nos vies alors qu’on est prêt à croire comme ça que Moïse a séparé la Mer Rouge en deux ? Les mythes religieux seraient plus crédibles que les histoires de surnaturel ? À lire, en tout cas… Vous ne regarderez plus Gaston Lepage de la même façon. 😉

Allez en prison, ne passez pas par « Go »…

Archéologie Palestine (source)

Archéologie Palestine (source)

Ah, Stephen, Stephen, Stephen… À se demander si tu ne nous sors pas des promesses de malade mental uniquement pour alimenter nos blogues quotidiennement… Alors, la dernière dérive névrose lubie préoccupation populaire du moment (car comme Dumont, Harper est un populiste fini) c’est la criminalité des jeunes. Or, Harper ne veut pas seulement modifier la loi sur les jeunes contrevenants, c’est l’abolition complète de celle-ci qu’il désire. Donc, il souhaiterait que des jeunes de 14 ans et plus ayant commis des crimes graves soient passibles de peines d’emprisonnement similaires à celles des adultes et que tous les jeunes ayant commis des crimes (même mineurs) aient leur nom publié (alors que la loi prévoit l’anonymat pour protéger ses enfants). D’ailleurs, on va souligner le mot « enfant ». Car à 14 ans, on est des enfants malgré le désir populaire qui veut qu’ils soient considérés comme des adultes.

Premièrement, « kossé » (excusez le mauvais français) qu’il y arrive dans l’opinion publique ? Bon, je sais qu’en matière de justice, on a tous un instinct davantage vengeur que de réhabilitation. Sauf que… Des jeunes de 14 ans qui commettent des homicides ou des viols… Pourquoi on en parle comme si ça se passait tous les jours ? Allô ! C’est très rare ! À écouter les commentateurs, on ne peut plus sortir sans se faire attaquer aujourd’hui. Pourtant, le taux de criminalité ne cesse de baisser comme on peut voir les statistique de l’an dernier ici. Où est le maudit problème ? Oui, il y a de la mauvaise graine peu importe le milieu social. Mais bâtard, la prison à vie pour un jeune de 14 ans ?

« Il faut empêcher un futur tueur de circuler dans les rues ! » Alors, la technique, c’est de les mettre dans l’école du crime suprême ? Pour que, quand il va sortir pour bonne conduite dans la trentaine, il se venge davantage sur la société qui n’a pas voulu l’aider… ? Les programmes de réhabiliation pour les jeunes fonctionnent: les chiffres parlent d’eux-mêmes ! Oui, il y aura toujours le 1% qui ne changeront pas, qui sont réfractaires. Sauf que… Pour 1%, on va punir le 99% qui a des chances. Mais c’est compréhensible l’idée de Harper: c’est bien plus simple (voire simplet) de foutre tous les jeunes délinquants en prison que d’améliorer le tissu social dans lequel ils évoluent et qui nuisent à leurs chances de réhabilitation. Ça fait plaisir aux associations de victimes (que je respecte, mais je trouve que la réaction, entre autres, de Pierre-Hugues Boisvenue sent davantage la vengeance que la raison), mais ça n’améliore pas la baisse de crimes.

On le voit chez nos voisins du Sud. Ah oui ! Ils ont tellement plus peur de la police que les prisons sont pleines et débordent… Ah ouais ! Vous avez raison la répression, c’est la clé de la réussite ! (lire avec sarcasme ici)

Phrase drôle du jour

Ah, j’aime ma Wii ! Et pas seulement pour le côté vidéoludique de la chose, mais parce qu’elle est arrivée à me faire rire. Pour ceux qui ne savent pas, sur la console, il y a des « canaux » qui se branchent gratuitement à Internet. C’est-à-dire que tu as entre autres une boutique de vieux jeux de Nintendo pour jouer sur la console, une chaîne météo, etc. Et il y a une chaîne nouvelles… Hier soir, en ouvrant ma console, je vois sur la chaîne nouvelles cette délicieuse déclaration de Sarkozy qui se passe de commentaires tellement elle m’a fait rire. Pourquoi elle m’a fait rire ? Il suffit de connaître Sarkozy pour comprendre comment on n’a pas la même définition d’un même mot. Alors, le coq français a déclaré: « Je n’ai jamais été de gauche, mais j’aime la justice. » Mouhahahahahahahahahaha ! Si vous voulez, vous pouvez lire le reste de l’article ici. Bon, sur le sujet en tant que tel, il n’a pas tout à fait tort mais… Mouhahahahaha ! Sarko et justice… J’imagine qu’il ne parle pas de justice sociale…

« Bébé, j’enquête sur toé ! »

La Nouvelle (source)

La Nouvelle (source)

Tout comme Patrick Lagacé, je suis resté assez estomaqué que les policiers qui se sont retrouvés dans la fusillade dans Montréal-Nord d’il y a une semaine, n’étaient toujours pas interrogés mercredi… Cours d’enquête 101: quand tu as des témoins-clés qui ont participé personnellement à la scène, tu n’attends pas que ceux-ci aient oublié des détails (ou inventé une belle petite histoire), tu vas les interroger dès que tu le peux !

Mais évidemment, c’est la SQ qui s’occupe de l’enquête… Alors, c’est pas étonnant que ça traîne en longueur. Non, ce n’est pas que je souhaite que les deux flics impliqués soient coupables, mais avouez que c’est louche en titi… 5 jours pour interroger des témoins-clés ! Je suis pas un expert de la chose criminelle, mais me semble que c’est énorme en tout cas. Écoutez, je n’ai pas de haine particulière pour les policiers. Mais vous ne trouvez pas ça débile que ce soit des flics qui enquêtent sur des flics ? Je veux dire: allô l’objectivité ! Comme s’ils allaient cracher sur des collègues ? Surtout que dans les milieux policiers ou des pompiers ou dans l’armée, c’est comme des secondes familles. Seriez-vous objectif pour enquêter sur votre frère, votre sœur, votre père, votre mère, votre conjoint(e) ? Hum, pas sûr !

Bref, à chaque fois que j’entends que la police enquête sur la police, je suis certain que – oh hasard ! – ça va tourner à l’avantage du policier ou la policière en faute à moins que les preuves soient vraiment accablantes.  Évidemment, qu’est-ce qui serait le mieux ? Une équipe indépendante d’enquêteurs sur les agissements des policiers. Mais là, je sais que je rêve en couleurs: jamais le syndicat de la fraternité des policiers acceptera une telle proposition. Non, faut régler ça entre nous, être certains que la famille ne soit pas éclaboussée ! Après ça, qu’ils ne viennent pas se plaindre que plusieurs disent qu’il y a une justice de flics et une justice pour les autres…

P.S.: Remarquez ironiquement que le deuxième mot du credo de la SQ est intégrité. Ah ouais ?… Comme quoi c’est dur respecter son credo !