La petite brute quitte

Source: Le Devoir

Le défenseur du gouvernement, le bras droit de Jean Charest, le ô combien partisan Jacques Dupuis quitte le navire de la politique pour un monde plus honnête autre chose. On imagine un poste dans le privé quelque part où il fera un salaire dans les six chiffres (en plus de sa pension de ministre). Peu importe…

Reste que le Parti Libéral perd un gros morceau, son chien de garde qui défendait absolument tout – même des dossiers pratiquement indéfendables en termes d’éthique. Personnellement, je ne le regretterai pas. Comment dire, Jacques Dupuis, j’ai toujours trouvé que c’était la petite peste à l’Assemblée nationale. Si j’étais anglophone, j’utiliserais le terme plus exact de « bully ». Si vous avez moindrement assisté à certaines de ses interventions uniquement ce printemps, on pouvait voir le style de M. Dupuis qui se résumait à:

  • « Monsieur le Président, je veux que député(e) X retire ses paroles car ses propos sont anti-parlementaires! »
  • « J’inviterais député(e) X à dire ses propos hors de la chambre, qu’il (elle) assume les conséquences de ces accusations ! »
  • Tous propos visant à souligner la supposée grandiloquence de l’opération Marteau

Le tout sous un ton arrogant qui attire bien ce qu’on appelle une claque par chez nous. Liza Frulla me dirait, comme elle le disait si souvent au Club des Ex, que le ton de M. Dupuis était compréhensible: « Quand on est attaqué sur son intégrité… »

N’empêche que son ton belliqueux et sa manière virulente de défendre la supposée éthique du PLQ auront servir en quoi les intérêts du Québec ? Mise à part, de belles prises de becs dignes d’une maternelle, évidemment. Surtout qu’on a appris dernièrement qu’un certain Amir Khadir avait raison en ce qui a trait à l’usage de prête-noms par des firmes de génie-conseil (du moins, une est condamnée).

Son départ changera-t-il l’atmosphère à Québec ? Je reste sceptique. On parle quand même de Jean Charest ici. Le têtu en chef. Le « je ne veux rien voir » suprême. Néanmoins, avec un(e) second(e) moins enragé(e), on peut peut-être espérer que le niveau de la discussion passe de maternelle à deuxième année.

Par contre, on apprend que Jean-Marc Fournier va revenir. Il risque fortement de se faire réélire (Saint-Laurent étant un château fort libéral), ce qui n’est pas une bonne chose car Charest a promis que monsieur aurait des « responsabilités ». Or, je ne sais pas si vous vous rappelez mais monsieur Fournier, c’est celui qui a tergiversé pendant des mois afin de savoir si on allait revenir aux bulletins chiffrés… un grand signe de compétence.

Et pas que je veuille enculer des mouches, mais un détail m’a fait tiquer dans l’article de Radio-Canada. Il est écrit que:

M. Fournier était, depuis avril dernier, vice-président principal en planification stratégique de Socodec, une filiale de SNC-Lavalin.

Comprenons-nous bien: nous ne sommes pas pour interdire tout ceux qui ont travaillé ou travaillent pour des firmes de construction ou de génie-conseil au Québec. Mais dans le contexte actuel, vous ne trouvez pas que c’est déplacé ?

Alors, la petite peste part et du vieux stock vient pour le remplacer… C’est moi ou ça ne sonne pas très excitant pour un parti déjà moribond ?

Publicités

En direct d’une république de bananes

Je croyais vivre dans un pays démocratique d’Amérique du Nord. Je croyais que nos élus, malgré parfois un peu d’incompétence, voulaient notre bien et ne cherchaient pas à y être QUE pour le pouvoir et l’argent. Je croyais que nous étions un peuple solidaire et qui ferait n’importe quoi pour ne pas laisser ses concitoyens dans la merde.

Mais je vivais dans une illusion totale.

Je me suis réveillé il y a plusieurs mois dans une république de bananes où les entrepreneurs sapent l’argent public pour le mettre dans leurs poches.

un gouvernement s’entête à ne rien voir et pire est complice, selon certaines sources, de la chose.

les intérêts de groupes orthodoxes passent avant ceux des modérés.

Où on pointe du doigt ce haut pourcentage de ceux qui ne paient pas d’impôts sans 1) s’informer et se rendre compte qu’il est similaire à nos voisins du Sud (voire plus bas) , 2) se rappeler qu’ils paient des taxes comme tout le monde et donc contribue aux revenus étatiques et 3) s’inquiéter du fait que justement autant de gens ne puissent collaborer de cette manière à cause de leur précarité de vie.

Ouaip, welcome (puisque le français est en voie de disparition et qu’on n’y fait rien) to the Quebec, royaume où les corrompus règnent et ont même le culot de nous quémander nos votes.

Pendant ce temps, une figure marquante du Québec, un des derniers modèles prônant des valeurs de protection sociale, une grande gueule comme il n’en existe plus (ou presque) avec une mission plus grande que lui succombait du cancer.

Un phare de solidarité qui a eu la chance d’avoir une longue vie, mais qui laisse un vide immense qui ne semble pas être près d’être comblé. Il rejoindra sa Simone – sa partenaire de bataille et femme de sa vie – et on ne peut que s’en réjouir pour cet homme qui aura tenu tant de combats à bout de bras. Michel Chartrand a connu un Québec debout; il quitte malheureusement cette Terre avec un Québec rampant, léchant les pompes des grandes corporations pour ne « surtout pas déranger » et crachant sur les regroupements pour être sûr de ne pas se faire pénaliser par les riches et puissants.

Oui, voilà où je vis: dans une lande où tout signe de solidarité est vu comme louche et contraignant au point où tous achètent un produit fabriqué par des scabs * ! Ouais, vive my country !

*Oui, je sais, ce sont les chiffres de QMI donc à relativiser, mais il reste quand même que le quotidien se vend encore aussi bien qu’auparavant.

Qu’ils se prennent en main

Le budget Bachand divise en deux camps la population. Pour les chantres du néo-libéralisme (qui se sont nommés lucides il y a quelques années), ce jour est encore plus beau et intense que l’élection en novembre 2008 de Barack Obama.

Les Pratte, Dubuc, Noreau, Samson, Elgrably (dont je n’arrive pas à trouver de textes sur le sujet, mais qui doit glousser de plaisir depuis mardi) et autres jouissent de ce coup de barre « enfin attendu » par la droite québécoise comment certains attendent encore le Messie.

De l’autre côté, les opposants qui sont sur le derrière depuis mardi. Des exemples? Michèle Ouimet, Josée Legault, Jean-François Lisée et même Patrick Lagacé était mal à l’aise avec les nouvelles contributions sur la santé.

Car c’est probablement ça qui bogue le plus. La hausse prévisible de TVQ de 2 points d’ici le 1er janvier 2012 ne cause aucun « problème » ou, du moins, l’opinion publique n’en semble pas très affectée.

Non, c’est la contribution santé non modulée qui heurte. Surtout quand on sait qu’en deux ans, elle grimpera de 800% (passant de 25$ à 200$) et, ce, peu importe votre revenu. Sans compter que le budget a bel et bien spécifié l’idée d’un ticket modérateur orienteur qui nous ferait payer au bout de l’année de 25$ chaque visite chez le médecin.

Et même si plusieurs croient que ça ne tiendra pas la route étant donné la loi fédérale sur la santé, la porte est maintenant grande ouverte. Et pas pour inquiéter outre mesure, mais on s’entend que ce n’est pas les Conservateurs qui vont empêcher une idée de droite de germer (et s’il faut modifier la loi, why not ?) et rien pour rassurer quand l’opposition officielle se dit: « Ouais, savez-vous… pourquoi pas ? »

Le fait qu’il y ait une budget dédié à la santé qu’on puisse surveiller, ouaip… pourquoi pas ? Par contre, qu’on fasse payer au citoyen le même montant pour tous sans tenir compte du revenu ? Wô ! Bachand disait: « Tous les Québécois profitent également du système de santé. »

PARDON ? Non ! Tous n’ont pas un médecin de famille (j’en suis d’ailleurs mais à 25 ans c’est moins grave), tous n’ont pas un accès rapide aux soins, tous n’ont pas les moyens – contrairement aux amis du parti d’un premier ministre frisé – de se payer du privé pour guérir plus vite. Alors, bullshit qu’on profite tous également du système de santé !

Et ce qu’il y a de merveilleux, c’est que malgré cette contribution, on n’aura pas plus de services ! Génial, non ? C’est un peu comme si vous alliez au cinéma et que non seulement vous appreniez que le prix des billets a monté de manière astronomique (genre 800%, ce qui ferait donc 80$ pour un billet adulte environ) mais qu’en plus vous alliez devoir écouter le film entièrement debout, le tout sur un écran 13 pouces avec un seul haut-parleur datant de 1990 et dont les fils ont commencé à être rongé par les rats qui squattent la salle.

Mieux encore, j’entendais cette semaine Gaëtan Barrette de l’ordre des médecins spécialistes du Québec dire que bien que c’était de bonnes idées (ben tiens !), tout ça ne donnerait plus de services et j’entendais aussi des économistes dire que ça comblerait à peine la hausse des coûts dans la santé. Wow ! Un vrai investissement… Je sais bien que M. Barrette exagère peut-être puisqu’il est en négociation avec le gouvernement. Néanmoins, je reste convaincu qu’effectivement, il n’y aura pas augmentation significative du service au citoyen.

Et l’idée du ticket modérateur est encore « mieux » car elle emmène l’idée que ceux qui sont malades, c’est de leur faute alors qu’ils paient et s’endettent les enfants de (censuré) ! Non, mais je trouve ça marrant d’entendre les gens parler comme s’il y avait vraiment BEAUCOUP de gens qui vont à l’urgence pour le plaisir.

Ben oui, tout le monde sait qu’après La Ronde et le Village Vacances Val-Cartier, les plus grandes attractions au Québec sont les urgences. Quoi de plus extraordinaire que d’entendre une demi-journée (minimum) entouré de monde qui se plaignent/souffrent ou toussent, de lire des revues qui datent des années 70 à 90, d’entendre à intervalles plus ou moins réguliers l’intercom avec le ton agressant de la secrétaire « toujours en cr… » et d’écouter, sans le son, des images de TVA ou de la SRC sur une télé cheap tellement vieille qu’on dirait qu’elle fait de la cataracte tellement elle est blanche ? Voyons, tout le monde adore ça !

Et puis, s’il y a autant de « parasites », selon nos « bien-pensants », dans les urgences, c’est peut-être parce que les cliniques familiales  et CLSC débordent. Genre que pour être sûr de voir un médecin en sans rendez-vous là, il faut camper à 2h du matin devant la porte. Peut-être parce que la plupart d’entre nous n’ont pas de médecins de famille à qui ils peuvent passer un coup de fil pour vérifier s’il y a un trouble quelconque ? Quant à Urgence-Santé (811), j’ai eu ouï-dire qu’il était difficile de se faire répondre et que ça arrivait souvent de se faire dire: « Hum, j’irais voir un médecin quant à moi ! »

Et ce qui me tue le plus avec ce budget, c’est tout le mépris qui ressort envers les pauvres. À RDI hier midi, on demandait au Club des Ex si les riches devaient contribuer plus que les pauvres pour la santé. Une réponse d’un téléspectateur m’a frappé: « Non, parce que les riches font attention à leur santé, ils font plus d’exercices et mangent mieux. »

J’aurais aimé savoir le salaire annuel de cette personne. Probablement que ça se chiffre dans les 75 000 et plus, du genre que les mesures régressives du ministre Bachand, ça ne la touche pas. Or, ce discours méprisant, on le sent chez ceux qui défendent ces mesures en santé.

« Qu’ils se prennent en main », disent-ils à chaque fois avec l’arrogance de leur classe sociale.

Je pourrais aborder longuement le sujet (je le ferai peut-être un jour), mais juste une chose que je tiens à mettre au clair:

J’ai connu des gens au style de vie parfait: non fumeur, font de l’exercice quotidiennement et plusieurs heures par jour, ne prennent pas de cochonneries alimentaires, sont pratiquement végétaliens… Et pourtant, certains d’entre eux choppent des tumeurs, un cancer ou d’autres terribles maladies.

À l’inverse, j’ai connu des gens avec des super mauvaises habitudes à l’inverse de ce qui est écrit plus haut (peut-être pas toutes en même temps, mais…) et qui, pourtant, ne sont jamais allés ou presque chez le médecin de leur vie.

La raison pourquoi nous avons, à l’époque, choisi d’instaurer un système de santé universel était justement parce que quand la maladie frappe, elle le fait sans discernement à la race, la classe sociale, le compte en banque, l’orientation sexuelle ou le sexe. Pour que les pauvres arrêtent de crever parce qu’ils ne pouvaient pas payer leurs soins, ou s’endettait tellement qu’ils perdaient tout quand un membre de la famille choppait quelque chose. Même chose pour les riches aussi !

Mais non, mardi, on a signé l’arrêt de mort de ce système. Ou du moins, le Parti Libéral du Québec a clairement affiché ses couleurs: nous allons l’abattre de nos mains d’ici les prochaines élections en 2012-2013.

Vrai que le système coûte cher. Vrai qu’il faut aussi trouver des moyens de l’améliorer, mais est-ce que ça ne passe pas surtout par l’embauche de nouveau personnel, par donner les moyens aux établissements d’établir des systèmes qui répondent aux besoins spécifiques de leurs patients ?

Comment ça se fait que dans les « consultations » sur le budget du gouvernement Charest, ce sont toujours les mêmes penseurs qui eurent le droit de parole ? Comment ça se fait que des gars comme Lisée, des gens de gauche pragmatique, n’ont pas été invités ? Je pense qu’on connaît la réponse…

En tout cas, une chose est sûre. Je ne souhaite à personne de tomber malade si la mesure du ticket modérateur orienteur, d’avoir un cancer, le VIH, une maladie chronique ou même être enceinte dans deux ans. Parce qu’à coup de 25$/la visite, ça va faire mal à la fin de l’année (et je n’y crois pas à la limite de coût de maximum 1% du revenu).

Peut-être même que plusieurs éviteront d’aller chez le médecin pour ne pas faire un trou dans leur très maigre budget. Et que leur état s’empirera. Et qu’il en mourront finalement, faute d’avoir été vu par un docteur.

Mais peu importe, ce ne sont que des pauvres. Ils n’avaient qu’à se prendre en main…

P.S.: Je ne crois pas non plus Bachand qui veut s’attaquer à l’évasion fiscale. Premièrement, il ne s’attaque qu’au travail au noir et pas aux paradis fiscaux. Et comme on le voit dans cet article, ça ne donnera pas grand argent au gouvernement.

P.P.S.: Oh ! Avouez que c’est hilarant de voir Monsieur Bachand dire: je ne veux pas moduler la contribution de la santé car ça serait un impôt de faire cela. Euh… ÇA EN EST PAS DÉJÀ UN ?!!!

P.P.P.S.: Et à ceux qui diront: tu sauras qu’on paie déjà la santé avec nos impôts ! Je le sais. Mais vous rendez-vous compte qu’ils nous font payer pour leur erreur de baisses d’impôts d’il y a deux ans qui n’ont servi encore une fois qu’aux riches, aux corporations ou à la très haute classe moyenne ? Quels gestionnaires de génies que nos amis les Libéraux, hein ?

P.P.P.P.S.: À lire différents textes de ma blogoliste sur ce budget. J’en oublie mais c,est parce qu’il est près de 2 heures du mat’ et que je dois aller dormir. Ouais, OK, c’est souvent de gauche, mais si vous lisez mon blogue, vous êtes comme prévenus:

Un peu de lumière en 2010 ?

C’est du moins ce que je nous souhaite. Car je ne suis pas fâché de finir 2009 qui a été, disons-le, une année extrêmement moche. Et là, j’évite de vous parler de mon année personnelle, je ne parle qu’au niveau sociétal.

C’est l’année des occasions ratées et des rendez-vous manqués: Copenhague, la réforme de la santé aux États-Unis (acceptée, je l’admets, par le Sénat dans une version tellement diluée que finalement, ça ne changera pas TANT QUE ÇA le système américain), la « belle main tendue de Charest qui disait en décembre 2008 avoir compris que les gens n’en voulaient plus de son arrogance, mais chassez le naturel et il revient au galop », etc.

C’est l’année de décès importants qui ont occupé une place importante dans les médias, parfois avec goût et sobriété (Nelly Arcan, Pierre Falardeau, Gilles Carle)et parfois avec des dérapages à faire friser les cheveux sur la tête… genre un certain MJ.

C’est l’année qui a démontré les faiblesses de la démocratie (élections en Iran, faiblesse de la participation aux élections municipales), mais à la fois la puissance du journalisme lorsqu’il est bien fait (scandales de toutes sortes sortis dans les médias). Néanmoins, c’est l’année du renforcement du cynisme et qui démontre de plus en plus qu’au Québec, on aime bien se faire marcher sur la tête et en redemander sans protester.

Bref, je ne sais pas pour vous, mais 2009 me laisse un goût amer en bouche. Alors, je nous souhaite à tous, citoyens de la Terre, un peu d’espoir et de lumière en 2010. Je ne rêve pas, je connais l’homme et son fond plus noir que blanc mais… C’est l’espoir qui garde en vie. Bon, vous allez me dire que ça part mal: Harper proroge le parlement jusqu’en mars, après les Olympiques de Vancouver… Ah les Conservateurs et la démocratie ! Ça fait deux, c’est peu de le dire !

Sur ce, à tous, santé et meilleurs voeux pour 2010 !

Au royaume du bonhomme Labeaume

Alors que je me prépare pour un week-end au royaume du bonhomme Labeaume (non, mais c’est pas justement notre charmant maire qui en a assez qu’on dise la « vieille Capitale » quand on parle de Québec ?), j’avais envie de donner quelques grains de sel sur des sujets d’actualité dont on parle pas mal ces temps-ci dans les médias.

Nos services de santé ne sont pas satisfaits du ralentissement dans la vaccination contre la grippe H1N1: hé, ça engage même Malik pour nous donner le goût du vaccin (voir la vidéo à la droite de la page pour ceux qui s’ennuieraient déjà des hauts et des bas de Sophie Paquin) ! L’acteur qui jouait Malik en médecin… Hum, pour moi, à Santé Canada, ils ont oublié qu’on était plus de 800 000 à écouter la série. En tout cas, je trouve ça pathétique tous ces mouvements des ministères pour nous donner le goût du vaccin. Il aurait fallu démystifier les choses AVANT au lieu de la cacophonie auquelle on a eu droit en début de vaccination. Maintenant, il est trop tard. De toute façon, on est quand même près de la moitié de la population à être vaccinée (dont moi, depuis une semaine) alors… C’est déjà ça, non ? Après tout, n’était-ce pas une vaccination VOLONTAIRE ?

Mais par contre, à ceux qui auraient peur du méchant vaccin, je vais vous dire la seule chose que j’ai eue: mal de bras au niveau de la piqûre pendant 4 jours. Et en fait, ça aurait pu être moins long mais j’ai voulu faire mon « tough » et je n’ai pas mis de compresses froides sur mon bras au début des douleurs. Ça m’apprendra à jouer au rebelle. 😉

Les frasques de Tiger Woods: Hé, mais sont complètement débiles aux États (et j’aurais le goût de dire partout ailleurs) ! Ça fait 2 semaines que ça fait la une des journaux !

Oui, OK, le golfeur a eu des maîtresses. BIG DEAL ! N’ont-ils pas eu un charmant président qui couchait à gauche et à droite (hello Mr. Clinton !) ? Personnellement, je ne savais même pas que le sportif était casé et avait des enfants. Je ne dis pas que j’approuve ses infidélités, mais… On s’entend qu’il ne s’est pas mis à frapper à innocents à coups de bâton de golf dans la rue, il a juste eu le malheur d’avoir des aventures. Je peux comprendre la déception de ceux qui mettaient le Tigre en dogme, mais get a life ! Dans à peu près toutes les séries américaines, ça se trompe à tour de bras et personne n’en fait un drame. Pourtant, ils font bien des unes pour accuser les jeux vidéos des tueries dans les écoles; pourquoi ne pas mettre à la une des séries et des soaps télévisés où l’infidélité règne ?

Quant à toutes ces femmes qui sortent soudainement pour dire: « Oui, oui, moi aussi j’ai couché avec Tiger Woods », vous ne trouvez pas ça mesquin et excessivement opportuniste ? Disons que ça rappelle que sur une majorité de femmes qui sont posées et intelligentes, y a aussi une belle tranche de pétasses malheureusement.

Le cours d’éthique et culture religieuse, une propagande du multiculturalisme canadien: Je ne dirai que ceci: qu’est-ce qu’on attend pour remplacer les cours de religions par des cours d’Histoire, qui pourraient du même coup rappeller les atrocités commises par les diverses religions dans le monde ? Question de créer une et des générations qui ne se serviront pas de la religion comme béquille pour leurs valeurs. Question de développer l’humanisme chez nos enfants sans avoir à passer par Allah, Yahvé et tous les autres…

Le « Climategate »: On est en pleine conférence de Copenhague. On essaie de trouver des moyens d’améliorer le sort de la planète et là, bien sûr, il y a une tranche de la blogosphère qui capote parce que le GIEC aurait modifié des données sur certaines de leurs études sur les changements climatiques.

Bon, OK, admettons que ça soit exact, admettons qu’ils aient exagéré… Ce qui pourrait correspondre d’ailleurs à de l’éco-terrorisme doux. Supposons – car ça ne reste que des suppositions – que la Terre se réchauffe naturellement – sans AUCUNE influence humaine (ce dont je suis très sceptique) – comme plusieurs planètes et que c’est un cycle qui éventuellement va faire qu’elle va retomber dans une période plus froide éventuellement… Même à ça, on n’est obligé de se croiser les bras et se tourner les pouces en ne changeant rien dans nos habitudes de vie ?

Car c’est ce qui m’énerve de ces blogueurs qui sortent cette « Vérité avec un grand V », l’air bavant et jouissant d’être un révélateur du « Grand Complot Climatique »: ils confirment les positions des Sarah Palin et des Stephen Harper de ce monde. Leur position ? Continuons comme nous faisons: saccageons, pillons les ressources et polluons au nom de l’économie parce que de toute façon, ce n’est pas notre faute si la planète se réchauffe, qu’il y a un trou dans la couche d’ozone, qu’il y a des pluies acides, etc. Et ne changeons surtout rien à nos habitudes, ça serait devenir de sales communistes !

Or, ça m’énerve. Peut-être que c’est vrai: peut-être qu’on met trop l’accent sur les émanations de dioxyde de carbone et pas assez sur la pollution en général. Mais est-ce que ça veut dire pour autant qu’il faut recommencer à conduire des Hummer ? Arrêter de vouloir produire des technologies automobiles et industrielles moins génératrices de GES ? Moi, je dis que non et savez-vous quoi ? Voyant comment les humains ont toujours tendance à agir à la dernière minute, je préfère quasiment qu’on me dise que la situation est catastrophique et que ça force l’ensemble de la planète à bouger. C’est terrible, mais si ça peut nous faire changer dans nos modes de vie.

Car, effectivement, la solution environnementale ne se situe pas uniquement dans la réduction des gaz à effet de serre. Elle se situe dans une consommation raisonnable, locale, dans une utilisation saine des énergies, dans le développement d’énergies « propres », dans le recyclage, dans la cessation du suremballage, dans la protection de la faune et la flore, dans un développement urbain plus sain et respectueux de l’environnement, etc. Bref, c’est un ensemble de facteurs et de comportements que l’on doit adopter petit à petit. Pas juste les petits citoyens: les gros citoyens corporatistes doivent être mis au pas aussi ! Or, parce qu’UN groupe de scientifiques aurait PEUT-ÊTRE joué avec les données, il faudrait jeter le bébé avec l’eau du bain ? Euh… NON ! À moins de vouloir de s’auto-détruire, bien sûr.

Une commission d’enquête publique toujours ignorée: Bon, puisque notre premier nul du Québec Jean Charrue refuse toujours une commission d’enquête publique pour ne pas plonger son parti dans les abysses de la non-réélection, je vous invite à aller signer cette pétition officielle sur le site de l’Assemblée nationale. Vous avez jusqu’au 4 février prochain pour la signer. Déjà plus de 11 000 signatures au moment où j’écris, mais allez ! On peut monter ça davantage ! Partagez ce site à vos proches, question qu’il y ait bien des signataires.

La langue de ouate

J’ai eu le malheur de voir le début des travaux à l’Assemblée (enfin de retour au « boulot » les députés ! c’est drôle, eux, personne ne les critique qu’ils aient plein de mois de congés…) et franchement, j’en suis presque à me demander si le je ne souhaiterais pas voir des « Menteurs » hurlés à l’Assemblée nationale comme c’est arrivé à Barack Obama la semaine dernière.

Parce que bon, on parle d’une loi que les libéraux voudraient faire passer pour un retour à l’équilibre budgétaire le plus rapidement possible et également d’éthique. Et là, la chef de l’opposition officielle Pauline Marois ose dire que le premier ministre a induit en erreur la population lors des dernières élections il y a un an.

Pouf ! Soudain, la bébitte molle le pantin de Charest le président de l’Assemblée Yvon Vallières arrête la question de Mme Marois: « Je vous invite à retirer vos propos non parlementaires. »

PARDON ?! « Induire en erreur », c’est devenu une grosse injure parlementaire ? Je peux comprendre que les épithètes du type « menteur », « crosseur », « con(ne) », épais(se) » et d’autres ne soient pas admis dans une assemblée d’élus se « voulant » civilisée. À la limite, « girouette » faisait de la grosse « pepeine » à Mario Dumont alors on l’a retiré des termes acceptés. Je peux comprendre, même si je trouvais le terme SI approprié…

Mais là, on ne peut même plus dire « induire en erreur », « tromper la population », etc. Dites-moi, si c’est rendu que l’opposition officielle ne peut plus accuser le gouvernement de ses frasques ou l’obliger à répondre, pourquoi est-ce qu’on élit une opposition ? Aussi bien avoir une monarchie ou une dictature qui se ferait flatter dans le sens du poil.

À vouloir une assemblée trop « politically correct », on a dénaturé le débat politique. C’est devenu un espèce de sport où il faut marcher sur des oeufs, choisir ses mots avec soin sinon on se fait couper par l’autre bozo en avant qui ne semble là que pour détecter les « méchants mots non règlementaires ». Pas étonnant qu’on ait l’impression que la politique est morne: non seulement les politiciens ont la langue de bois envers le public et, en plus, ils doivent se tremper celle-ci dans la ouate rendu à l’Assemblée nationale.

On est loin de ça, disons…

Sans désirer que nos débats deviennent aussi fous et indisciplinés que ce vidéo ci-dessus (combat au parlement de Bolivie), il me semble que nos élus auraient avantage à sortir leurs griffes, question de ne pas totalement endormir une population déjà – pour la plupart – prise dans une torpeur dont ils ne pourront sortir.

Savoir épeler É-T-H-I-Q-U-E

Y a vraiment des moments où se dit que les « grands » de ce monde ont tendance à vite oublier le terme éthique, la morale en général.

Par exemple, quand une société d’État Québécoise (mot à retenir ici) d’hydroélectricité attribue non seulement des petits dons à des écoles privées de la province, mais – encore mieux – à une université ontarienne (appris grâce à ce prof allumé)  ! Ça a beau être collé sur le Québec, ça reste une université ontarienne c****** !

Ou quand un candidat à la course à la chefferie de l’ADQ demande à un de ses adversaires de l’aider à avoir des signatures pour participer à la course à la chefferie en échange de « bons procédés »… « C’est commun dans ce genre de campagne », de dire le responsable de la campagne. Ben dis donc, ils sont bien préparés à prendre le pouvoir, ils sont déjà secrets et font des petits marchés avec les petits amis…

Ou quand le milieu de l’éducation crie à un plan d’action concret pour contrer le décrochage et la surpopulation dans les classes, mais qu’un premier ministre préfère songer à ce qu’il pourra hausser comme tarif pour éliminer le déficit qu’il a créé – vous savez, celui qu’il nous avait promis qu’il y en aurait pas pendant la campagne électorale passée ?

Oui, y a certaines personnes qui auraient besoin d’un cours d’éthique et de moral. Mais bon, à quoi bon ? Puisqu’il semble que même quand tu « bullshites », tu obtiens de la popularité en masse !

(On aurait pu ajouter quand t’es une ancienne ministre qui entre dans un parti municipal qui accumule les scandales et les conflits d’intérêt, mais bon, c’est peut-être pousser le bouchon un peu trop loin.)