Non, mais ta g…

J’écoutais le retour de Tout le monde en parle (parce que, franchement, j’en avais rien à foutre du SuperBowl) hier et franchement, je m’attendais à mieux. Ou disons que l’émission qui semblait prometteuse a été gâchée par un invité en particulier: Richard Martineau.

Bon, je sais qu’il est bien vu dans la blogosphère de démolir Richard Martineau. Ici, je ne ferai pas ça. Pour moi, l’homme a droit de parole. On peut être totalement en désaccord avec ses positions (genre son billet insipide sur le mandat de Radio-Canada), mais il a droit de s’exprimer. Sauf que… Hier, c’était l’hystérique Martineau. Hystérique avec un grand « H ». Et surtout celui qui coupait la parole À TOUT LE MONDE.

Comprenons-nous bien. J’aime quand les invités de l’émission parlent entre eux, argumentent et discutent entre eux. Ça rend l’émission dynamique et on sort de l’énergie « question de l’animateur / réponse de l’invité ». Sauf qu’il y a une règle qui dit que si on est poli, on laisse l’autre finir avant de continuer son argumentation. Ou on s’excuse de l’avoir coupé. Hier, alors que Jean-François Mercier essayait de s’expliquer, Martineau ne cessait de le couper à tous les deux mots. Et moi, c’est le genre de comportements qui m’exaspère au plus haut point.

Tellement que je n’ai pu m’empêcher de lâcher un « Non, mais ta gueule ! » à la télé hier soir. Et quand je l’ai vu s’offusquer que le président du syndicat ne lisait pas ses chroniques… MAN ! Si je devais m’offusquer de chaque personne qui n’a pas lu mes écrits, j’irais bouder dans une cabane en bois dans le fond du Grand Nord québécois. Pour un gars qui disait comprendre la « game » de l’argumentation, il serait peut-être temps que tu prennes des cours de « sang-froid 101 » parce qu’hier, t’avais l’air d’un enfant de 3 ans à qui on refusait d’acheter une bébelle dans un magasin à grande surface.

Et là, je suis chien pour les enfants de 3 ans…

Pour clore le dossier, ça aurait été bien que l’animateur au grand menton Guy A. Lepage fasse preuve d’un peu plus d’ordre. Juste de dire à Richard Martineau: « Richard, on peut-tu le laisser finir de dire ce qu’il y a à dire ? » ou « S’il vous plaît, on le laisse finir »… Je sais, habituellement, ce n’est pas son rôle. Mais quand ça devient chaotique comme hier, me semble que c’est la job de mettre de l’ordre là-dedans. Par contre,  excellente réplique quand Guy A. a répondu à la critique de Martineau qui s’est OUTRÉ que la direction de Quebecor n’ait pas été invité sur le plateau.

De toute façon, avez-vous vu bien souvent dans les dernières années Pier-Karl Péladeau sur les ondes de Radio-Canada ? Je ne pense pas, non. Et qui vous dit qu’ils n’ont pas tenté de les rejoindre ?

En tout cas, Richard, hier tu as prouvé que tu étais bel et bien le Goebbels de l’empire Quebecor. Quoi ? L’image du ministre de la propagande nazie est trop forte ? Désolé, c’est que j’ai étudié à la « Richard Martineau Academy » où on nous apprend à faire des comparaisons exagérées… Sans farces, je trouve ça dommage car j’aimais bien ta place de bulldog qui ne mâchait pas ses mots dans les Francs-Tireurs, mais plus ça va et tu ressembles au caniche à Pier-Karl.

Mise à jour (12h55): Intéressant billet de blogue de Richard Therrien sur l’émission d’hier.

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Pousser l’enveloppe

Blogue du Proprio (source de limage)

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Comment créer une panique collective à l’aide de médias

1 ) Prenez un sujet qui met en danger la vie des concitoyens (genre une bactérie comme la listériose, la C. Difficile ou Julie Snyder TVA désapprouve la dernière analogie et vous rappelle que cet automne les auditions de la Star Yarkadémie seront diffusées toutes les semaines avec Herby Moreau).

2 ) Faites des longs topos (ou une série de plusieurs topos) sur la bactérie, les morts et tragédies causées par celle-ci et ne cherchez surtout pas à savoir si ces morts sont causées par la bactérie en elle-même ou d’autres causes.

3 ) Lorsque des intervenants essaient de calmer la population, ne donnez pas d’impact à leurs propos et continuer d’affirmer que tout le monde a peur et a raison d’être effrayé.

4 ) Soyez vagues sur les sources de la contamination afin que la paranoïa s’installe partout.

5 ) Laissez mijoter le tout en rappelant plusieurs fois chaque jour que le peuple est en danger.

6 ) Faites un sondage immédiatement dans cette période pour convaincre les quelques « récalcitrants » que tout le monde a peur ALORS vous avez intérêt à avoir peu.

7 ) Détruisez toutes initiatives pour régler la problématique en disant dans vos topos que « ce n’est pas assez », que « c’est trop peu, trop tard ».

8 ) Et voilà, il ne vous reste plus qu’à déguster une population en proie à la panique ! Bravo, vous avez bien fait votre boulot de journalistes… 😉

Bon, je déconne beaucoup, mais il faut admettre que cette hystérie de la listériose rend dingue n’importe qui qui écoute les nouvelles ces temps-ci. En fait, j’ai l’impression que c’est le moyen qu’on a trouvé au Québec de « pousser l’enveloppe »: la panique généralisée créée par les médias. Qu’est-ce que « pousser l’enveloppe » ? C’est une traduction française plutôt nulle de ma part de l’expression anglaise « push the envelope« : un concept médiatique qui veut qu’on doit choquer le spectateur par la panique ou le scandale ou l’humiliation. Le concept est devenu prédominant aux États-Unis. Un exemple parfait de ça est l’émission qui s’appelle Judge Judy : une émission de justice où une juge très arrogante et très dure s’occupe d’affaires de petites créances à la vitesse de la lumière (exemple d’affaire: un voisin a fait des dégâts sur une clôture et l’autre voisin veut qu’il paye les réparations). Ici, les partis se représentent eux-mêmes. Il n’y aucun avocat d’impliqué… et c’est ça (et l’attitude de la juge) qui rendent le spectacle intéressant pour une audience. On y voit des gens s’humilier et se faire humilier pour leurs actes, que ce soit le défendeur qui n’a pas de défense crédible ou le plaignant qui agit par pur égoïsme sans être capable de prouver son point.

Or, voyez-vous, on est incapables de produire ce genre d’émissions au Québec (là, c’est une observation, pas nécessairement que j’en voudrais). On est un petit peuple tricoté-serré, l’humiliation n’est pas notre fort. Rappelez-vous le scandale lors du premier gala dominical de Star Yarkadémie: tout le monde était mal à l’aise que les participants votent pour celui ou celle qui devait partir. Ce qui a été éliminé dès le deuxième gala, même si partout ailleurs dans le monde on le faisait. C’est d’ailleurs pour ça que je doute du succès de « La classe de 5ème » qui est une adaptation de « Are you smarter than a fifth grader ?« . L’émission originale se fout carrément de la gueule des participants qui ont de la difficulté à répondre à des questions de cinquième année primaire et qui doivent demander de l’aide à des élèves de cinquième. Or, ici, pensez-vous vraiment qu’on va humilier des personnes à la télé ? Hum… Pas certain. Il ne faudrait pas se mettre à dos la population.

Cependant, le « push the envelope » est très fort et se répand jusqu’ici. Alors, si on ne peut pas le faire dans des talk-shows ou des quiz, qu’on peut très peu le faire dans des dramatiques, que reste-il ? Les nouvelles, bien sûr ! Alors, lorsqu’arrive des événements comme la listériose ou la C.Difficile ou les inondations ce printemps ? On saute là-dessus, on fait des mégas campagnes de peur et une fois la panique installée, on dit aux dirigeants qu’ils n’arrivent pas à maîtriser la situation. Écoutez, je suis certain que d’ici les prochains jours, on verra un sondage qui nous dira que les gens ont peur de manger de la bouffe fabriquée (chez Maple Leaf ou ailleurs), sondage fait PENDANT qu’on les expose à des mauvaises nouvelles sur la listériose MUR À MUR. Désolé pour les journalistes, mais à ce moment-là, ça ne devient plus du jounalisme: ça devient du sensationnalisme. Ce qui à mon sens ne devrait pas être toléré par le Conseil de Presse. Mais bon, qui suis-je pour juger, n’étant pas dans la fosse aux lions moi-même ?

Le monde est « stone », déprimant et s’en va sur la « bum »…

J’aurais pu écrire un autre billet juste là-dessus, mais je préférais en faire une mini sous-section à celui-ci. Les amis, je vous l’annonce, le peuple québécois ne va pas bien. Parce que quand on lit juste les commentaires sur ce billet concernant la manifestation des artistes d’hier, on se rend compte que les gens ont autant la culture à coeur que Claude Poirier (qui s’amuse à dire les « tartistes »). Phoque ! Donc, la culture, ce n’est plus important ! Les revendications d’équité sociale non plus ! On tasse un chroniqueur environnemental à TVA pour des capsules sur « Occupation doublement trop couverte dans les médias »… Tout ça parce que c’était trop moralisateur. Non, mais c’est que ça va bien au Québec ! Continuons ainsi et on en aura plus pour longtemps à vivre ici… on va survivre à la limite !