La culture de mort

Artiste: Casey Brown

Difficile de ne pas parler des propos de Monseigneur Ouellet qui viennent de rallumer le débat sur l’avortement. Déjà la question se pose: était-il vraiment éteint ? Il me semble que depuis que les Conservateurs sont au pouvoir avec Harper, on frôle le reniement de ce droit acquis depuis quelques décennies à peine.

Ce qui est amusant des fanatiques catholiques, c’est qu’ils ressortent toujours le même argument quand vient le temps de parler soit de l’avortement, des homosexuels, des féministes ou de la contraception:  « Ce sont tous des éléments qui participent à la culture de mort ambiante. »

La culture de mort ? Vraiment ? S’il est vrai que dans l’avortement, il y a une question de décès, pour le reste, j’ai du mal à comprendre cette fameuse « culture de mort » dont ils se servent si souvent comme argumentaire.

Et puis, bon, vous me direz que je ne suis qu’un pion, un participant de cette culture de la mort et donc mon opinion équivaut à une fiente de moineau, mais voici ce que je perçois.

Alors, on a une religion qui  :

  • A voulu exterminer une culture complète (musulman au temps des Croisades)
  • A assassiné des centaines de milliers « d’hérétiques » grâce à l’Inquisition (hérétiques en question = scientifiques, personnes d’autres croyances, libres penseurs, femmes célibataires)
  • A commis des meurtres en leur propre sein (amusez-vous à faire des recherches sur les papes assassinés)
  • Laisse mourir des millions de personnes du VIH en Afrique en leur conseillant de NE SURTOUT PAS PORTER DE CONDOM
  • Par leur position extrêmement violente contre l’avortement, obligent près de 68 000 femmes par année à avoir recours à des avortements clandestins qui vont les tuer et qui vont laisser des séquelles à des millions d’autres (d’ailleurs, Monseigneur Ouellet serait « content » d’apprendre que pour la plupart, elles avortent à cause d’un viol)
  • A plusieurs militants – particulièrement aux États-Unis et dans l’Ouest canadien – qui sont pour la peine de mort, le port d’armes à feu et pour les systèmes de santé privés qui laissent mourir ceux qui sont sans-le-sou
  • En brimant la sexualité de leurs prêtres, a fermé les yeux sur certains d’entre eux qui ont brisé la vie de centaine de milliers d’enfants

Mais non, ce sont les féministes, celles qui avortent et les homosexuels qui sont LA CAUSE de la culture de mort dans le monde. Ben ouais…

Ça me fait penser à un sketch de Kaamelott que j’adore. Ça se passe entre le Répurgateur (joué par Eli Semoun) et le roi Arthur (Alexandre Astier). Le Répurgateur, homme de Dieu dévoué s’il en est un, demande au roi de se confesser.  Évidemment, on parle d’un roi celte/breton élevé par les Romains alors les confessions catholiques, il ne s’y connaît pas trop. Donc, il demande un exemple de faute à confesser. Alors, le Répurgateur lui dit (je simplifie ici, ce n’est pas le texte mot à mot):

– Ben, par exemple, avez-vous déjà ôté la vie à quelqu’un ?

– Ben… ouais. Plusieurs, en fait.

(mal à l’aise) – Ah ouais, parce que ça, c’est super mal vu, c’est un péché suprême. Dans quel contexte, c’est arrivé ?

– Ben à la guerre !

(soulagé et en souriant) – Ah, mais ça, ça ne compte pas. C’est pas la même chose !

– Ah bon ?!

– Ah non, c’est correct. La guerre, là, on a droit le tuer. En plus, est-ce que c’était en lien avec la quête du Graal ?

– Ben oui, c’est toujours un peu lié…

– Alors là, c’est encore mieux ! Si c’est pour Dieu, vous pouvez buter, sans problèmes. Même que dans ces cas-là, vous pouvez les torturer autant que vous voulez. (Intéressé, presque sadique) D’ailleurs, dans ces hommes que vous avez butés, il y en avait qui suppliaient leur mère que vous leur rendiez grâce ?

– Je ne sais pas. Possible…

– Ah ouais, parce que j’aime bien quand ils couinent !

Ça représente tellement bien, même dans un contexte humoristique, ce qu’est l’Église: une entité hypocrite de part en part. D’un côté, elle joue la carte de la moralité, mais quand ça s’applique à ELLE – ah ben là ! – la moralité prend, tout d’un coup, un aspect d’une flexibilité étonnante.

Vive le deux poids, deux mesures j’imagine !

Le serment d’Hypocrite

Je ne m’attarderai même pas sur le fait que ça fait un bail que j’ai apposé ma plume ici. Trop long, trop personnel, trop plate. Mais j’ai vu une nouvelle qui m’a fait bondir et je devais partager ce sentiment de colère quelque part.

Je n’ai pas écrit durant la catastrophe en Haïti. Que vouliez-vous dire d’autre que tout ce qui a été écrit dans les dernières semaines ? On a abordé tout: de la place des journalistes là-bas, sur le débat sommes-nous des pourris gâtés quand on se compare à eux ou pas du tout, on a même invoqué Dieu pour expliquer cette tragédie ou on s’est moqué de cette pensée manichéenne (avec raison).

Bref, plus grand chose à dire là-dessus… Sauf qu’aujourd’hui, je tombe sur une nouvelle qui m’a fait bouillir le sang, la fumée me sortait par les oreilles. Vous vous rappelez comment les médecins voulaient accourir en Haïti ? Tout d’un coup, nos plus brillants chirurgiens se faisaient une joie d’aller aider ces centaines de milliers de blessés. Magnifique altruisme, nous nous exclamâmes, que nous sommes de bons humains.

Cependant, la misanthropie a la cote de nos jours avec raison. On apprenait donc aujourd’hui que des orthopédistes québécois qui se sont – excusez l’expression – « garrochés » là-bas bénévolement pour aider demande des compensations monétaires au gouvernement. Un montant pour soi-disant couvrir les frais de leurs dépenses (chauffage, secrétaire, etc.) pendant qu’ils sont partis « sauver le monde » et ce, même si c’est DE LEUR PROPRE CHEF qu’ils sont partis là-bas. Bon, le président des orthopédistes québécois a dit qu’il accepterait la décision du ministre Bolduc, mais soyons honnêtes: ils veulent l’argent. Même Gaëtan Barrette, le président de la Fédération des médecins spécialistes, sans être d’accord appuie cette idée.

Permettez-moi d’être populiste et de déverser mon fiel, après tout, ce n’est pas comme si on me lisait avec mon rythme irrégulier des derniers 6 mois… Ce qui me met hors de moi, c’est que tout d’un coup, on revoit la vraie face du médecin. Croyez-moi, il faut en connaître et avoir connu de jeunes étudiants en médecine comme moi pour savoir que les docteurs sont pratiquement tous sur le même moule. Ils désirent deux choses: l’argent et être reconnu comme des héros. Point. Le serment d’Hippocrate et l’aide aux malades, ouais, OK, en troisième lieu. Mais offrez-leur d’abord la possibilité d’être célèbre et de pouvoir se payer 2 ou 3 maisons et ils se taperont toutes les interventions médicales que vous voulez.

Pas pour rien qu’ils veulent tant du privé et que ceux qui ouvrent des cliniques vendent l’idée dans la population comme le paradis terrestre. Privé = plus d’argent dans leur poche. Et le médecin, en général, répond bien à l’oseille. Quant à la tragédie en Haïti, ce fut encore mieux: tout d’un coup, nos médecins moroses dans le tragique système public allaient pouvoir suivre leur rêve d’être aux yeux du monde, des super-héros en spandex.

Vrai que les besoins médicaux étaient et sont toujours urgents dans la « Perle des Antilles ». Sauf que c’est quoi ? Nous devrions collectivement payer pour des médecins qui n’ont pas su gérer leurs cliniques, hypnotisés par l’appel de passer pour des Superman des temps modernes ? C’était à eux de prévoir leur voyage humanitaire, pas au gouvernement à ramasser les pots cassés de leur « bonté hâtive ».

Haïti a fait sortir le meilleur de nous dans les dernières semaines… mais ça ne fut pas long que l’humain a repris ses bonnes vieilles habitudes acquises depuis des siècles. Sauf qu’ici, c’est se renflouer sous des prétextes humanitaires faits, au départ, bénévolement. Assez ordinaire, admettons-le.

Un peu de cynisme dans le cas de Lacroix

Source: Blogue des conseillers

Pauuuuvvvre Vincent Lacroix ! Notre homme qui a déclaré coupable ce lundi aux 200 chefs d’accusation qui pesaient contre lui – évitant ainsi de devoir dévoiler où est allé l’argent des 9200 investisseurs – s’en veut. En effet, il aurait transmis une lettre de 2 pages à Alain Laforêt, journaliste à TVA qui a suivi toute l’affaire (surtout le procès pénal puisqu’il n’y aura pas de procès criminel, juste une condamnation).

Il est très amusant de lire les propos de l’homme et de les regarder avec cynisme:

Au procès pénal, j’ai voulu éviter un procès, mais je n’ai jamais accepté l’offre qui était une sentence au-dessus de cinq ans……

Ah donc, déjà, ça part mal. Le gars écrit une lettre aux investisseurs pour s’excuser, mais dit derechef que jamais il n’a voulu aller en prison plus que 5 ans en plaidant coupable… Hum, on sent vraiment TOUTE LA CULPABILITÉ QUI L’HABITE !

Je suis complètement terrassé des GRAVES MALHEURS et PRÉJUDICES FINANCIERS ET MORAUX que je vous ai causés.

Première nouvelle: depuis quand ? Parce que durant le procès pénal, vous aviez plus l’air baveux qu’autre chose, niant les faits systématiquement.

J’ai été mégalomane et complètement hypnotisé…

Par qui ? Les danseuses de Chez Paré ? C’est là que vous auriez dépensé vos 115 millions d’ailleurs ? Si oui, j’espère que ça valait la peine, qu’elles vous ont fait la totale. Parce que si c’est seulement en danse à 10$, ça serait de nous faire croire que vous avez eu 11 500 000 danses. Un chiffre légèrement incroyable.

Je me suis battu pour que les procédures soient en ordre, non pas pour ma non-culpabilité.

Ah j’imagine que c’est pour ça que vous avez tenté 2 FOIS de faire annuler votre procès criminel ? Pour ne pas éviter votre culpabilité ?

J’ai fait une faillite personnelle et corporative, ce qui signifie que je n’ai plus d’actifs. Tout est entre les mains des syndics … POURQUOI ON NE VOUS DISTRIBUE PAS L’ARGENT QUI SE TROUVE CHEZ LES SYNDICS?

C’est une foutue de bonne question Vincent (tu permets qu’on se tutoie et que je t’appelle Vincent ?), mais dis-moi pourquoi ne leur demandes-tu pas de le faire aux syndics ? Et il y aussi une autre question – cynique mais probablement réelle – est-ce possible que le syndic n’ait pas cet argent que tu as mis dans un compte « offshore » inaccessible ? Ou peut-être dans des résidences que ta famille refuse de vendre ?

En attendant le recours collectif, cela pourrait alléger vos souffrances. TOUT ÇA AU NOM D’UNE JURISPRUDENCE PLUS DURE.

Une jurisprudence que tu t’évites en plaidant coupable tout de suite, n’est-ce pas ?

MES ENFANTS NE VEULENT PAS ÊTRE VUS EN PUBLIC AVEC MOI.

J’espère bien, cibole ! Déjà que si tu avais, selon ce que tu as dit à ton procès, des tendances à boire beaucoup, travailler souvent et aller aux danseuses, tu devais déjà être un père médiocre. Alors, il ne faut pas croire qu’ils vont être fiers de voir que leur père a fraudé 9200 personnes pour 115 millions de dollars. Disons que ça ne doit pas être facile pour eux de porter le nom de Lacroix, surtout qu’il sont peut-être en contact avec des enfants et des petits-enfants des victimes de ta crosse.

Tout comme je l’ai mentionné à un homme qui voulait me faire payer le scandale Norbourg, tu peux me frapper mais tu ne peux pas me tuer, JE SUIS DÉJÀ MORT.

Ah, je suis d’accord avec ça. Tu devais effectivement être mort, même avant les événements. Parce que pour voler les économies de petits épargnants pour ton profit personnel et ce sans remords comme tu l’as fait, il faut être assez mort de l’intérieur. On appelle même ça de la psychopathie mon homme.

Ah, on me dira que Lacroix a des remords. Bien sûr, comme quand Guy Cloutier a plaidé coupable. Ça sonne toujours bien des excuses publiques avant une représentation sur sentence dans quelques jours. Ça permet à l’avocat de la défense de plaider le facteur atténuant des « remords ».

Sauf que des vrais remords, à mon avis, ça commence dans les moments après que le geste pas correct a été posé. Pas des années plus tard, à quelques jours et quelques semaines d’une sentence.

Une souris verte

Bon, c’est le Jour de la Terre, vous savez cette mal-aimée qu’on exploite sans vergogne en se disant que c’est son boulot d’être exploitée. M’enfin, on espère que tous ces témoignages d’enfants qu’on voit dans les médias en cette journée se transformeront en une génération qui se préoccuperont de la planète et non pas juste du profit.

C’est aujourd’hui d’ailleurs que sort « Terre », le documentaire de la nouvelle branche de Disney: Disney Nature. On sait déjà que l’an prochain, à pareille date, ça sera « Océans » qui sortira sur les grands écrans. Bon, c’est bien beau des documentaires animaliers et sur la nature, mais il faudrait peut-être que la compagnie en elle-même fasse des efforts pour réduire son empreinte écologique.

En mars dernier, la compagnie créatrice de la souris Mickey affirmait que l’objectif à long terme de la compagnie était de réduire à zéro les déchets non recyclables et les gaz à effet de serre. Wow ! Ainsi, Mickey deviendrait une souris verte. Sauf que c’est peut-être moi qui est un éternel insatisfait, mais je trouve ça comme de belles paroles lancées en l’air. Tout d’abord, remarquez le « à long terme » sans date butoire. Ce qui veut en dire en termes « business » : « éventuellement, quand ça sera bénéfique économiquement, on atteindra le zéro de déchets non recyclables et de gaz à effet de serre ». Il me semble que les bons voeux de Disney auraient déjà plus d’impact avec une date butoire.

C’est bien beau vouloir réduire ses gaz à effet de serre. Je trouve ça admirable d’un multinationale comme Disney de le faire. Alors, j’aurais une suggestion pour eux: arrêter de faire fabriquer toutes vos « bébelles » en Chine, ça serait déjà ça de gagné ! Ou faites-les faire en Chine pour la marché asiatique, pas pour le monde entier. Parce que transporter des lots de marchandises en partance d’usines chinoises partout dans le monde, ça gaspille énormément de carburant donc des gaz à effet de serre.

Bon, évidemment, les mauvaises langues diront que Disney pourrait arrêter de fabriquer des « bébelles » inutiles et de faire du « merchandising » éhonté par rapport à leurs films, mais ça…

Je sais, j’ai déjà fait un billet similaire il y un an. On pourrait croire que je déteste Disney. Pas du tout. Les films de Disney sont fort bons. Sauf que je trouve ça hypocrite que la compagnie se prenne d’un soudain élan de virage écologique tout en continuant d’être un important acteur de la surconsommation… Parlez-en à mon oncle qui a offert un robot Wall-E à son fils dernièrement et qui était tellement suremballé que ça faisait peur. D’ailleurs, il n’avait pas honte de son achat… il avait la supra-honte. Pauvre Robin des emballages ! 😉

Comme quoi, même les plus écologiques se retrouvent parfois dans des situations pas très vertes. Je ne crois pas qu’il faille réclamer la vertu pure et dure (même dans les religions, on n’y parvient pas ou peu alors…), mais forcément en ce Jour de la Terre et tous les autres jours de l’année, il faudrait songer à adopter le plus possible des attitudes vertes. Il faudrait que les projets proposés aux citoyens soient verts, que les entreprises soient punies pour des actions qui endommagent l’environnement, etc. C’est la tangente qu’il faut prendre. Ce n’est pas d’en faire une religion autant que d’arrêter de penser uniquement à soi, mais de penser à cette planète qui nous permet de vivre.

Le billet du jour: Ah, cré Noisette qui nous parle aujourd’hui des concepts passés date en humour et c’est tellement juste (surtout sur le concept du clown triste de son sort de clown… 1000x fait, toujours aussi peu drôle).

Si Jésus était vivant aujourd’hui…

Animation de Patrick Boivin

Nous sommes Vendredi Saint. Forcément, il est de bon goût de parler de Jésus… ou est-ce le cas ?

Je m’étais toujours promis de faire ce billet éventuellement sur le blogue. J’aurai réussi à le faire avant l’anniversaire de celui-ci qui viendra mercredi prochain. C’est un billet un peu naïf/provocateur/pas fait pour les cathos extrémistes.

Je l’ai déjà dit, une bonne partie de mon enfance a été dans la religion catholique. Non pas que j’allais à la messe tous les dimanches, mais il y a eu une époque (de 11 à 12 ans environ) où je l’avoue, j’y allais fréquemment. J’ai fait tous mes sacrements et comment faire autrement venant d’une famille de croyants. À l’époque, j’étais carrément inconscient des inégalités, des injustices, du double discours « légèrement » hypocrite de la « plus belle religion du monde ». Il y a quelque chose que j’aimais dans la religion: l’idée de respect des autres, de partage, d’amour entre les hommes. Je me rappelle – oh la honte ! – à notre bibliothèque municipale, il y avait des BDs sur la vie de Jésus. Je les avais dévoré. Pourquoi ? Parce que Jésus me faisait le même effet que certains ressentent face à un gars comme Che Guevara, par exemple. Jésus était un révolutionnaire de l’époque: il était le seul féministe de son époque (il n’avait aucun problème à se tenir avec des femmes et des enfants), le seul qui osait voir les exclus,  le seul qui faisait chier les hommes de loi et de la religion…

Alors, en grandissant, je me suis rendu compte que la représentation de Jésus sur Terre (qui est censée être l’Église) a complètement occulté cette aspect révolutionnaire de leur prophète… Ce qui m’a profondément dégoûté et pour de bon. Ce que je veux dire, c’est que si Jésus était vivant de nos jours, il capoterait (sic !) de voir ce que l’Église est. Je suis certain qu’il serait le premier à inviter tous les catholiques à s’apostasier. Il serait horrifié de voir à quel point on a détourné son message au nom de la « loi divine », celle que LUI-MÊME combattait parce qu’elle plaçait l’homme dans un état de frustration, de soumission.

Il serait dépité par la place des femmes dans l’Église, des rejets systématiques que cette religion a fait EN SON NOM. Le Jésus dont j’ai lu le message dans les %*%# d’évangiles n’approuverait pas les actions de mongols qui se promènent avec des pancartes « God hate fags » aux États-Unis, il maudirait les Américains pour avoir osé mettre le nom de Dieu sur leur argent, il pèterait une coche de voir comment on le cite à toutes les sauces (surtout à la sauce d’intolérance), il serait scandalisé de voir un pasteur dire (comme certains l’ont fait) que les attentats du 11 septembre 2001 ont été causés par des féministes, je pense qu’il se permettrait une gifle à Benoît XVI sur les propos par rapport au condom…

Je veux dire que lorsque Jésus a dit à Simon-Pierre : « Pierre, tu es pierre et c’est sur cette pierre que tu bâtiras mon Église », je ne crois pas qu’il avait en tête ceci: « Hé, Pierre ! J’aimerais ça que tu bâtisses une organisation où, premièrement, vous allez vous entretuer pour savoir si je suis divin ou non, deuxièmement, vous allez bâtir une super grosse hiérarchie pour développer des luttes de pouvoir comme les organisations politiques et troisièmement, vous allez cracher sur le monde en oubliant carrément tout ce que j’ai dit dans les dix dernières années. » C’est malheureusement ce qui est arrivé. Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir été torturé par les Romains qui les ont rendus aussi acerbes et méfiants, mais ils n’en aura pas fallu plus pour qu’ils développent une structure hiérarchique si étouffante avec un code de loi si pénible qu’elle aura eu droit à quelques scissions.

C’est bizarre. À chaque fois que l’Église sort dans les médias, ça fout le bordel total. Et pourtant, dans des entrevues, les ecclésiastiques sont toujours là à répéter que l’Église offre un message d’amour et de tolérance. Je suis en train de me demander si ce n’est pas leur moyen de calmer une tempête médiatique. La petite couverture d’amour pour cacher la montagne d’intolérance. J’ai déjà lu d’un chrétien – à propos des dernières tempêtes qu’a subies l’Église cette année – que la religion catholique était une religion sur le pardon et qu’il fallait faire preuve du même pardon face aux hommes d’Église. Ce n’est pas faux sauf que pour avoir droit à un véritable pardon, il faut que la personne ou l’entité regrette. C’est du moins ce qu’on m’a appris. Or, ce n’est JAMAIS le cas de l’Église. Alors, pardonner quelqu’un qui n’admet pas ses fautes, ça ne marche pas.

Et puis, j’en reviens à Jésus un peu. On dit que la religion catholique est une religion de pardon. Je comprends: elle est tellement castratrice et culpabilisante ! Or, encore une fois, était-ce vraiment le message de Jésus ? Je me répète mais dans la version de la Bible que j’ai lu, il me semble que justement c’était les pharisiens qui culpabilisaient et Jésus qui disait qu’il fallait arrêter ça ce cycle de culpabilisation. Mais forcément, ça ne fait pas une très bonne religion, des gens qui se sentent heureux et libres dans leur spiritualité…

Je sais, le billet est naïf. Après tout, on ne sait rien de Jésus. Certains doutent même de son existence historique. Cependant, il me semble qu’on ne peut pas être contre les valeurs d’acceptation, de respect, d’amour, de partage, de générosité et d’entraide. Ce sont les valeurs que le Jésus mythologique a laissées. Il est juste terriblement dommage que ces valeurs aient été carrément mis aux oubliettes par l’Église…

Alors, c’est Pâques: faites-vous un cadeau, faites votre apostasie ! 😉 (Je blague, mais c’est vrai que ça pourrait être un super slogan ça. 😛 )

Sur cette extraordinaire bande-annonce d’un road-movie mettant en vedette Jésus et le Führer revenus à la vie, je vous souhaite de Joyeuses Pâques ! 😀

Le chant des sirènes

J’aime l’Histoire. J’aimerais même en lire plus sur l’Histoire, voir plus de films sur le sujet. Parce que quand tu regardes l’Histoire, tu te rends compte d’une chose: l’humain fait souvent les mêmes erreurs. Regardez la crise économique actuelle et celle de 1929. Bon, OK, ce ne sont pas tout à fait les mêmes circonstances, mais on a encore souffert de la spéculation trop grosse pour la réalité.

Mais ce qui est le plus drôle dans l’Histoire, c’est quand tu vois que les mêmes choses se reproduisent dans un intervalle court. Parce que ça permet de vérifier la fameuse devise du Québec: « Je me souviens ».

En fin de semaine, c’était le congrès du Parti Libéral du Canada au Québec. Le but étant de rallier, secouer les troupes qui ont franchement perdu des plumes depuis le scandale des commandites (allez y comprendre quelque chose !, dis-je avec sarcasme) dans la « belle province ». Hier, Michael Ignatieff disait aux Québécois qu’il était temps qu’ils votent pour former le pouvoir et non l’opposition, qu’il défendrait les Québécois becs et ongles, disant même qu’il n’y avait pas de problèmes à ce qu’un Québécois se dise Québécois avant Canadien ou vice-versa…

Ça ne vous fait pas penser à quelque chose qui a eu lieu il y a à peine 3 ou 4 ans ?

Un bedonnant albertain qui dans un français cassé nous invitait à défaire un gouvernement corrompu ? Qui disait que le Québec serait sa top priorité ? Qu’il partageait les valeurs des Québecois ?

Vous savez, celui qui a ensuite changé les règles de péréquation, qui a coupé dans la culture, qui voulait qu’on enferme tous nos jeunes de 14 ans qui respirent légèrement croches et etc. ?

Ah, là, ça vous dit quelque chose, n’est-ce pas ?

On aime bien le chant des sirènes au Québec. On aime se faire dire par des fédéralistes, peu importe le parti: « Non, écoutez, NOUS on va s’occuper de vous, on va bien vous traiter, on a des racines ici. » Or, à chaque fois, c’est la même histoire. Une fois qu’ils nous ont bien envoûtés avec leur chant et avec quelques actions pour être sûr que nous sommes sous leur emprise (l’exemple le plus récent dans l’Histoire: nous donner un statut de nation), ils nous mettent dans le filet et nous regarde nous débattre (exemples: se rendre compte que le statut de nation donne rien et qu’on ne peut même pas négocier pour rapatrier des pouvoirs à Québec, qu’on a un siège à l’UNESCO sans avoir le droit de parole, nos artistes (et là, je ne parle pas des vedettes, je parle des artistes moins connus, plus locaux) qui se font couper des programmes sans qu’on en remette de neufs, etc.). Parce que le problème, comme le dit si bien le Prof Solitaire, c’est que ça n’a jamais rien donné de bon d’avoir une grande majorité de députés fédéralistes au pouvoir, même Québécois.

On devrait peut-être faire comme Ulysse: se mettre de la cire dans les oreilles, arrêter d’écouter ces beaux-parleurs qui ne veulent de nous que pour avoir une majorité à Ottawa…

Autre sujet qui a peut-être succombé au chant des sirènes de la Star Ac: Michel Rivard. Hier, l’artiste et le groupe Beau Dommage était à Tout le monde en parle (Est-ce moi, d’ailleurs, où l’émission a capitulé devant Star Académie en mettant les invités les plus plates du monde dans les dernières semaines ? Enfin…) et forcément, une question est venue sur le fait qu’il est maintenant professeur à Star Académie, lui qui en 2003 avait fait une sortie assez dure sur ce type d’émission.

Or, comme le rapporte Richard Therrien ici, Michel Rivard a dit comme seule affirmation face à cette question hier soir:

Depuis le début, je suis un fan fini de Star Académie.

Pardon ? Celui qui a qualifié cette émission en 2003 de dangereuse et de mercantile, celui qui a même fait des blagues lors du gala de l’ADISQ qu’il anima en 2005 comme quoi les académiciens étaient des petits pitous, ce gars-là  serait un fan fini depuis le début ?!! Entendons-nous bien ! Je sais qu’un être humain change, qu’il est plein de contradictions. Je sais même qu’il a participé à Star Académie avant son gala de l’ADISQ de 2005 et qu’il a aimé ça.

Sauf que de dire que tu es un fan de la première heure ? Wô ! Snif, snif… Ça sent l’hypocrisie à plein nez. Pourquoi ne pas avoir été honnête ? « Au début, je trouvais ça effectivement dangereux comme entreprise, mais après quelques visionnements et rencontres avec les artisans, je me suis rendu compte que c’était correct et j’ai accroché. » Je veux dire: il a le droit d’avoir changé d’idée, y paraît qu’il y a rien que les fous qui ne le font pas. Sauf que de faire comme s’il n’y avait jamais rien eu, pas la moindre critique, que dans le fond, il badinait quasiment avec les journalistes lors de ses critiques en 2003… Bullshit. Désolé, mais c’est juste ça que c’est.

Le billet du jour: Je suis un « nerd », un « geek », allez-y de tous les qualificatifs possibles. Bref, ai-je besoin de vous dire que le sport et moi, ça a toujours fait deux ? Là, j’ai une routine d’exercices mais elle commence à peine et c’est pas toujours la joie. Pour moi, les périodes d’éducation physique à l’école étaient cauchemardesques, source d’anxiété profonde qui m’a probablement enlevée 5 années de vie. Et pourtant, il est possible de se réconcilier avec le sport, même quand ça a été le sujet de grandes humiliations. Un peu comme la démarche du Détracteur décrite dans son billet d’aujourd’hui, un billet très touchant et rempli d’optimisme. 🙂

Ça a l’air que ce sera Noël…

… dans une semaine, effectivement, les festivités commenceront. Alors, il faut bien que comme bien des blogueurs, je donne mon avis sur la question. Bon, je vous avoue que je me suis demandé: devrai-je le faire ? Après tout, c’est une question extrêmement 50-50 qui risque de m’attirer l’opprobre de tout le peuple de la blogosphère. 😉 Mais bon, quand faut y aller faut y aller.

Sérieusement, je ne déteste pas cette fête. Bon, attention, je suis réaliste: c’est devenue une foire commerciale sans nom où des grandes compagnies tentent de nous vendre l’idée qu’on peut acheter l’amour de gens autour de nous. Ou du moins, quand on regarde Noël à la télévision, c’est comme ça qu’ils nous le vendent. Alors, forcément, je peux comprendre que ça lève le coeur à beaucoup de monde. En plus, c’est une fête inégale. Comme dirait Jean-François Mercier: « C’est drôle, pour moi le Père Noël aime les enfants de riche car c’est toujours eux qui reçoivent les plus gros cadeaux. » Effectivement, ça porte à réfléchir là-dessus.

Sauf que… Pour moi, Noël c’est l’occasion de se mettre à « off » un instant, un instant pour partager, un instant pour revoir des gens, échanger et partager des moments (plates ou amusants, mais ce sont tout de même des moments importants) avec des gens qu’on voit peu souvent parce qu’on est aspirés dans le tourbillon de la vie. Hypocrisie ? Un peu, oui. Mais est-ce étonnant ? Regardez vos bulletins de nouvelle, regardez nos dirigeants politiques, religieux, etc. Je veux dire l’humain est hypocrite en général, manipulateur et prêt à faire ce qu’il veut pour arriver à ses fins, quitte à changer d’opinion d’un coup sec (un bon exemple de cette année: Philippe Couillard qui en tant que ministre disait que JAMAIS la santé entrerait complètement dans le système de santé et qui récemment, maintenant qu’il travaille pour des privés, qu’est-ce qu’il dit déjà ?). Alors, on a deux choix: on assume notre hypocrisie ou on la fuit. Dans les deux cas, on fait semblant de ne pas la voir so…

« Oui, mais Noël est une fête chrétienne et t’es athée, ça n’a aucun sens de fêter ça » me dirait des blogueurs. Premièrement, Noël, une fête chrétienne ? Vraiment ? Yeah, right ! Oui, de manière socio-historique, c’est la fête du petit Jésus. Sauf que, come on, depuis plus de 30 ans, ça en est plus une et on le sait que trop bien ! En plus, comment dire, je ne l’ai jamais fêté de manière chrétienne: je ne suis jamais allé dans une messe de minuit de ma vie et je ne compte pas y mettre les pieds non plus. Depuis des années, y a plus de crèche chez nous et personne ne s’en plaint. Pour moi, j’ai toujours vu ça comme une célébration presque celtique : fêter l’arrivée de l’hiver, la fin d’une année, etc.

« Ah oui, qu’est-ce que tu penses de célébrer la fête de la surconsommation, monsieur Je-dois-avoir-plein-de-paquets-sous-l’arbre ? » Tout d’abord, on ne m’affuble pas de surnoms méprisants. Secundo, qui vous oblige personnellement à acheter des cadeaux ? Oui, on le fait chez nous, je ne vous cacherai pas qu’on le fait. Mais comment dire ? On n’a pas d’attentes, pas d’obligations,  on se contente de peu et on a un plaisir presque égoïste – je l’avoue – à faire plaisir à des membres de la famille. En plus, allez y comprendre quelque chose, on a tendance à se faire des cadeaux communs, c’est-à-dire des cadeaux que toute la famille peut partager. Un exemple ? Quelqu’un achète à quelqu’un d’autre un bon DVD, c’est automatique: hé, si on l’écoutait tous ensemble en mangeant du pop corn ? Je sais, vous me direz que la société nous oblige à donner à Noël. Mais donner, partager, ça ne veut pas dire faire la queue devant un magasin grande surface. On peut cuisiner pour des membres de la famille ou, surtout, DONNER DU TEMPS. Parce que là-dessus, plus on vieillit, plus on devient égoïste sur le temps accordé aux autres. Et ça vaut pour tout le monde, y compris votre humble serviteur. C’est pourquoi je vois les Fêtes, en général, comme LE MOMENT pour donner du temps. « Oui, mais ça, ça devrait être à l’année Satellite ! » Je sais bien, mais c’est un voeu pieux ça. C’est comme les résolutions du Jour de l’an ou qu’on dit que ce n’est pas juste à la Saint-Valentin qu’on devrait dire qu’on s’aime mais toute l’année. On le dit, mais une grosse majorité d’entre nous ne le faisons jamais. Je sais, c’est horrible comme constat, mais c’est ça.

« Oui, mais Satellite, on est obligés de voir des gens qu’on n’aime pas à Noël et ça craint ! » Premièrement, moi, personnellement, je ne vois pas des gens que je n’apprécie pas durant le Temps des Fêtes. Je suis bien heureux de voir ma famille à Noël pour ma part. Et le mot magique est dans votre phrase: vous dites « obligé ». Or, justement, le Temps des Fêtes ne devrait pas être la période des obligations (à part peut-être pour les journées de congé… anyway, qui va se plaindre d’un congé alloué ? pas comme s’il en pleuvait). Je suis désolé, mais je vais le dire: le Temps des Fêtes vous appartient, c’est votre moment d’égoïsme de l’année. Vous voulez vous lever à deux heures de l’après-midi tous les jours ? Soit. Vous voulez fêter Noël en étant dans des organismes communautaires comme cette blogueuse ou cette autre blogueuse qui a jonglé avec l’idée (d’ailleurs, je ne sais pas ce qu’elle a décidé finalement… 😉 ) ? PARFAIT ! 😀 Excellente idée ! Vous voulez faire un Noël sans cadeaux ? Et pourquoi pas ? 🙂 Vous voulez vous gorger de dinde à en être malade ? Allez-y ! Vous voulez inviter votre voisin(e) qui est seul(e) ou cet homme sans-abri qui traînait dans le parc à votre table ? Qu’attendez-vous pour le faire ? Vous ne voulez tout simplement pas la fêter ? Bien, d’accord.

On travaille comme des malades toute l’année pour tenir à bout de bras cette société qui pue et qui laisse des amochés dans la rue ou dans la pauvreté… À nous de décider comment la fin de l’année, le seul repos que le Dieu Économie nous laisse avant de nous obliger à retourner à la besogne, se passera. On le souhaite, bien sûr, plein d’amour, de partage, de joie et d’entraide envers autrui dont les gens démunis ou les enfants de la DPJ (ça, à chaque année, ça me tue d’imaginer les enfants de la DPJ, vivant Noël éloigné de tous ceux qu’ils aiment, dont souvent leurs frères et soeurs…). Et surtout pas parfait. De toute façon, ça n’existe pas,  sauf dans les  films de Noël (dont certains passent un peu trop souvent à mon goût, cr#&!#).

Attention, je ne cherche pas à convaincre qui que ce soit. De toute façon, je n’en serais pas capable. Néanmoins, je crois que j’aime Noël parce qu’il a toujours été réconfortant* dans ma vie. Oh ! Sens-je un autre billet venir à l’horizon sur le sujet ?… Je croirais bien que si. 😉

*pas dans le sens matériel du terme, je tiens à le signaler