Un jour qu’il faut continuer de souligner

C’est la journée internationale contre l’homophobie aujourd’hui. Je sais, je sais. On aime bien croire que ça ne sert à rien d’en parler, mais…

voici

quelques raisons

pourquoi cette journée

est si importante.

Je ne laisserai que les liens parler pour moi. Ils valent leur pesant d’or.

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On est loin de vivre en paix

Nous sommes le 17 mai, jour international contre l’homophobie. Il y a 40 ans, Pierre Elliot Trudeau passait son bill omnibus qui tout d’un coup décrétait que l’État ne se mêlerait plus de ce qui se passe dans les chambres à coucher, particulièrement entre adultes consentants (de sexe différent ou de même sexe). Un des rares bons coups de sa carrière politique, n’en déplaise aux souverainistes qui se lèvent pour l’haïr (avec raison)…

Le thème de cette année est « L’homosexualité n’a pas de frontières », ce qui rappelle à certains que partout sur la planète, l’homosexualité existe et que même les lois strictes et dures ne changent rien, quitte à ce que le tout se fasse dans la clandestinité bien souvent (voir l’Iran, pour ne citer que cet exemple). Car on n’a qu’à sortir à l’extérieur du Québec pour se rendre compte que les homosexuels hommes ou femmes sont persécutés et victimes de discrimination par la population et surtout les gouvernements qui aiment bien les diaboliser.

On n’a qu’à voir l’exemple de la Russie qui a interdit une manifestation pour souligner cette journée internationale du 17 mai… Définitivement, on est loin de vivre en paix avec sa sexualité. C’est peut-être pourquoi, l’an dernier, j’étais si hésitant à dire mon orientation. Je voulais le dire en cette journée contre l’homophobie, puis… Effrayé, je l’avoue, j’ai repoussé le projet de 2 mois. Et pourtant, jamais un geste n’a été aussi libérateur que ce soit lors de mes premiers aveux il y a plusieurs années jusqu’à celui de l’an dernier.

David Gendron emmenait une question intéressante: peut-être que la lutte pour les droits des homosexuels est mal placée. Peut-être que c’est l’hétérosexisme (idée d’une supériorité des hétéros sur les gays à cause d’une « supposée » normalité) qui doit être dénoncé… Je n’en sais rien, je vous avoue. Il n’empêche que l’idée mérite d’être débattue à tout de moins.

Il n’empêche qu’aujourd’hui, je dirais comme il est dit ici, qu’est-ce que ça change ce qui passe dans la chambre à coucher entre adultes consentants ? Certains aiment se faire fouetter, certains aiment le faire couverts d’huile ou de chocolat, certains utilisent des jouets en plastique et d’autres se défèquent l’un sur l’autre. Et il y a des choses plus douces – plus ordinaires – comme deux hommes ou deux femmes qui s’aiment et veulent passer une (ou des) nuit(s) d’amour ensemble.  Ce n’est pas une question de perte de valeurs, de la supposée perte de Dieu, ce n’est pas un choix ni une mode, c’est une question bassement instinctive et humaine. L’être humain fait partie de ces rares animaux qui succombe à des passions, à des fantasmes, à l’amour… Alors, qui sommes-nous pour juger de ce qui se passe dans les chaumières une fois la lumière éteinte ? Bien souvent, les pires moralisateurs sont les plus pervers… Tôt ou tard, les bas instincts ressortent d’une façon ou d’une autre.

Ce qui me fait peur néanmoins, comme le faisait remarquer le Détracteur dernièrement en envoyant cet article, c’est que la droite religieuse qui panique devant le « supposé manque de valeurs contemporain » voudrait nous ramener à l’époque d’avant le bill omnibus… Bref, un beau petit retour en arrière de 40 ans. Et malheureusement, plus ils sont riches et  forts plus leurs pressions de faire marche arrière risquent de donner des résultats…

On est loin d’avoir la paix, croyez-moi. Alors, oui, peut-être que le mouvement gay est parfois énervant de rappeler constamment ses batailles, mais… Elle ne peut pas se permettre de retourner à l’ère des bars clandestins, de la honte, de l’obscurantisme. Surtout que  je ne comprends toujours pas quelle menace avons-nous sur le monde ? Nous n’empêchons personne de vivre sa vie… Nous faisons partie de vos vies quotidiennes sans jamais vous rappeler nos pulsions comme on ne vous demande pas les vôtres. Je ne devrais même pas avoir à parler comme si j’étais une classe à part. Et pourtant, ponctuellement, on me rappelle que je suis à part et certains se permettent de dire le terme « menace à la morale ».

J’ai hâte de trouver la paix.

L’aveu

Vous dire que j’ai hésité à faire ce billet est un euphémisme. Si je n’ai pas recommencé dans ma tête 20 fois le billet, je ne l’ai jamais recommencé. Sans compter un brouillon que j’avais enregistré il y a 2 mois et que j’ai effacé, par peur ou parce qu’il n’était pas à mon goût. Mais ça fait 3 mois que je blogue. Malgré toute la sincérité et l’authenticité de mes billets, j’ai parfois l’impression d’être un menteur. Ah ! Ce n’est pas un grand mensonge, c’est un mensonge pieux, en fait (quoiqu’on pourrait poser la question: existe-il des mensonges réellement pieux ?). Mais c’est un mensonge qui affecte bien sûr, certaines de mes phrases, de mes syntaxes, de mes sous-entendus. Car je dois trafiquer ce que, en temps normal, j’aurais dit tout simplement avec le sourire et relaxation. Alors, quel est le contre-poison du mensonge ? La vérité. Alors, je vais vous la dire (motivé par ce billet de Noisette), elle est simple. Elle comporte 3 mots: je suis homosexuel.

Et voilà ! C’est dit ! J’ai failli le dire il y a deux mois, lors de la journée internationale de l’homophobie. Peut-être certains s’en sont doutés dans mes propos (de ce billet ou ailleurs). Peu importe. Mais je n’étais pas prêt. Ça m’écoeurait un peu, je vous avoue. Après tout, je suis sorti du placard (dieu que je hais cette expression) il y a maintenant 7 ans pour mes proches. Alors, comme m’a dit un ami gai que j’apprécie beaucoup et qui se reconnaîtra en lisant ces mots car il vient assez souvent sur le blogue: « Tu sais, mon grand, tu n’as pas une obligation de « coming out » ! C’est à toi de le faire si tu te sens prêt à le faire ! » Premièrement, vous remarquerez qu’il est super gentil: il m’appelle « mon grand » alors que je mesure 5’4 ». 😛 Deuxièmement, c’est vrai. J’aurais pu aussi fermer ma gueule. Ne jamais le dire. Or, ça serait renier une partie de mon être. Et puis, comment pourrai-je le justifier à l’égard de ce billet plus que honnête cité ci-haut de Noisette sociale ou les histoires crues de bisexualité du défunt Papa me fourre qui a remporté un succès sur la blogosphère ? De plus, je me trouvais dans des situations parfois déroutantes. En effet, je ne pouvais pas me mettre à discuter de quel comédien je trouvais le plus beau avec Noisette sociale par exemple sans me trahir. Comment dire à Renart L’éveillé que j’étais d’accord avec ses positions sur l’Église homophobe sans ajouter le « parce que moi-même on m’a rejeté de cette Église pour cause de mon orientation sexuelle » ? Je devais cacher au Médiateur Farceur que sa lettre de rupture coquine et cruelle m’a fait penser à une lettre que j’avais reçu en rompant avec mon premier copain et au Détracteur Constructif que son fameux Carcajou qui revient sans cesse dans son blogue me fait penser à un surnom d’un gars sur un site de clavardage pour homosexuel… Oups ! Désolé, là, je déconne un peu. C’est le stress vous comprenez ? 😉 Si vous me permettez, je vous raconterai un peu les aléas d’un « coming out » brièvement (ne vous inquiétez pas, pas de détails sexuels ni même amoureux ici). Pour les autres qui seraient pressés, sautez au paragraphe suivant pour une conclusion de billet ! 😛

Comment s’amorce la gaieté si je puis dire ? Je crois que dans mon cas, il y a eu un moment en cinquième année du primaire qui aurait dû me mettre la puce à l’oreille à l’époque. Il y avait un gars, nous l’appellerons Maxime ici. Maxime avait doublé une année (je crois, la troisième), oui c’était à l’époque où le doublage à l’école existait. Alors, il était plus grand et plus gros que tous les autres élèves de la classe. Pour vous dire franchement, il me faisait peur. Au début. Puis, un jour, plusieurs mois après la rentrée scolaire, je ne me rappelle plus pourquoi, un élève voulait me péter la gueule dans la cour d’école. Évidemment, trouillard comme je suis, j’allais me défendre en m’apprêtant à manger une mornifle. Puis, la grosse main de Maxime se déposa sur l’épaule du gars: « Ça suffit, laisse-le ! » L’autre l’a envoyé se promener. Maxime a gentiment répété, mais avec un brin de fermeté dans la voix: « Laisse-le tranquille ! » À ce moment, un prof remarqua l’altercation, il y eut explications, le jury opta en ma faveur et le prof isola l’élève en question. Je me rappelerai toujours, alors que la cloche sonnait pour qu’on forme le rang et entrer dans l’école le visage de Maxime qui me regarda avec un beau sourire: « Ça va aller Satellite ? » Je hochai la tête en le remerciant. Puis, nous allâmes vers le rang silencieux. Dans ma tête, quelque chose qui clocha: non seulement le gars dont j’avais peur ne m’a jamais voulu de mal et, en plus, je le trouve beau… En effet, j’étais un peu plus loin dans le rang et je le voyais sous le soleil du midi: sa taille haute et forte était superbe, son visage blême éclairé par deux cercles rougeauds sur ses joues. Pourquoi je le trouvais beau et pas les autres gars ? Sur le chemin du retour, avec un ami, j’osai lui demander innocemment pendant que l’on marchait le long de la rue: « Tu sais, les filles n’arrêtent pas de parler de gars qu’elles trouvent beau et elles capotent sur eux. Mais sérieusement, toi, y as-tu un gars que tu trouves beau ? » L’autre de me répondre immédiatement: « Ouach ! Non ! C’est juste les filles qui trouvent des gars beaux ! » À ce moment, je compris que je n’étais peut-être pas normal. Mais bon, de là à sauter à la conclusion homosexuelle… Quant à Maxime, après cette année-là, je ne l’ai jamais revu. Je ne devins jamais son ami proche, mais il me souriait et me saluait à pratiquement chaque jour, était très gentil avec moi, aimait mes oraux et bref, il devint un camarade comme tant d’autres. Sauf que pour moi, c’était un BEAU camarade… C’est avec le recul que je pus avouer que Maxime a peut-être été le premier béguin de ma vie. 🙂 Puis, arriva l’adolescence. Là, c’est l’enfer: désolé, mais on ne trouve pas ça ni cool, ni chouette, ni formidable d’être gai. C’est le calvaire, ça nous fait chier et on ne veut pas le croire. On se dit que c’est une passe, que c’est uniquement parce qu’on n’attire pas la gent féminine. Je me rappelle, entre autres, en cinquième secondaire, m’être fait accroire que j’avais le béguin pour une fille. Ah ! Elle était jolie, gentille, intelligente, avait un bon sens de l’humour, mais à chaque fois que je m’imaginais dans l’intimité avec elle… C’était la panique ! Je n’étais pas attiré par elle ! Alors, nul besoin de vous dire que je n’ai jamais dit mes sentiments, même si quelque part, ça aurait pu marcher (elle n’était pas indifférente à mon égard… peut-être pas attiré, mais disons qu’elle aurait peut-être été intriguée par une « date » avec moi). J’en suis heureux pour elle. Le mal que je lui aurais fait… Mais ça, c’est une anecdote plus comique de ma réalité. Car l’année d’avant, dans une autre école, j’ai brisé des vieilles amitiés parce que je ne m’acceptais pas. Hé oui ! J’étais dans une gang que je sentais – peut-être que j’avais tort – très fermée aux gens qui étaient ou avaient des opinions différentes. Le genre qui fait beaucoup des jokes de fif et dont certains membres étaient dégoûtés par l’homosexualité, de ce que je sentais. Il y avait aussi un bel environnement de « parlage dans le dos » qui me rendait paranoïaque. Alors, lorsque j’eus 16 ans, je pétai ma coche: je menacai de me suicider, je me mis à mentir, à monter des membres les uns contre les autres, avoir des délires de persécution, aller jusqu’à mentir au psychologue de l’école comme quoi certains voulaient ma mort… Le cauchemar, à certains moments, j’avais presque l’impression d’être sorti de mon corps tellement j’étais guidé par un mouvement d’auto-destruction ! Puis, la direction m’a fait venir dans les bureaux et je ne devais plus jamais leur reparler. Ils avaient tous raison: j’étais malade, malade de moi-même à un point que je m’en veux encore aujourd’hui et je leur demande pardon de ce que je leur ai fait subir ! Mais malgré que je me retrouvai isolé, il fallut qu’ils se vengent et me harcelèrent tout le reste de l’année, mirent des menaces de mort dans mon casier, me traitèrent de fifs TOUS LES JOURS, etc. Malgré des tentatives de la direction pour cesser le tout, ça ne fonctionna pas. Puis, je changeai d’école à la fin d’année, brûlé par une année exténuante qui m’emmena dans un centre de prévention du suicide (car là, je menaçais de le faire). Ce qui est le plus sarcastique ? J’appris, quelques années après, que 2 autres gars de la gang se retrouvèrent à faire leur coming out aussi… La vie est ironique à souhait ! Mais ne vous inquiétez pas, depuis, j’ai suivi une thérapie pour expliquer ce qui s’était passé et c’est là que j’ai compris que je ne m’acceptais pas et que j’avais pété ma coche. Bref, ne vous inquiétez pas ! Je ne suis pas un sociopathe fini ! Finalement, arriva le collégial et un groupe littéraire auquel je participai. Puis, je rencontrai un gars superbe dont j’eus le coup de foudre. Malheur ! Je me devais d’admettre que j’étais gai i ! Or, là, je n’allais pas gâcher une nouvelle gang – celle de ce collégial- que je venais de me faire. Le gars était gentil et très sensible alors, je me disais que ça serait la meilleure personne pour lui dire sans avouer mes sentiments envers lui évidemment… Je lui demandai un matin si je pouvais lui parler en privé. Nous allâmes dans un coin tranquille et je lui avouai mon orientation sexuelle. Il sourit et fut d’une extrême douceur. Il y avait de quoi… il m’avoua derechef que lui aussi était gai. Alors, je ne sais pourquoi, je lui admis mes sentiments pour lui et ce fut réciproque ! Donc, vous imaginez qu’il y eut un… baiser. 😉 Puis, quelques minutes plus tard après notre LONGUE conversation (j’ai même manqué un cours pour jaser avec), alors que le gars devait se rendre à un cours, je rencontrai une collègue de théâtre et lui avouai mon orientation en jasant avec elle. La réaction fut plus que positive et en une heure, déjà 5 collègues de mon groupe le surent et furent super content que je sois capable de l’admettre (poussée par cette collègue enthousiaste). Cette journée-là, qui pourtant avait une couverture nuageuse forte dans le ciel, fut celle la plus lumineuse de toute ma vie. Je rentrai chez moi ce soir-là et j’admis à ma mère ce que j’étais. En fait, en une semaine, une bonne partie de mon entourage le sut. Et tous réagirent plutôt « bizarrement » pour moi qui m’était fait tant de scénarios d’horreur d’aveu de mon orientation sexuelle : soit trop contents pour moi, soit en hochant la tête en s’en doutant, soit même en étant « presque » indifférent, en voulant dire « ouin, pis ? ça change quoi à qui tu es ? ». Toutes ces réactions, je les ai mises dans ma tête et dans mon cœur en me disant que – sans vouloir porter l’insigne « gai » dans le front – je ne vivrais plus dans la peur de ce que je suis. Bon, vous allez me dire que c’est sarcastique étant donné que j’avoue être stressé le dire sur le Net, mais pour moi, c’est différent. Je vais m’expliquer…

Désolé du long récit, il faut croire qu’il y en avait long à dire. Je sais que je prends de gros risques en vous faisant cet aveu. Premièrement, je prends le risque de recevoir des commentaires de bêtise, de haine, d’homophobie car le Net est rempli de gens ouverts comme de gens obtus. Même si les blogues que je consulte sont pour la plupart progressistes et « ouverts d’esprit », on s’entend que certains visiteurs peuvent être choqués par ce texte. Deuxième risque, celui d’être catégorisé blogueur gai. Bref, que tout d’un coup, mon orientation sexuelle passe au-devant de mes points de vue, mes écrits, comme un filtre malsain qui va teinter en arc-en-ciel tous mes propos. 😉 Dernier point, en avouant tant de choses sur moi, il se peut que certains lecteurs assidus soient déçus, choqués ou ne sachent pas comment réagir face à tout cela. Qu’ils aient peur que tout d’un coup, ce blogue dévie vers des sujets uniquement orientés sur l’orientation sexuelle. Premièrement, je vous rassure sur ce dernier point. Le blogue garde le cap sur ce que j’ai voulu et non, je ne parlerai pas nécessairement plus d’homosexualité que je le faisais avant. Pour le reste, il y a les commentaires pour ceux qui voudraient afficher leurs réactions face à cet aveu… Je leur laisse cet espace démocratique !  J’espère, néanmoins, que cela ne changera pas trop votre image de moi (négativement, du moins) et que ceux qui commentent souvent et me lisent régulièrement comme Noisette, Molécule, Renart, Pascal, La Fêlée et tant d’autres ne seront pas effarouchés par ce billet. En tout cas, maintenant, je vous ai sorti quelques squelettes du placard et je peux dire que je suis vraiment honnête. 🙂 Donc, si vous me permettez, je vais aller me reposer : j’ai dû perdre dix livres de sueur en écrivant ce billet, j’ai tremblé comme si je me trouvais sur une sécheuse et – comment dire – certaines larmes ont retrouvé le chemin de mes deux yeux en me rappelant tous plein d’événements aussi horribles que beaux. Ça, un jour, j’en parlerai peut-être. Pourquoi faire un « coming out » doit pratiquement toujours se faire en pleurant ou les larmes aux yeux ? 😉 Merci encore de votre patience infinie, je vous salue bien bas.

Pour finir, si vous me permettez, je vous laisserai avec un poème que j’ai écrit en avril 2003 sur le sujet et qui m’a valu beaucoup de bons commentaires même si techniquement, il n’est pas terrible:

Le suicide de mon secret

Quand le ciel est bas et pèse lourd comme un couvercle,
Il me rappelle les douleurs sucrées que j’ai engobées,
Où un mal grandissant finissait par former un cercle,
Et par sentir l’acariâtre goût des yeux crevés.

Comme un enfant devant des grappes de raisin,
Je m’accrochai sans vertige à de sombres destinées,
Où la morale t’arrache aux doux flancs d’un essaim,
De passions torrides que je devais cacher.

Je ressentais la peau aux couleurs d’une pêche,
Ses doux flancs maculés de forêts,
Où j’y pénétrais avec la douceur de l’eau fraîche,
Dans un nirvana dont je ne reviendrais jamais.

L’odeur du sang me rappelle le silence,
Je noie ma passion dans le rhum.
Quelle serait la réaction de la potence
Si je disais: « J’aime un homme. »

La Bar Toidelà*

Gay-Clic (source)

*Petit clin d’oeil à la Bar Mitzvah genre… Pas très bon dans l’humour juif ! 😉

J’aime la page d’accueil de WordPress car on voit toujours des billets qui attirent l’attention. Par exemple, en allant sur la page tantôt, je suis tombé sur ce billet qui parlait de la « Gay Pride » (Parade de la Fiertée Gaie) qui a eu lieu à Jérusalem il y a 8 jours (le 21 juin). Évidemment, nul besoin de vous dire qu’il y avait une bonne poignée de juifs orthodoxes pour crier des bêtises et scander des « Don’t sodomize Jerusalem ! » Comme le dit le blogue, on pourrait très bien sortir à ces mêmes juifs et gens puissants d’Israël des pancartes « Stop sodomize Palestine ! » Mais là, bien sûr, on m’accuserait d’antisémitisme (alors que je n’ai rien contre les juifs, mais contre l’arrogance perpétuelle d’Israël, ça oui !) ! Bon, je n’entrerai pas non plus sur le débat de la nécessité de la Fierté Gaie, j’y reviendrai éventuellement sur ce blogue.

Tout ça pour dire qu’on montre beaucoup l’homophobie sous deux aspects: l’aspect catholique extrémiste et l’aspect musulman extrémiste. Mais c’est drôle, on ne parle pas vraiment de l’aspect juif extrémiste. Pourtant, si on dénonce ces positions extrémistes des deux autres grandes religions, pourquoi garder le silence sur celle-ci ?  J’imagine que c’est l’argent la peur d’être taxé d’antisémites qui fait qu’il y a un silence là-dessus. En tout cas, pas besoin d’aller loin pour lire des propos frôlant l’homophobie. Regardez juste les commentaires en dessous de l’article du blogue en question et vous en trouverez au moins un qui, disons, a des arguments douteux…

L’homosexualité, c’est pas poli !

Université de Sherbrooke (source)

Ce petit billet est en réaction avec un billet virulent d’un collègue de la blogosphère, Simon, qui a souligné un passage plutôt perturbant du livre de Louise Masson (photo ci-dessus) Sacrée politesse !. En effet, l’auteure dit que les couples homosexuels ne devraient pas afficher des marques d’affection entre eux dans les endroits publics pour ne pas choquer les gens et que si on invite un couple d’homosexuels à table, il vaut mieux mettre 2 filles célibataires pour compenser… Hum, hum… Attention, on s’entend que c’est pas de la propagande haineuse, mais disons que pour un livre sur la politesse et les bonnes manières, on va repasser pour les idées neuves et qui correspondent au 21ème siècle. Je trouve ça bizarre dans un contexte où le NPD a retrouvé une cassette d’un député conservateur fédéral de 1990 où il affirmait que les homosexuels sont « des êtres sales avec des maladies sous les ongles », ce député a été obligé de s’excuser publiquement. Heureusement ! Déjà que le Parti conservateur est reconnu pour être homophobe sur les bords. Mais elle, elle a été invité à plein d’émissions pour ce fameux livre et sur des chroniques de politesse et PERSONNE n’a relevé cet extrait plutôt bizarre du livre…

Homophobie: la peur qui tue

Aujourd’hui, c’est le 17 mai. Ça devrait être banal. Après tout, on se retrouve entre deux fêtes commerciales (fête des Pères et fête des Mères) et on est direct à la mi-mai. Pourtant, il y a une journée internationale importante. « Ah ! Pas une autre ! » Hé oui, aujourd’hui, c’est la journée internationale contre l’homophobie. Bon, vous allez me dire que je suis dépassé, qu’on n’a plus de problèmes du genre au Québec et blablabla… Sauf que ce n’est pas tout à fait vrai. Certes, le Québec et le Canada sont les meilleurs endroits au monde pour l’homosexualité, mais cette situation est relativement précaire, toujours sur le point de basculer avec des gouvernements conservateurs au Québec et au Canada. Après tout, le « sympathique » Stephen Harper n’a-t-il pas tenté de renverser, lors des premiers mois de son mandat, la décision concernant les unions gaies au pays ? Évidemment, ça n’a pas passé. Les 3 autres partis d’opposition se s’y ont opposés farouchement. N’empêche qu’il ne suffirait que d’un petit gouvernement majoritaire à Harper…

Et puis, sommes-nous aussi à l’aise face à l’homosexualité que nous le prétendons ? Car, selon les sondages, nous sommes des modèles de tolérance. Pourtant, il ne suffit que de se reporter d’un an à peu près… Vous savez, ce « charmant » vieux Saguenéen qui est allé dire tout haut ce qui bien des gens ont dit tout bas ? Bien que les chefs des deux autres partis n’aient pas voulu s’associer à de telles accusations, les journalistes qui sont allés sur la route durant la campagne électorale de 2007 en ont entendu des propos ahurissants d’homophobie. Et soyons sincères: qui n’a pas utilisé les mots fif, tapette ou pédé dans de multiples instants du quotidien ? Bien sûr, vous ne le dites pas (toujours) avec l’intention cachée de blesser les homosexuels. N’empêche que vous savez très bien aussi que ce sont des insultes dont on se sert envers eux. Anecdote personnelle: Un jour, je suis dans un parc et il y a une petite famille qui pique-nique sous un arbre. Famille traditionnelle: le père, la mère et deux garçons. Un doit avoir 6 ans et l’autre 11 ans environ. Le plus vieux dit à son frère : « Hé, t’es ben con ! T’as failli me renverser de la moutarde dessus ! » La mère et le père s’exclament: « Hé ! Jonathan (nom fictif), t’arrêtes d’appeler ton frère de même ! » Il se passe deux-trois minutes puis ce même Jonathan regarde une voiture qui passe et dit à son père: « Regarde ‘pa, le char de fif ! » Là, c’est drôle, le père n’a fait que lever la tête, hocher la tête en signe d’approbation et est retourné à sa bouffe. Pourtant, le fils a encore utilisé une insulte. Il a dû répéter fif a une quinzaine de reprises dans un délai de cinq minutes.  Personne n’a levé le ton et n’a dit quoique ce soit. Et son petit frère, appelons-le Nicolas, qui doit admirer le grand frère retiendra que « on ne peut pas dire con, mais je peux dire fif sans problèmes ». Évidemment, Nicolas ne sait pas ce que ça implique. Jonathan non plus probablement. Mais papa et maman, eux ? Ils doivent bien savoir le poids des mots. Après tout, ça pourrait être leur fils qui serait appelé de la sorte. Et si on reprenait la même scène mais 10 ans plus tard et nous supposons que Nicolas commence à se rendre compte qu’il est homosexuel. Comment il réagira aux « fif » de son frère ? Et est-ce qu’il verra son père approuver ce genre d’insulte gratuite d’un hochement de tête à nouveau ?

Puis, il n’est pas vrai que ce ne sont que des mots. L’homophobie verbale n’est qu’une étape. Certains vont jusqu’à la violence et, ce, même au Québec. Aux États-Unis, selon le HRC (Human Rights Campaign, un organisme qui défend les droits des gays et lesbiennes aux États-Unis) un crime haineux sur 6 est lié à l’identité sexuelle d’une personne. Évidemment, par crime haineux, on parler autant de vandalisme jusqu’au meurtre. Puis, il y a la discrimination sélective pour les logements, l’emploi, etc. Dans 33 états sur 50, aux États-Unis, il est légal de virer quelqu’un à cause de son orientation sexuelle ! Bien sûr, certains me diront que ce n’est pas ici. C’est pourquoi on dit que c’est la journée INTERNATIONALE de lutte contre l’homophobie.

Saviez-vous que dans 7 pays du monde

  • Iran
  • Arabie Saoudite
  • Émirats Arabes Unis
  • Yémen
  • Soudan
  • Mauritanie
  • Nigéria

on peut vous tuer pour votre orientation sexuelle ? Et que dans 76 pays et 6 entités (provinces, états, , régions, etc.), on peut être emprisonné pour son orientation sexuelle ? Je vous épargnerai la longue liste.

Vous connaissez l’Iran ? Vous savez cet endroit magique sur Terre où il n’y aurait pas d’homosexuels ? Hé bien, s’il n’y en a « supposément » pas sur le territoire, il semble que le pays s’occupe de ceux des autres (ou bien, il semblerait qu’il y en ait finalement) car depuis 1980, le pays aurait exécuté, selon Amnesty International, 4000 homosexuels. Un chiffre très vague et qui en cache plusieurs autres faites plus officieusement. Les techniques de mises à mort: décapitation ou coupé en deux par une épée, lapidation, brûler vif ou jeté d’un immeuble ou d’une montagne. Plein de tendresse, n’est-ce pas ?

Oui, l’Iran est le summum de l’extrémisme homophobe. N’empêche que bien des gens ont le même genre de pensées et qui rêvent, dans un coin interdit de leur tête qu’on tue les homosexuels.

C’est pourquoi aujourd’hui, ça sera mon seul article sur le blogue. Pour laisser la place à tous ceux qui sont morts ou emprisonnés d’aimer ou d’avoir aimé une personne du même sexe. Je n’ai jamais vraiment compris tout le mépris que peuvent avoir certains face à l’homosexualité. Mise à part ce qui se passe dans la chambre à coucher, en quoi sont-ils différents ? Ils font rouler l’économie, ils sont des contribuables comme les autres, ils mangent les mêmes trucs, vivent les mêmes joies et peines que la société en général… Parmi eux, il y a de bons samaritains, des irresponsables, des salauds, des grandes âmes; ils sont docteur(e)s, acteurs(trices), éboueurs (euses), planificateur (trice) financier, comptables, journalistes, athlètes, architectes, directeurs (trices) de marketing, etc. Il y en a des petit(e)s, des moyen(ne)s, des grand(e)s, des maigres, des gros(ses), des musclé(e)s, des blond(e)s, des brun(e)s, des poilu(e)s, des imberbes, il n’existe donc pas vraiment de look similaire pour tous. Ce n’est pas écrit sur leur front et comme le dit la campagne de cette année, ce n’est pas une maladie. En fait, depuis 1973, ce n’est plus considéré comme une maladie par les psychologues et l’Organisation Mondiale de la Santé. Pourtant, certains croient encore qu’on peut l’attraper ou, mieux encore, que l’on fait la promotion de l’orientation sexuelle. Euh… il est faux de croire que ça se choisit. Si un hétérosexuel très hétéro appelle à Gai-Écoute, il restera hétérosexuel même s’il devait discuter 12 heures avec un intervenant. Néanmoins, cette idée d’une promotion de l’homosexualité reste ancrée chez certains parents QUÉBÉCOIS qui refusent que le numéro de Gai-Écoute se retrouve dans les bottins d’étudiants dans les écoles secondaires (et on ne parle pas juste d’écoles religieuses ici, en 2005, 50 % des écoles secondaires n’avaient toujours pas le numéro dans leur bottin scolaire). Or, c’est exactement dans cette tranche d’âge que se définit majoritairement l’identité sexuelle et ce genre de services gratuit est essentiel pour les jeunes de cet âge.

Je m’adresse aux parents. Certains veulent bien faire et se mettent à questionner leurs jeunes sur leur orientation et de manière insistance. Ce n’est pas la bonne façon. En cette journée de sensibilisation, je vous dirais : soyez ouverts. Montrez votre ouverture dans vos propos face à l’homosexualité, éduquez vos jeunes sur le sens péjoratif qu’on a donné aux termes fif, tapette et pédé et restez positifs face à la vie homosexuelle. C’est-à-dire que n’épouvantez pas vos enfants avec ce qu’il pourrait arriver s’ils étaient homosexuels. Comme je l’ai dit, plusieurs homosexuels font de très belles vies, seul leur sexualité est légèrement différente de celle hétérosexuelle (et bien des hétérosexuels sont plus tordus sexuellement qu’on ne l’ose imaginer, regardez le président de la FIA !). Donc, ne pressez rien, ne cherchez pas l’aveu de force ! Lorsqu’il (ou elle) sera prêt(e), il (elle) viendra vous en parler. Mais dans un univers d’ouverture, il est plus facile pour un jeune de s’affirmer que le contraire.

Bref, en cette journée contre l’homophobie, j’aimerais qu’on réfléchisse ensemble à ce fléau qui parcourt la planète. Cette peur qui tue des milliers de personnes. Il n’est déjà pas facile d’avouer à soi-même son orientation sexuelle, si nos propres paires veulent nous tuer ou faire de nous des citoyens de seconde zone car nous éprouvons des sentiments d’amour face à des membres du même sexe… C’est pourquoi, alors, certains ne voient qu’une solution, mourir. Je ne dis pas que l’on doit interdire les plaisanteries face aux homosexuels. Tout dépend du ton. Si c’est réellement juste pour les taquiner, c’est très bien. Après tout, j’en connais (des homosexuels) qui connaissent de très bons gags d’homosexuels. 😛 Ce que je dis, c’est que quand les gestes et les propos deviennent agressifs et méchants, il y a un problème.

Pour d’autres informations sur la journée internationale, allez ici. Je me permets de vous envoyer aussi à cette très intéressante discussion qu’il y eu en décembre 2005 aux Francs-Tireurs avec Laurent McCutcheon, président de Gai-Écoute, Daniel Pinard et Dany Turcotte (le tout, dirigé de main de maître par Patrick Lagacé). Finalement, je vous laisse les coordonnées de Gai-Écoute et une vidéo très touchante faite par le HRC l’an dernier sur, justement, le Matthew Shepard Act, une loi qui vise à diminuer les crimes haineux aux États-Unis.

Gai-Écoute. Téléphone (Montréal): (514) 866-0103 / (Régions) 1 888 505-1010