Quel monde de sex.. de dro… de malbou… quel monde moralisateur finalement !

Je l’avoue, j’ai eu l’idée de ce court billet en lisant cette chronique de Richard Martineau où on apprend que demain – pour l’Halloween – certaines commissions scolaires vont refuser que les enfants reçoivent des bonbons à l’école ou en apportent.  Je veux dire: oui, c’est sûr que c’est pas l’idéal pour le poids, les caries, etc. Mais PHOQUE, c’est UNE FÊTE ! Ce n’est pas comme si ça se produisait tous les jours !

Je veux dire que oui, je suis d’accord qu’il faut se mettre en forme, que c’est une excellente idée de sortir la malbouffe de nos écoles et d’encourager la population à bouger et à manger sainement. Sauf qu’un moment donné, ça devient à la limite de la Sainte Inquisition leur affaire. Je veux dire que quand c’est rendu que l’an passé, il y avait des spécialistes qui disaient que l’image du Père Noël est pas bonne car il est trop gros et il devrait maigrir… j’ai le goût de dire à ces diététiciens: « get a life ! ». Non, mais un moment donné… D’ailleurs, j’ai même entendu cette année que l’Association des Pères Noëls du Québec veut et va diminuer le tour de taille du bonhomme dans les centres d’achat (moins de « bourrure », prendre des gens plus en formes pour le faire) pour donner le bon exemple… Non, mais c’est qu’un moment donné, est-ce qu’on peut « respirer par le nez » ? Oui, la situation d’obésité est inquiétante, mais je ne crois pas qu’un jeune décide de devenir gros pour imiter le Père Noël. Je crois plus qu’il le devient parce qu’on le laisse manger n’importe quoi (et trop souvent des cochonneries), qu’on ne lui trouve pas d’activités physiques intéressantes et qu’on ne l’encourage pas à en faire, qu’on le laisse devant l’ordi/télé/console de jeux 12 heures par jour… Qu’on commence par là avant de capoter parce que – oh horreur ! – on vend des hot-dogs au Centre Bell, qu’on donne des bonbons à l’Halloween et que le Père Noël est dodu.

Je veux dire, si on est rendus parano à ce point-là, soyons logiques: interdisons la malbouffe partout ! Que les McDo’s de ce monde et toutes cantines, pizzérias et restaurations rapides ferment sous décret gouvernemental. Qu’on interdise la vente de croustilles, popcorns, chocolat, bonbons, etc. Logiquement, on le ferait. Or, c’est comme l’industrie du tabac: on ne veut pas l’interdire totalement. Pourquoi ? Parce que ça fait rouler l’économie. Parce que le jour où on dit à Lays ou à M. Christie, par exemple, qu’on n’accepte plus leurs croustilles ou leurs biscuits, on met à pied des centaines de travailleurs et des centaines de milliers (voire millions) de dollars en taxes qui partent en fumée. Et pire que ça, dans le cas de la malbouffe, le jour où ça sera interdit, que les gens se seront tous pris en main et seront minces et presque tous de capacités d’athlètes olympiques (le rêve du diététiste): adieu tous les Montignac, compagnies de produits de régime, amaigrissants, coupe-faim, etc. Je dirais même: adieu les diététistes ! Non, mais s’il n’y a que des bonnes choses à manger, à quoi ça servirait de payer quelqu’un pour nous culpabiliser sermonner dire quoi manger: il n’y aura plus rien de trop gras, trop salé, trop sucré, etc.

Non, mais sérieux, j’ai peut-être l’air adolescent en disant cela: mais on peut-tu, de temps en temps, avoir du plaisir dans cette maudite vie moralisatrice ? Je veux dire: oui, c’est important de se mettre en forme, d’avoir- le plus possible – un poids raisonnable, de bien manger, de ne pas fumer, de ne pas se droguer et d’avoir du sexe raisonnablement. Mais cibole, on est pour la plupart des adultes… On peut-tu se lâcher « lousse » de temps en temps ? Même les enfants, est-ce possible qu’ils aient droit de temps en temps à vivre des excès d’enfants comme on en a vécu ?!! Désolé, mais ce moralisme à l’extrême m’irrite au plus haut point. Alors, sur ce je vais bouffer mes sentiments, je vais manger des chips des bonbons des petites barres de chocolat des carottes… Argh ! Même moi, je moralise mes billets ! 😉

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Pas gros dans leurs culottes

Il semble que le film Wall-E de Pixar fait un malheur et que toutes les critiques tombent sous le charme du petit robot que Disney présente dans les cinémas depuis quelques jours. Le film me laisse froid personnellement (je vais probablement le voir… mais en DVD, pas au cinéma), mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Certains parlent même de l’Oscar du meilleur film: j’aurais envie de leur dire, wô les moteurs, l’année n’est pas finie encore ! Mais bon, comment stopper un critique trop enthousiaste ? Sauf que le film ne plaît pas à tout le monde comme le souligne Jozef Siroka. Tout d’abord, la droite américaine qui, bien sûr, n’a pas aimé ce « scénario fantaisiste que la surconsommation amènerait une pollution industrielle monstre » dénoncée par le film. D’ailleurs – excusez la parenthèse – mais quelque chose me fait rire. Comment aux États-Unis et au Québec, le terme libéral n’a pas du tout la même consonnance. Aux USA, ils veulent dire les gens de gauche, les « têtes en l’air » comme disent les républicains « qui veulent mettre le pays à terre en proposant des lois pour l’environnement, la justice sociale, etc. ». Ici, ça veut dire une gang de personnes en rouge qui chantent les louanges du fédéralisme. Donc, je me trouverais plus proche du mot « liberal » en anglais que du mot « libéral » en français… 😉

Bref, revenons à nos moutons ! Car si vous venez de lire le texte de M. Siroka, vous avez aussi appris que le film a blessé un autre groupe de personnes: les gros. En effet, le film montrerait – paraît-il –  que les humains qui sont devenus accrocs à l’automatisation et à la malbouffe seraient devenus pour la plupart d’une obésité morbide. Pixar a dit qu’il voulait dénoncer la dépendance des humains en général, mais il semble que beaucoup aient été vexés en voyant le film. Il faut dire que le public de Disney est en général des familles et dans beaucoup de celles-ci – surtout chez les voisins du Sud – il y a des gros. Ainsi, certains ont vu une critique odieuse de Disney face à son propre public ! D’un certain point de vue, je peux comprendre le paradoxe éhonté de Disney: il diffuse un film qui « maltraite » les gros, et de l’autre il encourage cette surconsommation et la malbouffe dans ses parcs (on s’entend que Disney World ou Disneyland n’est pas le royaume de la bouffe santé… bien, au contraire). De l’autre, je ne vois pas en quoi c’est mal de dire ce que des centaines d’experts disent aux États-Unis et partout ailleurs: il y a une épidémie d’obésité chronique en Amérique du Nord ! Au contraire, si ça peut « éduquer » sur ces sujets que les Américains ignorent tout en distrayant à la fois… Et puis, ce n’est qu’un film, c’est pas un camp militaire qui vous oblige à perdre du poids !

Bon, là, avant de recevoir des tomates, je vais compléter ma pensée avec ce que je pense de ce « gros » sujet (excusez le jeu de mots facile !). Bon, je n’ai absolument rien contre les gros. Moi-même, j’ai un petit bedon (rien à voir avec la photo ci-haut, mais j’ai un ti peu de ventre, je ne suis pas maigre comme un clou). J’ai des amis et connaissances qui ont du surpoids et que j’adore profondément ! Par contre, c’est vrai que c’est un peu paniquant de voir l’obésité monter en flèche en Amérique du Nord… Surtout que beaucoup de ces gens n’ont pas le bagage génétique ou de maladies qui font que la prise de poids est « plus facile » que d’autres. Que ce surpoids est causé uniquement par l’inactivité ou la malnutrition. Là-dessus, je peux comprendre les spécialistes d’être découragés. Alors, forcément, si on peut éviter que plusieurs ne prennent du poids inutilement (comme moi, genre, je m’inclus là-dedans). Là, où je décroche, c’est la chasse aux sorcières des gros comme on le voit dans les médias depuis plusieurs années. Un moment donné, trop ce n’est comme pas assez. Premièrement, on agit comme si c’était tout à fait nouveau, comme si il y avait jamais eu de gros dans l’histoire… Euh… Y a peut-être pas eu toujours AUTANT de personnes costaudes d’un coup, mais il y a toujours eu des hommes et des femmes avec de la chair autour de l’os, imposant(e)s et/ou au bedon impressionnant. Et je m’excuse, mais même s’il y avait un changement radical dans les moeurs occidentales, il y en aura toujours qui seront plus gros, plus costaud. Deuxièmement, je déteste des émissions comme « Qui perd gagne » (« The Biggest Loser » en anglais) qui font l’apologie de la perte de poids miracle par le biais d’une guerre d’entraîneurs bébés qui veulent juste gagner du prestige en se disant qu’ils sont les meilleurs pour faire suer des « gros tas », qui les culpabilisent et tentent de faire croire au peuple que la perte de poids, ça marche comme ça et que ça se finit en 10 semaines alors que ça peut prendre des mois et des années. D’ailleurs, j’ai vu des photos de participants de premières saisons du show qui ont, après leur « fantastique perte de poids », repris un peu de ventre. Évidemment, pas autant qu’au début de leur entrée dans la télé-réalité, mais tout de même assez pour se dire que le corps humain (le corps des mammifères en fait) est définitivement fait pour amasser du poids plutôt qu’en perdre… L’effet « yo-yo », c’est dur. Troisièmement, j’en ai assez qu’on montre les grosses personnes comme si elles étaient toutes laides, paresseuses, sans volonté et comme des grosses larves qui « nuisent » à la société (finalement, peut-être que je n’aimerais pas Wall-E 😛 ). Il y en a des comme ça, mais il y en a plein qui sont beaux. Un exemple qui me vient en tête (mais il y en a tant d’autres): Sonia Vachon, c’est une foutue de belle fille et de belle comédienne avec ses rondeurs !

Newswire (source)

Je sais, pas une superbe photo (niveau qualité de l’image), mais ça en était une où on la voyait plus au complet. 😉 Oui, il y a des gros qui correspondent aux clichés qu’on se fait d’eux comme il y a des petits qui correspondent aux clichés comme il y a des grands qui correspondent aux clichés comme il y a des noirs aussi et des asiatiques et etc. Mais généraliser, c’est ce qui a de pire. Surtout qu’on sait que l’industrie de la minceur adore le fait qu’on a baissé les standards de l’IMC pour faire entrer plus de gens dans la catégorie « obèse » (qui est plus grave que la catégorie surpoids, dont, d’ailleurs on ne fait pas la différence entre les deux). D’ailleurs, si je me fie à l’indice IMC selon cette échelle (concoctée par des diététistes qui se font des fortunes avec la course à la maigreur), je serais – tenez-vous bien – un obèse morbide ! J’ai dit ça à un ami vraiment plus gros que moi… Il est parti à rire solidement en me disant quelque chose du genre: « OK, pis moi, je suis quoi ? Déclaré cliniquement mort ? » 😛  Vraiment le sujet est vaste (bon, encore un autre jeu de mots poche !), j’y reviendrai peut-être. En attendant, on peut dire qu’avec les critiques amères d’une partie importante de son public, Pixar se sent pas gros dans ses culottes…