Alice dans tous ses états

Quoi du cinoche ?, me direz-vous. Et en plus, tu es super en retard, le film est sorti il y a un mois.

Je sais tout ça. Mais de un, en France il vient à peine de sortir et il arrive que des Français tombe par accident ici. De deux, ce n’est pas seulement l’opus de Burton dont je veux discourir.

C’est que ce texte sur l’oeuvre de Lewis Carroll me trotte dans la tête depuis début mars (où j’ai vu le récent film) et j’avais envie d’en faire part.

De trois, il va bien sortir en DVD inévitablement ce film alors la critique servira pour ceux qui ne l’auront pas vu au cinoche. De quatre, vais-je devoir me justifier à chaque billet ?

Non, non, c’est beau…

Merci. Bon, alors, Alice… Tout le monde croit connaître l’histoire, mais il suffit de se plonger dans les deux contes de Carroll pour se rendre compte que ouf… Le conte original est très loin de l’aspect sucré que nous avons connu. En fait, il est très intéressant de voir les diverses versions d’une histoire similaire. Pas que je sois un expert, mais disons que j’ai noté quelques changements…

Alice, version Carroll (1865)

En fait, Alice au pays des merveilles est seulement le premier récit de deux histoire. « De l’autre côté du miroir » en est la suite. C’est dans le premier qu’elle suit le lapin blanc dans le terrier, qu’elle croise le dodo, la chenille qui fume du narguilé, le chat de Cheshire, le Chapelier fou (ainsi que son collègue le lièvre de Mars) et la fameuse Reine de Coeur devant laquelle elle finira dans une folle cour de justice dont elle échappera en se réveillant.

Par contre, sa suite, est différente. Le tout est conçu comme une énorme partie d’échecs où elle passe de pion à reine (du moins, symboliquement). C’est dans ce récit qu’elle rencontrera des insectes aux formes bizarres (exemple: chevaux à bascule volants), des fleurs parlantes, la Reine Blanche, le fameux Humpty Dumpty et deux personnages encore plus connus: Tweedle Dee et Tweedle Dum (que la traduction française d’époque appelait Bonnet Blanc et Blanc Bonnet).

En fait, les récits d’Alice ont toujours été des voyages initiatiques de cette petite fille patiente et courtoise, mais rêveuse et un peu tête en l’air. Seulement, dans le premier, il s’agit davantage d’une aventure où elle ne cesse d’atterrir dans des situations alors que dans sa suite, elle prend davantage le contrôle de sa destinée.

Mais une chose est commune aux deux récits. Les personnages sont confrontants. Dans une telle dynamique de quête de soi, ils ne cessent de mettre Alice en question, ils ne répondent que très rarement clairement mais exigent toujours des réponses claires de la jeune fille, ils sont parfois d’une folie et d’une bêtise à pleurer et certains sont même extrêmement désagréables envers elle (le nombre de fois que notre blonde héroïne se fait insulter dans ces récits…). Pourtant, elle reste toujours assez affable et patiente. En fait, l’impression est claire en lisant Carroll: les péripéties d’Alice semblent se dérouler dans sa psyché. Le pays des merveilles n’est que le fruit de son imagination débordante, un moyen pour elle d’affirmer sa personnalité à son propre subconscient (c’est Jung qui aimerait cette théorie).

Alice, version Disney (1951)


Ah le Alice que beaucoup ont vu. Normal, c’est un « classique », n’est-ce pas ? Pourtant, un de ceux qui a le moins fonctionné au box-office au point que contrairement à bien d’autres classiques, il n’eut jamais de seconde sortie au cinéma. Normal, les fans des récits originels de Lewis Carroll étaient scandalisés: le studio américain avait littéralement fusionné des éléments de « De l’autre côté du mirroir » dans la trame narrative de « Alice au pays des merveilles ». Quant au public fan de Disney, il fut plutôt dérouté car malgré toutes les critiques qu’on peut faire, le film restait quand même dans le ton déroutant et surréaliste de l’original.

Or, pour le public « disneyen », quoi de plus déroutant de voir une petite fille croiser que des toqués et des personnages imaginaires qui insultent l’héroïne !! Sans compter que la blondinette est beaucoup plus impatiente ici que dans les récits originaux. Elle se fâche, boude et finit même par pleurer à chaudes larmes. En fait, le film prendra une plus grande popularité avec la mouvance hippie qui allait suivre (tout d’un coup, les tableaux étranges du film semblaient de bon ton) et puis sa sortie en vidéo (Alice fut le deuxième film à être publié par Disney en vidéocassette en 1981, après Dumbo).

Disney a voulu intégrer à l’époque beaucoup de la poésie dans les deux contes. Et le moyen trouvé ? La chanson bien sûr. Une idée pas mal, mais encore une fois assez déroutante dans un schéma « disneyen » qui habituait le public à écouter des mélodies en lien avec l’histoire et l’intériorité des personnages.

Ce qui rend aussi le Alice de Disney très hétéroclite. On peut passer d’un excellent tableau (Alice dans le terrier ou rencontrant le Chat de Cheshire) à un plus moyen (Alice prise dans la maison du lapin blanc).

La traduction française de l’œuvre de Carroll est difficile puisqu’il y a beaucoup de jeux de mots. Si la traduction des contes passe, il y a tout de même deux bémols dans la traduction française du dessin animé: les jeux de mots de la chenille fumant sont beaucoup moins percutants qu’en anglais et – oh horreur ! – le chat de Cheshire qu’on a rebaptisé « Chat-foin ». Eurk… Je comprends qu’il y a un lien avec le terme chafouin signifiant justement « sournois et rusé » comme l’est le personnage. Je trouve quand même que cette traduction est horrible.

Alice, version Burton (2010)

Ah Tim Burton ! Le cinéaste derrière Edward Scissorshands et Big Fish était forcément un candidat de choix pour redonner vie au pays des merveilles. Après tout, Sleepy Hollow avait démontré sa capacité à mettre un conte à la vie avec une vision très particulière.

Le résultat était donc attendu et je me suis précipité le voir dans les jours suivants sa sortie… En suis-je sorti déçu ? Non, mais – car il y a un mais – quelques choses me chicotaient. Tout d’abord, la patte Burton est très différente ici. Adieu univers gothiques et sombres adorés du réalisateur, Alice est au contraire plein de lumière. Une explication possible: Disney distribue et produit le film. Pourtant, étonnamment, le film ressort le Jabberwocky, une créature très sombre et terrifiante (pour peu qu’on soit un enfant impressionnable, on s’entend) que le dessin animé n’avait finalement pas abordée malgré qu’une chanson fut composée au cas où.

De plus, le récit mélange encore personnages du « Pays des Merveilles » et « De l’autre côté du miroir », mais cette fois, cela peut s’expliquer aisément puisque Alice a 19 ans depuis les événements qui l’ont conduit au pays des merveilles. En fait, c’est très amusant: si la trame narrative du dessin animé suit plus celle d’Alice au pays des merveilles, celle de Burton (ou plutôt de la scénariste Linda Woolverton) s’approche « De l’autre côté du miroir ». Sans le côté partie d’échecs et avec davantage un côté Seigneur des Anneaux.

Et c’est là que ça détonne. L’univers du film de Burton n’est pas du tout celui de Carroll et de Clyde Geronimi (réalisateur du dessin animé) qui situait plutôt clairement ce pays dans l’imaginaire d’Alice. Non; pour Burton, l’univers existe et pire, il y a conflit politique entre une bonne (et maniérée) reine blanche et une dictatrice reine rouge. Le tout sur fond de prophétie et où tous se souviennent d’Alice (alors que l’héroïne ne se rappelle plus d’eux) et sont CONTENTS DE LA VOIR ?! « Quoi ???? » a-t-on envie de crier quand on connaît le récit, « Depuis quand les habitants du pays des merveilles sont attachés à Alice ?!! »

Bon, alors deux réactions sont possibles: on sort du cinéma en hurlant notre dégoût ou on accepte cette énorme transgression du bouquin et on se laisse aller.

La deuxième option n’est pas trop mal, je vous l’avoue, car malgré ces différences flagrantes de ton, il n’en reste pas moins que le récit est intéressant et Burton arrive en quelques secondes à nous faire voyager dans cette univers fantastique. On s’entend que les moyens sont à l’écran et même si beaucoup de personnages sont de l’infographie de correcte qualité sans plus, certains effets comme la tête disproportionnée de la Reine rouge ou le visage de Matt Lucas intégré parfaitement sur les corps de Tweedle Dee et Tweedle Dum sont hallucinants.

Le récit, malgré d’énormes invraisemblances de la mythologie de Carroll, est encore une fois une très intéressante quête initiatique de la jeune femme prise dans une bourgeoisie anglaise étouffante et lui dictant quoi faire. L’Australienne Mia Wasikowska arrive à jouer une Alice crédible et proche de celle des récits. Un peu troublant par contre de la voir en armure complète avec une épée dans les mains, mais ça…

Bon, et Johnny Depp là-dedans ? Pas mal. On sent que l’acteur a une affinité naturelle avec le réalisateur et donc il est facile pour lui de jouer ce Chapelier fou… mais surtout très humain. Pas une mauvaise chose, mais encore une fois ça détonne du chapelier que les fans du récit original connaissent. Helena Bonham Carter amuse pas mal en Reine Rouge, bien que son personnage soit plutôt caricatural. Matt Lucas est adorable dans le rôle des jumeaux Tweedle Dee et Tweedle Dum (personnages qui passent de casse-pieds dans le livre à trop « cuuuuuute » dans le film).  Je sais que plusieurs ont critiqué le côté maniéré de Anne Hathaway dans le rôle de la Reine Blanche. C’est vrai qu’elle est un peu « too much » (on se surprend à se dire intérieurement : « Mouais… c’est un peu trop gros ton affaire, la grande »), mais à la limite, le jeu se justifie dans cet univers déjanté. Néanmoins, Helena Bonham Carter la supplante, c’est sûr. Pour le reste de la distribution, je serais intéressé d’écouter les voix originales. Car bien que le doublage québécois soit de bonne qualité, je serais bien curieux de voir le jeu de Stephen Fry en Chat de Cheshire (dont on a gardé le nom correct dans la traduction française, merci beaucoup) ou d’Alan Rickman en chenille.

Bref, l’exercice est intéressant et oui, il vaut le coup d’oeil. Par contre, comme bien des adaptations au cinéma, il faut se rappeler qu’il s’agit tout au mieux d’une inspiration des contes de Carroll et non une réplique exacte. Le pays des merveilles de Burton vaut la peine même s’il est surprenant de le voir à la tête d’une oeuvre aussi sucrée…

Verdict du Satellite: 8/10

Note: Par contre, pour le 3D, c’est franchement hyper accessoire. Mise à part pour la scène quand Alice tombe dans le terrier qui, je l’avoue, est immersive, le 3D est plus dérangeante qu’autre chose. D’ailleurs, je ne comprends pas cette obsession de la 3D. À part donner l’occasion aux cinémas de nous charger un prix d’entrée exorbitant, est-ce que ça rend vraiment un film meilleur ? Je veux dire, c’est pas un bon scénario, une bonne réalisation et de bons acteurs/actrices qui font un bon film ? Il me semble…

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Anges & Démons: un chemin nerveux mais sans âme

Hé oui, je suis allé voir cette semaine le second volet des aventures de Robert Langdon.  J’y suis allé, je vous avoue, plein d’espoir. Car au risque de peiner mon estimé collègue Blogue l’Éponge, grand adorateur de littérature devant l’éternel (en espérant que cette plogue me fasse pardonner le reste de ma phrase 😉 ), j’avais plutôt apprécié le roman Anges & Démons. Du moins, il m’avait plus accroché  que Da Vinci Code et ce malgré ses invraisemblances (allô, c’est quand même du Dan Brown !), cette course à la montre m’avait davantage satisfait que cette mille fois entendues supposition de relation entre Jésus et Marie-Madeleine (car, au cas où vous ne le sachiez pas, certains exégètes proposent cette théorie depuis fort longtemps). Force est de constater que je suis sorti du cinéma avec cette déception aux lèvres…

Alors, rappelons l’histoire: Robert Langdon, spécialiste des symboles religieux, se fait appeler par le Vatican. Un vieil ennemi de l’Église, les Illuminati, semblent s’être levés et avoir préparé une vengeance contre le Vatican. Langdon, étant spécialiste, est vu comme le seul espoir de la police du petit état au coeur de Rome. Alors que les cardinaux entrent en conclave, une course contre la montre est déclenchée alors que les 4 « preferatis » (cardinaux davantage susceptibles de devenir pape) ont été enlevés et que le ou les ravisseurs déclarent qu’à chaque heure, un de ceux-ci mourra. Pire encore, à minuit, une bombe d’antimatière risque de faire éclater la cité du Vatican… C’est pourquoi une jeune scientifique du CERN, Vittoria Vetra, aidera Langdon dans sa quête pour retrouver les preferatis et, surtout, la bombe d’antimatière (sa spécialité).

Déjà, au départ, le film change le début de l’histoire et c’est un peu bizarre. Dans le roman, Langdon était appelé alors que le père adoptif de Mlle Vetra était assassiné et on retrouvait sur sa poitrine la marque des Illuminati. Or, ici, c’est le Vatican qui l’appelle… Hum, hum… Sa compter la finale très différente du livre. Ça en est presque choquant. Car qu’on enlève des parties de l’histoire « choquante pour l’Église », OK. Qu’on laisse supposer que cette histoire se passe après le Da Vinci Code (alors qu’Anges & Démons a été écrit avant mais a connu un succès après le Da Vinci Code), d’accord. Qu’on supprime le flirt entre Langdon et Vetra, pas de problèmes. Mais qu’on change des parties de l’histoire comme ils l’ont fait… Ouh… Les amateurs du roman seront forcément déçus de la chose. Surtout de voir passer un camerlingue italien dans le roman à britannique dans le film !

Beaucoup des critiques du film « Da Vinci Code » était sur son aspect verbeux, le peu d’action. Hé bien, Anges & Démons fait exactement le contraire: on élimine une grosse partie de dialogue et on remplace le tout par une course contre la montre nerveuse qui fait penser à un « 24 » dans un cadre européen. Sauf que le problème est que le roman de Brown emmenait quand même une idée intéressante: est-ce que la science et la religion sont opposées ou plus proche qu’on le croit ? Ici, à part quelques lignes sur le sujet, on saute toute cette partie pour montrer des meurtres et de la  tension. Car, si effectivement, on ne peut pas dire qu’on s’ennuie, dieu que la réalisation de Ron Howard est artificielle, sans âme. On sent le film de commande, sans plaisir, sans démontrer  d’intérêt pour le propos. Ah bien sûr, serait-ce sa frustration de ne pas avoir pu tourner à Rome son film ? Peut-être. Pourtant, la plupart des décors sont super bien recréés (mise à part quelques plans de la place St-Pierre-de-Rome, clairement faits par ordinateur) et on s’y croirait malgré tout.

Parlons performances. Tom Hanks se débrouille encore dans la peau de Langdon et même s’il ne s’agira pas du rôle de sa carrière, il insuffle assez de caractère et de passion pour que sa performance reste crédible. On ne peut pas en dire autant de Ayelet Zurer dans le rôle de Vittoria Vetra qui semble s’emmerder et se demander ce qu’elle fout dans cette galère (sans compter que son doublage québécois, fait par Marina Orsini est pitoyable à mon avis). Quant à Stellan Skarsgård, un acteur pourtant intéressant, il semble mal à l’aise dans son rôle, ne sachant pas trop sur quel pied danser. Alors, il alterne entre boudeur et frondeur sans vraiment cerner son personnage. Quant à Ewan McGregor, l’effort est là et on ne peut dire qu’il en sort amoché de cette expérience. Pourtant, je n’ai pas l’impression qu’il a suivi la même préparation pour jouer ce prêtre que l’a fait Philipp Seymour Hoffman pour Doute… Je souligne, par contre, la performance de Armin Mueller-Stahl, très intéressant en Cardinal Strauss.

L’emballage du film est, comme je le disais, intéressant mais trop froid pour passer à la postérité. Si certains plans sont magnifiques, d’autres sont un peu gâchés par ce manque d’âme souligné plus haut. La musique, qui reprend beaucoup de thèmes du Da Vinci Code, est plutôt moyenne. Certains bons morceaux, mais parfois, elle est trop classique dans le genre. Quant à récupérer le thème de « Da Vinci Code » pour le générique… j’aurais préféré un autre thème pour se dissocier du premier opus.

Alors, est-ce mauvais ? Non, je n’irais pas jusque là. Sauf que franchement, je croyais que le film dépasserait Da Vinci Code à tous les niveaux et pourtant… Je suis encore à me demander lequel des deux est le meilleur finalement. Peut-être que le Code était trop verbeux, mais Anges & Démons possède tellement peu d’âme et se détache tellement du matériel d’origine avec certains de ses choix que franchement, on en ressort déçu si on a lu le roman. Il y a eu pire au niveau cinématographique, mais on ressort avec la sensation que ce film aurait pu être meilleur en tant que thriller religieux… Peut-être qu’à vouloir être trop gentil avec l’Église, on a dilué l’oeuvre. Après tout, quand le journal officiel du Vatican déclare que le film est un « divertissement innocent » alors qu’ils ont dénoncé sans gêne le roman comme un outrage à l’Église, c’est qu’il y a un solide décalage entre les deux.

Verdict du Satellite: 7/10. On a droit à une poursuite nerveuse en plein dans une (fausse) Rome, à quelques oeuvres d’art révélant des « secrets », à des rebondissements, mais le tout dans un paquet sans âme, se détachant de l’oeuvre d’origine. Je me permets un dernier commentaire* (qui contient des « spoilers ») après le billet du jour.

Le billet du jour: Je vous propose de lire la critique de Gradlon sur le même film. Pourquoi ? Parce qu’il vaut mieux lire plusieurs avis pour se faire une idée et je suis loin de posséder la science infuse en critique. De plus, la critique est intéressante, alors on ne se gêne pas ! 😉

* *Attention spoilers*

Un conseil à Dan Brown pour son prochain livre qui sortira, selon les rumeurs,  cet automne: arrête d’utiliser la même technique, c’est-à-dire un assassin qui travaille pour un personnage principal qui se révèle, à la fin, être le grand méchant, le tout en détournant les soupçons sur un autre personnage principal. Franchement, avec le Da Vinci Code et Anges & Démons, tu as utilisé deux fois la même technique. Ça serait le temps de changer, pour nous surprendre…

Star Trek: la table est mise, il ne manque que la bouffe

Une autre critique cinéma, je sais, mais comme j’ai vu le film hier, je ne voulais pas l’écrire plus tard et oublier des éléments…

Donc, oui, hier soir, je suis allé là où la main de l’homme n’a jamais mis le pied… euh, pardon… au-delà de l’espace connu par l’homme. Comme je l’avais déjà dit auparavant sur ce blogue, je ne suis pas un « Trekkie ». Absolument pas. En fait, mis à part que je connaissais les noms de l’équipage du fameux U.S.S. Entreprise, le reste m’était totalement inconnu.

Alors, l’histoire de ce Star Trek ? Comme vous le savez, un peu comme la saga de Batman, on reprend l’histoire à zéro ou presque… En effet, difficile de reprendre à zéro une histoire si suivie par une horde de fans, d’un univers bâti sur une série télé très connue, six films bien comptés et des dizaines de romans sur l’univers. En fait, si, il y a un moyen facile de le faire: utiliser le voyage dans le temps qui altère la réalité et l’idée d’univers parallèle. Ainsi, le Kirk de ce onzième film de Star Trek n’a pas vécu la même chose que le Kirk qu’a interprété William Shatner. Même chose pour Spock et les autres personnages. Ainsi, on retrouve un jeune Kirk plutôt arrogant et rebelle qui se promet de devenir capitaine de vaisseau. Son comportement énerve l’Académie Starfleet et particulièrement Spock, le Vulcain, pour qui les émotions trop fortes de Kirk sont « illogiques » et dangereuses. Or, ceux-ci devront s’allier lorsque Néro, un Romulien (espèce d’extra-terrestre proche des Vulcains) venu du futur, viendra menacer la Terre pour se venger de la destruction de sa planète dans le futur…

Quoi ? L’histoire tient sur une serviette de papier ? Absolument. C’est peut-être d’ailleurs le gros problème de ce Star Trek: si on met bien la table pour les personnages et une suite déjà prévue pour une sortie à l’été 2011, où se trouve l’histoire ? Ah ! On ne peut pas dire que l’histoire est nécessairement prévisible, au contraire, on est parfois surpris de la tournure des événements. Cependant, la trame narrative du bien contre le mal est si faible qu’une chance qu’il y a les éléments d’histoire suivant l’évolution de Kirk et Spock qui nous tiennent intéressés, sinon on sortirait de la projection un peu déçu.

Parlons interprétation. La plupart des acteurs et actrices s’en sortent plutôt bien. Chris Pine en Kirk s’avère plus charismatique que le laissait présager les photos et bandes-annonces. Zachary Quinto en Spock est étonnant de ressemblance avec Léonard Nimoy (qui se permet d’apparaître dans le film dans son rôle qui l’aura marqué à vie), cependant, c’est peut-être celui qui apprécie la série « Heroes » qui parle, mais je ne pouvais m’empêcher par moment d’imaginer Spock devenir un Sylar de lui-même et ouvrir la tête de quelqu’un pour lui prendre son pouvoir… M’enfin. Quant aux autres, on soulignera que le personnage de Uhura (Zoe Saldana) est plus développé que prévu. Karl Urban semble s’amuser comme un petit fou à jouer le grognon Docteur McCoy. Par contre, il faudra sincèrement que le prochain volet ajoute de la chair autour de l’os des Sulu (John Cho), Chekov (Anton Yelchin) et Scotty (Simon Pegg) parce que s’ils jouent bien leur rôle, leur part est tellement mince contrairement aux autres… Particulièrement pour Pegg, amusant mais qui cabotine trop. À se demander si ce n’est pas parce qu’il apparaît plutôt tard dans le long métrage de 2 heures…Et un gros carton rouge à Éric Bana pour son Néro tellement caricatural que ça en est pathétique: ouh, je suis un extra-terrestre frustré avec tatous dans la face et grosses lentilles cornéennes noires pour que mes yeux fassent peur ! On ne regrettera pas ce méchant de pacotille qui n’est qu’un faire-valoir à l’histoire principale: la formation de l’équipage de l’Entreprise pour d’autres aventures.

Parlons technique. Visuellement, rien à dire. Les effets spéciaux sont admirables et étonnamment bien dosés si on compare à une trilogie de Star Wars (Épisode 1 à 3) qui ne faisaient qu’accumuler les effets spéciaux jusqu’à nous rendre malades. La réalisation de J.J. Abrams se veut dynamique, c’est peu de le dire et malgré un film de 2h, on ne peut pas dire qu’on s’ennuie. Par contre, à certains moments, la caméra bouge beaucoup, beaucoup trop. Au point que l’action devient chaotique et insuivable (un peu comme la bataille finale de l’indigeste Transformers)… À corriger pour le prochain. Autre aspect technique qui m’a dérangé: le mixage sonore. Bon, je sais qu’on est au cinéma et qu’au cinéma, tout est plus fort et plus intense. Sauf que le mixage sonore m’a donné mal à la tête: les effets sonores beaucoup trop accentués, à me percer les tympans. Comment dire ? Trop de tentative de catharsis tue la catharsis. Franchement, les bruits insupportables de tirs, de coups et d’explosion me rappellaient que j’étais dans un cinéplex et non dans l’espace. La musique aussi se trouve par moment mal dosée au niveau du mixage et – pour les fans de Lost (Perdus) – vous reconnaîtrez entre autre un morceau de musique qui semble tout droit sorti de la série. Normal puisque le compositeur du film, Michael Giacchino, est le même que celui de la série. Une chance que le niveau des dialogues est bien balancé, lui. Au niveau de la musique, cependant, je peux quand même dire qu’on s’en sort. Ce n’est pas mémorable, mais ni insupportable de médiocrité.

Bref, est-ce que je conseille de voir Star Trek ? Oui, et particulièrement pour les non Trekkies (les Trekkies trouveront probablement de quoi à redire) qui ne sont pas familiers avec l’univers. Sauf que pour apprécier davantage le film, il faut presque le voir comme un long prologue pour une aventure à venir en salles dans 2 ans environ… Parce que sinon, on ressort forcément un peu déçu de la trame scénaristique qui tient sur un biscuit soda à peu près (et qui explique peut-être son méchant en carton pâte). Oh, et je me permets une autre remarque aux scénaristes américains: plus capable d’entendre la maudite phrase « tu dois écouter ton coeur ». Y as-tu plus cliché comme phrase ?! On dirait qu’ils essaient de donner la morale aux Américains d’être plus sensible, mais vous voyez bien que ça marche pas depuis le temps que vous utilisez cette phrase ! Ils écoutent leurs sous, pas leur coeur. Alors, je propose un moratoire: pas de « tu dois écouter ton coeur » ou ses variations pendant 3 ans. Interdit de la trouver dans quelconque scénario sous peine d’emprisonnement pour « cliché le plus horrible jamais utilisé ».

Verdict du Satellite: 7.9/10 (8.2/10 si on ne m’avait pas démoli les tympans pendant 2 heures…). C’est loin d’être un échec, mais il faudra plus de consistance dans les personnages et l’intrigue pour le prochain Star Trek.

Doute: à bas les certitudes !

Ah, je l’avais dit qu’une critique de cinéma viendrait sur le blogue sous peu ! 😉 J’ai écouté samedi dernier, le film Doute (Doubt) de John Patrick Shanley, un film basé sur sa pièce du même nom, mettant en vedette Meryl Streep, Phillip Seymour Hoffman et Amy Adams.

Bon, comment faire un résumé sans trop en dévoiler ? On va rester vague. À l’aube de Vatican II,  l’école chrétienne St. Nicholas du Bronx à New York est dirigée par une soeur autoritaire, soeur Aloysius (Meryl Streep). La paroisse étant dirigée par le prêtre Brendan Flynn (Phillip Seymour Hoffman), un curé progressiste, soeur Aloysius  a beaucoup de mal avec ce vent de changement, particulièrement en voyant la jeune soeur James (Amy Adams) qui semble autant respecter les valeurs traditionnelles que les visions progressistes du curé. Or, un jour, soeur James croit percevoir un comportement suspect concernant le prêtre et un élève noir (le premier que l’école reçoit). Aussitôt, soeur Aloysius y voit là le péché suprême mais elle n’a aucune preuve. Seulement un doute… Et ce doute sera le début des hostilités entre le curé et la soeur.

John Patrick Shanley l’a déjà dit en entrevue, en parlant de sa pièce:

J’avais le sentiment d’être entouré par une société saturée de certitudes. Tout le monde avait une opinion tranchée sur tout, mais il n’y avait pas réellement d’échange, et si quelqu’un avait le malheur de dire  » je ne sais pas « , il était aussitôt méprisé et mis au ban des médias. Cette posture d’assurance et de certitude s’est accentuée dans notre société, au point qu’une fissure a fini par apparaître. Et cette fissure, c’est le doute. J’ai alors décidé d’écrire une pièce célébrant le fait qu’on ne peut jamais être certain de rien. J’avais envie d’explorer l’idée que le doute est par nature illimité et changeant, qu’il peut se développer et se modifier, alors que la certitude est une impasse. Là où il y a certitude, il n’y a plus de conversation possible, et c’est la conversation qui m’intéresse, parce qu’on pourrait aussi désigner cette conversation par un autre mot : la vie.

Ce n’est donc pas un film sur les scandales de l’Église plutôt que sur le doute. Car voilà ce qui fait le charme du film: le doute. Au départ, on doute de l’humanité de soeur Aloysius, très à cheval sur le règlement. Ensuite, on doute sur le père Flynn: il est vrai que certaines paroles sont étranges et il n’a pas l’air de tout dire. Finalement, on se retrouve un peu comme soeur James, à jongler entre ces deux protagonistes. Enfin, jusqu’à une scène qui fait voir TOUT LE FILM d’une manière différente. Et je ne dirai pas laquelle, c’est trop important de la voir sans en avoir entendu parler avant. Car elle change notre vue sur le film. Au point que finalement, en tant que spectateur, je ne sais plus trop où me placer. J’aurais envie d’en jaser longuement avec des gens tellement c’est venu me troubler et que je m’y attendais, mais alors là, pas du tout. Sans compter la troublante fin aussi qui possède encore plus matière à discussion.

Le film est austère dans ses couleurs, ses choix de plans. Excellents choix qui représentent bien la vie dans une école catholique des années 60.La musique du film, composée par le talentueux Howard Shore, est intéressante, très subtile même si pas très transcendante malheureusement. Même adapté d’une pièce, le film reste beaucoup plus fluide, l’auteur/réalisateur passant d’une pièce à 4 personnages pour agrandir la palette de personnages, d’actions et même de plans extérieurs. Forcément, certaines scènes sont verbeuses, mais on appréciera, je crois, ces échanges corsés. Particulièrement entre Meryl Streep (efficace et très humaine dans son interprétation) et Phillip Seymour Hoffman… Quel acteur, mes amis, quel acteur ! Depuis le début, je suis surpris par ses rôles (dans Capote, il m’a jeté par terre) et encore une fois, il touche juste avec son rôle de curé aux visions progressistes mais troublant à la fois… Ah, encore et encore ! Je trouve presque qu’il n’y a pas assez de scènes avec lui dans le film. Quant à Amy Adams, elle joue correctement cette naïve et touchante soeur James même si franchement, elle joue beaucoup sur le même ton tout le long du film. Par contre, Viola Davis crève l’écran et je ne peux dire pourquoi sans risquer de dévoiler des surprises, mais franchement, sa présence est excellente.

Alors, ce film, il vaut la peine ? Oh que oui ! Uniquement pour toutes les discussions qui peuvent survenir de l’écoute de ce film, pour les interprétations magistrales de Hoffman et Streep, pour certaines images du Bronx en automne et en hiver qui sont magnifiques (on sent que le réalisateur connaît ce quartier), vraiment ça vaut la peine. Évidemment, encore une fois, ce n’est pas un gros « blockbuster » devant lequel on s’assoit sans réfléchir. Il faut être prêt à faire actionner ses neurones durant ce film qui ne donne pas de réponses (fait rare dans un cinéma américain qui s’oblige à répondre à toutes les questions du spectateur) et qui apporte ce que dit son titre: le doute. L’horrible doute qui viendra vous plonger dans de terribles questionnements, non seulement sur les événements du film, mais sur notre société de certitude également.

Verdict du Satellite: 9.6/10.

Funny Games: intolérable cruauté

Ça faisait longtemps que je n’avais pas fait une critique de film, je trouve. Et puis, ce soir, je regarde « Funny Games (US) », un remake plan par plan du film original autrichien fait par Michael Haneke (qui a aussi réalisé ce « remake »).

L’histoire ? Assez simple. Un couple et leur fils s’en vont dans leur maison de campagne pour les vacances. Or, arrive chez eux deux jeunes hommes, ma foi, assez bizarres… qui vont s’avérer être de « gentils » psychopathes et jouer à des jeux macabres avec eux.

Raconté comme ça, on dirait un film d’horreur « cheapo » à la « Halloween » ou « Vendredi 13 ». Sauf que non. Ce film ne se veut pas film d’horreur. Film sur la cruauté et la violence, certes. Mais rien pour satisfaire les soifs d’hémoglobine (ou si peu), alors ceux qui rêvent de scènes de torture à la « Saw » (Décadence)… passez votre chemin. Je vous avoue sincèrement que j’étais très heureux pour ma part que ça ne vire pas en « scènes de torture physique insoutenables ». Par contre, pour ce qui est de la violence psychologique… Ça fesse rare. Car cet « ode » à la cruauté a quelque chose d’hypnotisant, de fascinant et de remuant. Premièrement, il n’y a aucune musique tout le long du film. Mais vraiment aucune. Il n’y a que le silence (ou parfois la télé en sourdine). C’est tout. Ce qui rend le tout presque comme un documentaire. Deuxièmement, les plans fixes ou presque. Le montage est fait de telle sorte qu’il y a peu de changement de plan (sauf peut-être dans certains dialogues et encore). On peut rester plusieurs secondes ou minutes sur une scène fixe où ça bouge mais la caméra reste là, immobile, voyeuse… Troisièmement, comme je le disais, la violence n’est pas présente, mais suggérée de manière tordue. Tout d’un coup, le bruit d’une carabine qui tire fait sursauter tellement le son est sourd et violent (comme ça l’est dans la vraie vie). Finalement, il faut parler de ceux psychopathes… Vraiment uniques… Je ne saurais les décrire. Ils sont tellement fous à lier et lucides, ça en est terrifiant. Pour eux, le titre le dit: on joue. Tout cela, c’est un énorme jeu… mais planifié de A à Z. Mais leurs dialogues sont dignes d’un schizophrène ou d’une pièce de Ionesco. Ça saute du coq-à-l’âne comme ce n’est pas permis, un des deux personnages s’adresse directement au spectateur à certains moments clés du film… Bref, leur interprétation (et celle des membres de la famille) rendent le tout à fleur de peau.

Tim Roth (Source: Allôciné.fr)

Tim Roth (Source: Allôciné.fr)

Là où ça coince, c’est le message peu subtil lancé. Effectivement, le film se veut une charge contre la violence médiatique. Jusque là, rien à dire. Sauf que le réalisateur s’attaque (de manière peu subtile, j’ai trouvé) à deux cibles: les jeux vidéos (une référence assez claire faite par un de deux psychopathes qui dit : « Joueur 1, deuxième niveau ») et la musique death metal, le hard metal. Entendons-nous bien: je suis loin d’être le plus grand fan de musique métal dans le monde. Je connais, par exemple, un blogueur qui s’y connaît plus que moi en la matière et aime bien plus que je ne peux aimer. 😉 Sauf que cette attaque en règle contre ces deux cibles, c’est tellement… facile. Je trouve qu’on est tombé à côté de la track. On s’entend tu que ça prend plus que des jeux vidéos et de la musique heavy metal pour tuer des gens ? Ça prend une perte d’humanité déjà à la base dans le psyché de ce genre de personne… Je veux dire, ça m’arrive et m’est arrivé d’écouter de la musique heavy metal et je joue parfois à des jeux vidéos qui peuvent, ma foi, être assez violent merci. C’est drôle, il ne me vient pas l’idée pour autant de tuer quelqu’un. Bref, il aurait été appréciable de sortir de ces clichés, j’ai pour mon dire.

Il n’empêche que le film, malgré son message un peu irritant à cause du manque de subtilité, vaut la peine de s’y attarder. Ne serait-ce que pour la « claque » cinématographique qu’il donne, l’interprétation incroyable des acteurs et la réflexion qu’il amène. Évidemment, pour les amateurs de films d’horreur où quelqu’un doit mourir atrocement tous les 10 minutes, on s’abstient. Le rythme est lent et se veut comme tel. Ce qui n’est pas une mauvaise chose car malgré cette lenteur relative, on regarde très peu sa montre, trop fasciné par ce qui se passe à l’écran.

Verdict du Satellite: 8.5/10

En terminant, je me permettrai un commentaire. Autant je déteste la cruauté dans la réalité, autant dans la fiction, elle me fascine. Je ne saurais trop dire pourquoi. Peut-être parce que l’idée qu’un humain puisse descendre, perdre son humanité au point de considérer le meurtre ou la torture comme une chose normale me fascine (et m’effraie à la fois).  Je veux dire, j’ai lu des romans comme Misery de Stephen King (une infirmière  qui séquestre son auteur favori pour l’obliger à continuer une suite de sa saga qu’il a achevée) ou les 7 Jours du Talion de Patrick Sénécal (un père dont la petite s’est fait tuer et violer séquestre l’agresseur de sa fille pour le torturer, d’ailleurs une adaptation cinématographique s’en vient) d’une traite avec horreur et à la fois fascination. M’enfin, je suis peut-être un grand malade aussi. Ça doit être tout ce heavy metal et ces jeux vidéos… 😉

Le billet du jour: Puisqu’on parle cinéma, je voulais souligner MFL qui nous annonce dans ce billet avoir obtenu tout récemment le titre de « Maître » en études cinématographiques (bref, maîtrise complétée). 🙂 Je trouvais ça le fun à souligner, même si je ne suis qu’un simple bachelier. 😉 Bravo encore, en tout cas  !

New Big City disparaît ce soir

J’en avais jamais parlé avant et la finale de la série ce soir me donne une bonne occasion d’en parler. Ah, Les Invincibles… Série qui a fait jaser – c’est peu de le dire – dans ses débuts mais qui s’est rapidement imposée comme une des meilleures séries que Radio-Canada a diffusée depuis longtemps.

Bon, au départ, je vous avoue que je voyais les promos de la première saison de la SRC et je voyais les acteurs (François Létourneau, Patrice Robitaille, Rémi-Pierre Paquin, Pierre-François Legendre) et j’avais l’impression de retrouver pratiquement un Québec-Montréal 2 avec Rémi-Pierre Paquin s’étant ajouté… Ce qui ne m’attirait pas beaucoup. Et en plus, les premiers épisodes de ces grands attardés ayant peur de la vie conjugale m’ont laissé froid. Pire, j’ai failli débarquer, écoeuré de voir à la télé (et au cinéma) des histoires de gars de 30 ans en montant qui font de l’urticaire en entendant les mots « vie de couple ».

Mais c’était mal connaître les auteurs qui ont su rapidement – une chance ! – mettre des rebondissements, des tournures imprévisibles qui font que nous sommes restés « scotchés » à nos sièges pendant 3 saisons, 3 saisons qui n’ont fait que se surpasser au fil du temps. D’ailleurs, la dernière saison est à mon avis  la meilleure (même si elle commençait plus lentement si on compare à l’excellente saison 2) surtout avec ses rebondissements incroyables et à en juger de l’auto-promo, on aura droit à une finale probablement émouvante ce soir. Est-ce que ça sentirait la tragédie ? Après tout, on nous repasse dans la promo la fameuse scène de la saison 1 où Carlos dit – peut-être prophétiquement : « J’ai l’impression que ça va mal finir. »

Ah… Ces 4 Invincibles… Ils auront marqué l’histoire télévisuelle. Surtout qu’après 3 saisons, on se demande toujours quoi en penser: égoïstes, losers, ados attardés ou êtres sensibles, en quête d’eux-même, insaisissables ? De nombreuses thèses viendront probablement dans les prochaines années, analysant les thématiques et symboles de ce groupe d’amis hétéroclites (c’est peu de le dire) composé d’une rock star ratée et éternel adolescent, d’un (ex) psychologue égocentrique, un concepteur infographique hyper ambigüe sexuellement et un ex travailleur de la volaille/ex commis dans un magasin de BD/commis de bureau (qui veut être bédéiste) menteur et un peu lâche. Sans compter ces blondes hyper castratrices dont la manipulatrice, autoritaire et extra-terrestre (?) Lyne-la-pas-fine qui aura marqué l’imaginaire québécois.

La série aura profité de plein de conjonctures qui la favorise, cette série qu’on pourra mettre dans les séries phares de la première décennie des années 2000: une mentalité de la société d’État qui aura favorisé (du moins, jusqu’à aujourd’hui) les séries qui sortent de l’ordinaire, un casting exceptionnel, une trame sonore qui résonne encore dans nos oreilles, une réalisation maîtrisée et un tandem d’auteurs formidables qui, on l’espère, retravailleront à un autre projet un jour que ce soit à la télé ou au cinéma.

Comme je le disais quelques lignes au-dessus, les Invincibles auront profité d’un changement d’attitude de la SRC qui a voulu être plus novatrice en termes de fiction. On les remercie encore, il va sans dire. Cependant, avec la fin des aventures de nos héros ce soir, on se demande si ce n’est pas toute une époque qui va tomber avec New Big City. Car, on le sait, le charmant ministre Moore – alias celui qui ne sait même pas identifier un pillier du cinéma canadien anglais comme Atom Egoyan ou Guy Laliberté – a décidé que la télévision canadienne nivellerait par le bas en mettant la télé publique dans le même bas de laine que la télé privée et en décrétant qu’on ne subventionnerait que ce que les Canadiens veulent voir. Bon, je sais que c’est une explication très simpliste, mais ça ne prend pas des longues thèses pour expliquer la décision de Monsieur Moore. Et ça veut dire quoi subventionner juste ce que les Canadiens veulent voir ? Se fier seulement aux cotes d’écoute ? Parce que si c’est ça, préparez-vous alors à des émules de la Poule aux Oeufs d’or à la SRC et à Télé-Québec. Et ça, c’est triste.

En tout cas, ça sera notre dernière visite à New Big City en compagnie de Capitaine Liberté, Psyro, Magellan et Phantoman… Et je ne crois pas qu’il y aura une autre série dramatique qui fera bloguer en direct comme l’a fait Martin Petit la semaine dernière et il le fera encore ce soir.

Bon, hé bien, bonne finale ! Je glisserai un mot là-dessus demain ! 😉

Le billet du jour: Je trouve ça bien plaisant les nouvelles planches de « Mon petit nombril ». Avec ses réflexions amusantes, une grosse case pour résumer plein de bonnes questions… Tellement bonnes que franchement, il me bouche. J’arrive plus à commenter sur son blogue. 😛

Ceci n’était clairement pas un Bye Bye

Je sais, je déroge un peu de ma résolution de ne pas écrire avant le début de la semaine prochaine. Mais en ce premier billet de l’année 2009, je ne pouvais pas ne pas parler du Bye Bye de Véronique Cloutier… ma foi, pouvons-nous appeler ça un Bye Bye ?

Là, je vais tenter d’être gentil… Je comprends qu’avec toute la mer… qu’ils ont eu après le « Ceci n’est pas un Bye Bye » où, entres autres,  Louis Morissette est devenu persona non grata à TVA, ils ne voulaient pas trop faire de vagues mais là… Pourquoi appeler ça un Bye Bye si on égratigne pas un peu les événements de l’année dernière ? Et puis, tous ces numéros de variété… Argh ! Si je voulais un show de musique, je serais allé voir du côté de Studio 12, pas le Bye Bye ! Pourquoi Véronique Cloutier se sent obligé de toujours faire des simili « Fureur » dans ces shows de variétés ? On regretterait-tu d’avoir quitté le boulot à l’époque ?

Attention ! Tout n’était pas mauvais ! Je dis ça avant qu’on m’accuse encore d’être un petit envieux (parce qu’au Québec, tu ne peux pas critiquer une personne sans passer pour un envieux, allez savoir !). Car non, je ne suis pas déçu du Bye Bye à cause que, on sait ben, j’ai fait quelques textes là-dessus et gna gna gna… Non. Au contraire, je me disais que mes petits textes ne seraient rien à comparé à la grosse machine Radio-Canadienne, insignifiants au possible. Finalement, même avec une grosse machine…

Mais bon, soyons bons princes et faisons les plus et les moins de ce Bye Bye:

Les plus

  • Le palmarès des chansons parodiant des chansons de l’année
  • Les zoufs olympiques (Patrice Bélanger en Michel Villeneuve= pareil ou presque)
  • Les segments Jean-François Mercier/Louis Morissette particulièrement le « pétage de coche » de Mercier sur le ROC qui a voté pour Harper
  • « L’hystériose » : parodie de film d’armée par rapport aux fromages québécois et aussi les vignettes pour aller et en revenant des commerciaux

Les moins

  • Trop de variétés quand on s’attend à une revue HUMORISTIQUE de fin d’année (exemple le plus flagrant: Lost Fingers et Michel Louvain… Rien en particulier contre eux, mais mon Jour de l’An se serait bien passé de la Dame en Bleu)
  • Encore une fois, Véro fait pratiquement tous les rôles féminins dans les sketchs (particulièrement les sketchs musicaux…)
  • Les maquillages affreux (exemples: Véro en Céline = ça ressemble… mais pas tout à fait et Louis Morissette qui ne ressemble en rien à Stephen Harper…)
  • Le sketch sur Denis Lévesque et Barack Obama: tellement de mauvais goût et pas drôle que ça en était gênant. Une chance que François Maranda se débrouillait en Denis Lévesque…
  • L’inégalité des gags et du ton : on passait du trop gentil à, exemple,  un gag de Vincent Lacroix qui se faisait déchirer le trou de – vous savez quoi – en prison.

Bref, grosse déception. J’ai hâte de voir ce qu’on en dira ou ce que vous en aurez pensé. Mais c’est drôle hein, je ne sens qu’il y aura un Bye Bye 2009 avec Véro… M’enfin ! Et, oui, je sais. C’est très dur faire un Bye Bye et « essaie donc d’en faire un pour le fun le smatte » que vous me direz. J’en suis conscient. C’est pourquoi je n’ai pas pris le ton baveux que j’aurais pu facilement prendre, mais qui n’aurait servi à rien. N’empêche qu’en temps que téléspectateur, j’ai été plus que déçu ce soir (même si je ne m’attendais pas à grand chose, c’est dire !). On s’ennuie de RBO en s’il vous plaît (pour ne pas dire autre chose) !

Verdict du Satellite: 5,6/10

Mais bon, bonne année quand même ! 🙂