Crime fictif interdit

Attention parce que – semble-t-il – je vais commettre un crime. Et ce crime sera de mettre une photo pour illustrer ce billet:

En effet, je montre un crime fictif commis (celui d’Annie Wilkes contre Paul Sheldon dans le film Misery de Rob Reiner, inspiré du roman de Stephen King) et si je me fie à ce que raconte Richard Martineau, ça serait quasiment un crime selon le Code criminel canadien. Il raconte l’histoire de Rémy Couture, un maquilleur professionnel pour films d’horreur qui a eu le malheur de diffuser sur Internet des exemples de son travail. Certes, c’est très gore (genre trop pour moi), mais rien qui ne se compare pas avec des séries de film comme Saw (Décadence) ou Hostel.

Résultat: Interpol capote et contacte la GRC. Et on arrête l’artiste sous le prétexte suivant.

Selon le code 163 du Code criminel canadien, « commet une infraction quiconque produit, imprime, publie, distribue, vend, ou a en sa possession aux fins de publier, distribuer ou mettre en circulation, une histoire illustrée de crime… »

Wow ! Quelle loi qui a été interprétée, dans ce cas-ci, avec zèle. Comme l’écrit l’Anarcho-pragmatique, on sort les 7 Jours du Talion des clubs vidéos et des librairies ? On devrait aussi arrêter Patrick Sénécal pour toute cette « incitation au crime ».

Et que faire de tous ces horribles films d’Hitchcock, de Coppola, de Spielberg, de Lucas, etc. ? Pensez à toutes les oeuvres que vous avez lues, entendues ou vues contenant un crime dedans. Et bien, si on interprète avec zèle cette loi, théoriquement plus de 90% des oeuvres artistiques devraient être saisies. Il n’y aurait plus de librairies, de clubs vidéos, de cinémas, de théâtre (oui, même Shakespeare est un terrible criminel avec tous ces meurtres dans ses drames), etc. Quoique pour les partisans du Parti Conservateur, un monde sans culture se porterait sûrement bien mieux.

Je ne dis pas que c’est extraordinaire de dépeindre des crimes gore, mais bordel où elle est cette fameuse liberté d’expression ? Je veux dire, comme disait M. Martineau, on voyait les crédits de ces films et il était indiqué qu’il s’agissait d’oeuvres de FICTION, pas de vrais crimes.

Où s’en va le monde culturel, je vous le demande ?

Alice dans tous ses états

Quoi du cinoche ?, me direz-vous. Et en plus, tu es super en retard, le film est sorti il y a un mois.

Je sais tout ça. Mais de un, en France il vient à peine de sortir et il arrive que des Français tombe par accident ici. De deux, ce n’est pas seulement l’opus de Burton dont je veux discourir.

C’est que ce texte sur l’oeuvre de Lewis Carroll me trotte dans la tête depuis début mars (où j’ai vu le récent film) et j’avais envie d’en faire part.

De trois, il va bien sortir en DVD inévitablement ce film alors la critique servira pour ceux qui ne l’auront pas vu au cinoche. De quatre, vais-je devoir me justifier à chaque billet ?

Non, non, c’est beau…

Merci. Bon, alors, Alice… Tout le monde croit connaître l’histoire, mais il suffit de se plonger dans les deux contes de Carroll pour se rendre compte que ouf… Le conte original est très loin de l’aspect sucré que nous avons connu. En fait, il est très intéressant de voir les diverses versions d’une histoire similaire. Pas que je sois un expert, mais disons que j’ai noté quelques changements…

Alice, version Carroll (1865)

En fait, Alice au pays des merveilles est seulement le premier récit de deux histoire. « De l’autre côté du miroir » en est la suite. C’est dans le premier qu’elle suit le lapin blanc dans le terrier, qu’elle croise le dodo, la chenille qui fume du narguilé, le chat de Cheshire, le Chapelier fou (ainsi que son collègue le lièvre de Mars) et la fameuse Reine de Coeur devant laquelle elle finira dans une folle cour de justice dont elle échappera en se réveillant.

Par contre, sa suite, est différente. Le tout est conçu comme une énorme partie d’échecs où elle passe de pion à reine (du moins, symboliquement). C’est dans ce récit qu’elle rencontrera des insectes aux formes bizarres (exemple: chevaux à bascule volants), des fleurs parlantes, la Reine Blanche, le fameux Humpty Dumpty et deux personnages encore plus connus: Tweedle Dee et Tweedle Dum (que la traduction française d’époque appelait Bonnet Blanc et Blanc Bonnet).

En fait, les récits d’Alice ont toujours été des voyages initiatiques de cette petite fille patiente et courtoise, mais rêveuse et un peu tête en l’air. Seulement, dans le premier, il s’agit davantage d’une aventure où elle ne cesse d’atterrir dans des situations alors que dans sa suite, elle prend davantage le contrôle de sa destinée.

Mais une chose est commune aux deux récits. Les personnages sont confrontants. Dans une telle dynamique de quête de soi, ils ne cessent de mettre Alice en question, ils ne répondent que très rarement clairement mais exigent toujours des réponses claires de la jeune fille, ils sont parfois d’une folie et d’une bêtise à pleurer et certains sont même extrêmement désagréables envers elle (le nombre de fois que notre blonde héroïne se fait insulter dans ces récits…). Pourtant, elle reste toujours assez affable et patiente. En fait, l’impression est claire en lisant Carroll: les péripéties d’Alice semblent se dérouler dans sa psyché. Le pays des merveilles n’est que le fruit de son imagination débordante, un moyen pour elle d’affirmer sa personnalité à son propre subconscient (c’est Jung qui aimerait cette théorie).

Alice, version Disney (1951)


Ah le Alice que beaucoup ont vu. Normal, c’est un « classique », n’est-ce pas ? Pourtant, un de ceux qui a le moins fonctionné au box-office au point que contrairement à bien d’autres classiques, il n’eut jamais de seconde sortie au cinéma. Normal, les fans des récits originels de Lewis Carroll étaient scandalisés: le studio américain avait littéralement fusionné des éléments de « De l’autre côté du mirroir » dans la trame narrative de « Alice au pays des merveilles ». Quant au public fan de Disney, il fut plutôt dérouté car malgré toutes les critiques qu’on peut faire, le film restait quand même dans le ton déroutant et surréaliste de l’original.

Or, pour le public « disneyen », quoi de plus déroutant de voir une petite fille croiser que des toqués et des personnages imaginaires qui insultent l’héroïne !! Sans compter que la blondinette est beaucoup plus impatiente ici que dans les récits originaux. Elle se fâche, boude et finit même par pleurer à chaudes larmes. En fait, le film prendra une plus grande popularité avec la mouvance hippie qui allait suivre (tout d’un coup, les tableaux étranges du film semblaient de bon ton) et puis sa sortie en vidéo (Alice fut le deuxième film à être publié par Disney en vidéocassette en 1981, après Dumbo).

Disney a voulu intégrer à l’époque beaucoup de la poésie dans les deux contes. Et le moyen trouvé ? La chanson bien sûr. Une idée pas mal, mais encore une fois assez déroutante dans un schéma « disneyen » qui habituait le public à écouter des mélodies en lien avec l’histoire et l’intériorité des personnages.

Ce qui rend aussi le Alice de Disney très hétéroclite. On peut passer d’un excellent tableau (Alice dans le terrier ou rencontrant le Chat de Cheshire) à un plus moyen (Alice prise dans la maison du lapin blanc).

La traduction française de l’œuvre de Carroll est difficile puisqu’il y a beaucoup de jeux de mots. Si la traduction des contes passe, il y a tout de même deux bémols dans la traduction française du dessin animé: les jeux de mots de la chenille fumant sont beaucoup moins percutants qu’en anglais et – oh horreur ! – le chat de Cheshire qu’on a rebaptisé « Chat-foin ». Eurk… Je comprends qu’il y a un lien avec le terme chafouin signifiant justement « sournois et rusé » comme l’est le personnage. Je trouve quand même que cette traduction est horrible.

Alice, version Burton (2010)

Ah Tim Burton ! Le cinéaste derrière Edward Scissorshands et Big Fish était forcément un candidat de choix pour redonner vie au pays des merveilles. Après tout, Sleepy Hollow avait démontré sa capacité à mettre un conte à la vie avec une vision très particulière.

Le résultat était donc attendu et je me suis précipité le voir dans les jours suivants sa sortie… En suis-je sorti déçu ? Non, mais – car il y a un mais – quelques choses me chicotaient. Tout d’abord, la patte Burton est très différente ici. Adieu univers gothiques et sombres adorés du réalisateur, Alice est au contraire plein de lumière. Une explication possible: Disney distribue et produit le film. Pourtant, étonnamment, le film ressort le Jabberwocky, une créature très sombre et terrifiante (pour peu qu’on soit un enfant impressionnable, on s’entend) que le dessin animé n’avait finalement pas abordée malgré qu’une chanson fut composée au cas où.

De plus, le récit mélange encore personnages du « Pays des Merveilles » et « De l’autre côté du miroir », mais cette fois, cela peut s’expliquer aisément puisque Alice a 19 ans depuis les événements qui l’ont conduit au pays des merveilles. En fait, c’est très amusant: si la trame narrative du dessin animé suit plus celle d’Alice au pays des merveilles, celle de Burton (ou plutôt de la scénariste Linda Woolverton) s’approche « De l’autre côté du miroir ». Sans le côté partie d’échecs et avec davantage un côté Seigneur des Anneaux.

Et c’est là que ça détonne. L’univers du film de Burton n’est pas du tout celui de Carroll et de Clyde Geronimi (réalisateur du dessin animé) qui situait plutôt clairement ce pays dans l’imaginaire d’Alice. Non; pour Burton, l’univers existe et pire, il y a conflit politique entre une bonne (et maniérée) reine blanche et une dictatrice reine rouge. Le tout sur fond de prophétie et où tous se souviennent d’Alice (alors que l’héroïne ne se rappelle plus d’eux) et sont CONTENTS DE LA VOIR ?! « Quoi ???? » a-t-on envie de crier quand on connaît le récit, « Depuis quand les habitants du pays des merveilles sont attachés à Alice ?!! »

Bon, alors deux réactions sont possibles: on sort du cinéma en hurlant notre dégoût ou on accepte cette énorme transgression du bouquin et on se laisse aller.

La deuxième option n’est pas trop mal, je vous l’avoue, car malgré ces différences flagrantes de ton, il n’en reste pas moins que le récit est intéressant et Burton arrive en quelques secondes à nous faire voyager dans cette univers fantastique. On s’entend que les moyens sont à l’écran et même si beaucoup de personnages sont de l’infographie de correcte qualité sans plus, certains effets comme la tête disproportionnée de la Reine rouge ou le visage de Matt Lucas intégré parfaitement sur les corps de Tweedle Dee et Tweedle Dum sont hallucinants.

Le récit, malgré d’énormes invraisemblances de la mythologie de Carroll, est encore une fois une très intéressante quête initiatique de la jeune femme prise dans une bourgeoisie anglaise étouffante et lui dictant quoi faire. L’Australienne Mia Wasikowska arrive à jouer une Alice crédible et proche de celle des récits. Un peu troublant par contre de la voir en armure complète avec une épée dans les mains, mais ça…

Bon, et Johnny Depp là-dedans ? Pas mal. On sent que l’acteur a une affinité naturelle avec le réalisateur et donc il est facile pour lui de jouer ce Chapelier fou… mais surtout très humain. Pas une mauvaise chose, mais encore une fois ça détonne du chapelier que les fans du récit original connaissent. Helena Bonham Carter amuse pas mal en Reine Rouge, bien que son personnage soit plutôt caricatural. Matt Lucas est adorable dans le rôle des jumeaux Tweedle Dee et Tweedle Dum (personnages qui passent de casse-pieds dans le livre à trop « cuuuuuute » dans le film).  Je sais que plusieurs ont critiqué le côté maniéré de Anne Hathaway dans le rôle de la Reine Blanche. C’est vrai qu’elle est un peu « too much » (on se surprend à se dire intérieurement : « Mouais… c’est un peu trop gros ton affaire, la grande »), mais à la limite, le jeu se justifie dans cet univers déjanté. Néanmoins, Helena Bonham Carter la supplante, c’est sûr. Pour le reste de la distribution, je serais intéressé d’écouter les voix originales. Car bien que le doublage québécois soit de bonne qualité, je serais bien curieux de voir le jeu de Stephen Fry en Chat de Cheshire (dont on a gardé le nom correct dans la traduction française, merci beaucoup) ou d’Alan Rickman en chenille.

Bref, l’exercice est intéressant et oui, il vaut le coup d’oeil. Par contre, comme bien des adaptations au cinéma, il faut se rappeler qu’il s’agit tout au mieux d’une inspiration des contes de Carroll et non une réplique exacte. Le pays des merveilles de Burton vaut la peine même s’il est surprenant de le voir à la tête d’une oeuvre aussi sucrée…

Verdict du Satellite: 8/10

Note: Par contre, pour le 3D, c’est franchement hyper accessoire. Mise à part pour la scène quand Alice tombe dans le terrier qui, je l’avoue, est immersive, le 3D est plus dérangeante qu’autre chose. D’ailleurs, je ne comprends pas cette obsession de la 3D. À part donner l’occasion aux cinémas de nous charger un prix d’entrée exorbitant, est-ce que ça rend vraiment un film meilleur ? Je veux dire, c’est pas un bon scénario, une bonne réalisation et de bons acteurs/actrices qui font un bon film ? Il me semble…

Polanski est coupable

Ce billet va prouver à quel point il m’arrive aussi de pencher à droite dans ma vision des choses. Faut bien que je fasse du Martineau de temps en temps. 😉 Non, c’est que j’ai l’impression que ce mouvement de sympathie envers le cinéaste Roman Polanski, arrêté dimanche en Suisse, est un peu trop grand.

Vous le savez, je déteste le deux poids deux mesures. Alors quand je vois certaines personnes prendre la défense de M. Polanski alors que je m’excuse, mais il a commis le même genre d’acte envers une fillette de 13 ans qu’un certain Guy Cloutier a fait à une Nathalie Simard à l’époque et pourtant, ces mêmes personnes ont traîné – avec raison – l’ancien producteur dans la boue, je ne comprends plus rien.

Ah, c’est vrai ! C’est Polanski, cinéaste supposément raffiné (excusez-moi, mais s’il a fait des chef-d’œuvres, je le concède, il a aussi fait des daubes genre The Ninth Gate ou un énième remake de Oliver Twist), le genre qui fait baver les critiques alors que Guy Cloutier produisait des gros shows gras de popularité, des artistes populaires et des shows télé où l’utilisation de neurones était facultatif (et j’avoue que ce n’est faux là aussi).

Donc, si je comprends bien: c’est t’es un gros dégueu populiste, t’as pas le droit de violer une jeune fille. Mais si tu es un cinéaste oscarisé et plébiscité par les critiques, ah là, permets-toi toutes les conneries que tu veux mon homme ! On va te défendre !

Honte à Cassivi et Lussier !

Je pense que la cerise sur le gâteau, ce sont les réactions de Marc Cassivi et Marc-André Lussier qui osent prétendre qu’un festival de films, ça devrait être comme dans une église, tu as une immunité face à la police. Euh… NON ! Déjà que je ne comprends toujours pas pourquoi quelqu’un qui va se réfugier dans une église est à l’abri de la police…

Alors, si je comprends leur logique, un producteur/réalisateur/scénariste/acteur tue quelqu’un volontairement pendant un festival de films, on devrait laisser tomber les accusations ? Ben quoi, ça s’est passé pendant un festival de films ! Alors, c’est génial, à Cannes, à Venise, à Berlin, à Namur et même à Montréal, pendant quelques semaines dans l’année, si vous faites partie du monde cinématographique, vous avez le droit de commettre tous les actes criminels répréhensibles par la loi et on n’a pas le droit de vous arrêter ! C’est le fun, hein ? Belle jurisprudence que ça fait.

Je suis conscient effectivement que son arrestation en Suisse était un peu… moche et surprenante. Surprenante parce que ça fait des années qu’il vit en France, comment ça se fait qu’on ne l’a pas arrêté plus tôt ?!! Surtout que le gars s’est déclaré coupable ! Sauf qu’après une quarantaine de jours en prison, il a fui. Ça lui tentait plus. Car ça a beau être le réalisateur de The Pianist, mes amis, ça reste un FUGITIF !

Et ça n’a rien à voir, contrairement à ce que dit Cassivi, avec la liberté d’expression. On ne parle pas d’un cinéaste qui fait un film dont les propos ne plaisent pas à quelques pays. On parle d’un gars d’une une quarantaine d’années qui s’est amusé à badiner avec une jeune fille de 13 ans (pas 16, 17 ans sur le bord d’être majeure… 13 !!!) et l’a violée, s’arrangeant pour la droguer  afin qu’elle soit « consentante ».

Oui, mais la victime dit qu’on peut abandonner les poursuites. Euh… à ce compte-là, y a bien des criminels qui seraient dans les rues car bien des victimes abandonnent en cours de route par peur de représailles ou découragées du processus. Or, c’est la société qui poursuit M. Polanski, pas la chère dame.

Oui, mais c’est une erreur de jeunesse. Wô ! Depuis quand violer une fille de 13 ans fait partie des « erreurs de jeunesse » ? Conduire saoul ou faire du « car surfing », oui. Consommer un mélange d’un paquet de drogues ensemble, oui. Baiser avec une fille/un gars sans condom pour un « one night stand », oui. Voler un dépanneur, oui. Violer une mineure… Hum… Me semble que ça ne fait pas partie du processus normal. En plus, peut-on parler d’erreur de jeunesse ? Le gars avait les 40 ans dépassés quand c’est arrivé !

Oui, mais il vient d’une époque qui était libertine sur le plan sexuel / mais il a vécu des choses terribles comme sa femme enceinte se faisant assassiner par Charles Manson. OK, oui, c’est vrai que son passé a été dur. Mais à ce compte-là, y a bien des criminels qui ont un passé terriblement dur (abandon parental, toxicomanie, inceste, etc.). Devrait-on tous les acquitter ? Et puis, ne me sortez pas l’argument de l’époque de la libération sexuelle ! Parce que si vous me sortez cet argument, je vous demanderais: comment réagiriez-vous si, hypothétiquement, je vous disais que je viens d’un milieu où il était bien vu à chaque semaine d’éventrer des bébés chats et percer l’hymen des jeunes filles avec un couteau de chasse ? Me pardonneriez-vous le fait que j’attaque des jeunes filles avec un couteau en raison de cela (ce que je ne fais pas, c’est un exemple) ? Non, hein ? Vous feriez bien ! Heureusement, d’ailleurs, que je ne viens pas de ce genre de milieu. 😉

Oui, d’accord, il n’a fait qu’une victime. OK, ça fait un bon bout de temps et la justice pourrait lui donner un pardon. Sauf qu’il faut qu’il assume et aille justement devant la justice pour le demander. C’est pas en restant en Europe comme un fugitif qu’il va s’aider et je ne trouve pas qu’on envoie un bon message en disant aux agresseurs sexuels: hé, les gars et les filles, si vous êtes des génies dans votre domaine, on va vous pardonner vos actes répréhensibles car on vous aime bien !

Je suis d’autant plus traumatisé de voir les réactions françaises qui défendent gros comme le bras le cinéaste qu’ils avaient accueilli sous leur aile. Euh… C’est quoi ? En France, c’est bien vu de coucher avec des filles de 13 ans ?

Bon ben sur ce, pendant que vous me traitez de vieux réactionnaire coincé, je vais aller subir une douche de « démartineausation ». Parce que ouf, c’est dur d’écrire avec la veine sortie du front comme ça. 😉

Premier signe qu’il serait peut-être temps qu’il y ait une méga séance de remue-méninges à Hollywood…

BATLLESHIP AU CINÉMA EN 2011 ?!!! Non, ce n’est pas une farce ni un poisson d’avril. C’est la prochaine bouse le prochain projet d’Hollywood !

Après Clue qui avait déjà une version cinématographique très moyenne et une autre à venir qui sera réalisée par Gore Verbinsky (Pirates des Caraïbes), Candyland, Ouija et Monopoly (qui sera réalisé par Ridley Scott !!!!! Quoi ?! Que faut-il dans un projet qui promet déjà d’être une daube ?), voilà le film de Battleship au cinéma.

OK, on savait qu’Hollywood avait perdu une grande partie de ses créateurs originaux quand on a vu la liste gargantuesque d’adaptations de BD et de jeux vidéos en films. Encore là, on se disait que bon, dans les bandes dessinées et dans certains jeux vidéos, y a quand même des histoires qui peuvent être très intéressantes (si bien adaptées au niveau du scénario et bien réalisées). Sauf que là, des (censuré) de jeux de société…

Tant qu’à être aussi bas dans le fond du baril, il me semble que je ferais une méga séance de remue-méninges (brainstorming) parce que là, ça ne se peut plus de médiocrité. Non, mais je m’attends à ce que bientôt, il y ait des films sur des marques d’aliments ou de vêtements. À quand Tommy Hielfinger (je sais que ça ne s’écrit pas de même) the movie ? À quand un méga blockbuster sur McDo mettant en vedette Ronald qui sauverait le monde et j’attends toujours l’adaptation au cinéma de Bazooka Joe, le raconteur de jokes mille fois entendues dans les paquets de gomme.

Pfftt ! Une chance qu’on a une  industrie intéressante de films au Québec…

Le film le plus attendu des prochaines années*

OK. Billet léger aujourd’hui, parce que je me sens d’humeur pour ce type de billet. Un billet léger s’adressant surtout aux « geeks ». On le sait, plusieurs grosses franchises de jeux vidéo s’apprêtent à avoir leur version cinématographique (Bioshock, Prince of Persia, Dead Space, etc.) dans les années à venir. Évidemment, on s’attend à ce que beaucoup soient mauvais (mais bon, qui sait, on peut être surpris !), mais là, je tiens un chef d’oeuvre* d’adaptation de jeux vidéo en film. Une surprise car cela n’était pas annoncé nulle part. Un film sur une franchise pas encore exploitée et avec pourtant, beaucoup de potentiel.  Il s’agit de Mario Kart !!! Oui, la série rassemblant Mario et tous les personnages de son univers qui s’amusent à faire des courses de kart et s’envoyer des carapaces de tortues et des pelures de bananes à la figure pour se ralentir entre eux.

Voici la bande-annonce de ce qui devrait être un classique (trouvée via Jeuxvideo.org):

*Lorsque le blogueur parle de chef d’oeuvre et du film le plus attendu des prochaines années, il est possible que celui-ci ait mis beaucoup d’ironie sachant qu’il s’agissait d’une vidéo fait par un groupe de cinéastes amateurs humoristiques. Nous ne sommes pas responsables de la fausse représentation que les termes en question auraient pu susciter chez les lecteurs. Merci de votre compréhension. Pour des plaintes, vous pouvez vous adresser au service à la clientèle les vendredi soir des années bissextiles où il y a une lune bleue et qu’il tombe des pluies de grenouilles à dentiers qui parlent allemand. Pour tout le reste, il y a une carte de crédit très connue.

Des os et des hommes

Enfin, la bande-annonce du prochain film de Peter Jackson est en ligne. Après nous avoir dépeint la Terre du Milieu dans 3 films, après avoir remis en vie King Kong (dans une version un peu trop longue quoique intense), le cinéaste revient à une histoire plus réaliste mais en même temps, gardant un brin de fantaisie.

« The Lovely Bones » est une adaptation du roman du même nom qui s’intéresse à l’histoire d’une jeune fille de 14 ans qui se fait assassiner et violer. Alors qu’elle est « au ciel », elle ne peut s’empêcher d’observer sa famille complètement atterrée par le drame et également de suivre le détective qui enquête sur son meurtre. Car bien que le monde d’en-haut est fantastique, son meurtrier est toujours en vie et continue de faire des victimes.

On sent que Peter Jackson revient à ses premières amours avant de s’attaquer au deuxième volet de la trilogie Tintin (Pour ceux qui ne seraient au courant, ils sont en train de faire Tintin en images de synthèse mais en utilisant des acteurs pour l’animation un peu comme Boréal Express ou Beowulf de Robert Zemeckis. Steven Spielberg réalise le premier film et Peter Jackson fera le deuxième film.). Premières amours car ce mélange réalisme / fantaisie rappelle son Heavenly Creatures (Créatures Célestes) qui mettait en vedette une jeune Kate Winslet.

On verra donc en décembre si le réalisateur couronné d’un Oscar et qui a évolué réussira à nous toucher et nous emmener ailleurs (le plaisir même du cinéma).

Par la même occasion, parlant de meurtrier, je suis tombé sur cette histoire d’un malade mental qui aurait fait feu dans une classe d’aérobie aux États-Unis, tuant 3 femmes et en blessant 9 autres. Il semble, selon ce que raconte Patrick Lagacé (qui a cité un article du New York Times) que le gars aurait commis ce geste (évidemment, nul besoin de vous dire qu’il s’est suicidé quand la police est arrivée) parce que ça faisait depuis 1990 qu’il n’avait pas fait l’amour et sa dernière petite amie datait de 1984… Il y a donc 25 ans. Il a dit sur son site que 30 millions de femmes l’ont rejeté (selon lui, alors, ça vaut ce que ça vaut).

Oui, je peux comprendre que ça doit être dur de ne pas avoir de tendre moitié, de ne pas réussir à avoir une petite amie. Sauf que si le gars a été capable de prendre les armes et d’aller en abattre parce qu’il n’était plus en mesure de supporter ça, c’est peut-être un signe… Un signe que les filles sentaient. C’est drôle, mais quand on a plein de bébittes intérieurs, de démons qui ne veulent que sortir et qu’on est une marmite prête à exploser qui en plus est assez narcissique merci (suffit de lire son message « d’adieu » que Lagacé cite en début de billet), ça n’attire comme pas les filles. Très rare que j’aie entendu une fille dire: « Ah, hier soir,  j’ai rencontré un gars hyper centré sur lui-même qui a l’air d’avoir plein d’affaires pas réglées en lui… Ça m’attire tellement ! »

Ce qui me choque c’est qu’à ce compte-là, moi aussi, je pourrais me choquer et aller descendre du monde: ça fait 3 ans que suis célibataire et je n’ai pas eu de « one night » car je n’aime pas ça  ! Alors, prenons les armes et tuons des innocents au lieu de régler le problème ! En plus, ça me perturbe ce qu’il dit à la fin du paragraphe: « Un homme a besoin d’une femme pour sa confiance. » C’est drôle, mais ça me fait penser à tous les drames conjugaux qu’il y a au Québec et ailleurs. C’est incroyable comment bien des hommes hétérosexuels (je dis bien car ce ne sont pas tous les hommes hétéro qui sont comme ça… une chance !) doivent obligatoirement avoir une femme à leurs côtés. C’est comme si leur seul et unique raison de vivre devient le fait d’avoir une conjointe et que le jour où ils la perdent, ils perdent leur raison. Comme s’ils avaient perdu leur mère, littéralement. Ce qui est assez horrible. Merde, une conjointe ne devrait pas être considérée comme une « mère de substitution » à mon humble avis. Même chose pour les conjoints: ils ne doivent pas devenir des « pères de substitution ».

M’enfin ! Par moment, ça me décourage… 😦

Home: quels en seront les effets ?

C’est aujourd’hui, jour international de l’environnement,  qu’à travers 100 pays, le documentaire Home sera diffusé à la télé sans compter qu’il sera disponible gratuitement sur le Net. Ce documentaire de Yann Arthus-Bertrand et de Luc Besson (oui, oui, vous avez bien lu: Luc Besson ! le génie derrière la – insérer adjectif méchant ici – série Taxi pour ne nommer que celle-ci)  se veut une vision de notre planète actuelle, vue des airs.

Déjà plusieurs blogueurs comme le Détracteur – pour ne nommer que celui-ci – ont abordé ce film qui devrait être une claque en pleine face: un mélange des quelques rares beaux coins de paradis terrestres encore existants et la destruction que nous avons entrepris au nom du sacro saint dieu économie…

D’ailleurs, alors que je salue déjà ce documentaire (qu’il sera possible de voir à RDI également ce soir), je me demande néanmoins quels en seront les effets ? Attention, non pas que je doute de la pertinence et de la qualité cinématographique du film, mais je me demande si le message écologiste qu’il lance – un message relativement urgent – passera. Vous savez, cette foutue crise économique, elle a mis de côté un paquet de dossiers incluant l’environnement. Alors, je suis intéressé de voir quels seront les effets, les réactions après la diffusion du documentaire. Je vais essayer de m’y intéresser dans les jours suivants la diffusion de Home. Si jamais vous voyez ou lisez des réactions, faites-m’en part, j’aimerais revenir là-dessus peut-être au courant de la semaine prochaine.

Ah, la grippe A H1N1, c’est pas drôle, mais…

Bon, on en parle peu dans les médias vu le peu de morts qu’elle fait, mais il faut quand même dire qu’elle a contaminé près de 20 000 personnes dans le monde et que l’OMS s’apprête à augmenter le niveau de pandémie au max. Néanmoins, ne cédons pas à la panique et rions un peu, il paraît que rire, ça garde en santé !

Bon, certains l’ont probablement entendue avant, mais moi je l’ai entendue récemment de mon demi-frère et je voulais la partager:

Un lion, un ours et un cochon se rencontrent dans le cadre d’une réunion d’animaux divers. Voulant se vanter, le lion s’exclame: « Je suis l’animal le plus effrayant de la planète. Il suffit que je rugisse à pleine puissance pour que toute la savane tremble ! »

L’ours rigole: « Peuh ! Moi, je n’ai même pas à grogner au maximum pour que la forêt au complet se taise de frayeur. »

Le cochon, gêné, ose dire: « Ben je ne voudrais pas me vanter, mais moi, je n’ai qu’à tousser pour que la planète capote ! »

Le billet du jour: Vegekat pose une saprée de bonne question sur son blogue. À 8 mois environ des Jeux Olympiques de Vancouver, alors que les billets sortent, on se rend compte du coût astronomique des billets et on se demande: est-ce que les JO sont devenus un loisir de supers riches ? Une chance que, théoriquement, tous les peuples sont supposés le voir gratuitement à la télé… N’empêche qu’il me semble que depuis quelques Jeux, certains se désolent de voir parfois dans le cadre de certaines disciplines, des lieux de compétition pas super pleins… C’est drôle, je ne suis plus certain que ce soit tant les sports qui soient en cause que le fait qu’il faille hypothéquer un membre de sa famille pour assister à du patinage de vitesse ou du ski alpin sur place… Et ça, c’est sans compter l’hébergement, les repas et le voyage en plus.