L’état des hommes

Nous sommes le 6 décembre 2009. Il y a 20 ans, une terrible tragédie se produisait à Montréal: à l’école Polytechnique, un fou entrait et abattait 14 femmes et blessait 4 hommes et 10 femmes pour finir par se suicider. Un événement traumatisant pour une société qui ne savait pas qu’à peine 10 ans plus tard, ça deviendrait la mode d’aller dans un endroit public abattre des gens quand on est fêlé.

Car réglons la question tout de suite: Marc Lépine est un malade mental. Point. Ce n’est ni un portrait de tous les hommes comme ont osé dire certaines féministes à l’époque, ni un gars qui avait ses raisons de faire ce qu’il faisait si on écoute un discours extrémiste adverse. C’était un désaxé qui a eu l’opportunité malheureuse de se procurer une arme.

Ces jours-ci, il y a une campagne de pub contre la violence conjugale. Remarquez qu’on dit violence conjugale, pas violence faite juste aux femmes. Avec un ex-Invincible, Patrice Robitaille – qui a pourtant un CV rempli de rôles machos – qui déclame sa solidarité envers les femmes de sa vie. Bien fait, rien de trop choc ou d’extravagant. Néanmoins, elle dérange encore certains. Parce qu’on n’aborde pas la violence faite aux hommes. Vrai. Il va falloir un jour qu’on ose en parler. Parce que ça existe. En fait, déjà la pub avec le comédien va relativement dans le bon sens dans la mesure où il ne se met pas à pointer du doigt les hommes comme LES UNIQUES RESPONSABLES de la violence conjugale.

Sauf que pour certains, ce n’est pas assez. C’est vrai que je ne comprends pas il n’y a pas eu une version contraire: une femme qui parle avec affection des hommes de sa vie. Après tout, ça sonnerait aussi bien d’entendre:

C’est en pensant à grand-papa, papa, mon chum, mon fils, que je dis par amour et solidarité envers eux: non à la violence conjugale.

Sauf que ça passerait moins bien au niveau supérieur alias le Conseil du statut de la femme. Parce qu’elles y verraient un symbole de soumission face aux hommes. Car voilà un problème: ce Conseil est présidé par une féministe, ma foi, très vieux jeu. Vous savez, autour de moi, les femmes que je connais ont de la difficulté à se proclamer féministe. Ou du moins, elles le sont mais elles ne veulent pas écraser les mâles. Au contraire, elles veulent que l’on soit TOUS égaux. Mais avec une femme comme Christine Pelchat qui continue de voir, comme certaines féministes extrémistes, le féminisme comme une arme de quasi annihilation des hommes… on est loin d’un Conseil du statut de la femme ancré dans une nouvelle réalité. Car oui, il reste quelques domaines où il y a quelques injustices, mais si on se compare au reste du monde, les femmes ici sont quasiment des reines. Une bonne chose pour la plupart d’entre nous aimant les femmes.

C’est peut-être ce qui emmène à la seconde partie du problème: tout comme il y a des féministes qui souhaitent pulvériser tous les phallus, il y a de ces hommes qui… ouf… veulent qu’on écrase les femmes. N’allez lire que cet extrait publié sur le blogue de La Kaverne (qui soit-dit en passant n’approuve pas les propos des masculinistes, je tenais à le spécifier), ça vous donnera une idée. Dernièrement, Radio-Canada révélait ce blogue absolument abject où on glorifie les actions de Marc Lépine. Je ne fais pas le lien vers l’article de la Société d’État car elle a osé mettre un hyperlien vers le blogue en question et il est hors de question que je vous pave la voie vers cette monstruosité du Web.

Car ils existent les amis et on n’a qu’à les voir sortir dès qu’on parle justement des événements de Polytechnique ou lorsqu’on parle de séparation, de divorce ou de violence dans la société… Comment ils blâment tout sur le dos des femmes qui, selon eux,  « rendent les gars et la société fif » et qui veulent tout castrer au Québec. Comment ils mettent sur des pieds de stalle des gars comme Jean-François Plante (oui, le joufflu dont même l’ADQ ne voulait rien savoir), le Doc Mailloux et d’autres qui réclament la « place des hommes dans la société ». Ce sont eux qui ont menacé de mort ce cinéaste belge ayant fait un documentaire sarcastique sur ces dits mouvements masculinistes.

Et ils finissent toujours leur plaidoyer en disant comment – au Québec – à cause du « féminazisme », leur discours n’est jamais entendu ou pris au sérieux. Hé ben, non, les gars, on ne vous prend pas au sérieux. De un, parce que vous sonnez uniquement comme des gars qui ont vécu un divorce qui vous a coûté la peau des fesses et ou qui avez vécu des séparations clairement pas digérées. Donc, vos soi-disant valeurs pour améliorer le Québec sont légèrement biaisées par vos frustrations non réglées. De deux, parce qu’à vous entendre, on croirait que les femmes « dominent » depuis 200 ans la population… alors que ça ne fait que 70 ans que les femmes ont le droit de vote et comment dire, l’équité salariale ne date que depuis quelques années et pas partout encore. Finalement, il y a une telle haine dans votre discours, une telle volonté d’écraser la masse féminine que franchement, je ne vois pas pourquoi on devrait écouter des discours d’extrémistes – que ce soit d’un camp ou l’autre. On arrive bientôt à l’an 2010, il me semble qu’on devrait avoir dépassé le discours simpliste de la guerre des sexes pour un discours rassembleur afin de solutionner les problématiques sociétales actuelles et à venir.

Doit-on faire plus écho et prévenir la violence faite aux hommes ? Certainement.

Doit-on donner plus de ressources d’aide pour les hommes qui sentent une violence, une dépression, etc. ? Absolument, ça doit faire partie des priorités.

Doit-0n donner plus de chances aux hommes d’avoir une partie de la garde de leurs enfants et arrêter de privilégier aveuglément la mère quand on sait qu’il y a autant de mauvaises mères que de mauvais pères ? Oui.

Bref, oui pour aider davantage les hommes comme on a tant aidé les femmes (avec raison). Mais de là à embarquer et à encourager le discours de fêlés masculinistes qui rêvent au retour de l’époque où la femme était sa servante et où il pouvait la tirer par les cheveux… JAMAIS.

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Une Réponse

  1. La nouvelle trouvaille de Christiane Pelchat est que le béton est discriminatoire pour les femmes: http://blogue.lejournaldequebec.canoe.ca/2009/03/17/feminisme_desespere

    Le fémi-fascisme n’est pas le vrai féminisme qui, lui, est l’égalité entre les hommes et les femmes. Les fémi-fascistes honnissent les hommes et, si il leur faut utiliser les femmes pour pouvoir éradiquer les hommes, elles sont prêtes à le faire. C’est pour ça que ma blonde et plusieurs filles que je connais ne se reconnaissaissent plus dans le féminisme d’aujourd’hui.

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