Patates de sofa ou le militantisme paresseux est-il vraiment efficace ?

Il y a quelques semaines, le thème hebdomadaire du site pour lequel je travaille était: comment peut-on utiliser les médias sociaux d’Internet pour encourager le militantisme ? Dans ma recherche, je suis tombé sur un sujet qui faisait rage sur la Toile dans les milieux anglo-saxons. En effet, certains intervenants des milieux communautaires et humanitaires ont blâmé Internet de créer une génération de militants paresseux qui ne croient qu’un seul clic de souris est un geste citoyen. Au point que depuis 2001 (mais cette année, il y a une multiplication très grande du terme), un néologisme péjoratif est sorti: « slacktivism » (mélange de slacker et activism).

Évidemment, je ne citerai pas tous les éléments de mon article, laissant cette exclusivité à mon employeur. Néanmoins, je me permets de glisser un questionnement que j’ai à cet égard. Avant-hier, j’écrivais sur l’odeur de corruption au Québec, cette sensation de se retrouver en Sicile. Un collège blogueur m’a alors suggéré d’adhérer à un groupe Facebook intitulé : «Québécois pour une ENQUÊTE PUBLIQUE sur la CONSTRUCTION». Forcément, oui, j’y ai adhéré, en conviction avec ce que j’avais écrit. Le groupe propose même depuis aujourd’hui une pétition sur la Toile accessible à tous et qui sera remise à l’Assemblée nationale au cours de l’automne.

Et c’est là que le sujet du « slacktivism » m’est revenu en pleine gueule. Car le militantisme paresseux – si l’on veut traduire l’expression – c’est exactement ça: c’est s’inscrire à des groupes, signer des pétitions en ligne, acheter des bracelets comme ceux de Lance Armstrong pour le cancer, etc. En contrepartie,  une fois ces gestes commis, les militants paresseux ne donnent pratiquement pas d’argent aux causes et ne sortent jamais dans la rue. Bref, c’est la sensation d’aider une cause sans se mouiller.

Et ça m’embête. Non pas que je ne veuille pas signer la pétition – je vais le faire – mais je me dis : mais une fois que j’aurai fait ça, après cela… Quoi ? Je vais rester là à attendre que peut-être Charest daigne y jeter un œil distrait ? Il y avait hier des manifestations dans le monde pour que les pays luttent efficacement contre les changements climatiques. Mais comme Cécile Gladel l’écrivait à la fin de son billet: « Pensez-vous que manifester peut changer les choses? »

Hé bien, je repose la question à l’envers : « Pensez-vous que se servir uniquement d’Internet pour le militantisme peut changer les choses ? » Moi, j’ai des doutes. Évidemment, c’est plus difficile pour moi et d’autres car souvent les mouvements de masse se font à Montréal et à Québec. Mais ce n’est pas une excuse ! Parce qu’il me semble que quand une cause nous tient à coeur, on fait tout pour militer pour elle. M’enfin, c’est peut-être une critique de mon propre militantisme qui n’est pas assez présent.

Sicile P.Q.

-On a trouvé un entrepreneur/politicien honnête. -T'inquiètes pas, on va s'assurer que ça ne dure pas.

Je voulais recommencer à écrire à un rythme plus régulier, mais un vilain rhume (non, ce n’est pas la grippe H1N1) m’a forcé à me concentrer sur le boulot et le repos.

Mais j’écoute les nouvelles et lis les blogues et il en ressort une chose. Vous vous rappelez comment il y a à peine dix ans, on regardait les pays en voie de développement, les pays d’Amérique du Sud et d’Afrique, la Russie, la Chine et d’autres pays en se disant: « Hé, on est don’ chanceux de vivre dans le plusse meilleur pays du monde et jamais on sera confronté à autant de corruption que dans ces pays-là. »

Hé bien, aujourd’hui, après tout ce qui sort jour après jour grâce au travail journalistique,  je me sens Sicilien, Africain, Argentin, Mexicain, Chinois, etc. Bref, bien loin du nirvana qu’on nous vantait quand j’étais enfant et adolescent. Il ne faut pas chercher loin: où il y a de l’homme, il y a de « l’hommerie ». Et dans un système capitaliste qui valorise ceux qui possèdent, pas étonnant qu’on veule toujours plus d’argent et qu’on contourne ce mot contraignant appelé « éthique ».

Parce que disons les choses comme elles sont, à la limite, Tony Accurso a quasiment raison de déposer une poursuite contre Radio-Canada. Après tout, rien dans la loi n’empêche que des instances syndicales soient ami avec le plus influent entrepreneur au Québec. Il n’y a rien d’illégal à ce que des députés, des politiciens, des gens du monde municipal et syndical aillent sur le yacht luxueux du dit entrepreneur. Mais est-ce moral, éthique ? Absolument pas. Et c’est qu’on ne peut rien prouver de ces rencontres en catimini. Peut-être ont-ils seulement pris un bon verre de vin, accompagné de mets fins et d’un cigare en regardant le St-Laurent. Mais il y a peut-être eu aussi collusion, échanges d’enveloppes d’argent et ententes sur le bateau.

Et là, avec les actes du « Fab Fourteen » mises au grand jour, les scandales qui ont affligé la ville de Montréal depuis un an (avec un « SUPER » maire qui a à peu près la crédibilité d’un Jean Pelletier à la Commission Gomery), les frasques immorales de Benoït Labonté (alias « je n’étais pas là quand on a distribué le charisme), la tentative de sabotage des élections municipales à Boisbriand au nom de « la sauvegarde d’argent » (remarquez comment la sauvegarde de la démocratie, ce n’était pas très important pour Lino Zambito et la mairesse St-Jean) et d’autres, on se dit qu’il y a une culture pourrie au Québec.

D’ailleurs, petit paragraphe parenthèse: avez-vous remarqué la connotation italienne des noms qui sortent dans les scandales ? Zampino, Accurso, Zambito… Pas que je veuille jeter la pierre à une communauté en particulier (la corruption ici est autant « de souche » que multiculturelle), mais ça sent la mafia italienne revenue en force en ta…

Forcément, je n’ai pas connu la Commission Cliche avec mes 25 ans tout juste. Je n’ai pas connu cette purge dont on parle encore aujourd’hui. Mais une chose est sûre: je ne verrai pas de Commission de ce genre dans ma vie, je crois. Du moins, pas avec l’attitude actuelle des politiciens. Parce qu’une commission s’intéressant au milieu de la construction, mais également à la collusion des contrats municipaux et gouvernementaux et au financement des partis politiques, ça ne ferait pas tomber que quelques têtes. Ça serait une hécatombe et le PLQ et le PQ le savent trop bien. Ils savent que des irrégularités dans leur financement et avec leurs ministres et premiers ministres pourraient sortir. Alors, ils feront tout pour éviter une enquête publique.

Est-ce à dire que de voter au municipal ne donnera rien ? ABSOLUMENT PAS. Je continue, malgré notre démocratie viciée, à rester un démocrate dans l’âme et le vote reste le seul moyen de se faire entendre. Un lecteur proposait sur le blogue de Patrick Lagacé d’au moins annuler son vote en masse pour envoyer un message clair. Mais cette idée, bien que séduisante au départ, me laisse perplexe. Car elle réalisera le souhait de ceux qui veulent voir certains maires/mairesses passer pour leur bien (alias les corrompus et agents de corruption). Car eux ne voteront pas blanc. Alors, non, il faut vraiment voter pour celui ou celle qui nous semble plus « propre » (remarquez que le mot est entre guillemets).

Si l’on veut vraiment purifier l’air de notre démocratie, il faudra qu’on sorte les amis. En masse. Malgré les risques de grippe H1N1. Quitte à porter des masques, il faudra que la population démontre davantage que par des sondages et des opinions de lignes ouvertes. Parce que c’est ça la démocratie, c’est prendre le droit d’aller dans la rue et d’exiger du gouvernement qu’ils nous entendent. Ça fait trop longtemps qu’on est assis sur notre steak à beugler au téléviseur. Vous voulez une enquête publique comme moi ? Il faut sortir, manifester sa colère, exiger des comptes.

À moins que vous aimiez le fait de vivre dans les intérêts de la mafia, des Hells, etc.

Et le monde tourne

Bon, petit retour sur ce qui a touché l’actualité dans les dernières semaines et mes opinions là-dessus très courtes ou moins courtes . Évidemment, l’actualité a été chaude alors je ne couvrirai pas tout ce qui s’est passé. Seulement quelques événements:

Le petit « tour de chant » de Stephen Harper: OK, ce n’est pas le fait que le premier ministre (ancien pianiste) ait chanté une chanson des Beatles qui m’achale mais le mouvement de « Oh mais y est-tu « cuuuute » ! » ou « Oh ça le rend tellement plus humain ! » qu’il y a autour. Votre « nouvel ami chanteur », je vous le rappelle, disait pratiquement il y a un an que les artistes étaient des sangsues, des bêtes en quête de visibilité dans des galas chics. Et là, on le voit dans un gala au profit des jeunes artistes… Et vous aller me faire accroire que ce n’est pas un coup politique planifié ? Ben ouais !

Oh et j’aurais bien publié la vidéo de Harper, mais comment dire, notre comité aux subventions a décidé de refuser sa demander. Pas assez de valeurs canadiennes dans la chanson (chanson britannique) et chez le chanteur aussi à droite socialement que le Parti républicain des États-Unis.

Public vs privé, l’éternel combat des écoles: À cette période de l’année, c’est le moment où l’on se rue sur les examens d’admission du privé. Bien sûr le mouvement populaire veut que point d’école privée, point de salut pour nos jeunes qui seront alors confrontés à la drogue, au sexe et pire, « aux races ».  C’est bizarre car parmi les plus grands drogués que j’ai connus au secondaire, la plupart provenaient… d’écoles privées. Et puis, comment dire, il y a peut-être plus de sexe et de drogue à l’école privée parce que ce n’est pas un club sélect et donc, forcément, il y a toutes sortes d’individus: des cancres profonds aux génies.

Le problème avec le financement de l’école privée à 60%, c’est qu’elle veut les avantages du public (financement du gouvernement) sans les désagréments (élèves à problème, familles pauvres, etc.). Alors, on veut continuer à financer le privé ? OK, mais elles devraient respecter un ratio d’élèves en difficulté et d’élèves moins fortunés dans ses murs (et donc, qui ne paieraient pas).  Quoi ? Mais ça deviendrait une école mixte, presque publique !, s’écrièrent les parents d’effroi. Peut-être mais ça serait mes conditions pour un financement de l’État. Sinon, vous vous débrouillez  comme une véritable entreprise privée ! Mais personne ne pourra se permettre un tel coût ? Pas notre problème ! Parce que pourquoi je paierais pour un système qui peut faire ce qui veut, qui peut choisir qui il veut avec mon argent et à la fois un système qui fait ce qui peut avec les faibles moyens qu’il a ? Certains partisans du privé diront qu’ils paient déjà la taxe scolaire même en envoyant leurs enfants au privé.  C’est vrai. D’ailleurs, je serais prêt à faire une exemption à ces parents: à condition qu’ils paient 2000-3000-4000 $  par année d’instruction pour leur(s) chérubin(s) comme le font tous les parents en Amérique qui tiennent mordicus à éviter le système public. C’est ça le rêve américain, ça coûte très cher.

C’est drôle, hein ? On parle souvent des vaches sacrées que l’on doit modifier au Québec. C’est le motto de l’ADQ d’ailleurs. Pourtant, parmi toutes les vaches sacrées au Québec, celle du financement public d’écoles privées passe sous silence…

Coderre et le PLC : Pas grand chose à dire. Il faut le dire, j’ai toujours vu Denis Coderre comme la grosse mascotte fatigante du Parti Libéral. OK, ouais, elle est bien sympathique au début et pleine de couleurs. Sauf que dans ce cas-ci en plus, elle a une grande gueule, elle ne la ferme jamais et elle a tendance à se lancer devant chaque lentille pour garder sa popularité. Pas étonnant que certains grinçaient des dents avec lui comme lieutenant du Québec.

Quant à Ignatieff, ça a démontré son manque de leadership flagrant et son incapacité à gérer une crise. Qu’est-ce que ça serait s’il était premier ministre et qu’il devait gérer des crises bien plus graves qu’un dodu québécois aspirant à sa « job » ? Plusieurs ne comprennent pas pourquoi la sauce Ignatieff ne prend pas. Peut-être parce qu’on croit qu’elle sent nouvelle, elle a l’air nouvelle, mais elle n’a pratiquement pas de goût, on ne sait pas où ça veut aller et quand il y a un goût, c’est un vieux fond de fédéralisme centralisateur que tout le monde déteste. Oui, la sauce peut prendre de la saveur mais pour cela, ils doivent ajouter des épices (alias des idées, des propositions rassembleuses… pas juste « s’opposer pour s’opposer ») au plus sacrant ! Parce que j’ai bien peur qu’une sauce aussi fade laisse la porte toute ouverte à un Harper majoritaire… Gulp !

Barack Obama, prix Nobel de la paix: J’ai eu deux réactions à cette nouvelle. La première était un sourire en me disant que c’est vrai qu’avec Obama à la tête des États-Unis, le discours international guerrier a changé et tout. Puis, j’ai fait comme: « Ouais, OK, le discours a changé mais pas les actions… » Après tout, ne sont-ils pas encore en Irak et en Afghanistan ? Ils se demandent même s’ils doivent envoyer plus de troupes dans ce Vietnam des années 2000…

Et puis, en un an, son bilan ne m’impressionne guère. Je comprends qu’aux États-Unis, c’est plus facile de déplacer une maison avec la force de ses bras que de faire passer un projet de loi, une réforme, etc. Mais au-delà des beaux discours, il faut du concret. Sinon, ça ne donne qu’un acteur charismatique. Alors, oui, c’est trop tôt le prix Nobel de la paix à Barack. Cependant, on peut se dire que c’est peut-être surtout un prix du style « Merci de ne pas être George W. Bush ».  Là-dessus, oui, il le mérite.

La bébelle de Guy mission humanitaire de Guy Laliberté dans l’espace: Comprenons-nous bien. Guy Laliberté n’a pas volé son argent. Il l’a pleinement mérité. Il a le droit de faire ce qu’il veut avec son dû. Donc, il a les moyens de se payer un voyage dans l’espace et il l’a fait. Parfait. Le gars est milliardaire, mais donne 1% de son revenu à sa fondation One Drop. C’est TRÈS peu, mais c’est vrai que rien ne l’oblige théoriquement à le faire.

Là où je décroche, ça a été tout le battage médiatique ici sur ce fameux spectacle qui eut lieu vendredi passé et qui franchement… était une grosse pub du Cirque du Soleil avec – oh je l’accorde ! – beaucoup de moyens, mais très longue et ennuyeuse et qui a servi à quoi au fond ? Parce que c’est bien beau dépenser des millions de dollars sur un spectacle supposé sensibiliser sur l’eau, de rassembler David Suzuki, Al Gore, U2 et d’autres artistes et militants dans le monde, mais quand le show ne passe à la télévision que dans quelques pays et sur des chaînes anonymes (genre, ici, à RDI)… Il me semble que l’impact équivaut à une goutte dans l’océan, sans jeu de mots. Oui, OK, il y avait Internet, mais franchement, je n’ai pas ressenti un mouvement de soulèvement populaire de protection de l’eau et pour que tous aient accès à de l’eau. Je suis même convaincu qu’il y a quelque part en fin de semaine, un « twit » qui a profité de la belle fin de semaine pour laver son entrée de garage…

C’est qu’à ce prix-là, pourquoi ne pas avoir simplement injecté tout cet argent dans la fondation One Drop ? Ou pour créer un documentaire coup de poing sur la question de l’eau ? Je pensé sincèrement que j’aurais préféré que Laliberté dise simplement: « Je me paie un « trip », je vais dans l’espace. Ça a toujours été mon rêve depuis que je suis gamin. » Plutôt que d’essayer de camoufler cela sous un couvert philanthropique qui s’avère être davantage des coups d’épée dans l’eau plus qu’autre chose. Et non, ce n’est pas de dénigrer le gars, ce n’est pas pour « démoniser un riche »;  c’est juste qu’au bout du compte, on se demande s’il n’aurait pas été préférable que le tourisme spatial passe incognito plutôt que de nous faire croire à un événement MONDIAL et incroyable… qui n’a finalement pas réuni grand monde.

Bon, et on fait quoi ?

Maudite grippe H1N1 ! Dieu que ça doit faire l’affaire des politiciens ! Parce qu’avec la panique créée autour de la supposée deuxième vague à venir et toutes ces infos contradictoires, on ne sait plus où donner de la tête.

Se faire vacciner ou pas ? Certains disent que le vaccin à la va-vite, qu’il est donc plus dangereux que le virus lui-même, y en a même qui disent que le vaccin sera un produire qui fera un génocide, stratagème de compagnies pharmaceutiques (quoique ça, comment dire, je doute pas mal de cet argument). De l’autre côté, on dit que le virus s’attaque encore plus durement aux gens de mon âge, que les conséquences peuvent être plus dangereuses si une grande partie de la population ne se fait pas vacciner.

Mais bon, il n’y a pas d’obligations de le prendre. Sauf que… Moi, je vis avec quelqu’un qui a une maladie pulmonaire. Cette personne n’aura pas le choix de se faire vacciner pour la maladie comme elle doit le faire de toute façon pour la grippe saisonnière. Sauf que je me demande si ça ne serait pas plus prudent de le faire aussi, éviter que le virus court chez moi, question de ne pas mettre en danger la personne en question.

De l’autre côté, et si on s’énervait le poil des jambes pour rien ? À ce que je sache, la saison de grippe durant l’été (l’hiver dans l’hémisphère sud) dans les pays du Sud n’a pas été plus mortelle qu’à l’habitude. Et puis, rappelez-vous la panique du virus du Nil il y a 7 ans. On ne pouvait plus sortir dehors l’été sans chasse-moustique selon les « experts ». Et aujourd’hui, le virus est pratiquement invisible et même les oiseaux sont rendus immunisés !

Alors, est-ce la pandémie n’est pas déjà amorcée ? Celle de la peur ? De l’autre côté, peut-on vraiment prendre le virus à la légère ? Vous voyez le dilemme… En tout cas, vivement qu’on arrête de prendre des bribes d’informations à droite et à gauche pour faire des suppositions alarmistes. Peut-on avoir de l’information rigoureuse à ce sujet s’il vous plaît ? Ça serait déjà un bon remède à la confusion actuelle.