La langue de ouate

J’ai eu le malheur de voir le début des travaux à l’Assemblée (enfin de retour au « boulot » les députés ! c’est drôle, eux, personne ne les critique qu’ils aient plein de mois de congés…) et franchement, j’en suis presque à me demander si le je ne souhaiterais pas voir des « Menteurs » hurlés à l’Assemblée nationale comme c’est arrivé à Barack Obama la semaine dernière.

Parce que bon, on parle d’une loi que les libéraux voudraient faire passer pour un retour à l’équilibre budgétaire le plus rapidement possible et également d’éthique. Et là, la chef de l’opposition officielle Pauline Marois ose dire que le premier ministre a induit en erreur la population lors des dernières élections il y a un an.

Pouf ! Soudain, la bébitte molle le pantin de Charest le président de l’Assemblée Yvon Vallières arrête la question de Mme Marois: « Je vous invite à retirer vos propos non parlementaires. »

PARDON ?! « Induire en erreur », c’est devenu une grosse injure parlementaire ? Je peux comprendre que les épithètes du type « menteur », « crosseur », « con(ne) », épais(se) » et d’autres ne soient pas admis dans une assemblée d’élus se « voulant » civilisée. À la limite, « girouette » faisait de la grosse « pepeine » à Mario Dumont alors on l’a retiré des termes acceptés. Je peux comprendre, même si je trouvais le terme SI approprié…

Mais là, on ne peut même plus dire « induire en erreur », « tromper la population », etc. Dites-moi, si c’est rendu que l’opposition officielle ne peut plus accuser le gouvernement de ses frasques ou l’obliger à répondre, pourquoi est-ce qu’on élit une opposition ? Aussi bien avoir une monarchie ou une dictature qui se ferait flatter dans le sens du poil.

À vouloir une assemblée trop « politically correct », on a dénaturé le débat politique. C’est devenu un espèce de sport où il faut marcher sur des oeufs, choisir ses mots avec soin sinon on se fait couper par l’autre bozo en avant qui ne semble là que pour détecter les « méchants mots non règlementaires ». Pas étonnant qu’on ait l’impression que la politique est morne: non seulement les politiciens ont la langue de bois envers le public et, en plus, ils doivent se tremper celle-ci dans la ouate rendu à l’Assemblée nationale.

On est loin de ça, disons…

Sans désirer que nos débats deviennent aussi fous et indisciplinés que ce vidéo ci-dessus (combat au parlement de Bolivie), il me semble que nos élus auraient avantage à sortir leurs griffes, question de ne pas totalement endormir une population déjà – pour la plupart – prise dans une torpeur dont ils ne pourront sortir.

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