Polanski est coupable

Ce billet va prouver à quel point il m’arrive aussi de pencher à droite dans ma vision des choses. Faut bien que je fasse du Martineau de temps en temps. 😉 Non, c’est que j’ai l’impression que ce mouvement de sympathie envers le cinéaste Roman Polanski, arrêté dimanche en Suisse, est un peu trop grand.

Vous le savez, je déteste le deux poids deux mesures. Alors quand je vois certaines personnes prendre la défense de M. Polanski alors que je m’excuse, mais il a commis le même genre d’acte envers une fillette de 13 ans qu’un certain Guy Cloutier a fait à une Nathalie Simard à l’époque et pourtant, ces mêmes personnes ont traîné – avec raison – l’ancien producteur dans la boue, je ne comprends plus rien.

Ah, c’est vrai ! C’est Polanski, cinéaste supposément raffiné (excusez-moi, mais s’il a fait des chef-d’œuvres, je le concède, il a aussi fait des daubes genre The Ninth Gate ou un énième remake de Oliver Twist), le genre qui fait baver les critiques alors que Guy Cloutier produisait des gros shows gras de popularité, des artistes populaires et des shows télé où l’utilisation de neurones était facultatif (et j’avoue que ce n’est faux là aussi).

Donc, si je comprends bien: c’est t’es un gros dégueu populiste, t’as pas le droit de violer une jeune fille. Mais si tu es un cinéaste oscarisé et plébiscité par les critiques, ah là, permets-toi toutes les conneries que tu veux mon homme ! On va te défendre !

Honte à Cassivi et Lussier !

Je pense que la cerise sur le gâteau, ce sont les réactions de Marc Cassivi et Marc-André Lussier qui osent prétendre qu’un festival de films, ça devrait être comme dans une église, tu as une immunité face à la police. Euh… NON ! Déjà que je ne comprends toujours pas pourquoi quelqu’un qui va se réfugier dans une église est à l’abri de la police…

Alors, si je comprends leur logique, un producteur/réalisateur/scénariste/acteur tue quelqu’un volontairement pendant un festival de films, on devrait laisser tomber les accusations ? Ben quoi, ça s’est passé pendant un festival de films ! Alors, c’est génial, à Cannes, à Venise, à Berlin, à Namur et même à Montréal, pendant quelques semaines dans l’année, si vous faites partie du monde cinématographique, vous avez le droit de commettre tous les actes criminels répréhensibles par la loi et on n’a pas le droit de vous arrêter ! C’est le fun, hein ? Belle jurisprudence que ça fait.

Je suis conscient effectivement que son arrestation en Suisse était un peu… moche et surprenante. Surprenante parce que ça fait des années qu’il vit en France, comment ça se fait qu’on ne l’a pas arrêté plus tôt ?!! Surtout que le gars s’est déclaré coupable ! Sauf qu’après une quarantaine de jours en prison, il a fui. Ça lui tentait plus. Car ça a beau être le réalisateur de The Pianist, mes amis, ça reste un FUGITIF !

Et ça n’a rien à voir, contrairement à ce que dit Cassivi, avec la liberté d’expression. On ne parle pas d’un cinéaste qui fait un film dont les propos ne plaisent pas à quelques pays. On parle d’un gars d’une une quarantaine d’années qui s’est amusé à badiner avec une jeune fille de 13 ans (pas 16, 17 ans sur le bord d’être majeure… 13 !!!) et l’a violée, s’arrangeant pour la droguer  afin qu’elle soit « consentante ».

Oui, mais la victime dit qu’on peut abandonner les poursuites. Euh… à ce compte-là, y a bien des criminels qui seraient dans les rues car bien des victimes abandonnent en cours de route par peur de représailles ou découragées du processus. Or, c’est la société qui poursuit M. Polanski, pas la chère dame.

Oui, mais c’est une erreur de jeunesse. Wô ! Depuis quand violer une fille de 13 ans fait partie des « erreurs de jeunesse » ? Conduire saoul ou faire du « car surfing », oui. Consommer un mélange d’un paquet de drogues ensemble, oui. Baiser avec une fille/un gars sans condom pour un « one night stand », oui. Voler un dépanneur, oui. Violer une mineure… Hum… Me semble que ça ne fait pas partie du processus normal. En plus, peut-on parler d’erreur de jeunesse ? Le gars avait les 40 ans dépassés quand c’est arrivé !

Oui, mais il vient d’une époque qui était libertine sur le plan sexuel / mais il a vécu des choses terribles comme sa femme enceinte se faisant assassiner par Charles Manson. OK, oui, c’est vrai que son passé a été dur. Mais à ce compte-là, y a bien des criminels qui ont un passé terriblement dur (abandon parental, toxicomanie, inceste, etc.). Devrait-on tous les acquitter ? Et puis, ne me sortez pas l’argument de l’époque de la libération sexuelle ! Parce que si vous me sortez cet argument, je vous demanderais: comment réagiriez-vous si, hypothétiquement, je vous disais que je viens d’un milieu où il était bien vu à chaque semaine d’éventrer des bébés chats et percer l’hymen des jeunes filles avec un couteau de chasse ? Me pardonneriez-vous le fait que j’attaque des jeunes filles avec un couteau en raison de cela (ce que je ne fais pas, c’est un exemple) ? Non, hein ? Vous feriez bien ! Heureusement, d’ailleurs, que je ne viens pas de ce genre de milieu. 😉

Oui, d’accord, il n’a fait qu’une victime. OK, ça fait un bon bout de temps et la justice pourrait lui donner un pardon. Sauf qu’il faut qu’il assume et aille justement devant la justice pour le demander. C’est pas en restant en Europe comme un fugitif qu’il va s’aider et je ne trouve pas qu’on envoie un bon message en disant aux agresseurs sexuels: hé, les gars et les filles, si vous êtes des génies dans votre domaine, on va vous pardonner vos actes répréhensibles car on vous aime bien !

Je suis d’autant plus traumatisé de voir les réactions françaises qui défendent gros comme le bras le cinéaste qu’ils avaient accueilli sous leur aile. Euh… C’est quoi ? En France, c’est bien vu de coucher avec des filles de 13 ans ?

Bon ben sur ce, pendant que vous me traitez de vieux réactionnaire coincé, je vais aller subir une douche de « démartineausation ». Parce que ouf, c’est dur d’écrire avec la veine sortie du front comme ça. 😉

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R.E.P Falardeau: un défenseur de l’indépendance n’est plus

Pierre Falardeau (1946-2009)

Il y a toujours un moment dans l’année où deux personnalités hollywoodiennes meurent dans un court de laps de temps entre les deux et deux personnalités québécoises meurent qui font la même chose. Pour Hollywood, il y a eu en juin dernier la mort de Farrah Fawcett et d’un certain MJ (quoique la mort de Swayze aussi a fessé fort il y a peu de temps). Ici, en deux jours coup sur coup, c’est le décès tragique par suicide de Nelly Arcan et là, ce matin, le choc encore: Pierre Falardeau n’est plus.

Bon, je l’avoue je n’étais pas le plus grand fan du cinéaste. J’ai toujours trouvé imbuvable la série des Elvis Gratton et certaines des déclarations incendiaires et à l’emporte-pièce du réalisateur ont nui au mouvement souverainiste en décourageant les souverainistes mous, ceux qui branlaient dans le manche et qui se sont, pour beaucoup, tournés vers l’ADQ. Mais, il faut reconnaître que ses documentaires de l’époque étaient très forts, son film sur 1789 et sur la crise d’octobre ont été des intéressants reflets de notre nationalisme et il avait le mérite de, à défaut de rallier les Québécois, de galvaniser les tranches souverainistes convaincues et d’avoir défendu sa cause jusqu’au bout.

Malheureusement, ce foutu cancer lui aura ôté la chance qu’il voit de son vivant la souveraineté du Québec (quoique soyons honnêtes et pessimistes: pour l’instant, pas comme si c’était à l’horizon… ou ça l’est, mais c’est loin l’horizon). Évidemment, ils ne le diront pas, mais les fédéralistes rigolent de sa mort par en dedans. C’est, bien que tordu, de bonne guerre. Après tout, n’avons-nous pas tellement joui intérieurement lors de la mort de PET ?

Alors, M. Falardeau, où que vous êtes, on vous souhaite de pouvoir vous reposer de cette lutte ardente et de  savoir quand on l’aura notre pays. 😉 En espérant que la réponse ne soit pas : jamais.

Par contre, je sais que vous m’en voudriez. Pas pour mes réserves face à vous, mais plutôt le fait que « j’ai plogué l’article annonçant ma mort en pigeant sur le site de Radio-Cadenas câlisse » ! J’aurais bien aimé le piger sur Le Devoir, mais le site ne parle pas de votre décès pour l’instant et quant à Vigile.net, il plogue l’article de Cyberpresse (sic).

Alors je me suis qu’entre Radio-Cadenas et Power Corporation, vous préféreriez le premier.

Un peu de cynisme dans le cas de Lacroix

Source: Blogue des conseillers

Pauuuuvvvre Vincent Lacroix ! Notre homme qui a déclaré coupable ce lundi aux 200 chefs d’accusation qui pesaient contre lui – évitant ainsi de devoir dévoiler où est allé l’argent des 9200 investisseurs – s’en veut. En effet, il aurait transmis une lettre de 2 pages à Alain Laforêt, journaliste à TVA qui a suivi toute l’affaire (surtout le procès pénal puisqu’il n’y aura pas de procès criminel, juste une condamnation).

Il est très amusant de lire les propos de l’homme et de les regarder avec cynisme:

Au procès pénal, j’ai voulu éviter un procès, mais je n’ai jamais accepté l’offre qui était une sentence au-dessus de cinq ans……

Ah donc, déjà, ça part mal. Le gars écrit une lettre aux investisseurs pour s’excuser, mais dit derechef que jamais il n’a voulu aller en prison plus que 5 ans en plaidant coupable… Hum, on sent vraiment TOUTE LA CULPABILITÉ QUI L’HABITE !

Je suis complètement terrassé des GRAVES MALHEURS et PRÉJUDICES FINANCIERS ET MORAUX que je vous ai causés.

Première nouvelle: depuis quand ? Parce que durant le procès pénal, vous aviez plus l’air baveux qu’autre chose, niant les faits systématiquement.

J’ai été mégalomane et complètement hypnotisé…

Par qui ? Les danseuses de Chez Paré ? C’est là que vous auriez dépensé vos 115 millions d’ailleurs ? Si oui, j’espère que ça valait la peine, qu’elles vous ont fait la totale. Parce que si c’est seulement en danse à 10$, ça serait de nous faire croire que vous avez eu 11 500 000 danses. Un chiffre légèrement incroyable.

Je me suis battu pour que les procédures soient en ordre, non pas pour ma non-culpabilité.

Ah j’imagine que c’est pour ça que vous avez tenté 2 FOIS de faire annuler votre procès criminel ? Pour ne pas éviter votre culpabilité ?

J’ai fait une faillite personnelle et corporative, ce qui signifie que je n’ai plus d’actifs. Tout est entre les mains des syndics … POURQUOI ON NE VOUS DISTRIBUE PAS L’ARGENT QUI SE TROUVE CHEZ LES SYNDICS?

C’est une foutue de bonne question Vincent (tu permets qu’on se tutoie et que je t’appelle Vincent ?), mais dis-moi pourquoi ne leur demandes-tu pas de le faire aux syndics ? Et il y aussi une autre question – cynique mais probablement réelle – est-ce possible que le syndic n’ait pas cet argent que tu as mis dans un compte « offshore » inaccessible ? Ou peut-être dans des résidences que ta famille refuse de vendre ?

En attendant le recours collectif, cela pourrait alléger vos souffrances. TOUT ÇA AU NOM D’UNE JURISPRUDENCE PLUS DURE.

Une jurisprudence que tu t’évites en plaidant coupable tout de suite, n’est-ce pas ?

MES ENFANTS NE VEULENT PAS ÊTRE VUS EN PUBLIC AVEC MOI.

J’espère bien, cibole ! Déjà que si tu avais, selon ce que tu as dit à ton procès, des tendances à boire beaucoup, travailler souvent et aller aux danseuses, tu devais déjà être un père médiocre. Alors, il ne faut pas croire qu’ils vont être fiers de voir que leur père a fraudé 9200 personnes pour 115 millions de dollars. Disons que ça ne doit pas être facile pour eux de porter le nom de Lacroix, surtout qu’il sont peut-être en contact avec des enfants et des petits-enfants des victimes de ta crosse.

Tout comme je l’ai mentionné à un homme qui voulait me faire payer le scandale Norbourg, tu peux me frapper mais tu ne peux pas me tuer, JE SUIS DÉJÀ MORT.

Ah, je suis d’accord avec ça. Tu devais effectivement être mort, même avant les événements. Parce que pour voler les économies de petits épargnants pour ton profit personnel et ce sans remords comme tu l’as fait, il faut être assez mort de l’intérieur. On appelle même ça de la psychopathie mon homme.

Ah, on me dira que Lacroix a des remords. Bien sûr, comme quand Guy Cloutier a plaidé coupable. Ça sonne toujours bien des excuses publiques avant une représentation sur sentence dans quelques jours. Ça permet à l’avocat de la défense de plaider le facteur atténuant des « remords ».

Sauf que des vrais remords, à mon avis, ça commence dans les moments après que le geste pas correct a été posé. Pas des années plus tard, à quelques jours et quelques semaines d’une sentence.

Si je serais prof de françès…*

*J’espère qu’on a compris que j’ai fait ces fautes exprès…

Bon, c’est un des sujets qui retient l’attention ces jours-ci. Le fameux test de français que les enseignants doivent passer depuis cet automne fait des victimes. Uniquement cette semaine, on rapportait qu’il avait eu le scalp de 14 étudiants de l’université de mon patelin, celle de Sherbrooke.

Ouch !

Pas fort comme dirait ce chroniqueur. Certains ont dit qu’il s’agissait des conséquences d’une génération pour laquelle on a abaissé les standards pour passer son année scolaire. Hé ho ! On se calme ! C’est vrai qu’il y a et a eu du laxisme au Ministère de l’Éducation… Sauf que je suis désolé mais je viens aussi de cette génération-là. Le gars dans l’article de La Tribune que j’ai cité plus haut a exactement mon âge. Pire, en regardant son nom et sa photo, je me suis rappelé que j’étais allé dans la même école primaire que lui et dans la même classe de mon souvenir !

(Note à part: c’est incroyable cette semaine comme je n’arrête pas de voir et d’avoir des nouvelles des gens qui se sont retrouvés dans mon passé… Dimanche, c’était un ancien ami – dont je me serais passé de la présence – à un restaurant. Hier, à la télé, je vois un collègue de Cégep que j’ai beaucoup apprécié jouer à un jeu télévisé… Et là, aujourd’hui, ce gars du primaire qui étudie en enseignement… ou plutôt, pas vraiment, étant donné qu’il a coulé son examen de français. 😦 )

Bref, pour en revenir à mon propos, je viens aussi de cette génération et c’est bizarre car, dans mon cas, je n’ai jamais eu de professeurs étant laxistes sur le français. Je ne suis pas le fruit de la réforme, elle s’est amorcée alors que j’avais quitté le primaire. Même au secondaire j’ai eu droit aux termes NORMAUX (comment ils ont osé éliminer les termes « complément d’objet direct » dont on se rappelait très facilement le fameux code COD ou COI pour complément d’objet indirect ?) dans mon apprentissage. Alors, excusez le terme anglais, bullshit que c’est une question de génération. Mes professeurs ont toujours exigé de moi et de chaque élève un français irréprochable.

Évidemment, ça ne veut pas dire que certains de mes camarades n’ont pas eu le français en horreur. Après tout, il faut le dire, j’étais reconnu pour être une « bolle » en français. Et justement, même si mon français oral n’est vraiment pas parfait, que mon français écrit contient parfois quelques lacunes et coquilles, je considère que je fais de véritables efforts pour écrire et parler comme il se doit. Personne n’est parfait, j’en conviens, mais il est normal d’exiger des professeurs que leur français soit bon. Déjà qu’avec une note de passage de 70%, on ne demande pas la mer à boire non plus.

Je serais curieux de passer le test, voir s’il est « SI DIFFICILE » qu’on le dit. Parce que, pour les deux questions que j’ai vues, c’était franchement pas si dur. Suffit de se servir de son gros bon sens. Mais bon, je ne passerai pas le test puisque JAMAIS je ne deviendrai professeur. Je sais qu’on ne doit jamais dire jamais dans la vie, mais dans ma tête, c’est clair. Ah bien sûr: je crois avoir le français pour le faire et on parle tout d’un même d’un emploi stable. On aura toujours besoin de professeurs. Ça serait un cheminement logique aussi. Du côté de ma mère, mise à part celle-ci, la plupart des membres de ma famille sont ou ont été professeurs dans divers niveaux scolaires (du secondaire à l’université).

Mais non.

Premièrement, pas question que je retourne 5 années sur les bancs d’école (ce qui veut dire 5 années d’endettement) à devoir étudier des réformes scolaires qui ne cessent de changer. Pas question que je passe mes journées dans une classe surpeuplée et indisciplinée (et que tu ne peux pas discipliner à ta guise sans le risque d’avoir les parents sur le dos) où je devrai continuellement me battre pour les intéresser (et moi qui peut devenir vite impatient quand je le veux…), me battre avec des collègues plus ou moins âgées qui n’ont pas la même vision que moi de l’éducation, me battre avec des parents qui vont forcément être contre moi, contre une direction qui va m’obliger à rouler sur un budget tellement minuscule que les seules sorties que je pourrais faire avec mes élèves seraient des excursions au dépanneur du coin et à une commission scolaire et un syndicat qui vont être prêts à me caler si je ne suis pas à la lettre les directives du Ministère de l’Éducation (et ce, même si au final, les élèves apprennent ce qu’ils doivent apprendre à leur niveau). Je n’ai pas envie de niveler par le bas (comme on le fait par exemple avec l’apprentissage de l’histoire au Québec), je n’ai pas envie d’être un robot qui se répète d’années en années sans fantaisie, je n’ai pas envie de devoir jouer le rôle de psychologue, d’intervenant social, de juge, de nutritionniste, de père, de mère, de curé, de rabbin, d’imam auprès d’enfants qui trouveront comme seul remerciement de mes services de me menacer d’appeler la DPJ. Ça me lève le coeur de devoir penser à enseigner des termes que je ne comprends pas (voir COD plus haut), de justifier des bulletins complètement ridicules et des réformes qui ne prennent pas en compte les besoins de TOUS les intervenants en éducation – pas juste les enfants. Finalement, je n’ai vraiment dans le goût d’exercer un métier méprisé par la majorité de la population qui, au lieu de regarder sa société en trouvant la poutre qui a dans l’œil de celle-ci, préfère tout blâmer sur les profs parce qu’ils sont jaloux des deux mois de vacances.

Alors, pénurie, pas pénurie, oubliez moi ! Je salue le courage des professeur(e)s et les soutient de tout mon cœur, mais je serais incapable de faire ce que vous faites. Pas dans un système aussi pourri, pourri par un peuple qui veut tout sauf se cultiver et niveler par le haut.

Je suis fasciné par la Clique

Source: La Clique du Plateau via Cyberpresse

Source: La Clique du Plateau via Cyberpresse

… en fait, je devrais plus dire que je suis fasciné par les gens qui commentent sur la Clique mais j’expliquerai le tout plus tard.

Il faut le dire, je n’ai connu ce blogue que très tard. Alors que celui-ci a fêté sa première année de vie, je n’ai commencé à le lire que cet été (vers le mois de juin). Il n’empêche que personne n’est indifférent à l’égard de ce blogue: on l’aime ou on le déteste. Rare sont ceux qui se trouvent entre les deux. Et pourtant, je fais partie de cette rare catégorie en flottement: par moment, je le trouve hilarant et certaines de ses critiques et commentaires assassins me font sourire et par bout, je le trouve extrêmement dur et certains de ses billets flirtent avec le « je n’écris ceci que pour provoquer « .

Mais c’est le but forcément. Il a même des publicités (qui parfois, franchement sont énervantes pour l’oeil à souhait même si je comprends bien que ça paye l’hébergement du site). Pour l’auteur derrière la Clique, son site Web est un défouloir de tout ce qui l’énerve : veudettes s’exposant dans les médias, commentaires du veudettariat, oeuvres d’art et artistes surexposés, critiques qui n’ont pas de sens critique, articles de journaux idiots, etc.

Je vous l’avoue, parmi tous les choix d’identité qu’aurait pu avoir ce blogueur anonyme à la plume assassine, j’avais penché pour celle-ci: « Un étudiant qui fait son doctorat », quoique dans son cas j’aurais dit un baccalauréat ou une maîtrise en communications, n’étant plus capable de supporter la flagornerie dans les médias et le culte de la « veudette ». Alors, je suis resté assez surpris de lire dans cette chronique de Patrick Lagacé – alias un de ses fans numéro un 😉 – qui a réussi à parler face-à-face à ce blogueur au masque de clown que:

Aucun lien avec les médias ou le showbiz. Un gars ben ordinaire, 30 ans, qui habite loin de Montréal, qui travaille à temps partiel. Ce qui lui laisse beaucoup de temps avec ses deux jeunes enfants. Et avec La Clique

Alors, je vous avoue que je suis d’autant plus fasciné par la Clique après la lecture de cet article. Mais qu’est-ce qui peut pousser un jeune père à consacrer autant de temps à un blogue où il peut cracher son venin ? Surtout s’il ne travaille pas dans le milieu. Il y a un besoin quelque part. Et quand on lit les commentateurs du blogue, on se rend compte que ce besoin semble généralisé chez une certaine partie du lectorat qui semble prendre un malin plaisir à torturer les différentes vedettes et phénomènes culturels ou autres écorchés par le site.

Par exemple, prenez son billet sur les Gémeaux. Amusez-vous à lire les commentaires: c’est parfois 100x plus acide que les propos du billet même ! Et c’est ce que j’ai remarqué de la Clique: c’est un méga défouloir, majoritairement anonyme, pour tous ceux qui en ont contre tel ou telle du milieu artistique. C’est là qu’on peut voir à quel point l’anonymat du Web permet des propos d’une méchanceté extraordinaire. Ce n’est pas un blâme de l’auteur du blogue véritablement, ni même en tant que tel des commentateurs aux dents longues. Non, c’est un questionnement que j’ai et qui me fascine. Parce que peut-être que tous ces gens sont de bonne foi et détestent le culte de la « veudette », mais de l’autre côté, comment voulez-vous qu’il tombe quand des revues comme le 7 Jours, Écho Vedettes, La Semaine ou Le Lundi (pour ne nommer que les revues québécoises) se vendent comme des petits pains chauds ? Qu’est-ce qu’ils cherchent ? Uniquement du gros défouloir ? À savoir qui sortira la plus grosse « bitcherie » ?

Mais l’auteur souligne déjà un début de réponse dans la chronique de Lagacé:

Je ne hais personne. Mais je n’aime pas que tout le monde aime la même affaire. Dans les médias, tout le monde aime Louis-José Houde. On dirait qu’on ne peut pas ne pas aimer Louis-José Houde! Moi, je ne le trouve pas bon. Il fait la même chose depuis 10 ans. Et sais-tu quoi? C’est pas tout le monde qui l’aime! Mais personne ne le dit.

En sachant cela, on comprend peut-être mieux le fond du propos général. Il n’empêche que j’aimerais bien jaser avec ce blogueur et comprendre le phénomène que je lis moi-même mais dont j’ai l’impression de lire de loin et de ne pas faire partie du truc. Un peu comme vous savez cette gang qui rit fort dans un party avec le gars – centre d’attraction du groupe – qui raconte des blagues que tu entends de loin et dont tu en ris quelques-unes tout en ne comprenant pas pourquoi tu les ris tout seul avec ton verre à la main… Mais ce n’est pas grave car tu auras quelques blagues à ramener à la maison.

M’enfin, métaphore boiteuse ici, mais l’essentiel est que je serais très curieux de discuter du phénomène. Curiosité trop grande de ma part j’imagine.

Commentaire inutile à m’envoyer (©La Clique du Plateau): « Faut-tu » pas avoir de vie pour être curieux d’un blogue fait par un « loser » qui n’a rien de mieux à faire au lieu de torcher ses « p’tits » que de « bitcher » des vedettes  sous le couvert de l’anonymat ?

En berne

Je ne la connaissais pas du tout, contrairement à certains blogueurs et blogueuses, et je n’avais même jamais lu ces écrits avant aujourd’hui. Il n’empêche que son sordide sort et son héritage sur la Toile  mérite que la blogosphère se mette un peu en berne et en deuil alors que nous avons perdu une compatriote.

Silence.

Littéralement trop

Un ami m’envoie ça hier en me disant: tu devrais rire pas mal. C’est pourtant une vidéo qui a été très regardée sur YouTube (près de 4 millions de visionnements) et j’imagine que le Patrouilleur du Web en a déjà parlé, mais fallait que je partage ça.

Par moment, les vidéoclips peuvent être des bijoux de créativité artistique: des concepts géniaux qui peuvent parfois devenir plus important que la chanson qu’elle met en vedette. Mais parfois, les concepts sont ridicules ou littéralement – excusez l’expression anglaise – « over the top ». Exagérés, un peu trop de direction artistique sans aucune cohérence. Forcément, c’est le genre de chose qui font rire certains qui s’amusent à parodier ces clips. Par contre, ils ne le font pas en filmant une « version parodiée » du clip. Non, on reprend les mêmes images et la même musique. Or, au lieu de chanter les paroles de la chanson en question, on chante ce qui se passe dans le vidéo.

Ces « literal music video » font fureur sur YouTube et si certains sont amateurs (et pas superbement bien chantés), d’autres sont fous de justesse et d’une drôlerie incroyable. Par exemple, la fameuse chanson « Total eclipse of the heart » (chanson phare des années 80 un peu kétaine, avouons-le) avait un vidéoclip, ma foi, vraiment « over the top »… Forcément, ça a donné ce « literal video » assez hilarant merci:

Franchement, je pense que c’est la passe des enfants de chœur à la « Village of the Damned » (image de la version de 1995, mais il y avait eu une version dans les années 60)… Un peu trop à mon avis. 😉