Moi, Spectra. Toi, Jane.

Bon, impossible de ne pas parler de la guerre des festivals qui s’est amorcée dans les derniers jours. On rappelle les faits: l’équipe Spectra, responsable des Francofolies de Montréal et du Festival de Jazz ont pris la décision que les Francofolies qui étaient traditionnellement à la fin du mois de juillet / début du mois d’août seront présentés en juin l’an prochain. Ce qui ne fait pas l’affaire du Festival d’été de Québec sous prétexte que plusieurs artistes pourraient alors bouder le festival de la Capitale Nationale au profit du festival montréalais se déroulant alors quelques semaines plus tôt.

En premier, ce fut le Napoléon de la Grande-Allée qui fustigea et puis il y eut une réaction d’Alain Simard, grand patron de Spectra et du pantomime maire Gérald Tremblay.

Bref, comme si la tension entre la capitale et la métropole n’étaient pas déjà toujours vives, elle s’est intensifiée de plus belle – grâce à nos hommes politiques (parce que franchement, même Daniel Gélinas, responsable du Festival d’été de Québec avait un ton plus calme que le Pol Pot de la Haute-Ville).

Personnellement, ce qui m’agace, c’est la manière cavalière de Spectra d’annoncer le tout. On annonce ça comme ça, de bout en blanc, comme si ça sortait de nulle part (même si on apprenait que l’idée était dans l’air depuis fort longtemps selon Daniel Gélinas). Aucune concertation, aucune explication du problème, aucune table où les responsables de festivals pourraient en discuter et trouver une manière de régler la chose. Sans compter la mascotte censée diriger cette métropole le maire Tremblay qui hoche la tête et semble avoir accepté le tout sans avoir mis le holà… À se demander si c’est Spectra ou le maire qui dirige la Ville de Montréal.

Comprenons-nous bien: je peux comprendre un peu l’argument de Spectra qui pourrait alors fait les Francofolies et le Festival de Jazz sur la place des spectacles sans avoir à payer pour le démontage des scènes extérieures. Sauf que j’accroche malgré tout: n’y a-t-il pas d’autres moyens de repenser ce festival pour qu’il soit rentable ? Et il me semble qu’auparavant, ce festival avait un énorme succès. Qu’est-ce qui s’est passé pour qu’il soit déficitaire ? Mauvaise organisation ? Programmation ? Certainement pas la météo car il a fait plus beau durant les Francos que pendant le Festival de Jazz et il n’était pas déficitaire celui-là.

Je comprends que les Francofolies soient nécessaires, particulièrement à Montréal où l’espace de la langue française s’amenuise petit à petit. Même si, entre vous et moi, je ne crois pas que ce festival donne l’envie à des anglophones et allophones d’apprendre le français, ça reste une belle vitrine de la langue de Molière dans une île quasi scindée en deux langues. Sauf que comme le soulignait le président de la Fête nationale et ce blogueur, les Francofolies en juin, tout juste avant la St-Jean-Baptiste, ça risque de diminuer la ferveur envers les spectacles de la St-Jean…

Bref, bien que pour l’équipe Spectra ce soit une idée qui leur plaît, disons que celle-ci est plutôt mitigée en ce qui a trait aux autres événements du même genre qui devrait suivre (et peut-être même se contenter des restes). On aurait aimé que l’équipe Spectra agisse un peu moins impulsivement (ou en Cro-Magnon, choisissez l’expression qui vous plaît)  et essaie de faire des rapprochements avec festivals et événements en juin pour trouver des compromis. Mais ne vous attendez pas à un dénouement heureux de cette histoire. Du moins, pas tout de suite. La guerre est bien prise, chacun reste sur ses positions et ça fait le bonheur des commentateurs en tout genre qui n’avaient rien à se mettre sous la dent depuis un petit moment à part les surfeurs de voiture.

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2 Réponses

  1. « On aurait aimé que l’équipe Spectra agisse un peu moins impulsivement (ou en Cro-Magnon, choisissez l’expression qui vous plaît) et essaie de faire des rapprochements avec festivals et événements en juin pour trouver des compromis. »

    D’après les expériences passées, ça n’aurait pas fonctionné. Autour d’une table de négociation, les autres festivals sont en position de force à un point tel qu’ils peuvent, à toute fin pratique, opposer un refus sans compensation aux Francofolies. Ce n’est que dans la situation inverse que Spectra peut modifier ce rapport de force.
    Il est assez piquant, d’ailleurs, que ce soit Labeaume qui se plaigne d’un manque de consultation. Lui-même, quand vient le temps de prendre des décisions, n’est pas très favorable au principe, et préfère forcer la voie et imposer ses décisions. Ce que Spectra a décidé de faire.

    Il manque dans ton article un élément important à mon avis: l’argument principal du festival d’été. Pour moi, c’est de la grosse bullshit. Le catastrophisme affiché de Labeaume en est presque risible. Je ne pense pas que le déménagement des Francofolies ait de si grosses conséquences sur le Festival d’été. À moins de pouvoir prouver ce point, les arguments de Québec m’apparaissent bien faibles.

  2. Ceci dit, le Montreal-bashing populiste de Sarko Labeaume dans ce dossier est une profonde supercherie:

    http://anarchopragmatisme.wordpress.com/2009/08/11/labeaume-et-le-montreal-bashing/

    Tout de même, cette décision n’est pas nécessairement bonne pour Montreal. En fait, elle est bonne pour Culbec City!

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