Money makes the world go round (vraiment !)

(Extrait du film Cabaret, adaptation de la comédie musicale du même nom)

Je lisais sur ce crosseur sans-coeur filou de Earl Jones qui aurait dérobé de 30 à 50 millions de dollars à des épargnants. Je dis « aurais » car, bon, pour l’instant il n’a pas eu de jugement de notre système de justice confirmant son crime. Car évidemment toute personne totalement innocente vide ses comptes et se pousse du pays, voyons ! C’est la logique même !

Serait-ce la sentence Maddoff qui lui aurait fait peur ? Pourtant, il est au Cacanada : les sentences pour ce genre de crimes sont dérisoires et il ne serait même pas obligé de rembourser l’argent volé, juste payer une amende infime pour ce type de fraudeur.

Il n’empêche que je m’amusais à lire les réactions et je suis entre autre tombé sur ce texte de la Plaine de Nicolas Racine (que vous trouverez également dans la Communauté du Blog à partir de maintenant). Le terme psychopathe représente bien le schéma de pensée de ses gars-là: pour eux, les gens ne sont rien d’autres que des pions dans leur jeu. Des pions qu’ils peuvent manipuler à leur guise pour s’enrichir. Et une fois qu’ils sentent le jeu trop dangereux, ils se cachent.

Par contre, notre blogueur emmène le point que les gens sont peut-être naïfs aussi dans tout ça et qu’ils ont une certaine part de responsabilité dans ce type de fraude. Je vous cite un extrait auquel je réagirai:

Pourtant, le succès de tels escrocs me laisse perplexe. S’ils ont pu détourner autant d’argent, c’est parce que leurs clients avaient une totale confiance en eux. Pourquoi ? L’appât du gain, bien sûr. Lorsqu’on vous propose des rendements sur investissement supérieur à 10%, il est difficile de résister. La cloche normalement bruyante de la méfiance reste muette devant la perspective d’un fort gain, qui permet de réaliser un rêve, de prendre une agréable retraite ou de réinvestir. Bien sûr, ce ne sont pas toutes les victimes qui sont dans cette situation. Certaines étaient de bonne foi, référées par des amis ou de la parenté ayant fait affaire avec le bandit. Mais le criminel en cravate ne les a pas forcées à placer leur argent entre ses mains.

Là-dessus, je suis totalement d’accord. Car même si j’exècre ces bandits en cravate, quelque part – le constat est triste – mais les gens ont pris un risque en mettant autant d’argent dans les mains d’un gars. Mais je voulais réagir à cette phrase que j’ai mise en gras. L’appât du gain attire la brebis imprudente dans le bois où le loup n’attend que pour la dévorer.

Et nous sommes particulièrement dans une époque où le gain d’argent est plus important que tout le reste. En fait, quelque part nous sommes tous des victimes potentielles et même ces psychopathes de la finance sont des victimes de cette maladie digne du 21ème siècle: le gain d’argent, toujours le gain d’argent, rien que le gain d’argent. Et vous croyez que ce n’est que la génération de baby-boomers qui « trippe » sur les billets verts, mauves, bruns, etc. ? Oh que nenni ! Ma génération est peut-être encore plus esclave de cette idéologie de l’argent, surtout quand on se fait dire à chaque semaine qu’on va devoir payer pour les excès de la génération précédente… On n’a qu’à écouter une conversation avec des gens de ma génération:

– Hé, je me suis pogné une « job » !

Là, on va quand même être poli, alors on demande :

– Ah oui ?! Cool ! C’est où ?

– C’est chez Compagnie Machinchouette !

Et là, la question va nous brûler les lèvres et on ne pourra plus la retenir:

– Ah ! Ça paye-tu bien ?

– (Mettre un chiffre.) de l’heure

– Pas mal. C’est mieux que ton autre emploi !

– Tu parles ! Là, je me faisais juste payer (mettre un chiffre) par semaine !

– Ah ben, ça va te permettre de faire quelques folies et de sortir plus avec ta blonde.

Remarquez qu’on a pas encore demandé c’était quoi le poste, si la compagnie était bien, si les relations de travail sont chaleureuses… Non. On va le demander, oui, mais… à la limite, on s’en fout ! Une fois que le salaire est dit, c’est réglé, on a jugé le boulot et c’est sans appel. Il y a aussi cette obsession de la valeur de nos choses: ma voiture vaut tant, j’ai un ordi de tant chez nous, ma maison vaut quand même (mettre un chiffre important pour que ça passe pour riche), j’ai 2-3 télés HD chez nous, etc.

Les symboles de richesse deviennent un « standing » et même tes meilleurs amis de gars ou tes meilleures amies de fille se mettent à descendre ou à monter dans ton estime selon leurs avoirs. Un des bons exemples de ça: faites  cet exercice pour vous amuser. Sortez avec un groupe d’amis. Forcément, quelqu’un du groupe proposera une activité payante quelconque. Et là, même si c’est faux, dites: « Euh… savez-vous, je préférerais qu’on fasse autre chose. Ces temps-ci, je n’ai pas trop les moyens de me permettre ça. » ou « Ouais, on peut aller dans ce (bar/resto/bistro/etc.), mais je ne prendrai rien, je suis serré de ce temps-là. » Amusez-vous à regarder le malaise profond de chaque individu du groupe. Peut-être serez-vous chanceux et une âme charitable vous offrira de partager les frais ou vous invitera, mais il n’empêche que tout le reste de la journée et/ou soirée, on vous regardera comme un parasite ou comme une rencontre du 3ème type.

L’argent fait tourner le monde. Plus vous en avez, plus on vous apprécie. Pas pour rien que des gens sont prêts à croire n’importe quoi et n’importe qui quand on leur dit: « Pensez-y ! Vous pourriez doubler, tripler, quintupler vos avoirs ! » Pas étonnant que ceux qui n’arrivent pas à garder la tête froide se lance alors dans des pièges énormes conçus par ces bandits en cravate. Parce que cette multiplication de richesse vient alors – dans leur tête – avec multiplication du respect, du statut social et de l’appréciation des pairs.

Même chose pour les Lacroix et Earl Jones de ce monde: eux aussi veulent être apprécié et avoir plein d’argent ! Cependant, devenir riche de manière honnête, c’est trop long et ça exige trop de sacrifices. Alors, ils se disent qu’en fraudant et en obtenant donc cet argent rapidement, ils arriveront plus vite à être aimé. Sauf qu’ils ne pensent pas qu’ils peuvent être pris forcément. Surtout quand ils voient que les organismes supposés surveiller les marchés se pognent le beigne à deux mains

Psychologie à 5¢ ? Possible. Mais sans farces, qui est capable de dire en toute honnêteté que l’argent ne lui importe pas ? Rassurez-vous, même votre humble serviteur est incapable de le dire alors… 😉

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