Star Trek: la table est mise, il ne manque que la bouffe

Une autre critique cinéma, je sais, mais comme j’ai vu le film hier, je ne voulais pas l’écrire plus tard et oublier des éléments…

Donc, oui, hier soir, je suis allé là où la main de l’homme n’a jamais mis le pied… euh, pardon… au-delà de l’espace connu par l’homme. Comme je l’avais déjà dit auparavant sur ce blogue, je ne suis pas un « Trekkie ». Absolument pas. En fait, mis à part que je connaissais les noms de l’équipage du fameux U.S.S. Entreprise, le reste m’était totalement inconnu.

Alors, l’histoire de ce Star Trek ? Comme vous le savez, un peu comme la saga de Batman, on reprend l’histoire à zéro ou presque… En effet, difficile de reprendre à zéro une histoire si suivie par une horde de fans, d’un univers bâti sur une série télé très connue, six films bien comptés et des dizaines de romans sur l’univers. En fait, si, il y a un moyen facile de le faire: utiliser le voyage dans le temps qui altère la réalité et l’idée d’univers parallèle. Ainsi, le Kirk de ce onzième film de Star Trek n’a pas vécu la même chose que le Kirk qu’a interprété William Shatner. Même chose pour Spock et les autres personnages. Ainsi, on retrouve un jeune Kirk plutôt arrogant et rebelle qui se promet de devenir capitaine de vaisseau. Son comportement énerve l’Académie Starfleet et particulièrement Spock, le Vulcain, pour qui les émotions trop fortes de Kirk sont « illogiques » et dangereuses. Or, ceux-ci devront s’allier lorsque Néro, un Romulien (espèce d’extra-terrestre proche des Vulcains) venu du futur, viendra menacer la Terre pour se venger de la destruction de sa planète dans le futur…

Quoi ? L’histoire tient sur une serviette de papier ? Absolument. C’est peut-être d’ailleurs le gros problème de ce Star Trek: si on met bien la table pour les personnages et une suite déjà prévue pour une sortie à l’été 2011, où se trouve l’histoire ? Ah ! On ne peut pas dire que l’histoire est nécessairement prévisible, au contraire, on est parfois surpris de la tournure des événements. Cependant, la trame narrative du bien contre le mal est si faible qu’une chance qu’il y a les éléments d’histoire suivant l’évolution de Kirk et Spock qui nous tiennent intéressés, sinon on sortirait de la projection un peu déçu.

Parlons interprétation. La plupart des acteurs et actrices s’en sortent plutôt bien. Chris Pine en Kirk s’avère plus charismatique que le laissait présager les photos et bandes-annonces. Zachary Quinto en Spock est étonnant de ressemblance avec Léonard Nimoy (qui se permet d’apparaître dans le film dans son rôle qui l’aura marqué à vie), cependant, c’est peut-être celui qui apprécie la série « Heroes » qui parle, mais je ne pouvais m’empêcher par moment d’imaginer Spock devenir un Sylar de lui-même et ouvrir la tête de quelqu’un pour lui prendre son pouvoir… M’enfin. Quant aux autres, on soulignera que le personnage de Uhura (Zoe Saldana) est plus développé que prévu. Karl Urban semble s’amuser comme un petit fou à jouer le grognon Docteur McCoy. Par contre, il faudra sincèrement que le prochain volet ajoute de la chair autour de l’os des Sulu (John Cho), Chekov (Anton Yelchin) et Scotty (Simon Pegg) parce que s’ils jouent bien leur rôle, leur part est tellement mince contrairement aux autres… Particulièrement pour Pegg, amusant mais qui cabotine trop. À se demander si ce n’est pas parce qu’il apparaît plutôt tard dans le long métrage de 2 heures…Et un gros carton rouge à Éric Bana pour son Néro tellement caricatural que ça en est pathétique: ouh, je suis un extra-terrestre frustré avec tatous dans la face et grosses lentilles cornéennes noires pour que mes yeux fassent peur ! On ne regrettera pas ce méchant de pacotille qui n’est qu’un faire-valoir à l’histoire principale: la formation de l’équipage de l’Entreprise pour d’autres aventures.

Parlons technique. Visuellement, rien à dire. Les effets spéciaux sont admirables et étonnamment bien dosés si on compare à une trilogie de Star Wars (Épisode 1 à 3) qui ne faisaient qu’accumuler les effets spéciaux jusqu’à nous rendre malades. La réalisation de J.J. Abrams se veut dynamique, c’est peu de le dire et malgré un film de 2h, on ne peut pas dire qu’on s’ennuie. Par contre, à certains moments, la caméra bouge beaucoup, beaucoup trop. Au point que l’action devient chaotique et insuivable (un peu comme la bataille finale de l’indigeste Transformers)… À corriger pour le prochain. Autre aspect technique qui m’a dérangé: le mixage sonore. Bon, je sais qu’on est au cinéma et qu’au cinéma, tout est plus fort et plus intense. Sauf que le mixage sonore m’a donné mal à la tête: les effets sonores beaucoup trop accentués, à me percer les tympans. Comment dire ? Trop de tentative de catharsis tue la catharsis. Franchement, les bruits insupportables de tirs, de coups et d’explosion me rappellaient que j’étais dans un cinéplex et non dans l’espace. La musique aussi se trouve par moment mal dosée au niveau du mixage et – pour les fans de Lost (Perdus) – vous reconnaîtrez entre autre un morceau de musique qui semble tout droit sorti de la série. Normal puisque le compositeur du film, Michael Giacchino, est le même que celui de la série. Une chance que le niveau des dialogues est bien balancé, lui. Au niveau de la musique, cependant, je peux quand même dire qu’on s’en sort. Ce n’est pas mémorable, mais ni insupportable de médiocrité.

Bref, est-ce que je conseille de voir Star Trek ? Oui, et particulièrement pour les non Trekkies (les Trekkies trouveront probablement de quoi à redire) qui ne sont pas familiers avec l’univers. Sauf que pour apprécier davantage le film, il faut presque le voir comme un long prologue pour une aventure à venir en salles dans 2 ans environ… Parce que sinon, on ressort forcément un peu déçu de la trame scénaristique qui tient sur un biscuit soda à peu près (et qui explique peut-être son méchant en carton pâte). Oh, et je me permets une autre remarque aux scénaristes américains: plus capable d’entendre la maudite phrase « tu dois écouter ton coeur ». Y as-tu plus cliché comme phrase ?! On dirait qu’ils essaient de donner la morale aux Américains d’être plus sensible, mais vous voyez bien que ça marche pas depuis le temps que vous utilisez cette phrase ! Ils écoutent leurs sous, pas leur coeur. Alors, je propose un moratoire: pas de « tu dois écouter ton coeur » ou ses variations pendant 3 ans. Interdit de la trouver dans quelconque scénario sous peine d’emprisonnement pour « cliché le plus horrible jamais utilisé ».

Verdict du Satellite: 7.9/10 (8.2/10 si on ne m’avait pas démoli les tympans pendant 2 heures…). C’est loin d’être un échec, mais il faudra plus de consistance dans les personnages et l’intrigue pour le prochain Star Trek.

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2 Réponses

  1. Hmmm je ne me suis jamais intéressé à Star Trek mais j’avoue que la bande annonce m’a mis l’eau à la bouche.

    Je vais certainement le louer, alors 😉

    • Bonne idée ! 😉 Même si je ne regrette pas de l’avoir vu au cinoche. Sauf peut-être mes tympans qui hurlent encore de douleur… (OK, OK, j’exagère ! 😉 )

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