Histoires d’humains

Ce billet provient d’une discussion que j’avais avec un ami hier soir. On jasait de trucs et d’autres (dont la fameuse religion catholique), une discussion qui a vite tourné en discussion historique sur la religion, entre autres. Finalement, après quasiment une heure, on en venait au constat suivant: l’Histoire avec  le grand « H » peut être vraiment plaisante, peut emmener à des découvertes et discussions fascinantes. Alors pourquoi elle a autant mauvaise presse ? Pourquoi, pour la plupart, quand on dit le mot « Histoire », ils deviennent verts et sur le point de dégobiller ?

Je me dis que probablement c’est l’obsession des dates. On associe l’histoire avec l’apprentissage pénible de dates. Bon, personnellement, je n’ai pas tant de problèmes avec les dates. Lorsque je veux bien les retenir, je suis en mesure de le faire. Mais je comprends que si pour le commun des mortels, l’histoire ne veut dire que « apprentissage de dates », ça lève le coeur. Pourtant, le nom le dit: l’histoire, c’est la trame narrative qui nous a emmenés jusqu’ici avec ses grands moments et ses moments pathétiques.

Anecdote personnelle: ma soeur était en révision pour son cours d’histoire du Québec. Elle voulait que je l’aide à réviser car elle avait de la difficulté à comprendre. Je me suis rendu compte pendant que je lui posais des questions qu’elle compartimentait le tout comme on classe nos chaussettes, nos livres, etc. Bref, elle était capable de comprendre les questions directement associées à la classification, mais elle ne comprenait pas les liens qui menait d’une période à une autre. Alors, je me suis mis à reprendre sa matière et lui dire en gros l’histoire de chaque période et les liens entre elles. Aussitôt, ça a fait comme: « Ah ! » Une grande lueur a éclairci son visage comme si elle venait de comprendre que l’histoire, c’est plus que d’apprendre c’est quoi l’Acte de Québec ou le rapport Durham. C’est aussi le POURQUOI et qu’est-ce qui explique que ce soit arrivé. Bon, malheureusement, comme on n’a fait qu’une révision ensemble et un peu trop collée sur son examen, elle a échoué et a été obligée de le reprendre mais je sens quand même qu’elle a, un tant soit peu, compris que l’histoire n’est pas juste une question de par coeur. Il y a une question de compréhension aussi.

Évidemment, l’histoire n’est pas parfaite. On sait beaucoup de choses des vainceurs, jamais des vaincus. On sait que certains textes anciens ont été traduits de façon arbitraire par certains moines de l’époque, etc. Il n’empêche qu’elle est fascinante, vaste, qu’elle est une source infinie d’inspiration. Juste de lire un site sur la Rome Antique comme celui-ci fait par un amateur (mais supra bien renseigné, passionné et avec un bon sens de l’humour) me transporte ailleurs, me fait découvrir un pan de l’humanité et me rassure sur le fait qu’il y a encore des gens qui aiment ça l’histoire. Parce que provenant d’un coin de Terre où la devise est « Je me souviens », il me semble important de se souvenir de son histoire et celle d’autres peuples.

Et vous, quelle est votre relation avec l’histoire ? L’aimez-vous ? Y a-t-il une période qui vous fascine plus que les autres ? Ah et tiens, je vais me permettre aussi une question de sondage (ça faisait longtemps):

Mais hé, pas parce qu’il y a un sondage que vous ne pouvez pas laisser de commentaires.

Le billet du jour: Bon ben il semble que sois pratiquement le seul à ne plus Twitter, même Renart s’y est mis ! Bon, sans blague, ça ne me cause pas vraiment de problème, c’est juste que… Pour moi, je n’y vois pas l’intérêt et qui ça intéresserait. M’enfin ! Puisque je suis un homme de Cro-Magnon… Houmpf, houmpf ! Moi, homme des cavernes ! Moi va chasser dinosaure pour dîner (ben quoi, selon les créationnistes, l’homme aurait vécu en même temps que les dinosaures… 😛 ).  Oh et Blogue l’Éponge fait une montée de lait fort intéressante sur les compagnies de cartes de crédit qui sont rendus à faire de la sollicitation dans les stations de métro

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8 Réponses

  1. Ne t’inquiètes pas, je n’ai pas l’intention de me mettre à Twitter non plus… Qu’on me traite de tyrannosaure!!

    Mais l’histoire, c’est fantastique, fascinant, entraînant, enrichissant, que de polémique de discussion et de compréhension du monde dans un simple mot!

    Qu’on m’en raconte une tous les soirs 😉 Pour la suite du monde, pour l’histoire du monde.

  2. J’emmerde Twitter! Bon, voilà, c,est fait! Dieu que ça fait du bien! Au fait, ça fait quoi dans la vie, Twiter? (À ce moment ci, je me rends compte qu’en plus j’ai même pas écrit le nom comme il faut… aaaaargh!)

    En ce qui concerne l’histoire, dis-toi que c’est encore pire que c’est l’histoire d’une discipline (dans mon cas, c’est de l’histoire de la littérature). C’est fou comme ça peut ne pas intéresser les gens… Mes profs nous parlent constamment d’une remise en question de la pertinence de faire ce genre d’histoire. C’est désolant!

    Finalement, merci encore une fois pour la plogue, même si elle vient après une imitation de Cro-Magnon! Pas sûr qu’il bloguait fort-fort celui-là! 😉

    • Hein ? Pourtant, l’histoire de la littérature c’est hyper intéressant ! J’ai suivi un cours au collégial d’histoire du théâtre, c’était captivant franchement. M’enfin, j’imagine que je suis trop « culturé ». 😉

      Oui, Cro-Magnon ne bloguait pas beaucoup, mais il aimait les éponges donc… 😛

  3. Je n’aime avoir l’air d’un twit, alors, comme je l’ai dit à Renart: je passe! Pour répondre à ta question, l’histoire de l’humanité et celle de notre planète sont tout simplement fascinantes. Il y a tellement à apprendre! Je suis cependant du genre généraliste. Je ne suis pas un de ces spécialistes de lÉgypte, de la seconde guerre ou de la dynastie des Hasbourg… Je préfère connaître l’essentiel et, comme tu le dis si bien, tisser les liens entre les générations.

    Ce que je déteste par dessus tout: les gens qui se réfèrent à l’histoire pour justifier le présent ou futur. Pour le comprendre, ça va. Mais, par exemple, se référer à la lutte des Patriotes pour justifier l’indépendance du Québec, ne fait (à mon avis) aucun sens.

    • Oui, moi aussi, je suis plutôt généraliste, mais je te dirais que je me suis beaucoup intéressé à l’Antiquité. Allez y comprendre quelque chose…

      Mais j’aime bien aussi ton dernier paragraphe. En effet, l’Histoire sert à comprendre (et aussi à permettre d’éviter de reproduire les mêmes erreurs, théoriquement), mais pas nécessairement comme une référence. Tu donnes un exemple pertinent de la chose. En effet, on ne pas justifier l’indépendance du Québec uniquement en citant les Patriotes. Ça va au-delà de ça.

  4. Oh que je me sens interpellé. Le problème de mauvaise presse dont tu fais mention vient surtout du fait que l’histoire enseignée au secondaire n’en est pas tout à fait. En fait, il s’agit plutôt d’apprendre une base de par coeur aux jeunes afin de les préparer à l’étude historique. Celle-ci tente de donner une compréhension du passé à travers différentes sphères (économiques, religieuses, culturelles, politiques…). Je crois que la réforme s’est intéressée un peu plus au côté compréhension de l’histoire, mais j’en ai seulement entendu parler pour le cours de secondaire 2. Dans le cas du cours d’histoire Québec/Canada, nous avons le malheur d’avoir une histoire très penchée sur l’économie et le politique et axée sur la colonisation (à son début). Pour la trouver intéressante, il faudrait que les étudiants puissent avoir des cours aussi axés sur notre culture, mais elle est si jeune et difficile à cerner.

    De plus, la discipline historique, comme toute autres a eue plusieurs tendances qui se sont entre choquées au fil du temps. L’histoire événementielle « narrative » en est une, mais ne fais plus consensus depuis belle lurette. Il n’est pas nécessaire pour un historien de connaître toutes les dates par coeur, il y en a bien trop. L’historien se spécialise dans un sujet précis et le connaît à fond du fait qu’il s’y passionne. La vulgarisation enseignée tente de brosser un tableau d’ensemble d’une ou de plusieurs périodes. C’est évident qu’on fini par perdre les gens. Trop de matière à couvrir, trop peu de temps pour expliquer ce qu’on peut retirer du passé.

    L’histoire est rébarbative à première vue, mais devient extrêmement intéressante lorsqu’on a un esprit curieux et capable de faire des liens. Elle permet aussi d’ouvrir les esprits, mais demande un effort et un goût pour la lecture prononcé. Elle demande aussi à accepter l’incertitude « il n’y a pas de lois ». Bref, je pourrais la comparer à l’alcool qui se laisse apprécier au fur et à mesure qu’on y goûte. Suffit pour chacun de trouver la saveur qui l’intéresse.

    • Belle métaphore avec l’alcool. 😉 Effectivement, c’est difficile aussi comme tu le dis d’accepter l’incertitude (particulièrement pour les époques où il y avait peu d’archives ou lorsque celles-ci ont été perdues), mais ça fait partie du mystère de l’Histoire.

      Tu emmènes un bon point: l’histoire du secondaire n’en est pas vraiment, c’est surtout de la bouillie à apprendre par coeur. Mais si tu me dis qu’on essaie d’améliorer le cours de secondaire 2 pour y ajouter la compréhension historique, c’est déjà un pas dans la bonne direction.

      En tout cas, tu t’y connais et ça paraît que tu aimes ça ! 😀

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