De l’eau plein la tête

Bon, c’est bien beau le bloganniversaire, mais il faut continuer au-delà de celui-ci.

Une nouvelle qui m’a beaucoup fait rire cette semaine, c’est celle de ce conseiller de Gatineau qui a défendu vigoureusement le droit des citoyens d’arroser – ne serait-ce qu’une fois par année – son entrée en asphalte. Wow ! Parlez-moi d’un combat important ! À côté de ça, la crise économique actuelle, c’est de la petite bière. Patrick Lagacé a également commenté là-dessus. D’ailleurs, petit commentaire pour monsieur Lagacé: je considère avoir un très bon radar à sarcasme et ironie et franchement, dans votre chronique il lui manquait le clin d’oeil qui ferait qu’on comprend vraiment qu’il s’agit de sarcasme… M’enfin, c’est mon avis et ça vaut ce que ça vaut.

Ce qui m’amuse, c’est de voir les commentaires suite à cet article parce qu’à entendre certaines personnes (heureusement, la majorité trouve ce comportement stupide et condamnable), il s’agit d’un mouvement très « montréalais » de ne pas comprendre qu’il faudrait (semble-t-il) laver son asphalte… Bizarre, car je viens d’une région et pourtant, je considère ce geste complètement stupide. OK, je ne dis pas que dans ma région, on ne le fait pas (il y a toujours des tatas partout). Cependant, dans ma famille, je n’ai jamais vu quelqu’un laver son asphalte jamais. Peut-être parce qu’on avait pas cette obsession malsaine de la cour d’entrée. Vous savez cette cour qu’on voit habituellement peu car il s’y trouve DES VOITURES ?

Et quand on voulait « laver » notre entrée, on utilisait un truc gratuit et totalement révolutionnaire: on attendait qu’il pleuve ! Une bonne averse et ton « driveway » (en très bon français) était tout propre. Parce que je n’en reviens pas de l’argumentation de certains pour justifier ce type de comportement:

Vous savez après l’hiver, il y a des traces de calcium qui restent sur l’asphalte.

Ah et c’est grave ? Est-ce que ça met la vie familiale en danger ? De ce que je sache, comme je le disais, une bonne averse et déjà une bonne partie des traces n’y seront plus.  Au pire, après, tu frottes : avec un balai, « un scraper », ta grand-mère, peu importe !

Je suis ingénieur civil spécialisé dans la question de l’eau et du citoyen. Vous savez que laver sa cour ne prend pas plus d’eau  qu’une longue douche ou d’autres actes domestiques prenant plus d’eau. Alors, de grâce, une fois par année, ça ne serait pas si mal de laver son entrée.

D’accord, mais je vais reprendre votre argumentation: vous admettez déjà vous-même que plusieurs de nos actions domestiques gaspillent de l’eau, alors comment peut-on justifier rationnellement l’utilisation d’eau POTABLE pour nettoyer de l’asphalte qui, à ce que je sache, n’a pas besoin d’eau pour vivre ? D’ailleurs, je lisais des commentaires qui disaient: pourquoi dans nos toilettes, nos boyaux d’arrosage ou même la lessive, n’utilise-t-on pas de l’eau grise (ex: eau de pluie) au lieu d’utiliser de l’eau potable ? Messieurs les ingénieurs, il serait temps de trouver un moyen de le faire.

Et il y a ces gens qui disent que ce sont des écologistes extrémistes qui font peur, que c’est impossible qu’il manque d’eau en nous sortant l’exemple stupide du fait qu’il y a plein de rivières et de lacs au Québec ou pire, qu’ils ont été inondés et qu’ils n’ont donc « pas trouvés qu’il y avait une pénurie d’eau au Québec ». Oui sauf que présence d’eau ne veut pas dire eau potable, voilà le problème ! Eau potable veut dire qu’elle est sans danger pour la consommation, qu’elle ne contient pas de micro-organismes et autres trucs minéraux dangereux pour la santé. Parce que vous pouvez vous amuser à boire l’eau du fleuve… je ne vous promets pas que vous ne serez pas malades en le faisant (en bref, ne le faites pas).

Oui, la planète possède de multiples cours d’eau de différents types. Mais là-dessus, 97% de l’eau n’est pas potable. Et le 1% d’eau potable qui n’est pas dans les glaciers est constamment mis en péril par la pollution, le gaspillage et etc. Alors, le conseilleur Millette peut pleurer tant qu’il veut sur la disparition de cette « tradition » d’arroser son entrée, il ne me fera pas pleurer sur le sort des pauvres petits « arroseurs d’asphalte ».

Oh ! Et à ceux qui disent qu’arroser son entrée permet d’avoir une entrée propre et donc, envoie un message de propreté aux voisins et aux visiteurs, je n’ai que ça à vous dire: si jamais quelqu’un vient vous traiter de cochon ou de traîneux parce que votre asphalte (qui est déjà une grosse couche noire de goudron séchée peu ragoûtante à la base) est « sale », envoyez-le promener et trouvez-vous d’autres connaissances. Parce que si quelqu’un est assez superficiel pour perdre son temps à critiquer les entrées de cour des autres, il ne vaut pas la peine d’avoir l’attention de qui que ce soit. Non, mais…

Le billet du jour: François Parenteau a décidé désormais d’écrire mensuellement dans son blogue du Voir, mais il est toujours aussi intéressant. Cette fois-ci, il s’intéresse à la religion d’une belle manière je trouve.

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Une Réponse

  1. « Au pire, après, tu frottes : avec un balai, “un scraper”, ta grand-mère, peu importe ! »

    Pouhahahaha!

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