New Big City disparaît ce soir

J’en avais jamais parlé avant et la finale de la série ce soir me donne une bonne occasion d’en parler. Ah, Les Invincibles… Série qui a fait jaser – c’est peu de le dire – dans ses débuts mais qui s’est rapidement imposée comme une des meilleures séries que Radio-Canada a diffusée depuis longtemps.

Bon, au départ, je vous avoue que je voyais les promos de la première saison de la SRC et je voyais les acteurs (François Létourneau, Patrice Robitaille, Rémi-Pierre Paquin, Pierre-François Legendre) et j’avais l’impression de retrouver pratiquement un Québec-Montréal 2 avec Rémi-Pierre Paquin s’étant ajouté… Ce qui ne m’attirait pas beaucoup. Et en plus, les premiers épisodes de ces grands attardés ayant peur de la vie conjugale m’ont laissé froid. Pire, j’ai failli débarquer, écoeuré de voir à la télé (et au cinéma) des histoires de gars de 30 ans en montant qui font de l’urticaire en entendant les mots « vie de couple ».

Mais c’était mal connaître les auteurs qui ont su rapidement – une chance ! – mettre des rebondissements, des tournures imprévisibles qui font que nous sommes restés « scotchés » à nos sièges pendant 3 saisons, 3 saisons qui n’ont fait que se surpasser au fil du temps. D’ailleurs, la dernière saison est à mon avis  la meilleure (même si elle commençait plus lentement si on compare à l’excellente saison 2) surtout avec ses rebondissements incroyables et à en juger de l’auto-promo, on aura droit à une finale probablement émouvante ce soir. Est-ce que ça sentirait la tragédie ? Après tout, on nous repasse dans la promo la fameuse scène de la saison 1 où Carlos dit – peut-être prophétiquement : « J’ai l’impression que ça va mal finir. »

Ah… Ces 4 Invincibles… Ils auront marqué l’histoire télévisuelle. Surtout qu’après 3 saisons, on se demande toujours quoi en penser: égoïstes, losers, ados attardés ou êtres sensibles, en quête d’eux-même, insaisissables ? De nombreuses thèses viendront probablement dans les prochaines années, analysant les thématiques et symboles de ce groupe d’amis hétéroclites (c’est peu de le dire) composé d’une rock star ratée et éternel adolescent, d’un (ex) psychologue égocentrique, un concepteur infographique hyper ambigüe sexuellement et un ex travailleur de la volaille/ex commis dans un magasin de BD/commis de bureau (qui veut être bédéiste) menteur et un peu lâche. Sans compter ces blondes hyper castratrices dont la manipulatrice, autoritaire et extra-terrestre (?) Lyne-la-pas-fine qui aura marqué l’imaginaire québécois.

La série aura profité de plein de conjonctures qui la favorise, cette série qu’on pourra mettre dans les séries phares de la première décennie des années 2000: une mentalité de la société d’État qui aura favorisé (du moins, jusqu’à aujourd’hui) les séries qui sortent de l’ordinaire, un casting exceptionnel, une trame sonore qui résonne encore dans nos oreilles, une réalisation maîtrisée et un tandem d’auteurs formidables qui, on l’espère, retravailleront à un autre projet un jour que ce soit à la télé ou au cinéma.

Comme je le disais quelques lignes au-dessus, les Invincibles auront profité d’un changement d’attitude de la SRC qui a voulu être plus novatrice en termes de fiction. On les remercie encore, il va sans dire. Cependant, avec la fin des aventures de nos héros ce soir, on se demande si ce n’est pas toute une époque qui va tomber avec New Big City. Car, on le sait, le charmant ministre Moore – alias celui qui ne sait même pas identifier un pillier du cinéma canadien anglais comme Atom Egoyan ou Guy Laliberté – a décidé que la télévision canadienne nivellerait par le bas en mettant la télé publique dans le même bas de laine que la télé privée et en décrétant qu’on ne subventionnerait que ce que les Canadiens veulent voir. Bon, je sais que c’est une explication très simpliste, mais ça ne prend pas des longues thèses pour expliquer la décision de Monsieur Moore. Et ça veut dire quoi subventionner juste ce que les Canadiens veulent voir ? Se fier seulement aux cotes d’écoute ? Parce que si c’est ça, préparez-vous alors à des émules de la Poule aux Oeufs d’or à la SRC et à Télé-Québec. Et ça, c’est triste.

En tout cas, ça sera notre dernière visite à New Big City en compagnie de Capitaine Liberté, Psyro, Magellan et Phantoman… Et je ne crois pas qu’il y aura une autre série dramatique qui fera bloguer en direct comme l’a fait Martin Petit la semaine dernière et il le fera encore ce soir.

Bon, hé bien, bonne finale ! Je glisserai un mot là-dessus demain ! 😉

Le billet du jour: Je trouve ça bien plaisant les nouvelles planches de « Mon petit nombril ». Avec ses réflexions amusantes, une grosse case pour résumer plein de bonnes questions… Tellement bonnes que franchement, il me bouche. J’arrive plus à commenter sur son blogue. 😛

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6 Réponses

  1. […] Quand on navigue un peu sur la toile, on se rend bien compte que le dernier épisode de la série Les invincible, qui sera diffusé ce soir, sera d’une certaine manière un moment historique de la télévision québécoise. On en parle, on “pronostique” on discute, on analyse… Il semble que certaines œuvres semblent encore détenir un certain pouvoir rassembleur.   Mais, en effet, il s’agit d’une excellente série, hyper bien réalisé.  J’ai voulu écrire un billet sur ce phénomène, mais mon ami Le satellite, l’a tellemen… […]

  2. Je fais de l’urticaire en entendant « vie de couple ».

  3. Anarcho:

    Attends de croiser la « bonne » sur ton chemin, tu vas tellement changer d’idée!!

  4. Très bon texte!

    C’est drôle ce que tu racontes au début, comme quoi tu avais peur d’un Québec-Montréal II. Nous, on avait trop peur que ça ressemble à Horloge Biologique mais en série télé. Et c’est pour ça qu’on a dénigré la série sans la connaître pendant 2 saisons 😛

    On a regardé le premier épisode de la saison 3 et on a bien aimé ça. Alors on a acheté par la suite les coffrets des saisons 1 et 2! lol

    Je ne sais pas comment ça va se terminer tout ça mais ça va être tout un deuil. C’est rare que j’accroche à une série télé mais celle-là, wow…

    On s’en reparle demain, quand j’aurai séché mes larmes 😉

  5. Lyne’ s dead baby
    Lyne’s dead…

  6. @MFL

    La « bonne » devra comprendre le sens réel de la liberté, i.e. ne pas faire semblant d’être fidèle, et apprécier une relation franche, i.e. sans hypocrisie bref, tout le contraire d’une vie de couple dite « normale ».

    Bref, un vrai amour sans le contrôle possessif du couple habituel…

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