Je n’ai rien connu

Tout d’abord, un mot sur l’appel à tous de la semaine dernière. De belles réponses, l’article devrait être en chantier (et pas dans le sens de la série C.A.) dès demain, ça va être très intéressant.

En fait, je voulais faire un billet qui m’a été inspiré car j’écoutais les réponses de Louis-Philippe Lafontaine qui s’est prêté au jeu de mes quelques questions et dans ses réponses, il a parlé brièvement du référendum de 1995. C’est drôle, depuis des années, j’entends parler du référendum de 1995, du résultat serré,  du mouvement « We love Quebec » du camp du Non, du discours qui a mené Parizeau à sa démission (propos pas super pour les immigrants, j’ai trouvé, mais pour l’argent, il avait raison), du scandale des commandites qui en a découlé, etc. Pourtant, je vous avoue, j’ai peu de souvenirs de 1995.

Je me souviens de la déception de mes parents d’être passé si proche du pays, de la morosité après… Mais la campagne en elle-même, non. J’étais trop jeune (pas encore 10 ans à l’époque), vraiment pas branché politique (et actualités en général). Franchement, je me rappelle à peine avoir vu les pancartes du « Oui » accrochés dans mon quartier… Et je regrette d’avoir « manqué » (involontairement) tout ça. Parce qu’il paraît que c’était toute une campagne, qu’il y avait de l’effervescence en diable, que c’était magnifique… sauf le résultat.

J’ai l’impression que tout le monde a connu le référendum de 1995 et que depuis, il ne s’est rien passé et que je n’ai rien connu d’aussi excitant/grandiose. Bon, OK, l’élection de Barack Obama en novembre dernier, j’y ai assisté… mais ce n’était pas au Québec ! Pareil pour les attentats du 11 septembre 2001. Oui, je les ai vus, mais c’était aux États-Unis. J’ai l’impression de n’avoir rien connu de significatif au Québec depuis que je m’intéresse à l’actualité, à la société, à la politique.

« Non, ce n’est pas vrai. Tu as connu des gouvernements minoritaires à Québec et Ottawa et, surtout, une première: l’ADQ comme opposition officielle !  »

Oh, wow ! C’est ça mes événements marquants au Québec que j’ai connus ? Sais-tu, je préfère dire que je n’ai rien connu…

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10 Réponses

  1. C’est vrai que depuis 1996, y a plus grand chose qui se passe ici. Tous nos gouvernements se disputent à savoir qui sera le plus centriste en campagne électorale pour ensuite être le plus à droite au pouvoir, y a plus de projet de société…

    La chose dont je suis le plus fier depuis quinze ans, c’est peut-être le métro à Laval et la Grande Bibliothèque. C’est tout dire. Où sont les projets de société?

  2. Je m’en rappelle en esti… à commencer par le jour de mes 18 ans… le 30 octobre 1995… et oui, j’ai voté!

    J’t’ais encore ado d’une certaine façon alors les pancartes je les arborais plus (particulièrement la verte) par esprit de clan que par véritable expression identitaire éclairée… reste qu’aujourd’hui je les arborerais avec encore plus de fierté.

    Le problème c’est qu’au-delà des « projets de société », je trouve les gens tellement cons que je me demande quelle est la vraie nature de cette fierté que j’ai de ma « nation ».

    La campagne de 95, je l’ai vécue comme militant, mais bien sincèrement je ne me souviens pas vraiment d’une si grande ferveur… ça a été une campagne de sondages, comme on le voit encore aujourd’hui. Pas vraiment de fièvre, je dirais.

    Je me souviens particulièrement de ma soirée à écouter les résultats à la tévé, et le sournois du dévoilement des résultats des régions en premier, juste assez chien pour me mettre de la poudre aux yeux, moi qui ne réalisais pas que quand Montréal commencerait à rentrer, la catastrophe commencerait à se montrer le bout du nez.

    Je résumerais toute cette question (la question de la souveraineté) par une conversation que j’ai eue, alors, avec deux twits: « face à l’inconnu, je vote pour la stabilité ». Autrement dit, continuons de vivre dans notre cage, puisqu’on survit avec notre nourriture séchée.

    • Oh que j’aime l’image finale. 😉 Vraiment. Mais non, je suis surpris: c’était une question de sondages ? Vraiment ? Pardonne-moi ma surprise mais c’est que la manière dont le monde en parle, il semblait y avoir une fébrilité. Mais bon, c’était peut-être juste le soir du référendum…

  3. On comprend qu’on vieillis le jour où on commentes sur un blogue (très bien) écrit par quelqu’un qui n’avait pas 10 ans pendant le dernier référendum… Misère…

    Anyway, je concorde avec patate (qui est dans les mêmes âges que moi): c’était pas nécessairement très émotif… D’autre lecteurs confirmerons ou infirmerons, mais mes parents m’ont expliqué à l’époque que c’était pas mal plus enflammé en 80. En 1995, le monde savait plus de quoi il en retournait et faut dire que l’enjeu était moins clair. Ça m’a pris quelques temps à comprendre que non seulement le référendum de 80 ne portait pas sur la séparation du Québec du Canada (à quoi bon faire un référendum d’abord? me demandais-je naïvement), mais qu’en plus de ça, à l’époque, souveraineté et indépendance ne voulaient pas dire la même chose; le premier voulait dire « nouveau pacte confédéral à l’intérieur du Canada », le second « séparation ». Avec du recul, je réalises que ces ambiguïtés étaient encore très présentes dans le paysage (André Pratte annonçait voter Oui pour forcer le Fédéral à rouvrir la constitution); les fédéralistes de l’époque insistaient lourdement sur ça, d’ailleurs. Lucien Bouchard aussi semblait jouer là-dessus.

    Bref, c’est pas qu’il ne s’est rien passé au Québec depuis, je trouves. Mais c’est juste qu’un référendum, c’est quelque chose de gros… Tellement gros que chaque génération qui y assiste le voit d’une façon souvent très différente (même si ils pensent être tous d’accord!) parce que comme c’est quelque chose qui a un impact sur la totalité des deux sociétés impliquées (peu importe le résultat), la culture politique des individus est beaucoup plus lourdement sollicitée que pour une élection. Je donnais l’exemple de nuances qui n’existaient pas aux yeux de ceux qui, comme moi, ont commencé à comprendre que la politique existait autour des accords du Lac Meech, alors que mes parents, eux, lisaient les événements de manière totalement différente…

    Je supposes que la même roue a fait un autre quart de tour avec ceux et celles qui ont aujourd’hui moins de 25 ans… Fou comme le temps passes vite, quand même…

    • Tout d’abord, désolé de t’avoir fait sentir vieux. 😉 Mais malheureusement, j’avais à peu près cet âge quand c’est arrivé… Mouhahahaha. En fait, mon erreur, j’avais 10 ans. Mais bon, ça n’empêche pas que j’étais jeune.

      J’avoue que tu as raison de faire la différence entre les deux. Effectivement, Lévesque proposait dans le fond de redéfinir notre lien face au Canada. Mais je suis vraiment triste et à la fois rassuré: il y avait vraiment rien ? Pas d’excitation durant le référendum ? Faut croire alors que je tombe seulement sur des émotifs de la chose pour qui c’était ultra excitant.

      Mais bon, tu as raison, c’est vrai que l’événement en tant que tel est tellement énorme, difficile d’accoter ça. Mais bon, y aura sûrement autre chose… Ou peut-être un autre référendum, mais j’y crois moyennement.

  4. Bon, pépère tappes tout croche sur les internets; là où j’ai écrit

    « En 1995, le monde savait plus de quoi il en retournait et faut dire que l’enjeu était moins clair. »

    Fallait lire :

    « En 1995, le monde savait plus de quoi il en retournait et faut dire que l’enjeu était plus clair. »

    M’enfin.

  5. Ta bien raison Patate.

    Tant que peuple ne crève pas de faim et peut regarder la tv il n’y a pas de révolution .

  6. 1- Parizeau avait raison, et pour l’argent et pour les votes ethniques…
    2- Il y a eu le congédiement de carbo !
    3- face à l’inconnu, je vote pour la stabilité… quelle citation de moron ! Un Québec indépendant, y a rien d’inconnu là-dedans ! On serait enfin maitre chez nous, entre nous, avec nos affaires à nous. Dehors les ingérences d’Ottawa !
    On bâtirait selon nos valeurs, on prendrait soin de notre culture, on parlerait français la tête haute…
    Rien de bien inconnu, à part les frissons d’orgueil,,,,

    • LOL Le congédiement de Carbo, je n’ai en pas parlé, mais je crois que je glisserai un commentaire là-dessus demain…

      Et en passant, c’est beau la description du Québec indépendant. Je trouve que ça se rapproche de ma vision de celle-ci. 🙂

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