Vox populi

Bon, je l’avoue. Je n’ai pas écouté l’ensemble du gala des Jutra. Franchement, il y avait un mélange des genres qui ne me plaisait pas, une Karine Vanasse trop sucrée pleine de bons intentions (mais certainement pas de bons traits d’esprit) et j’ai décroché après la lecture « extasiée » (c’est peu de le dire) de Kamouraska par Geneviève Bujold…

Je ne suis donc pas tombé sur le « fameux » moment où on remet le Billet d’or – cette récompense pour le film ayant fait le plus de recettes au box office. Et c’est malgré tout le point de mon billet. Pourquoi ce prix qui n’en est pas un ? Il y a souvent ça au Québec dans les galas: le film qui a fait le plus d’argent au box office, le disque qui s’est le plus vendu, l’humoriste qui a vendu leplus de billets… C’est quoi cette fixation sur l’argent ? En quoi ça signifie quelque chose ? Particulièrement dans le cadre du cinéma: plusieurs personnes peuvent avoir acheté un billet, ça ne veut pas dire qu’ils ont adoré le film. Car ça m’étonnerait que Cruising Bar 2 passe à l’histoire, franchement…

Et pourtant, non seulement on le récompense avec le Billet d’or, mais Téléfilm Canada a remis à Michel Côté et Robert Ménard le prix Guichet d’or, une bourse de 40 000$  remis au film le plus populaire de l’année. 40 000$ ?!!! Il me semble que je connais plein de cinéastes/artistes qui les auraient bien pris ces 40 000$ pour faire de quoi de plus constructif.

Alors, c’est ça. Maintenant, on récompense ce qui est « populaire », on finance ce qui est « populaire » (voir le financement de la télé grâce à James « L’Ignoble Ignorant » Moore), etc. Ma foi, est-ce que c’est si mal de ne pas rejoindre tout le monde ?!! Est-ce si catastrophique de rejoindre un public en deçà du 2 millions de personnes (car maintenant, c’est ça la ligne pour être « populaire ») ? Je veux dire : une série comme « Tout sur moi » – pour nommer une série dite « du Plateau » – rejoint 400 000 personnes environ. Premièrement, 400 000 personnes, c’est pas pour dire, mais c’est énorme comme bassin d’écoute. C’est environ toute la grande région de Sherbrooke qui écouterait cette émission en même temps. Deuxièmement, est-ce que ça empêche l’un et l’autre de coexister ? Est-ce que les Invincibles ont empêché la présentation de la Poule aux Oeufs d’or ? Est-ce que Découverte empêche la tenue d’une xième saison de Loft Story ? Hé non ! On a fait un système qui permettait que les deux cohabitent. Sauf qu’à écouter le discours ambiant (je me retiens de ne pas dire les mots « syndrome ADQ », « droite » et « conservateur »), c’est mal de ne pas être populaire; c’est élitiste, « plateauiste », fasciste… On se croirait de retour dans la France aritocratique.

Remarquez comment Mario Dumont aimait dire que son parti était « proche du peuple »… On utilise facilement le « Vox Populi, Vox Dei » sauf qu’on parle du peuple comme d’une entité monolithique. Ce qui n’est pas le cas. Le peuple est composé de multiples castes aux différentes opinions. 200 000 personnes peuvent avoir acheté mon CD (qui n’existe pas, vous pouvez remercier le ciel) . Là-dessus, il est possible que moins de la moitié l’aime vraiment. Une autre partie regrette son achat, d’autres le trouvent moyen et il va prendre la poussière. Pourtant, si j’étais un chanteur (une chance que ça n’arrivera jamais) et que je vendais 200 000 albums, on dirait que je suis un chanteur populaire et on me récompenserait pour ma vente d’albums…

Mais si seulement 75 000 sur les 200 000 ont aimé mon album (je le répète, situation fictive ici 😛 ), peut-on vraiment dire que je suis populaire ? Bref, je divague mais je me demande si on peut vraiment calculer de la popularité et la monnayer. Et franchement, cette idée de ne récompenser que ce qui marche selon la cote de popularité ça m’effraie car j’aime un monde avec des oeuvres qui touchent une grande partie des gens, mais j’aime aussi le fait qu’il y ait des oeuvres qui ne touchent que certaines personnes. C’est la beauté des oeuvres: certaines sont plus universelles, d’autres plus hermétiques.

Funny Games: intolérable cruauté

Ça faisait longtemps que je n’avais pas fait une critique de film, je trouve. Et puis, ce soir, je regarde « Funny Games (US) », un remake plan par plan du film original autrichien fait par Michael Haneke (qui a aussi réalisé ce « remake »).

L’histoire ? Assez simple. Un couple et leur fils s’en vont dans leur maison de campagne pour les vacances. Or, arrive chez eux deux jeunes hommes, ma foi, assez bizarres… qui vont s’avérer être de « gentils » psychopathes et jouer à des jeux macabres avec eux.

Raconté comme ça, on dirait un film d’horreur « cheapo » à la « Halloween » ou « Vendredi 13 ». Sauf que non. Ce film ne se veut pas film d’horreur. Film sur la cruauté et la violence, certes. Mais rien pour satisfaire les soifs d’hémoglobine (ou si peu), alors ceux qui rêvent de scènes de torture à la « Saw » (Décadence)… passez votre chemin. Je vous avoue sincèrement que j’étais très heureux pour ma part que ça ne vire pas en « scènes de torture physique insoutenables ». Par contre, pour ce qui est de la violence psychologique… Ça fesse rare. Car cet « ode » à la cruauté a quelque chose d’hypnotisant, de fascinant et de remuant. Premièrement, il n’y a aucune musique tout le long du film. Mais vraiment aucune. Il n’y a que le silence (ou parfois la télé en sourdine). C’est tout. Ce qui rend le tout presque comme un documentaire. Deuxièmement, les plans fixes ou presque. Le montage est fait de telle sorte qu’il y a peu de changement de plan (sauf peut-être dans certains dialogues et encore). On peut rester plusieurs secondes ou minutes sur une scène fixe où ça bouge mais la caméra reste là, immobile, voyeuse… Troisièmement, comme je le disais, la violence n’est pas présente, mais suggérée de manière tordue. Tout d’un coup, le bruit d’une carabine qui tire fait sursauter tellement le son est sourd et violent (comme ça l’est dans la vraie vie). Finalement, il faut parler de ceux psychopathes… Vraiment uniques… Je ne saurais les décrire. Ils sont tellement fous à lier et lucides, ça en est terrifiant. Pour eux, le titre le dit: on joue. Tout cela, c’est un énorme jeu… mais planifié de A à Z. Mais leurs dialogues sont dignes d’un schizophrène ou d’une pièce de Ionesco. Ça saute du coq-à-l’âne comme ce n’est pas permis, un des deux personnages s’adresse directement au spectateur à certains moments clés du film… Bref, leur interprétation (et celle des membres de la famille) rendent le tout à fleur de peau.

Tim Roth (Source: Allôciné.fr)

Tim Roth (Source: Allôciné.fr)

Là où ça coince, c’est le message peu subtil lancé. Effectivement, le film se veut une charge contre la violence médiatique. Jusque là, rien à dire. Sauf que le réalisateur s’attaque (de manière peu subtile, j’ai trouvé) à deux cibles: les jeux vidéos (une référence assez claire faite par un de deux psychopathes qui dit : « Joueur 1, deuxième niveau ») et la musique death metal, le hard metal. Entendons-nous bien: je suis loin d’être le plus grand fan de musique métal dans le monde. Je connais, par exemple, un blogueur qui s’y connaît plus que moi en la matière et aime bien plus que je ne peux aimer. 😉 Sauf que cette attaque en règle contre ces deux cibles, c’est tellement… facile. Je trouve qu’on est tombé à côté de la track. On s’entend tu que ça prend plus que des jeux vidéos et de la musique heavy metal pour tuer des gens ? Ça prend une perte d’humanité déjà à la base dans le psyché de ce genre de personne… Je veux dire, ça m’arrive et m’est arrivé d’écouter de la musique heavy metal et je joue parfois à des jeux vidéos qui peuvent, ma foi, être assez violent merci. C’est drôle, il ne me vient pas l’idée pour autant de tuer quelqu’un. Bref, il aurait été appréciable de sortir de ces clichés, j’ai pour mon dire.

Il n’empêche que le film, malgré son message un peu irritant à cause du manque de subtilité, vaut la peine de s’y attarder. Ne serait-ce que pour la « claque » cinématographique qu’il donne, l’interprétation incroyable des acteurs et la réflexion qu’il amène. Évidemment, pour les amateurs de films d’horreur où quelqu’un doit mourir atrocement tous les 10 minutes, on s’abstient. Le rythme est lent et se veut comme tel. Ce qui n’est pas une mauvaise chose car malgré cette lenteur relative, on regarde très peu sa montre, trop fasciné par ce qui se passe à l’écran.

Verdict du Satellite: 8.5/10

En terminant, je me permettrai un commentaire. Autant je déteste la cruauté dans la réalité, autant dans la fiction, elle me fascine. Je ne saurais trop dire pourquoi. Peut-être parce que l’idée qu’un humain puisse descendre, perdre son humanité au point de considérer le meurtre ou la torture comme une chose normale me fascine (et m’effraie à la fois).  Je veux dire, j’ai lu des romans comme Misery de Stephen King (une infirmière  qui séquestre son auteur favori pour l’obliger à continuer une suite de sa saga qu’il a achevée) ou les 7 Jours du Talion de Patrick Sénécal (un père dont la petite s’est fait tuer et violer séquestre l’agresseur de sa fille pour le torturer, d’ailleurs une adaptation cinématographique s’en vient) d’une traite avec horreur et à la fois fascination. M’enfin, je suis peut-être un grand malade aussi. Ça doit être tout ce heavy metal et ces jeux vidéos… 😉

Le billet du jour: Puisqu’on parle cinéma, je voulais souligner MFL qui nous annonce dans ce billet avoir obtenu tout récemment le titre de « Maître » en études cinématographiques (bref, maîtrise complétée). 🙂 Je trouvais ça le fun à souligner, même si je ne suis qu’un simple bachelier. 😉 Bravo encore, en tout cas  !

Journée pourrie

Bon, je vais le dire. D’ordinaire, je n’aime pas beaucoup le mercredi. Ça vient je crois de l’époque de l’école: le mercredi, c’était le milieu de la semaine donc encore assez loin de la fin de semaine et c’était souvent les journées les plus chargées. Hier, la journée ne pouvait avoir un climat plus pourri (malgré qu’il faisait beau avec une température relativement agréable).

Tout d’abord, je me lève et je vois un autre drame familial qui s’est déroulé à Laval. Pire, j’apprends que cet homme a brisé 3 ou 4 fois les bris de condition… Euh… Qu’est-ce qu’il faisait encore en liberté alors ? Et puis, j’ai adoré comment à LCN, on a bien souligné qu’il s’agissait d’un Libanais qui avait fait ça. Ah le groupe TVA: continuons à surfer sur la vague des accommodements raisonnables et des « maudites ethnies »… Je m’excuse, mais ça change quoi ? Depuis le début de l’année, ce genre de drames se font autant par des Québécois que d’autres nationalités. Pire, un peu plus tard dans la journée, on apprendra qu’il y a une femme qui a assassiné son fils pour ensuite se donner la mort. Ça s’est passé à 10-15 minutes de voiture de chez moi… Mais non, je ne connais absolument pas ces personnes, je tenais à le dire. Sauf que j’avais ce type de réflexion en fin d’après-midi: « Merde, qu’est-ce qui se passe au Québec avec ces séparations qui se vivent aussi mal ? C’est quoi, est-ce qu’il va falloir donner des cours aux enfants de comment digérer une séparation amoureuse ? Sans farces, ça serait à envisager. Parce que 4 drames familiaux en 3 mois (sans oublier qu’il y en a sûrement d’autres non médiatisés), y a un problème SÉRIEUX auquel, évidemment, le gouvernement se fiche, préférant faire une xième table de concertation pour un christie de CHUM qui ne verra pas le jour avant 2275. » Je vous invite d’ailleurs à lire ce papier de Luc Larochelle dans La Tribune sur le drame.

Pour agrémenter cette journée de m…, on apprenait que Radio-Canada n’a pas reçu de prêt du gouvernement pour s’aider dans la conjoncture actuelle difficile. Bref, à RDI et Radio-Canada, c’est avec un ÉNORME malaise que les journalistes annonçaient la coupure de 800 postes coast-to-coast à CBC et la SRC. Trop bizarre pareil que ces annonces arrivent la journée même de la finale des Invincibles, 8 heures avant celle-ci. Comme si la fin de cette série annonçait définitivement la fin d’une époque. Ce qui rendait le tout encore plus triste, plus triste quand on pense au saignement qu’a provoqué le Parti Conservateur de cette télé qui – bien que nous offrant aussi des navets – avait le mérite d’innover, particulièrement au niveau des dramatiques.

Quant à la finale des Invincibles… Bon là, si vous n’avez pas encore vu de la série, sautez la fin du billet. Mais bon, sans être plate, la fin est racontée sur plein de blogues.

Alors, je dirai : « Ouch et wow ! » Bon, on s’entend-tu que la chanson des Scorpions qui est diffusée à la fin va nous marquer pour le reste de nos jours ? Je veux dire, je ne pourrai plus l’entendre sans passer à Carlos dans le taxi avec sa fille qui se font poursuivre par une soucoupe volante sous un ciel gris de fin d’après-midi, ou également cette SUPERBE séquence en animation de Dark Evil-Hin qui laisse couler des larmes sur ses joues pendant que son corps plonge dans l’abîme sous le regard épouvanté de Phantoman. Hé oui, Lyne-la-pas-fine a trépassé et Dieu merci, on ne nous a pas fait le coup du moniteur cardiaque qui se remet à battre juste comme ça finit. Ce qui démontre que c’est bel et bien fini. Avec la séparation des gars (trop évident), leur décision ultime de changement de vie aura des conséquences bonnes et mauvaises sur chacun d’eux. Étonnamment, alors que ce n’était pas mon personnage favori, P-A aura eu la meilleure fin, celle la plus prometteuse. Steve ben… sera resté Steve mais en cessant de se mentir (c’est déjà ça !). Quant à Rémi, y aura fallu que son père lui apparaisse pour lui faire comprendre ce que Vicky lui avait très bien comprendre d’ailleurs (j’avais adoré cette scène d’il y a deux épisodes). Et Carlos… Celui qu’on considérait le plus « loser », le lâche dans la première saison… Pauvre Carlos qui se retrouve veuf et père monoparental et en même temps, incroyable Carlos. Vous vous rappelez que dans la première saison, il se faisait mettre hors du « pacte des montres bleues » quand les gars ont fini par apprendre enfin qu’il était toujours avec Lyne-la-pas-fine ? Là, merveilleusement, c’était le contraire. C’est lui qui a dissout le groupe pour le meilleur (et en même temps pour lui, pour le pire quand vint le temps de chercher du réconfort par téléphone…). Et franchement, Pierre-François Legendre, je lui remets un Gémeau de l’interprète masculin juste pour cet épisode. Franchement, je ne détestais pas l’acteur, mais j’avais hâte de le voir dans ce genre de scène à fleur de peau. Wow ! Il ne m’aura pas déçu à ce niveau-là.

Je lisais bien des commentaires sur différents billets de blogue et plusieurs disaient qu’il faut une suite. C’est drôle, je ne suis pas sûr. Avec le temps, j’ai appris que les meilleures séries nous laissaient avec plein de questions sans réponses auxquelles le spectateur peut s’imaginer ce qu’il veut. Parce que ça serait bien beau des « retrouvailles », mais ça serait risquer de revenir en arrière pour les personnages, de se répéter et qu’au final, on soit déçu. Depuis hier soir, je fais l’exercice d’imaginer la vie de nos Invincibles (ces super-héros qui n’en sont pas) après ces événements et j’aime bien ça. Je me dis que c’est ça la beauté de l’art: ne pas répondre à tout, laisser des réponses en suspens aux spectateurs. Mais bien sûr que je vais m’ennuyer et désormais, lorsque j’entendrai Still loving you, je reverrai la fin et également Steve dans des partys échangistes, Rémi dans un domaine professionnel (arpenteur-géomètre ?), P-A qui revient de son voyage d’Haïti avec un peu moins d’ego et Carlos avec sa petite Camille (et même son petit Arthur)…

Cette drôle, malgré cette finale bien emmenée, ça me rend triste. Je vous l’ai dit: journée pourrie que ce mercredi.

Les billets du jour: Requiem pour 4 ados qui ont enfin décidés de devenir adultes. Alors, je vous invite à lire l’opinion de Richard Therrien et celle de Steve Proulx. Aussi, pourquoi pas, laissez des fleurs virtuelles sur la tombe virtuelle de Lyne-la-pas-fine sur le blogue de Martin Petit.

New Big City disparaît ce soir

J’en avais jamais parlé avant et la finale de la série ce soir me donne une bonne occasion d’en parler. Ah, Les Invincibles… Série qui a fait jaser – c’est peu de le dire – dans ses débuts mais qui s’est rapidement imposée comme une des meilleures séries que Radio-Canada a diffusée depuis longtemps.

Bon, au départ, je vous avoue que je voyais les promos de la première saison de la SRC et je voyais les acteurs (François Létourneau, Patrice Robitaille, Rémi-Pierre Paquin, Pierre-François Legendre) et j’avais l’impression de retrouver pratiquement un Québec-Montréal 2 avec Rémi-Pierre Paquin s’étant ajouté… Ce qui ne m’attirait pas beaucoup. Et en plus, les premiers épisodes de ces grands attardés ayant peur de la vie conjugale m’ont laissé froid. Pire, j’ai failli débarquer, écoeuré de voir à la télé (et au cinéma) des histoires de gars de 30 ans en montant qui font de l’urticaire en entendant les mots « vie de couple ».

Mais c’était mal connaître les auteurs qui ont su rapidement – une chance ! – mettre des rebondissements, des tournures imprévisibles qui font que nous sommes restés « scotchés » à nos sièges pendant 3 saisons, 3 saisons qui n’ont fait que se surpasser au fil du temps. D’ailleurs, la dernière saison est à mon avis  la meilleure (même si elle commençait plus lentement si on compare à l’excellente saison 2) surtout avec ses rebondissements incroyables et à en juger de l’auto-promo, on aura droit à une finale probablement émouvante ce soir. Est-ce que ça sentirait la tragédie ? Après tout, on nous repasse dans la promo la fameuse scène de la saison 1 où Carlos dit – peut-être prophétiquement : « J’ai l’impression que ça va mal finir. »

Ah… Ces 4 Invincibles… Ils auront marqué l’histoire télévisuelle. Surtout qu’après 3 saisons, on se demande toujours quoi en penser: égoïstes, losers, ados attardés ou êtres sensibles, en quête d’eux-même, insaisissables ? De nombreuses thèses viendront probablement dans les prochaines années, analysant les thématiques et symboles de ce groupe d’amis hétéroclites (c’est peu de le dire) composé d’une rock star ratée et éternel adolescent, d’un (ex) psychologue égocentrique, un concepteur infographique hyper ambigüe sexuellement et un ex travailleur de la volaille/ex commis dans un magasin de BD/commis de bureau (qui veut être bédéiste) menteur et un peu lâche. Sans compter ces blondes hyper castratrices dont la manipulatrice, autoritaire et extra-terrestre (?) Lyne-la-pas-fine qui aura marqué l’imaginaire québécois.

La série aura profité de plein de conjonctures qui la favorise, cette série qu’on pourra mettre dans les séries phares de la première décennie des années 2000: une mentalité de la société d’État qui aura favorisé (du moins, jusqu’à aujourd’hui) les séries qui sortent de l’ordinaire, un casting exceptionnel, une trame sonore qui résonne encore dans nos oreilles, une réalisation maîtrisée et un tandem d’auteurs formidables qui, on l’espère, retravailleront à un autre projet un jour que ce soit à la télé ou au cinéma.

Comme je le disais quelques lignes au-dessus, les Invincibles auront profité d’un changement d’attitude de la SRC qui a voulu être plus novatrice en termes de fiction. On les remercie encore, il va sans dire. Cependant, avec la fin des aventures de nos héros ce soir, on se demande si ce n’est pas toute une époque qui va tomber avec New Big City. Car, on le sait, le charmant ministre Moore – alias celui qui ne sait même pas identifier un pillier du cinéma canadien anglais comme Atom Egoyan ou Guy Laliberté – a décidé que la télévision canadienne nivellerait par le bas en mettant la télé publique dans le même bas de laine que la télé privée et en décrétant qu’on ne subventionnerait que ce que les Canadiens veulent voir. Bon, je sais que c’est une explication très simpliste, mais ça ne prend pas des longues thèses pour expliquer la décision de Monsieur Moore. Et ça veut dire quoi subventionner juste ce que les Canadiens veulent voir ? Se fier seulement aux cotes d’écoute ? Parce que si c’est ça, préparez-vous alors à des émules de la Poule aux Oeufs d’or à la SRC et à Télé-Québec. Et ça, c’est triste.

En tout cas, ça sera notre dernière visite à New Big City en compagnie de Capitaine Liberté, Psyro, Magellan et Phantoman… Et je ne crois pas qu’il y aura une autre série dramatique qui fera bloguer en direct comme l’a fait Martin Petit la semaine dernière et il le fera encore ce soir.

Bon, hé bien, bonne finale ! Je glisserai un mot là-dessus demain ! 😉

Le billet du jour: Je trouve ça bien plaisant les nouvelles planches de « Mon petit nombril ». Avec ses réflexions amusantes, une grosse case pour résumer plein de bonnes questions… Tellement bonnes que franchement, il me bouche. J’arrive plus à commenter sur son blogue. 😛

Tasse-toi mononcle !

Vraiment, je l’ai dit récemment, je suis devenu mononcle je crois. Je n’ai même pas 25 ans et je suis devenu un véritable mononcle. Qu’est-ce qui me fait dire une telle affirmation ? Ma réaction face à cette nouvelle. 3 millions de DVD pour Twilight vendus en une journée ?!!!

Y a-t-il rien que moi qui ne comprend pas cette folie – car il faut le dire ainsi – de la saga Twilight ? Y a pas une journée sur les fils de presse artistiques où on ne parle pas de la préparation des films à venir… On s’entend-tu que c’est juste l’histoire d’une adolescente qui tombe en amour avec un vampire ? Bon, j’avoue, je n’ai pas vu le film, ni lu les livres. Mais j’ai eu des commentaires de gens autour de moi me disant que ouf… Pas fort. Franchement, pas des critiques qui me donnent le goût de m’intéresser au phénomène. Mais bon, il faut croire que nous ne sommes pas le public cible qui est plutôt les jeunes filles de 12-16 ans…

Et tout d’un coup, je comprends tous ceux qui ne sont jamais arrivés à accrocher au Seigneur des Anneaux ou à Harry Potter, qui ont passé pour des mononcles et matantes « pas cool ». Tout d’un coup, je les comprends et je me sens mal d’avoir entré dans cette « ligne de pensée ». Milles excuses à ces mononcles et matantes que j’ai rejoints, moi qui n’est définitivement pas touché par Twilight. Même si je continue de dire que j’ai adoré le Seigneur des Anneaux (livres et films), je vous comprends de ne pas embarquer. 😉

Une petite couche de cynisme

Autre sujet de la journée. Je ne sais pas si vous vous rappelez en décembre dernier de ce camionneur qui s’était fait arrêter aux États-Unis  pour possession de drogue, on avait retrouvé de la drogue dans son camion. Vous vous rappelez la saga à la télé: sa femme pleurant pour avoir de l’argent pour sa caution, clamant son innocence haut et fort. Un mouvement de solidarité sans nom s’était levé dans la région de Rivière-du-Loup pour ramasser les 300 000$ nécessaires. Et aujourd’hui, le monsieur plaide coupable

Sérieusement, c’est le genre d’histoire qui rend cynique, qui nous aide à nous conforter dans notre individualisme. Le genre qui nous faire dire: « Plus jamais on m’y reprendra à aider mon prochain. » Et ça, ça me tue. Ça me tue quand il y a des connards et des connasses qui profitent d’histoires tristes pour se faire un peu d’argent. Genre profiter de la disparition d’un enfant pour faire une « fausse collecte » pour sa recherche, etc. Tout pour briser la confiance et qu’on s’enferme dans sa bulle de plus en plus.

Le billet du jour: Bon, dernièrement, le moral est moyen pour toutes sortes de raison que vous ne connaîtrez jamais ici. 😉 Donc, tout ce qui peut me faire rire fait du bien. Alors, j’ai bien ri hier en voyant ce photomontage affiché par Daniel sur son blogue. Par contre, attention: pas à regarder au boulot (NSFW) ! Autre truc amusant à voir sur le blogue de Patrick Lagacé, cette hilarante vidéo (avec sous-titres français disponibles) sur Twitter. Dernièrement, je me rends compte sur le Net qu’il y a un débat sur Twitter vs Facebook.  Personnellement, je ne sais pas quoi en penser. Sauf que je trouve ça bizarre cette manie de vouloir dire au monde entier que présentement vous mangez du spaghetti, faites du vélo, téléphonez à une amie, etc.

Le chant des sirènes

J’aime l’Histoire. J’aimerais même en lire plus sur l’Histoire, voir plus de films sur le sujet. Parce que quand tu regardes l’Histoire, tu te rends compte d’une chose: l’humain fait souvent les mêmes erreurs. Regardez la crise économique actuelle et celle de 1929. Bon, OK, ce ne sont pas tout à fait les mêmes circonstances, mais on a encore souffert de la spéculation trop grosse pour la réalité.

Mais ce qui est le plus drôle dans l’Histoire, c’est quand tu vois que les mêmes choses se reproduisent dans un intervalle court. Parce que ça permet de vérifier la fameuse devise du Québec: « Je me souviens ».

En fin de semaine, c’était le congrès du Parti Libéral du Canada au Québec. Le but étant de rallier, secouer les troupes qui ont franchement perdu des plumes depuis le scandale des commandites (allez y comprendre quelque chose !, dis-je avec sarcasme) dans la « belle province ». Hier, Michael Ignatieff disait aux Québécois qu’il était temps qu’ils votent pour former le pouvoir et non l’opposition, qu’il défendrait les Québécois becs et ongles, disant même qu’il n’y avait pas de problèmes à ce qu’un Québécois se dise Québécois avant Canadien ou vice-versa…

Ça ne vous fait pas penser à quelque chose qui a eu lieu il y a à peine 3 ou 4 ans ?

Un bedonnant albertain qui dans un français cassé nous invitait à défaire un gouvernement corrompu ? Qui disait que le Québec serait sa top priorité ? Qu’il partageait les valeurs des Québecois ?

Vous savez, celui qui a ensuite changé les règles de péréquation, qui a coupé dans la culture, qui voulait qu’on enferme tous nos jeunes de 14 ans qui respirent légèrement croches et etc. ?

Ah, là, ça vous dit quelque chose, n’est-ce pas ?

On aime bien le chant des sirènes au Québec. On aime se faire dire par des fédéralistes, peu importe le parti: « Non, écoutez, NOUS on va s’occuper de vous, on va bien vous traiter, on a des racines ici. » Or, à chaque fois, c’est la même histoire. Une fois qu’ils nous ont bien envoûtés avec leur chant et avec quelques actions pour être sûr que nous sommes sous leur emprise (l’exemple le plus récent dans l’Histoire: nous donner un statut de nation), ils nous mettent dans le filet et nous regarde nous débattre (exemples: se rendre compte que le statut de nation donne rien et qu’on ne peut même pas négocier pour rapatrier des pouvoirs à Québec, qu’on a un siège à l’UNESCO sans avoir le droit de parole, nos artistes (et là, je ne parle pas des vedettes, je parle des artistes moins connus, plus locaux) qui se font couper des programmes sans qu’on en remette de neufs, etc.). Parce que le problème, comme le dit si bien le Prof Solitaire, c’est que ça n’a jamais rien donné de bon d’avoir une grande majorité de députés fédéralistes au pouvoir, même Québécois.

On devrait peut-être faire comme Ulysse: se mettre de la cire dans les oreilles, arrêter d’écouter ces beaux-parleurs qui ne veulent de nous que pour avoir une majorité à Ottawa…

Autre sujet qui a peut-être succombé au chant des sirènes de la Star Ac: Michel Rivard. Hier, l’artiste et le groupe Beau Dommage était à Tout le monde en parle (Est-ce moi, d’ailleurs, où l’émission a capitulé devant Star Académie en mettant les invités les plus plates du monde dans les dernières semaines ? Enfin…) et forcément, une question est venue sur le fait qu’il est maintenant professeur à Star Académie, lui qui en 2003 avait fait une sortie assez dure sur ce type d’émission.

Or, comme le rapporte Richard Therrien ici, Michel Rivard a dit comme seule affirmation face à cette question hier soir:

Depuis le début, je suis un fan fini de Star Académie.

Pardon ? Celui qui a qualifié cette émission en 2003 de dangereuse et de mercantile, celui qui a même fait des blagues lors du gala de l’ADISQ qu’il anima en 2005 comme quoi les académiciens étaient des petits pitous, ce gars-là  serait un fan fini depuis le début ?!! Entendons-nous bien ! Je sais qu’un être humain change, qu’il est plein de contradictions. Je sais même qu’il a participé à Star Académie avant son gala de l’ADISQ de 2005 et qu’il a aimé ça.

Sauf que de dire que tu es un fan de la première heure ? Wô ! Snif, snif… Ça sent l’hypocrisie à plein nez. Pourquoi ne pas avoir été honnête ? « Au début, je trouvais ça effectivement dangereux comme entreprise, mais après quelques visionnements et rencontres avec les artisans, je me suis rendu compte que c’était correct et j’ai accroché. » Je veux dire: il a le droit d’avoir changé d’idée, y paraît qu’il y a rien que les fous qui ne le font pas. Sauf que de faire comme s’il n’y avait jamais rien eu, pas la moindre critique, que dans le fond, il badinait quasiment avec les journalistes lors de ses critiques en 2003… Bullshit. Désolé, mais c’est juste ça que c’est.

Le billet du jour: Je suis un « nerd », un « geek », allez-y de tous les qualificatifs possibles. Bref, ai-je besoin de vous dire que le sport et moi, ça a toujours fait deux ? Là, j’ai une routine d’exercices mais elle commence à peine et c’est pas toujours la joie. Pour moi, les périodes d’éducation physique à l’école étaient cauchemardesques, source d’anxiété profonde qui m’a probablement enlevée 5 années de vie. Et pourtant, il est possible de se réconcilier avec le sport, même quand ça a été le sujet de grandes humiliations. Un peu comme la démarche du Détracteur décrite dans son billet d’aujourd’hui, un billet très touchant et rempli d’optimisme. 🙂

Pape pi po pue

Source de limage: Branchez-Vous !

Source de l'image: Branchez-Vous !

Définitivement, le pape aura réussi à faire jaser – et sacrer – un tas de monde sur la planète. Et malgré ses déclarations àl’emporte-pièce digne du Moyen Âge, il aura réussi à attirer des milliers de fidèles alors que son voyage africain prend fin aujourd’hui.

Alors qu’il appelait à la paix, ses propos sur le préservatif ont créé des élans de contestation à Notre-Dame de Paris et même ailleurs, parfois même venant de membres du clergé comme dans cette petite ville de Suisse où 1500 catholiques ont protesté contre les propos et la politique rétrograde du pape Benoît XVI. Et voilà le mot important à retenir: politique. Car plus ça va, plus on sent du Vatican qu’il devient politique, une politique qui se fout d’avoir le plus grand nombre de croyants dans ses rangs. Non, il faut les fidèles les plus conservateurs, les plus durs. Vous savez le genre de « freak » religieux prêt à tuer pour la Foi digne d’un roman de Stephen King ?

Alors, l’apostasie vous intéresse ? Ou pas ? Découragés par Benoît XVI ? En tout cas, il y en a qui le sont avec raison et il y en a qui se permettent d’en faire une caricature, tout simplement:

Source: Renart Léveillé / 20 mars 2009

Source: Renart L'éveillé / 20 mars 2009

Les billets du jour: Je retiens tout d’abord Carl qui nous raconte son expérience radiophonique sur le journalisme citoyene et la blogosphère en général (d’ailleurs, en passant, l’article sur la blogosphère devrait être très bon, merci aux participants encore).  Et puis, il y a le très rarissime François Parenteau qui emmène un point de vue « différent » sur la fameuse reconstitution – qui n’aura pas lieu – de la Bataille des Plaines.