Tellement pas d’accord avec Pratte

Bon, ce n’est pas très étonnant. Je ne suis pas un fédéraliste alors, forcément, les paroles d’André Pratte me semblent souvent des illusions tricotées dans de la feuille d’érable. N’empêche, je n’ai pas une haine horrible du gars et bon, il assume ces idées. C’est déjà ça. Sauf que je ne peux pas être en accord avec son éditorial pour un gouvernement libéral majoritaire. Voici des extraits où j’accroche dans sa logique :

Tout d’abord, il dit:

Pauline Marois a toute l’expérience requise pour devenir première ministre du Québec. C’est injustement que ses adversaires lui font porter la responsabilité de tout ce qui va mal en santé et en éducation, deux ministères qu’elle a dirigés avec compétence. Mme Marois a fait preuve d’un leadership certain en maîtrisant une formation réputée pour son indiscipline.

Quel est le problème alors ? C’est ce qui suit ce paragraphe:

Cela dit, le Parti québécois reste un parti indépendantiste, les péquistes promettant de «gouverner comme des souverainistes». Cela présage d’affrontements incessants avec le gouvernement fédéral. Le PQ propose aussi de faire adopter une constitution québécoise et d’amender la loi 101, ce qui promet de plonger le Québec dans des débats stériles. En cette époque d’incertitude, ces conflits internes nous feront perdre temps et énergies.

Ah, parce que c’est vrai que se plier aux quatre volontés d’Ottawa – particulièrement de Harper, un maniaque assoiffé de pouvoir et plus à droite que n’importe qui au Canada, c’est un signe d’intelligence et de respect des Québécois. Et je ne vois pas en quoi c’est stérile de vouloir que même dans les petits commerces, on parle français ? Ah, mais j’oubliais ! À la Presse, l’anglicisation de Montréal, c’est pas un problème… Bref, selon Pratte, en temps de crise il faut fermer sa gueule quand Ottawa perd la tête et veut nous mettre au pas ? Wow !

Mais le meilleur s’en vient en ce qui a trait aux Libéraux:

Les premières années du gouvernement Charest ont été très difficiles. Le gouvernement semblait désorganisé, il provoquait inutilement la colère populaire, faisait souvent preuve d’incompétence. Depuis la deuxième moitié de leur mandat initial, les libéraux ont corrigé le tir. Le premier ministre est à l’écoute des citoyens et le gouvernement est maintenant géré de manière efficace. En fait foi le taux de satisfaction élevé dont jouissent l’un et l’autre depuis plusieurs mois.

Dans la deuxième moitié du mandat 2003-2007, ils ont corrigé le tir ? Euh… Non ! Ça a été aussi moche et il a été tout aussi arrogant que dans la première partie. Si la deuxième moitié du mandat avait été si extraordinaire, on n’en serait pas venu en mars 2007 avec un gouvernement minoritaire, non ? « Le premier ministre est à l’écoute des citoyens… » Il n’a pas le choix, il est minoritaire ! S’il reprend le pouvoir majoritairement demain soir, comptez sur moi qu’il va reprendre ses bonnes vieilles habitudes arrogantes (comme un certain Harper qui a mis le Canada en crise politique…) et préparez-vous à des festivals de manifestations devant l’Assemblée nationale comme en 2003, 2004, 2005 et 2006 (je ne compte pas 2007 puisqu’il a déclenché les élections tôt dans l’année) ! Je veux dire, a-t-il écouté le débat notre bon prêcheur du fédéralisme de la Presse ? N’a-t-il pas vu le premier ministre cramoisi qui essayait tant bien que mal de contenir sa rage devant ses deux autres adversaires ? Quant au supposé taux de satisfaction: big deal, le gars n’a rien fait dans les derniers 18 mois ! Et comme 90% de la population est complètement ignorante face à la politique (votant majoritairement pour 1) le parti qu’ils ont toujours voté sans se poser de questions ou lire le programme électoral 2) pour la couleur de la cravate ou « ça ferait un bon gendre/ une bonne bru » ou 3) pour personne), pour eux, un Premier Ministre qui ne fait rien et qui ne cause donc pas de manifestations ou de hargne dans l’opinion publique, le crétin l’électeur moyen va se dire: « Hé, il est bon comme Premier Ministre, personne le critique ! »

L’éditorialiste le dit à la fin de son papier: la prochaine année, surtout, sera difficile économiquement. Or, dans un contexte comme celui-là, il faut prendre de bonnes décisions. Donc, si je comprends la logique de Pratte, il faut donner le pouvoir à un gars qui, par exemple,  a sacrifié des centaines d’emplois d’une usine pour qu’une autre usine reste ouverte ? Oui, ça a évité que le double d’emplois soient perdus… Sauf que quel beau message que ça a envoyé au secteur manufacturier: « Hé les gars, le PM Charest, c’est une carpette. Tu menaces de fermer et il va tout faire pour te plaire. Tu peux t’essuyer dessus, cracher dessus, y en a pas de problèmes ! »

Donc, donnons le pouvoir à la carpette du fédéral et des corporations !!! Vous vous ennuyez des manifestations massives de syndicats et autres groupes de la société bafoués par des lois libérales (comme en décembre 2003 ou 2004, je ne sais plus) ? Réjouissez-vous ! Elles vont revenir à grand pas dans les années à venir.

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Le Bye Bye du Satellite: 7 décembre 2008

Julie : Bonsoir, ici Julie Schnauzer et bienvenue à la Banqueroute. Bonsoir les laideurs !
Laideurs : Bonsoir Julie !
Julie : Cette semaine, notre concurrente vient de Longueuil en Gaspésie, j’ai l’honneur de…
(dring !)
Oups, le loser qu’on fait passer pour un banquier qui appelle déjà… (Elle répond.) Allô ? Quoi ? Longueuil, c’est pas en Gaspésie, mais sur la Rive-Sud de Montréal ? Ben voyons donc ! Si c’était le cas, ils sentiraient pas le poisson pas frais et on aurait pas l’impression qu’il s’habille tous au troisième sous-sol de chez Wal-Marde ! (Elle raccroche.) Alors, on accueille : madame Paule Bergeron ! Bonsoir Paule !
Paule : Bonsoir Julie !
Julie : Alors, dites-moi Paule, pourquoi venez-vous à la Banqueroute ?
Paule : Ben moi je suis une banlieusarde, j’ai deux enfants, un mari. Tous les deux, on travaille. Alors, on fait partie clairement de la classe moyenne. Alors, en bons Québécois de classe moyenne, on vit au-dessus de nos moyens, on est surendettés, on exige toujours plus d’argent du gouvernement…
Julie : Exactement comme on le lisait dans le cahier spécial du Journal de Mourial. (regardant l’écran) Regarde, Pier-Karl, comment je fais bien ça de la convergence !
Paule : Ben c’est ça, donc je viens ici pour espérer ramasser un demi million de dollars dans le but de tout dépenser sottement pour des affaires dont on n’a pas besoin pour être heureux.
(applaudissements)
Julie : Excellent ! Bon, vous savez que cet automne, on a augmenté les chances de remporter le 500 000 dollars pour plusieurs concurrents ?
Paule : (excitée) Oui…
Julie : Hé bien, on a fait quelque chose de similaire pour vous. Vous n’avez pas une seule chance de remporter le montant de 1 sous, mais bien 15 chances sur 26 !!!
(musique d’excitation)
Paule : QUOI ?!
Julie : Écoutez Paule, avec la crise économique et les menaces de grève au Journal de Mourial, on peut pas se permettre de leur montrer qu’on nage dans l’argent à Quebecor. Comme ça, ça nous donne un argument de plus en négociations, vous comprenez ? Faudrait quand même pas que le lock-out de 15 mois du Journal de Quibec se reproduise, hein ?
Paule : Ah ben tabarnak !
(Paule quitte le studio en colère.)
Julie : Oh je pense que notre concurrente vient de dire à notre jeu comme PK dit aux demandes syndicales : RE-FU-SÉ ! Alors, on se revoit bientôt !