L’effet Cédrika

Ouais, bon, là, je me risque à un sujet délicat… Après tout, y en a qui ont reçu des menaces de mort en abordant ça… Mais bon, cette semaine,  ça fera un an que la petite de Trois-Rivières a disparu. Évidemment, tout le monde a son hypothèse sur ce qui s’est passé. Forcément aussi, les corps policiers se blâment mutuellement pour la lenteur du dossier et ça a forcé ceux-ci à se prémunir d’éventuelles situations du genre. Cédrika aura rappelé qu’on n’a pas nécessairement besoin de l’Internet pour enlever ou abuser de la naïveté des enfants. Les vieux trucs du chien perdu et des bonbons, ça marche encore. Et là, je ne blâme pas la petite ni les parents, c’est une constatation. Depuis un an, donc, la population québécoise est sur le qui-vive face à tous ces adultes qui tournent autour des enfants. Pas nécessairement une mauvaise chose. Les enfants aussi sont sur leurs gardes. Or, depuis un an, c’est la psychose de l’enlèvement. Dès qu’un enfant « disparaît » (ce qui n’est pas arrivé souvent, mais bon…), on agit vite et en masse.

On ne peut pas blâmer personne. Cependant, il est arrivé à une ou deux reprises que ces « enlèvements » n’en soit pas, comme en fin de semaine. Alors, on se demande si l’effet Cédrika n’a pas provoqué chez les jeunes une « excuse » pour soit leurs fugues ou leurs sorties interdites ou juste pour avoir un peu de célébrité et qu’on parle d’eux dans les médias. Je ne dirai pas que c’est commun, après tout, un ou deux cas dans une année, ce n’est pas si mal. Mais ça porte à réfléchir… Est-ce que l’effet Cédrika n’a eu que du bien ? Parce que, par exemple, de voir tous ses parents qui se sont mis à porter et chercher leurs enfants, ne faisant même plus confiance aux autobus ou à ce qu’ils marchent dans la rue quelques minutes, on peut se demander si la psychose collective de la disparition de Cédrika n’a pas créé un effet presque traumatisant sur les enfants… Parce qu’il me semble que chez nous, étant jeunes, on nous rappelait de se méfier des inconnus, mais ça ne nous empêchait de marcher pour aller à l’école primaire, de jouer dehors, de vivre bref !

Or, effectivement, on pourra me dire: « Mais est-ce qu’on peut prendre une chance Satellite ? Avec tous ces pédophiles qui reçoivent leurs pardons ? » À la lumière du véritable enlèvement – raté, heureusement – d’il y a quelques semaines, on peut se poser également cette question…

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7 Réponses

  1. Sans rien enlever à la tragédie que vit la famille de Cédrika, je trouve dommage que CETTE tragédie-ci soit aussi médiatisée, alors que des centaines et des centaines d’enfants manquent à l’appel partout au Québec.

    En espérant que les autres enlèvements soient également aussi médiatisés, sans tomber dans l’excès, afin qu’on puisse retrouver ces enfants.

  2. Je suis d’accord que la surprotection ne changera pas grand chose. En fait la peur en tant que tel ne règle rarement grand chose. En fait, bien souvent, elle rend juste l’atmosphère plus pénible.

    En tant que pseudo photographe j’en sais quelque chose. A voir le regard méfiant de certaines personnes lorsque je me promène avec ma caméra au cou, c’est à peine différent que si je tenais une carabine dans mes mains.

    C’est dommage mais si une personne veux s’attaquer à quelqu’un, elle s’arrangera pour le faire de toute façon.

    La prudence c’est une chose, la méfiance c’en est une autre… 😉

  3. @u Détracteur> Effectivement, c’est d’ailleurs ce que beaucoup de parents doivent se dire: pourquoi cette enfant a toute l’attention et pas le mien ? Il faut donc médiatiser chaque disparition (pas aussi intensément) et que les policiers agissent rapidement dès qu’un enfant disparaît pour le retrouver rapidement.
    @u Célibataire Frustré> Tu as raison, la peur en général sert plus à asservir qu’à protéger. Quant à ceux qui ont peur de ton appareil (photo), c’est un bon exemple de quand je parlais de psychose collective. 😉

  4. Je ne saurais trop conseiller le film de Ben Affleck (étonnemment!) « Gone Baby Gone. J’hésite à dire que le film est excellent (car je viens de voir Batman) mais c’est très très bien, (c’est écrit par celui qui a écrit « Mystic River ») et ça aborde la question des enlèvements d’enfants.

    Quant à Cédrika, c’est fort malheureux, en effet. En même temps, je suis d’accord sur deux choses: oui, c’est trop médiatisé, mais la surmédiatisation est une des seule chance de retrouver un enfant enlevé passé les premiers jours (extrait du film 😉 ).
    Et oui, il y a trop d’autres cas dont on entends jamais parler. Pas par voyeurisme, mais par éventuelle occasion d’aider. On l’a bien vu dans le cas du petit garçon de St-Romuald: le message de recherche avait été dispatché aux chauffeurs d’autobus et même les clients regardaient par les fenêtres à la recherche du véhicule.
    Bon, l’idée est pas de créer une psychose sociale constante (on est pas au Pérou où les enlèvements-taxi sont monnaie courrante) mais si ça peut aider à retrouver un enfant, c’est important.

    La surmédiatisation, dans un cas comme celui de Cédrika, peut évidemment avoir l’effet inverse qu’éventuellement on se tanne de voir sa bouille partout. Elle en devient omniprésente et son visage, son nom, marquent l’imaginaire collectif. La personne, ou plutôt son image, devient un icône, un symbole. Alors, on se l’approprie en oubliant que c’est aussi, et surtout, un drame humain. (Comme dans l’affaire Mike Ward).

    Pour ce qui est de la psychose collective, qui existe effectivement, je pense que les parents la transmettent un peu trop aux enfants. C’est aux parents (« nous » car j’ai procrée!) de faire comprendre à leurs mioches qu’il y a bien quelques tordus, mais surtout beaucoup de bonnes personnes prêtes à aider.

  5. @Molécule> Je prends en note la suggestion cinéma. 😉 Ton commentaire est très pertinent mon cher ! 🙂 Je suis d’accord avec d’un bout à l’autre et c’est fort intéressant. En effet qu’on médiatise beaucoup quand ça fait pas longtemps que ça c’est produit, pas pendant 2 mois… Parce que c’est prouvé qu’après 2 ou 3 jours, les chances de survie et de retrouver baissent de façon drastique.

  6. Personnellement, je blâme totalement les médias dans cette campagne de « faisons peur à tout le monde  » !!! Les médias qui devraient être à mon avis un outils d’INFORMATION, est plutôt devenu un outils de sensationnalisme !!! Dès qu’il se passe un évènement, tout le monde du quartier est interviewé et là on entend la 3 ième voisine de droite dire que c’est dont triste, à comprends pas … Puis là le voisin du sous-sol qui dit que c’est écoeurant, qu’on laisse les enfants jouer trop tard dans la rue le soir etc etc etc !!!

    Et là les journalistes s’en mêlent en essayant de donner des conseils de sécurité, en montrant le petit chemin probable où l’enfant est passé, font une reconstitution fictive des faits et là on n’en finit plus !!! Donc comme toi, je suis d’accord qu’on doit continuer à donner un minimum de règles de sécurité aux enfants, mais un moment donné on tombe dans l’excès et ce n’est certainement pas mieux !!

  7. @vegekat> Wow ! Une bonne critique en règle des médias ici ! Le pire, c’est qu’ils l’ont un peu mérité… Je veux dire, c’était bien quand l’affaire était à ses débuts, mais après un mois, un mois et demi… Sans parler de Claude « 10-4 » Poirier, le fin limier de la boîte vocal, qui en faisait ses choux gras. Il a bien été parodié par RBO l’an passé et c’est tant mieux ! Non, mais… Trop c’est comme pas assez.

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