Il y a 20 ans… La chute du Mur de Berlin. J’avais 5 ans et pour moi, ce n’était rien. Pour mes parents qui avaient connu quelques aléas de la guerre froide (sans véritablement connaître les points chauds comme la crise des missiles de Cuba), c’était 1000 fois plus significatif. Quant à l’Europe… la signification de l’événement était indescriptible.
Bref, 20 ans plus tard, la cicatrice de cette polarisation du monde n’a jamais vraiment été effacée. L’Allemagne de l’est peine encore à rejoindre le niveau de vie de l’ouest. En fait, c’est tout l’Europe de l’Est qui a souffert d’une Union Soviétique trop omnipotente et suffocante et un capitalisme mondial qui ne leur a offert rien.
En fait, aujourd’hui, on célèbre une journée de la fin d’une division… mais est-on vraiment sorti de la division ? Parce que franchement des murs de Berlin, j’en vois qui poussent de plus en plus. Et là, je ne parle pas d’une simple bagarre d’échiquier politique. Je parle de division sociétale profonde.
Regardez aux États-Unis. Reagan disait: “Abattez ce mur, M. Gorbatchev !” Et pourtant, le pays de Reagan est un des pays les plus scindés au monde. On soulignait le premier anniversaire de l’élection d’Obama la semaine dernière… un président élu par à peine au-dessus de la moitié des voix.
Au Québec, c’est la séparation entre Montréal et les régions, en Europe, c’est entre les immigrants et les peuples que ça se déchire. Il y a déchirure entre médias traditionnels et informels (d’ailleurs, je vous invite à lire mon texte là-dessus ici).
Dans la plupart des pays démocratiques, un mur se forme entre les instances politiques et la population et selon le mode de scrutin, ça donne des aberrations comme un maire d’une métropole élue selon les chiffres par 15% d’une population…
Le rideau de fer est tombé, certes. La division dans les peuples est plus grande que jamais. On craint la pandémie de H1N1. C’est drôle, je crains également toutes ces divisions qui pullulent. Non, pas que je cherche le consensus. Il est impossible à avoir. Mais il me semble qu’il y a une différence immense entre divergences et divisions. Car la divergence implique seulement une autre vision que soi, la division implique d’être fermé des autres réalités, elle est sourde à tout autre chant. Et ça, je les crains. Je les crains parce qu’elles ne peuvent mener qu’à une chose: la destruction entre nous.
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