Sicile P.Q.

-On a trouvé un entrepreneur/politicien honnête. -T'inquiètes pas, on va s'assurer que ça ne dure pas.

Je voulais recommencer à écrire à un rythme plus régulier, mais un vilain rhume (non, ce n’est pas la grippe H1N1) m’a forcé à me concentrer sur le boulot et le repos.

Mais j’écoute les nouvelles et lis les blogues et il en ressort une chose. Vous vous rappelez comment il y a à peine dix ans, on regardait les pays en voie de développement, les pays d’Amérique du Sud et d’Afrique, la Russie, la Chine et d’autres pays en se disant: “Hé, on est don’ chanceux de vivre dans le plusse meilleur pays du monde et jamais on sera confronté à autant de corruption que dans ces pays-là.”

Hé bien, aujourd’hui, après tout ce qui sort jour après jour grâce au travail journalistique,  je me sens Sicilien, Africain, Argentin, Mexicain, Chinois, etc. Bref, bien loin du nirvana qu’on nous vantait quand j’étais enfant et adolescent. Il ne faut pas chercher loin: où il y a de l’homme, il y a de “l’hommerie”. Et dans un système capitaliste qui valorise ceux qui possèdent, pas étonnant qu’on veule toujours plus d’argent et qu’on contourne ce mot contraignant appelé “éthique”.

Parce que disons les choses comme elles sont, à la limite, Tony Accurso a quasiment raison de déposer une poursuite contre Radio-Canada. Après tout, rien dans la loi n’empêche que des instances syndicales soient ami avec le plus influent entrepreneur au Québec. Il n’y a rien d’illégal à ce que des députés, des politiciens, des gens du monde municipal et syndical aillent sur le yacht luxueux du dit entrepreneur. Mais est-ce moral, éthique ? Absolument pas. Et c’est qu’on ne peut rien prouver de ces rencontres en catimini. Peut-être ont-ils seulement pris un bon verre de vin, accompagné de mets fins et d’un cigare en regardant le St-Laurent. Mais il y a peut-être eu aussi collusion, échanges d’enveloppes d’argent et ententes sur le bateau.

Et là, avec les actes du “Fab Fourteen” mises au grand jour, les scandales qui ont affligé la ville de Montréal depuis un an (avec un “SUPER” maire qui a à peu près la crédibilité d’un Jean Pelletier à la Commission Gomery), les frasques immorales de Benoït Labonté (alias “je n’étais pas là quand on a distribué le charisme), la tentative de sabotage des élections municipales à Boisbriand au nom de “la sauvegarde d’argent” (remarquez comment la sauvegarde de la démocratie, ce n’était pas très important pour Lino Zambito et la mairesse St-Jean) et d’autres, on se dit qu’il y a une culture pourrie au Québec.

D’ailleurs, petit paragraphe parenthèse: avez-vous remarqué la connotation italienne des noms qui sortent dans les scandales ? Zampino, Accurso, Zambito… Pas que je veuille jeter la pierre à une communauté en particulier (la corruption ici est autant “de souche” que multiculturelle), mais ça sent la mafia italienne revenue en force en ta…

Forcément, je n’ai pas connu la Commission Cliche avec mes 25 ans tout juste. Je n’ai pas connu cette purge dont on parle encore aujourd’hui. Mais une chose est sûre: je ne verrai pas de Commission de ce genre dans ma vie, je crois. Du moins, pas avec l’attitude actuelle des politiciens. Parce qu’une commission s’intéressant au milieu de la construction, mais également à la collusion des contrats municipaux et gouvernementaux et au financement des partis politiques, ça ne ferait pas tomber que quelques têtes. Ça serait une hécatombe et le PLQ et le PQ le savent trop bien. Ils savent que des irrégularités dans leur financement et avec leurs ministres et premiers ministres pourraient sortir. Alors, ils feront tout pour éviter une enquête publique.

Est-ce à dire que de voter au municipal ne donnera rien ? ABSOLUMENT PAS. Je continue, malgré notre démocratie viciée, à rester un démocrate dans l’âme et le vote reste le seul moyen de se faire entendre. Un lecteur proposait sur le blogue de Patrick Lagacé d’au moins annuler son vote en masse pour envoyer un message clair. Mais cette idée, bien que séduisante au départ, me laisse perplexe. Car elle réalisera le souhait de ceux qui veulent voir certains maires/mairesses passer pour leur bien (alias les corrompus et agents de corruption). Car eux ne voteront pas blanc. Alors, non, il faut vraiment voter pour celui ou celle qui nous semble plus “propre” (remarquez que le mot est entre guillemets).

Si l’on veut vraiment purifier l’air de notre démocratie, il faudra qu’on sorte les amis. En masse. Malgré les risques de grippe H1N1. Quitte à porter des masques, il faudra que la population démontre davantage que par des sondages et des opinions de lignes ouvertes. Parce que c’est ça la démocratie, c’est prendre le droit d’aller dans la rue et d’exiger du gouvernement qu’ils nous entendent. Ça fait trop longtemps qu’on est assis sur notre steak à beugler au téléviseur. Vous voulez une enquête publique comme moi ? Il faut sortir, manifester sa colère, exiger des comptes.

À moins que vous aimiez le fait de vivre dans les intérêts de la mafia, des Hells, etc.

6 réponses

  1. Coudon, tu fais de la fièvre?

    Parce que t’es en feu…

    ;)

  2. Hum… J’aime bien ta photo avec un faux dialogue du Parrain. Remarques, c’est dans mon genre, mais quand les autres en font du pareil, je suis toujours content. Et c’est bien pensé. C’est signe que tu es capable d’en rire.

    C’est bon pour le moral, parce que Dieu sait que c’est démoralisant. Si j’étais le Premier ministre, j’annulerais les élections à Montréal. Il y a comme un sérieux problème et mettre la poussière en-dessous du tapis.

    C’est ça quand on va pas voter, on est obligés de vivre avec un gouvernement comme celui de Jean Charest. Pas sûr qu’il va rester populaire longtemps…

  3. Oups ! J’ai pas fini ma phrase.

    Et mettre la poussière en dessous du tapis ne règlera rien.

  4. @Daniel Labonté> Oh tu sais que je ne te battrai pas au niveau de ce type de parodie. Mais ça m’est venu spontanément en relecture de texte. ;)

    Mais tu as raison, on ne peut pas faire comme si de rien était. Il faut agir, mais est-ce que les gens veulent agir ? C’est une bonne question et je pense que j’en parlerai en début de semaine prochaine dans un billet.

    @Jeanne Émard> C’est le cas de le dire: on avait la même idée en tête traitée de manière différente. Très intéressant ce billet d’ailleurs. Mais difficile de ne pas avoir “Le Parrain” en tête en voyant ce qui se passe…

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