R.E.P Falardeau: un défenseur de l’indépendance n’est plus

Pierre Falardeau (1946-2009)

Il y a toujours un moment dans l’année où deux personnalités hollywoodiennes meurent dans un court de laps de temps entre les deux et deux personnalités québécoises meurent qui font la même chose. Pour Hollywood, il y a eu en juin dernier la mort de Farrah Fawcett et d’un certain MJ (quoique la mort de Swayze aussi a fessé fort il y a peu de temps). Ici, en deux jours coup sur coup, c’est le décès tragique par suicide de Nelly Arcan et là, ce matin, le choc encore: Pierre Falardeau n’est plus.

Bon, je l’avoue je n’étais pas le plus grand fan du cinéaste. J’ai toujours trouvé imbuvable la série des Elvis Gratton et certaines des déclarations incendiaires et à l’emporte-pièce du réalisateur ont nui au mouvement souverainiste en décourageant les souverainistes mous, ceux qui branlaient dans le manche et qui se sont, pour beaucoup, tournés vers l’ADQ. Mais, il faut reconnaître que ses documentaires de l’époque étaient très forts, son film sur 1789 et sur la crise d’octobre ont été des intéressants reflets de notre nationalisme et il avait le mérite de, à défaut de rallier les Québécois, de galvaniser les tranches souverainistes convaincues et d’avoir défendu sa cause jusqu’au bout.

Malheureusement, ce foutu cancer lui aura ôté la chance qu’il voit de son vivant la souveraineté du Québec (quoique soyons honnêtes et pessimistes: pour l’instant, pas comme si c’était à l’horizon… ou ça l’est, mais c’est loin l’horizon). Évidemment, ils ne le diront pas, mais les fédéralistes rigolent de sa mort par en dedans. C’est, bien que tordu, de bonne guerre. Après tout, n’avons-nous pas tellement joui intérieurement lors de la mort de PET ?

Alors, M. Falardeau, où que vous êtes, on vous souhaite de pouvoir vous reposer de cette lutte ardente et de  savoir quand on l’aura notre pays. ;) En espérant que la réponse ne soit pas : jamais.

Par contre, je sais que vous m’en voudriez. Pas pour mes réserves face à vous, mais plutôt le fait que “j’ai plogué l’article annonçant ma mort en pigeant sur le site de Radio-Cadenas câlisse” ! J’aurais bien aimé le piger sur Le Devoir, mais le site ne parle pas de votre décès pour l’instant et quant à Vigile.net, il plogue l’article de Cyberpresse (sic).

Alors je me suis qu’entre Radio-Cadenas et Power Corporation, vous préféreriez le premier.

4 réponses

  1. Non seulement les documentaires étaient forts, mais parfois, ça fessait vraiment dans le temps de le dire.

    Ce matin j’écoutais “Le temps des bouffons”, disponible en 2 parties sur YouTube. Pas trop besoin d’images, juste l’écouter c’est quelque chose.

    À un certain moment donné, il dit, d’un ton fort méprisent, en parlant des riches fédéralistes “Au Ghana, une fois par année, les pauvres mangent du chien. Ici, ce sont les chiens qui mangent les pauvres. Et après ils prennent un air surpris quand on en sacre un dans un coffre de char.”

    Mais chaque fois qu’une personnalité de ce genre décède, non seulement je suis triste qu’elle n’ait pas pu connaître l’indépendance du Québec de leur vivant, mais je ressent ce genre de honte de constater que nous n’avons pas encore fait ce qui était nécessaire pour qu’elles le vivent.

    C’était vrai pour Bourgault (même si je l’ai “connu” seulement après sa mort), c’est vrai aussi pour Falardeau, et ce sera vrai également pour Parizeau et Landry, etc.

  2. «Alors je me suis qu’entre Radio-Cadenas et Power Corporation, vous préféreriez le premier.»

    Power Corp et Rad-Can ont signé, en 2001, une entente secrète de convergence.

    Meilleure chance pour la prochaine fois! ;-)

  3. Jean-Luc a bien raison!

    Pourquoi ne pas visionner ou revoir Le temps des bouffons?

    http://anarchopragmatisme.wordpress.com/2009/09/28/le-temps-des-bouffons/

  4. Et pourquoi pas signer la demande de Louis Préfontaine sur Facebook, de changer le nom de la rue Amherst pour rue Pierre-Falardeau ?

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