La grande honte qui blesse

(Photo: Laura Mary)

Encore un autre billet personnel. C’est drôle, plus ça va, moins j’aime en faire. Trop de révélations, peut-être ? Ou peut-être parce qu’un billet personnel n’a pas la pertinence d’autres types ? M’enfin !

Bref, tranche de vie qui est arrivée vendredi dernier…

tranche de pain

(Ben quoi, fallait bien ressortir la fameuse image de la tranche de vie… ;) )

J’accompagne ma mère qui fait ses courses. Jusque-là, tout va bien. Tout d’un coup, on est dans la voiture, on vient tout juste de se stationner que ma mère pousse quasiment un cri dans la voiture en pointant du doigt:

Hé, regarde ! C’est Madame Y, ta professeure de première et cinquième année ! On devrait aller la voir !

Soudain, il me vient une envie soudaine de me métamorphoser en souris et de me cacher sous le tapis de la voiture en attendant que la dite prof passe.

Non, mom, c’est pas nécessaire. J’ai pas envie.

- Mais…

(plus ferme) Non, j’ai pas envie, merci !

Et la prof passe sans me remarquer (quoique bof, j’ai tellement changé depuis le primaire, pas certain qu’elle m’aurait reconnu), heureusement. Je dis heureusement pas parce qu’elle n’était pas gentille, pas parce que je la détestais comme prof, loin de là. C’est parce que depuis que j’ai fini mon collège (mon CÉGEP, si vous préférez), je veux m’éviter à tout prix la discussion du “Pis qu’est-ce que tu deviens ?” Parce qu’à chaque fois que je pense à une discussion du genre, je sais que je n’aurai rien de bon à dire, que je vais avoir l’air “loser”, pathétique et que ça va finir avec un méga malaise, suivi probablement d’une réflexion de la personne rencontrée qui va se dire: “Wow ! Mais il a bien fini mal ce gars-là !”

Car il faut le dire, je n’ai rien d’intéressant qui se passe pour moi. Rien du moins, d’extraordinaire, qui flashe, qui impressionne, qui en jette. Je veux dire, je suis très facile à battre au niveau de qui a la vie la plus cool. Je sais: c’est de l’orgueil mal placé, c’est de la grosse honte ridicule. Il n’empêche que je n’arrive pas à passer par-dessus. C’est ce qui fait que j’évite de reparler avec des anciens amis de collège (même si on avait beaucoup de plaisir et de respect), que je ne donne plus de nouvelles depuis cette époque. Je pourrais très bien en retracer sur Facebook, mais ça me tente pas. Je ne veux pas qu’ils sachent ce que je suis devenu. Vraiment pas. C’est trop humiliant.

Le prochain bout pourrait s’intituler “déraille de celui qui se prend pour un auteur dit-il en ne le croyant pas”

En plus, y a une question que j’ai encore plus peur de me faire poser: “Alors, as-tu écrit quoi de bon dernièrement ? / As-tu soumis de quoi à des éditeurs ? / Écris-tu des pièces comme dans le temps ?” Car, avant ses années, j’étais une machine à écrire (sic !), je pondais pour mon plaisir toute sortes de textes quelconques et sans gêne, je les montrais à gauche et à droite. Et là, je devrais avoir plus honte encore en leur disant que non, depuis 3 ans, rien ne vient. Un véritable blocage de l’écrivain. Il suffit de lire la page Wikipédia en lien pour comprendre exactement les raisons qui me bloquent (dans mon cas, je crois que c’est l’idée stupide de l’oeuvre parfaite ou du moins, qui peut accoter celle de ceux qui sont reconnus pour leur talent). Je bloque, c’est débile. C’est pas les idées qui manquent, mais impossible de les mettre sur papier. C’est vraiment un calvaire, je vous avoue. Pas pour rien que mon blogue littéraire ne m’a pas plus donné des ailes là-dessus. Après à peine deux textes, je suis resté figé, incapable de continuer et de finir le tout. Chaque ligne me donne le goût de vomir, chaque ponctuation me semble de trop, chaque personnage tellement caricatural, un dénouement qu’on voit venir sans même que je l’aie amorcé. Le troisième billet de ce blogue est en brouillon, en attente, même pas fini…

Ce qui est chiant. Parce que je lisais un blogue dont je vous parlerai dans le billet du jour et je me disais: dieu que j’aimerais être en mesure d’écrire, dieu que je m’ennuie de le faire. Je pense que c’est une rare des fois où je suis resté figé devant un blogue, les yeux plein d’eau. Alors, je suis en train de me dire que je devrais utiliser des trucs de cette liste de choses à faire pour me débloquer. Il faudrait peut-être que j’écrive pour moi, non en pensant à tous les auteurs de la planète sur lesquels je ne veux absolument pas copier. Je n’arrive pas à avoir mon style, ma manière, mes histoires ficelées… M’enfin, je déraille.

Fin du bout “weird”

Bref, je déteste cette honte (et/ou cet orgueil) qui me prend depuis quelques années. Je trouve ça dommage et je me dis que bon, le verser ici dans cet espace virtuel est peut-être une sorte de libération… Bon, allez, on parle de grippe porcine maintenant ? ;) Mouhahahahahahaha !

Les blogues du jour: Oh ! Changement de nom de la section pour dire que je rajoute à la Communauté du Blog les blogues suivants: le blogue de Daniel Labonté (Abeille en éveil) parce qu’un peu d’humour adulte (adulte dans le sens, pas pour les enfants) et de réflexion personnelle chaque jour, c’est intéressant ;) , le blogue de Jimmy St-Gelais (Homo Politicus), le Petit Émerillon d’Alain B. et ce blogue qui m’a mis dans tous mes états (comme je le disais précédemment),  Quatrième de couverture, le blogue où on parle livres avec Blogue l’Éponge (soit-dit en passant y a rien de triste dans le blogue – au contraire – c’est juste moi qui est un bizarroïde :P ). Dans les deux autres cas, c’est juste que je trouvais ça bizarre de les avoir depuis plusieurs semaines dans mon aggrégateur sans les mettre dans ma propre blogoliste… Et comme j’ai eu bien du plaisir à les lire, ben… ;)

6 réponses

  1. Va vraiment falloir que je fasse un copier-coller de mes remerciements pour la plogue de mon blogue! ;)

    Et je peux savoir en quoi mon pauvre « Quatrième de couverture » t’as mis dans tous tes états?!?

  2. Merci! Je vais t’ajouter aussi à ma blogoliste :)

  3. “Car il faut le dire, je n’ai rien d’intéressant qui se passe pour moi. Rien du moins, d’extraordinaire, qui flashe, qui impressionne, qui en jette. Je veux dire, je suis très facile à battre au niveau de qui a la vie la plus cool.”

    Ça m’attriste de lire ça!

    On s’en fout que tu n’aies pas la vie la plus cool!

    L’important, c’est que tu fais ce que tu as à faire. Tsé, le “coolness”, si je peux m’exprimer ainsi, c’est vraiment relatif, hein.

    Tu serais peut-être plus “cool” comme proprio d’un char modifié mais est-ce que tu serais plus avancé que maintenant? Pas vraiment. :-P

    Chacun fait son cheminement à sa façon et je ne pense pas qu’il y a quelque chose de mieux que l’autre. Tout dépend de toi.

    Toi, fais-tu ce que tu voulais faire? Si oui, tant mieux. Si non, il ne faut pas te lamenter et plutôt te réorienter.

    Sinon, tu sais où me trouver, hein :)

    *tape dans le dos*
    *câlin*

  4. T’as peut-être pas la vie la plus cool, moi non plus, mais ça ne t’empêche apparamment pas d’être heureux et intéréssant :) (de toute façon ceux qui ont les vies les plus intéréssante sont souvent des douchebags)
    Tu peux laisser les choses filer un peu devant toi, j’ai apprit un proverbe amérindien ce matin :
    «Laisse le temps passer et regarde la rivière couler, éventuellement le cadavre de ton ennemi passera en flottant.»
    Je ne sais pas si c’est un véritable proverbe ou si le gars se foutait de nous mais ça s’applique à ce qui arrive ici au travail, ça va s’appliquer à moi dans peu de temps et ça peut s’appliquer à toi aussi. Éventuellement qqch te donnera un boost d’écriture ou bien tu découvriras quelque chose qui t’intéresse plus encore! T’es pas vieux et t’as du temps devant toi. Moi même je pense retourner à l’école :P

    pour faire comme Noisette,
    *calin*
    *tape dans le dos*

  5. Je me reconnais beaucoup dans ce que tu écris ici. Je suis moi-même en processus de réflexion et je cogite sur l’idée de passer moi de temps sur mon blogue et davantage dans un autre projet, peut-être un livre.

    La vraie question que je me pose, c’est de savoir si j’ai du talent. J’ai pas encore trouvé personne d’objectif en ce sens. Écrire de la fiction, c’est pas comme du journalisme!

  6. Mon commentaire rejoint celui de Noisette, la vie, ce n’est pas d’avoir l’air cool ou non. L’important est que tu sois heureux et bien dans ce que tu fais.

    Tu ne te définis pas par ce que tu fais dans la vie, mais bien par ce que tu es …

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