Pauvres ti-poulets…

Bon, ça suffit la tristesse et les billets personnels ! Revenons aux racines de ce blogue pour l’amour ! ;) Bon, je ne parlerai pas des déclarations stupides de Mario Dumont quant à l’éducation et les émeutes de Montréal-Nord (oui, je sais, c’est un pléonasme de dire les mots “stupides” et Mario Dumont dans la même phrase). D’autres blogueurs ont déjà abordé le sujet comme cités dans cet article d’opinions de Cécile Gladel. En fait, je voulais revenir sur un sujet qui a été abordé, mais qui m’a encore plus frappé en regardant les nouvelles hier soir. En fait, c’est ce reportage qui m’a frappé et la lecture d’une autre lettre ici: les deux parlent de lettres de flics qui en ont gros sur le coeur de passer pour les “méchants pas fins”, qui rappellent que les policiers sont des forces de l’ordre et que la force doit être utilisée pour réprimer les mécréants. J’aime bien aussi cette expression retrouvée dans une chronique de Richard Martineau que le président de la Fraternité des policiers de Montréal utilise: “la police est un organisme paramilitaire”.

Bon, j’entends bien ce que les policiers disent: ils en ont assez de l’irrespect total qu’ils subissent par les citoyens du Québec. J’avoue que je ne suis pas certain que je la ferais la job: recevoir des doigts d’honneur à tour de bras, se faire traiter de tous les animaux de la ferme, se faire cracher dessus dans les médias… J’entends bien qu’ils ont fait du mieux qu’ils pouvaient dans les situations (dont celle de Villanueva). Sauf que là où je décroche, c’est premièrement quand je lis dans la lettre que M. Lagacé a reçu qu’un policier a le droit et le devoir d’user de son arme à feu s’il y a menace. OK, ouais, mais 3 coups de feu pour une personne ? Je ne sais pas s’ils reçoivent des cours d’anatomie à l’école de police, mais c’est un peu exagéré. Déjà une balle bien placée peut t’arrêter un homme sec et raide… 3 dans la même personne, c’est un peu beaucoup de l’exagération. Évidemment, il y aura les partisans de la situation extrême; ceux qui diront qu’avec l’adrénaline, on réagit sans réfléchir. Mais c’est là que ça m’embête: ils sont justement censés être formés pour résister au stress d’une intervention et ne pas tirer stupidement ! Parce que si on me sort cette excuse à chaque fusillade, on serait peut-être mieux de sortir de chez soir avec des vestes pare-balles, tout à coup qu’un policier s’énerverait.

Puis, ça va au-delà de ça la “haine” envers les policiers. C’est tout le côté secret, justement, des fraternités qui se protègent même quand un de leurs collègues a clairement mal agi. J’en ai déjà parlé, mais comment croire à l’intégrité de la police qui s’enquête elle-même ? Comment croire qu’ils veulent nous protéger quand ils semblent baver sur l’utilisation du “taser” et du pistolet, ennuyés par la matraque et le poivre de Cayenne ? Ils disent vouloir baisser la mortalité sur les routes, mais au lieu de patrouiller dans les endroits chauds où il y a bien des accidents, ça s’installe derrière un viaduc sur l’autoroute pour être sûr de d’attraper quelqu’un qui dépasse les limites de vitesse et respecter les quotas de contraventions qui “n’existeraient pas”… selon eux, bien sûr. Oui, je comprends que c’est une question d’argent et d’effectifs, mais il y a quand même là une certaine hypocrisie, non ?

Ils ont raison sur un point: ce ne sont pas des travailleurs de rue. Bien d’accord ! Ce n’est pas à eux à régler les problèmes de pauvreté, d’adaptation sociale et etc. Ils doivent s’occuper des crimes. Mais leur radicalisation, aidée par un gouvernement conservateur qui se rallient leurs votes en votant des projets de loi pour une “super” répression, n’aide pas non plus. Désolé, mais on n’est pas en Colombie ou aux États-Unis où le règne de l’arme à feu subsiste en maître. De toute façon, on voit que même avec “une police qui fait peur”, les crimes violents persistent toujours chez nos voisins du sud….

Alors, quand j’entends le président de la police parler d’organisme paramilitaire, je me demande s’ils ne rêvent pas toujours secrètement de revenir aux événements de la crise d’octobre 1970 où ils pouvaient arrêter tous ceux qu’ils croyaient être des terroristes,  à la bonne vieille époque où ils pouvaient frapper avant et questionner ensuite… Or, moi je crois qu’ils peuvent inspirer l’autorité et être une source d’autorité sans se radicaliser. Cependant, ça fait appel au jugement… et tant que la police n’arrivera pas à avoir du jugement et ne pas tomber dans les extrêmes, elle continuera de se faire crier des noms. Pauvres ti-poulets…

Vigile.net)

Pour moi, y a des flics qui rêvent de revenir à ça (Source: Vigile.net)

7 Réponses

  1. J’ai eu pas mal la même réaction en lisant la lettre du policier, enfin, jusqu’à ce que j’abandonne… Le droit de tirer en cas de danger est régis par le jugement, celui-là régis par le sang-froid. Tout nous indique ici qu’il en manquait un tas…

  2. Et j’allais oublier, merci pour le ricochet! ;)

  3. @renart> Effectivement, 3 balles sur UNE personne = petit problème de jugement ici. Pour le ricochet, écoute, y a rien là ! :) Je voulais juste éviter de répéter ce que toi, Jimmy et Cécile avez dit là-dessus et puis “ploguer” les textes en question ! ;)

  4. Surtout qu’on sais pas vraiment ce qui s’est passé avec Freddy Villanueva.
    Plein de choses suspectes. Un procureur de la couronne de l’ontario, André Marin, dit que les temoins dans une affaire criminelle doivent etre idealement interrogé sur le champ, pour que leur temoignage soit solide. Au moins 4 jours plus tard, la policiere n’est toujours pas interrogée et selon André Marin, elle est obligée de le faire vu qu’elle est potentiellement temoin d’un acte criminel.

    J’ai regardé une couple de video sur youtube de bandes medias, y’as 2 temoins qui disent que les policiers n’ont pas été agressés physiquement.
    Y’as une dame qui dits que la policiere s’est ecriée “Je l’ai tué, je l’ai tué” et on nous annonce ensuite que c’est le male policier qui as tiré.
    Les policiers parlent d’etre entouré “d’une vingtaine de personnes” et au moins un autre temoin oculaire qui dits que c’est pas vrai. Richard Martineau colporte dans le journal de Montreal que la policiere est a l’hopital. Y’as quelqu’un qui ments. Je pense qu’une enquete publique s’impose, juste par ce que j’ai mentionné. Mais je reve en couleur je crois, on est passé de la revolution tranquille a la dictature tranquille. Pauline Marois qui declare “Ca prends une enquete publique, pour qu’il y ait APPARENCE parfaite d’impartialité”. Quand une politicienne de haute visibilité peut dire une chose du genre sans qu’aucun tollé ne soit soulevé, y’as quelque chose qui ne vas pas.

    Je trouve ca troublant la culture de l’impunité au Quebec, on est pas encore l’amerique latine, mais si on prends pas des mesures pour arreter la corruption, ca vas continuer.
    Vous vous rappelez des policiers deguisés en manifestants avec des roches l’année passée a Montebello? Meme si ces policiers la, selon les declarations de la SQ, n’avaient aucune intention de les lancer, ils ont mis en danger la sécurité physique des manifestants dans leur proximité. Est-ce qu’il vas y avoir une enquete la dessus? Je retiens pas mon souffle, avec le non-suivi de cette affaire dans les medias. J’ai bien peur que ca soit la meme avec l’affaire Villanueva. Je me souviens ouais…

  5. @eric francis> Effectivement, y a des questions à se poser et c’est pour ça que je capote quand je vois les flics qui crient au scandale. Pardon ? Et tous ces trucs secrets que vous faites comme ce merveilleux exemple que vous avez donné de Montebello où des flics sont allés faire du trouble “pour qu’ils se fassent arrêter”. Phoque ! Et après, ça nous parle d’intégrité ? Je dirais une belle petite expression anglaise: “Bullshit”.

  6. Sans vouloir généraliser, ça fait longtemps que mes illusions sur notre système judiciaire sont tombées. Petite anecdote: Il y a plusieurs années j’ai été arrêté pour des raisons que je ne tiens pas à ébruiter quoique ce n’était pas un crime grave. Ceci dit mon avocat m’avait recommandé de plaider non-coupable car, bien que je n’étais pas blanc comme neige, les policiers avaient mal procédés.

    Ceci dit du jours au lendemain mon avocat change complètement d’attitude. Il me dit qu’il serait finalement préférable de plaider coupable sinon ont risqueraient de se rendre à un procès et blablabla…

    Finalement je plaide coupable et je me retrouve alors avec une amende et un casier judiciaire. En sortant de la cours, j’aperçois mon avocat en compagnie des deux policiers se dirigeant sourire aux lèvres vers le bar du coin.

    Disons que mon image de notre beau système judiciaire en a prit un coup quoique je suis conscient qu’il n’y a pas que des “bad cops”… ; )

  7. @u Célibataire frustré> Ayoye ! Je t’avoue que cette anecdote me laisse bouche bée et… ne m’aide pas à vouloir pleurer sur les policiers. ;)

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