L’Iznogoud québécois

Je parlais de la démission de Philippe Couillard tantôt et j’abordais le fait qu’il voulait être premier ministre à la place du premier ministre. Évidemment, pour certains, c’est un peu gros. Après tout, Couillard n’a jamais publiquement dit: “J’aimerais être à la tête du Parti Libéral”. On est très loin d’un autre Iznogoud québécois, Pauline Marois, qui ne se gênait pas pour dire qu’elle voulait prendre la place de Bernard Landry au Parti Québécois - ce qui a dérangé beaucoup de monde à l’époque, d’ailleurs. Sauf que si les attitudes de Couillard étaient moins claires que celle de Marois, il n’en reste pas moins qu’on sentait que tranquillement l’idée de devenir chef trottait dans sa tête. Il y avait, tout d’abord, tous ces sondages qui le mettaient dans les personnalités politiques les plus populaires du moment. Puis, les journalistes qui ne cessaient, dans des entrevues individuelles avec le politicien, de le questionner là-dessus et sur la perte de popularité de Charest. À chaque fois, il répondait par la négative, jurant loyauté au frisé premier ministre du Québec. Mais cette attention énervait Charest et – ceux qui s’en rappellent- dans les publicités du PLQ des élections de mars 2007, le docteur était dans un coin, presque caché alors qu’on focussait sur Jean Charest.

Puis, arriva le 26 mars 2007… Nous sommes tard le soir, Bernard Derome vient de confirmer que si la tendance se maintient, ça sera un gouvernement libéral minoritaire. Coup de théâtre, Derome annonce que Charest ne passe pas dans Sherbrooke, son comté ! Aussitôt, les médias rejoignent le docteur Couillard dans sa circonscription qu’il vient de remporter. On lui “apprend” que Jean Charest ne passerait peut-être pas à Sherbrooke. Si l’homme reste relativement calme (“on va attendre la fin du décompte des votes” avait-il dit), on voit une lueur dans ses yeux: aurai-je une méga opportunité qui s’ouvre à moi ? Finalement, on apprend, une fois le comptage des votes fait à Sherbrooke, que le premier ministre est réélu. Derome fait son mea culpa, Pierre Bruneau et Claude Charron qui sont restés prudents et ont attendu les résultats complets se “frenchent” se félicitent en se faisant un “high five” ce qui surprend tout le monde et eux-mêmes, croyant qu’ils étaient hors d’ondes… Malaise… Bref, les espoirs de Couillard disparaissaient temporairement. Néanmoins, cette “presque défaite” du PLQ a renforcé l’idée dans la population et chez les spécialistes que Couillard serait peut-être en mesure d’être le prochain chef du Parti Libéral… Puis, le temps passa. Dumont et son équipe se plantèrent royalement, Jean Charest trouva enfin l’antonyme d’arrogance dans le dictionnaire et décida de l’appliquer et tranquillement, on oublia M. Couillard. J’imagine que lorsqu’en mars dernier, le vote de confiance envers Charest fut massif, les espoirs de Couillard de prendre la tête furent réduits à néant. C’est drôle, j’ai l’impression que déjà là s’amorçait sa “réflexion” comme il dit.

Dur métier que celui de politicien… dur, dur, dur.

Laisser un commentaire