
Enfin, j’écris ma réponse. Voyez-vous, j’ai écrit un article lundi dernier sur ce blogue qui abordait les bédéistes versus les auteurs où je les comparais et je disais que c’est dix fois plus classe de faire des BDs que des livres que les gens ne lisent plus. Je disais aussi qu’au Québec, il y avait peu d’associations entre auteurs et dessinateurs pour les BDs et que de toute façon, les auteurs incapables de dessiner étaient moins bien vus dans le milieu que les dessinateurs/auteurs en même temps. Mais ne voilà-t-il pas que Pascal Colpron, auteur du génial “Mon petit nombril” (me lasserai-je de parler de son blogue ?…. NAH !
), m’a dit “Oh que nenni mon ami !” (bon, il l’a pas dit exactement comme ça…
). Qu’effectivement, c’est un peu moins commun au Québec à cause de la petitesse du marché, mais qu’il y en a quand même. Il m’a donné le judicieux excemple de “Red Ketchup” (oh, souvenirs du défunt magazine Croc…).

En plus de ce commentaire judicieux, tout plein de gentillesse, Pascal m’a posé une question et je vais le citer très exactement: “Par curiosité, sur quoi t’aimes écrire ?” Je ne lui ai pas répondu par commentaires, parce que – comment dire – c’était un sujet que je me doutais que j’allais éventuellement aborder sur ce blogue et que je voulais développer. Bon, plusieurs jours plus tard, voilà ma réponse à Pascal et à tous ceux qui se posaient la question ou pour qui l’écriture, ça les intéresse:
Mon cher “ami du Web”
, comment te décrire mon parcours d’écriture ? Tout d’abord, il faut que je te dise que c’est presque malade mental comment il me vient des idées d’histoires différentes. Très sérieusement, j’ai “comptabilisé” ça et en un an, j’ai dû avoir une vingtaine d’idées d’histoires relativement solides. Ajoute à cela une vingtaine d’autres qui se “flushent” au fil du temps et ça te donne une idée que mon cerveau, quand il se stimule légèrement, peut concevoir une histoire complète assez rapidement. Parfois, je la prends en notes: ça peut être les personnages, les événements, le concept général… Parfois non, quand je crois que ce n’est pas éventuellement utilisable. Parfois, même non écrites, des concepts peuvent me rester dans la tête un an ou deux. Il suffit que j’écoute une chanson, que je fasse de l’exercice, que j’écoute un film ou que je ne regarde qu’une situation pour que ça rééclate. Lorsque j’étais jeune, j’étais davantage un conteur oral (bon, loin des talents de Fred Pellerin, mais quand même…). Puis, lors de pré-adolescence et adolescence, alors que je me suis mis à écrire de manière ludique, ça a été beaucoup du fantastique ou de l’horreur. Ça et de la comédie (j’ai écrit un scénario parodique et des genres de sketches audios… on était loin de Pérusse ici, par contre). Fin adolescence, collégial, je tombe dans les nouvelles très noires et les suspenses, les romans d’horreur et du roman policier. En fait, premier roman que j’ai tenté de faire publier c’était un roman d’enquête hyper sombre avec une histoire tordue d’inceste et de meurtres… Étonnamment, c’est celui qui est passé le plus proche de se faire éditer. Une maison d’édition m’a demandé de faire quelques correctifs, ce que j’ai fait, mais bon, ça n’a pas passé. Il y a eu aussi une période “pièce de théâtre” car j’étudiais dans un programme collégial englobant tous les aspects du théâtre (de l’écriture à la production en passant par le jeu). D’ailleurs, j’avais participé à un concours collégial d’écriture dramatique. Je n’avais pas gagné, mais les commentaires des juges étaient plutôt positifs, ils avaient failli me donner un prix spécial pour la qualité de mes personnages dans la pièce ! Dans les dernières années, j’ai essayé d’être un peu plus songé, j’ai fait un roman plus “philosophique” sur un gars qui voulait abandonner sa vie pour une meilleure… et ça ne fonctionnait pas (autant dans le roman qu’au niveau des comités de lecture
). Bref, je te dirais que ce qui me suscite le plus l’inspiration: beaucoup de fantastique (j’imagine que c’est mon fond de joueur de jeu de rôles qui ressort là-dedans
), beaucoup de suspense aussi, d’univers noirs (un peu comme ce que tu as montré avec un de tes intermèdes dessinés que j’invite tout le monde à voir), de la science-fiction, du roman policier. J’ai parfois des idées de drame, mais c’est tellement plus difficile à écrire ça. En passant, quand je parle de fantastique, je ne parle pas juste de l’univers médiéval mille fois vus quoique toujours intéressant: je parle aussi de mythologies, de super-héros, de chimères, de phénomènes paranormaux (pas pour rien que j’aime X Files), etc. Voilà ! Comme tu vois : le champ est large ! J’ai fait des essais avec presque tous ces sujets généraux, certains sont inachevés, d’autres juste mis dans un coin de l’ordinateur car la qualité est moyenne. Récemment, d’ailleurs, le fils de mon beau-père (techniquement mon demi-frère, mais on s’est jamais appelés de même à cause de la différence d’âge) me disait: “j’aimerais ça lire ce que tu as essayé d’envoyer à des éditeurs”. Je lui passerai peut-être, on verra. Mais bon, en attendant, je fais de la recherche pour un projet d’écriture. Est-ce que ça restera dans le fond du placard ? Je n’en sais rien, mais ça fait longtemps que je n’ai pas écrit pour le plaisir (si j’exclus ce blogue, bien sûr).
En tout cas, merci d’avoir posé la question: grâce à toi, même mes amis proches vont savoir ce qui me passionne là-dessus. Faut dire que je suis discret, j’ai tellement peur du plagiat ou que quelqu’un se mette le nez dans mes écrits tant que je n’ai pas fini. J’espère que ce long billet aura intéressé quelques-uns. Disons que, comment dire, c’était un peu à coeur ouvert, sortir des squelettes du placard
. J’imagine que des gens qui aiment la lecture autre que celle virtuelle auront été intéressé quelque peu à ce billet. Genre le Détracteur qui a une section de ce qu’il lit en ce moment comme sa bien-aimée Noisette (et c’est un bon moyen pour moi de “refaire de la publicité” pour leur blogue gratuitement, je ne pense pas qu’ils vont s’en plaindre
).
Merci encore de votre patience pour ce billet long (je suis passionné par ça, que voulez-vous que je vous dise !) plutôt très personnel ! En espérant que ça ait répondu à ta question Pascal !
Archivé sous: Personnel | Tagué : écriture, édition, BD, comédie, comité de lecture, concours, conteur, Détracteur constructif, drame, fantastique, histoire, horreur, inspiration, Mon petit nombril, Noisette sociale, Pascal Colpron, pièce, réponse, roman, suspense, théâtre, thriller



Salut Alex,
Très très intéressant. Le monde de la BD au Québec a une masse importante de talent en dessin, on en exporte tant, mais aussi un grave manque d’auteurs intéressants et intéressés à écrire des scénarios pour ces dessinateurs talentueux.
La plupart des bédéistes dessinent, même très bien, mais quand ils percent à l’étranger, c’est presque toujours avec (grâce?) à un scénariste qui vient justement de l’étranger. Cela fait que le talent québécois rayonne effectivement aux quatre coins du monde (bon, trois, puisqu’on envahit pas vraiment l’orient des mangas… mais ça viendra peut-être un jour) sauf qu’il n’y a pas promotion du Québec, de nos moeurs, de nos modes de vie quand le scénar est écrit par un français, un belge ou un états-unien. Alors oui, le talent rayonne, mais est-ce que le produit est culturellement “québécois”?
Et ceux qui combinent des qualités d’écriture et de dessin, ils publient surtout au Québec et ne peuvent même s’imaginer en vivre. Leurs oeuvres sont plus ancrées dans la vie d’ici (bon, pas nécessaire de faire “cabane à sucre” pour ça!) et ils créent la culture québécoise contemporaine (mais doivent avoir une “vraie” job pour manger).
Je crois que si certains auteurs d’ici, connus ou en devenir, proposaient des textes à des dessinateurs d’ici, enfin, à ceux qui ont le temps et de petits manques d’inspiration, il pourrait se bâtir une oeuvre solide et québécoise, de réputation internationnale, assez rapidement.
Alors hésite pas à aller dans les festivals, rencontre les auteurs dont le style te plaît, Fais-leur lire tes textes ou tout au moins un résumé, et qui sait ce qui se passera!
Molécule
Tu étais en feu!!!
@Molécule> Merci. Toi aussi, c’était très intéressant ton exposé de la situation de la BD au Québec.
Et effectivement, j’avoue que les festivals de BDs, ça peut être intéressant en maudit. Disons que comment dire, lire autant de blogues dessinés, je sais pas, ça me motive au bout à non seulement me remettre à créer, mais peut-être, éventuellement travailler avec des supers dessinateurs !
@Noisette> Que veux-tu, c’est ma passion conter des histoires de fiction, depuis que j’ai 4 ans ! On ne se débarrasse pas de cela. C’est intrinsèque en moi !
Merci Alex pour cette longue réponse! Ça semble très intéressant ce que tu écris, je partage cet amour du fantastique et de la science-fiction. J’aimerais bien lire un jour une de tes fictions! Aussi, tu évoques brièvement une de tes craintes, celle du vol d’idées, du plagiat. J’ai vaincu cette peur avec les années. J’ai réalisé que les idées émergent souvent chez plusieurs personnes différentes, de façon indépendante, parce qu’on partage un même bassin d’influences. C’est dû à la culture. Mais ceux qui peuvent faire de quoi avec leurs idées sont déjà plus rares, et ceux qui mènent à terme leur projet sont encore plus rares. Ça fait qu’à tout moment donné, tu peux avoir deux personnes qui sortent un produit qui semble parler du même sujet. On pourrait croire qu’ils ont copié l’un sur l’autre, mais ce n’est pas le cas. La morale de l’histoire, c’est que aussitôt t’as une idée, FAIS DE QUOI AVEC et sors-la le plus vite possible!!!! Les idées sont dans les airs; c’est le produit final qui est important.
@Pascal> Merci. Pour ce qui est du plagiat, c’est que c’est épeurant car on le sait, sur Internet, le plagiat est roi. Pour ça que, le plus souvent possible, quand je prends une photo à partir d’un lien Internet, j’essaie de nommer la source de la photo, surtout si ça vient d’une source officielle comme un quotidien ou un site officiel. Mais on le sait: beaucoup copient et utilisent à leur compte les mots d’une personne ou d’un site sans citer. Alors, forcément, ça ne donne pas le goût de diffuser trop ces créations sur le Web. Mais tu n’as pas tort quand tu dis qu’il faut faire de quoi avec ces idées et que c’est le produit final qui emporte. Pour ce qui est de lire un jour une de mes fictions… Hum, on s’en rejasera.
Mais après tout, ça serait bien la moindre des choses, je me gave de tes créations depuis 3-4 mois quotidiennement ou presque… Reste à l’affût de ta boîte mail, je dirais !