God bless the 400ème

Beaucoup sont enragés, ces dernières heures, de la visite en France de l’ex dame crédible Michaëlle Jean (je dis ex car elle est passée d’une lectrice de nouvelles sérieuse à un poste INUTILE de gouverneure générale qui ne fait vibrer que les vieilles sèches de Westmount et quelques illuminés de la Reine dans l’Ouest canadien). Parce qu’elle tente de mettre le fait canadien dans une fête qui souligne le début de la Nouvelle-France. Sauf que je ne vois pas en quoi vous êtes choqués ? N’est-ce pas symptômatique de l’organisation de ces festivités ? Bon, là, je sais que je ne me ferai pas ami de partisans des festivités. Je ne suis pas contre les festivités. Je n’ai même rien à dire de méchant sur la Ville de Québec que je trouve magnifique et intéressante (je peux le dire, je ne viens pas de Montréal). Alors, je ne fais pas partie du clan montréalais médiatique qui a beaucoup de plaisir à taper sur la tête des festivités.
Sauf que je suis lucide. On voit clairement que les organisateurs n’ont AUCUNE IDÉE de ce qu’ils fêtent. Pour eux, ce n’est ni la fête du début de la Nouvelle-France, ni la fête du fait français au Canada ou en Amérique du Nord, ni même vraiment la fête de la Ville… Non, c’est un gros prétexte pour tenter de montrer au monde entier que Québec peut être aussi bien que Montréal. Alors, on a tenté d’inviter tous les gros noms de la planète pour qu’ils viennent à Québec: Céline Dion, le pape, U2, la reine d’Angleterre, etc. Hé oui ! La reine ! Alors qu’il y a 400 ans, l’Angleterre n’avait même pas pénétré dans la ville de Québec. Mais les organisateurs s’en foutent. Écoutez, Adolf Hitler serait encore de ce monde que je crois qu’ils l’auraient invité (peut-être exagéré ici, mais vous voyez l’idée) ! C’est le complexe de la capitale qui voudrait être métropole. C’est la souffrance d’une ville qui, après 400 ans d’histoire, n’arrive pas à sortir de l’idée populaire que c’est un “petit village”. Bref, c’est la grenouille qui voulait se prendre pour le boeuf. Et peut-on la blâmer ? Pendant qu’on donne des millions à Montréal pour ses systèmes de transport en commun, le projet Griffintown (qui risque d’être une horreur comme l’est le Dix30) et etc., Québec ramasse des restes. C’est peut-être pour ça que depuis quelques années, la région de Québec vote ADQ et Conservateur. Par protestation de la montréalisation de tout. Alors, quoi de mieux que de voter contre les petits “bourgeois” et “intellectuels” montréalais qui votent PQ (dans les quartiers francophones), ne cesse de parler d’écologie (alors qu’ils vivent dans une des villes les plus sales d’Amérique du Nord et qu’ils ne sortent pratiquement jamais de leur île) et d’indépendance en méprisant tout ce qui est en dehors de l’île.
Pourtant, Québec n’est pas une petite ville. Malgré ses défauts, elle n’est pas la brebis galeuse du Québec. En fait, je lui souhaite même de ne jamais devenir comme le boeuf. Car, pour être allé très souvent à Montréal et pour y avoir vu les problématiques énormes d’avoir deux septième de la population québécoise dans un petit coin de territoire, je ne suis pas sûr que c’est ce que je souhaite à Québec. Non, je souhaite à la première ville francophone d’Amérique de cesser d’avoir des problèmes d’estime d’elle-même. Ça serait déjà un bon pas.
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