Une ironie chinoise

Définitivement, jamais – même s’ils ne l’admettront jamais publiquement – les membres du CIO auront autant regretté d’avoir choisi, en 2001, la Chine pour les Jeux de 2008. Parce que si le relais de la flamme a été plus que mouvementé au travers le monde, d’autres scandales pointent comme, par exemple, le fait que les athlètes canadiens porteront des vêtements… fabriqués en Chine. Évidemment, ça coûte moins cher de les faire là-bas qu’ici et bla bla bla… Ce qui est assez tragique quand on pense au nombre de manufactures qui ont fermé à cause de la compétition (et surtout des salaires de crève-faim) asiatique.

C’est ce genre de nouvelles qui renforcent ma position contre le boycott des Jeux: on est carrément, dans notre économie capitaliste, dépendant des marchandises bon marché de la Chine. Alors, on punirait des athlètes qui ont travaillé dur et pour, eux aussi, pratiquement pas d’argent (car sport amateur = pas de rémunération réelle du sport) alors que le gouvernement continue d’encourager les compagnies à faire affaire avec la Chine et à importer toutes leurs bébelles ? Bien sûr, pour beaucoup, il faudrait changer le système d’économie qui existe pour un système socialiste responsable et bla bla bla… Sauf qu’en attendant qu’une utopie se fasse, il faut se confronter à la réalité: personne au Canada ne veut mettre ses culottes pour cesser que nos compagnies fassent de la sous-traitance asiatique. Alors, il faut, oui, dénoncer mais cessons d’être hypocrites et de crier au boycott (des compétitions, en tout cas), de grâce ! Même Mia Farrow, à Hong Kong aujourd’hui, a parlé d’un boycott des cérémonies d’ouverture et non des Jeux en tant que tel…

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