Québec sous ordonnance, la critique

J’ai écouté Québec sous ordonnance, le film de Paul Arcand sur les médicaments et les compagnies pharmaceutiques, qui est passé à la télévision cette semaine. Était-ce bon ? Oui. Était-ce pertinent ? Pas mal. Est-ce que ça valait la peine de le sortir au cinéma à l’époque ? Non. D’ailleurs, je suis très content de ne pas avoir payé pour aller voir ça. Car, franchement, l’idée de le sortir au cinéma était un peu “niaiseuse”. Malgré que Paul Arcand tente de reprendre la formule Michael Moore avec sarcasme et montage qui fait un peu rire, ce film (et je dirais ces car c’était la même chose avec les Voleurs d’enfance) n’a pas de qualité cinématographique. Quant à moi, deux bonnes émissions spéciales d’Enquête du même calibre et ton auraient eu autant (peut-être plus) d’impact sans obliger les gens à payer pour voir (déjà qu’ils paient à prix fort leus médicaments, n’est-ce pas M. Arcand ?).

Autre problème du film: il tire à boulet rouge sur tous les aspects croches et répréhensibles du système de santé et des médicaments. Tellement, qu’on finit par se perdre un peu. Des fois, il revient sur un sujet d’avant qui se met en lien avec un autre présenté. Or, il présente tellement d’aspects qu’on finit par être perdu. Il aurait peut-être fallu mieux diviser l’oeuvre et  s’attarder plus sur les compagnies pharmaceutiques et leur lobbying que d’autres sujets comme le peu de temps que les médecins consacrent aux patients et les erreurs médicales (bout, d’ailleurs, terrifiant si vous voulez mon avis). Néanmoins, le constat reste quand même que les compagnies pharmaceutiques s’en mettent plein les poches et font des pressions et de la manipulation à toutes les sphères du milieu de la santé, y compris nous, patients, qui demandont tant la pilule miracle. J’aime bien d’ailleurs comment à chaque nom de médicament cité, on y liste ce qu’il fait, mais surtout ses effets secondaires qu’on a tendance à oublier de poser des questions là-dessus à nos médecins. Car forcément, les effets secondaires d’un médicament oblige à prendre d’autres pour contrer les effets et ainsi de suite… Les entrevues sont bien faites (elles sont quand même conduites par l’homme reconnu pour “poser les vraies questions”) et jamais le ministre Couillard (alias capitaine “Hon y est cute, y a l’air d’un nounours, mais il est pas capable de dénoncer quoique ce soit et ça pour un ministre, c’est nul !”) n’a eu autant l’air de patiner, de ne pas vouloir prendre position sur aucun aspect que Arcand lui présentait (sauf peut-être les médicaments obtenus illégalement, là, il n’avait le choix de se prononcer). Évidemment, quand tu es en conflit d’intérêt, tu fermes ta gueule.

Finalement, dernier point qui m’a un peu dérangé: c’est l’absence totale de pistes de solutions. Je veux dire, ce n’est qu’un film de constat. Un bon film de constat, mais où sont les solutions ? C’était d’ailleurs la même chose avec les Voleurs d’enfance. Déjà que c’est ce que j’aime moins des films de Michael Moore, le peu de proposition de solutions (sauf de voter du bon bord), pourquoi reprendre ça ? Pourquoi ne pas dire aux gens de poser des questions au médecin, au gouvernement canadien de redonner le mandat à Santé Canada de faire leurs propres recherches sur des médicaments, d’exiger des gouvernements que les compagnies pharmaceutiques disent la vérité sur les cadeaux et les ristournes faites à des pharmaciens, etc. ? Vous allez me dire que, subtilement, le film le propose. Mais pourquoi ne pas donner aux citoyens des moyens de protester, des endroits où dénoncer, etc. Bref, je donnerai un 8,1/10 au film de Paul Arcand. C’est bien M. Arcand, mais la prochaine fois, sortez un documentaire pour la télévision, ça évitera que les gens aient à payer pour un film qui n’a pas de saveur cinématographique. Merci.

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