Au royaume du bonhomme Labeaume

Alors que je me prépare pour un week-end au royaume du bonhomme Labeaume (non, mais c’est pas justement notre charmant maire qui en a assez qu’on dise la “vieille Capitale” quand on parle de Québec ?), j’avais envie de donner quelques grains de sel sur des sujets d’actualité dont on parle pas mal ces temps-ci dans les médias.

Nos services de santé ne sont pas satisfaits du ralentissement dans la vaccination contre la grippe H1N1: hé, ça engage même Malik pour nous donner le goût du vaccin (voir la vidéo à la droite de la page pour ceux qui s’ennuieraient déjà des hauts et des bas de Sophie Paquin) ! L’acteur qui jouait Malik en médecin… Hum, pour moi, à Santé Canada, ils ont oublié qu’on était plus de 800 000 à écouter la série. En tout cas, je trouve ça pathétique tous ces mouvements des ministères pour nous donner le goût du vaccin. Il aurait fallu démystifier les choses AVANT au lieu de la cacophonie auquelle on a eu droit en début de vaccination. Maintenant, il est trop tard. De toute façon, on est quand même près de la moitié de la population à être vaccinée (dont moi, depuis une semaine) alors… C’est déjà ça, non ? Après tout, n’était-ce pas une vaccination VOLONTAIRE ?

Mais par contre, à ceux qui auraient peur du méchant vaccin, je vais vous dire la seule chose que j’ai eue: mal de bras au niveau de la piqûre pendant 4 jours. Et en fait, ça aurait pu être moins long mais j’ai voulu faire mon “tough” et je n’ai pas mis de compresses froides sur mon bras au début des douleurs. Ça m’apprendra à jouer au rebelle. ;)

Les frasques de Tiger Woods: Hé, mais sont complètement débiles aux États (et j’aurais le goût de dire partout ailleurs) ! Ça fait 2 semaines que ça fait la une des journaux !

Oui, OK, le golfeur a eu des maîtresses. BIG DEAL ! N’ont-ils pas eu un charmant président qui couchait à gauche et à droite (hello Mr. Clinton !) ? Personnellement, je ne savais même pas que le sportif était casé et avait des enfants. Je ne dis pas que j’approuve ses infidélités, mais… On s’entend qu’il ne s’est pas mis à frapper à innocents à coups de bâton de golf dans la rue, il a juste eu le malheur d’avoir des aventures. Je peux comprendre la déception de ceux qui mettaient le Tigre en dogme, mais get a life ! Dans à peu près toutes les séries américaines, ça se trompe à tour de bras et personne n’en fait un drame. Pourtant, ils font bien des unes pour accuser les jeux vidéos des tueries dans les écoles; pourquoi ne pas mettre à la une des séries et des soaps télévisés où l’infidélité règne ?

Quant à toutes ces femmes qui sortent soudainement pour dire: “Oui, oui, moi aussi j’ai couché avec Tiger Woods”, vous ne trouvez pas ça mesquin et excessivement opportuniste ? Disons que ça rappelle que sur une majorité de femmes qui sont posées et intelligentes, y a aussi une belle tranche de pétasses malheureusement.

Le cours d’éthique et culture religieuse, une propagande du multiculturalisme canadien: Je ne dirai que ceci: qu’est-ce qu’on attend pour remplacer les cours de religions par des cours d’Histoire, qui pourraient du même coup rappeller les atrocités commises par les diverses religions dans le monde ? Question de créer une et des générations qui ne se serviront pas de la religion comme béquille pour leurs valeurs. Question de développer l’humanisme chez nos enfants sans avoir à passer par Allah, Yahvé et tous les autres…

Le “Climategate”: On est en pleine conférence de Copenhague. On essaie de trouver des moyens d’améliorer le sort de la planète et là, bien sûr, il y a une tranche de la blogosphère qui capote parce que le GIEC aurait modifié des données sur certaines de leurs études sur les changements climatiques.

Bon, OK, admettons que ça soit exact, admettons qu’ils aient exagéré… Ce qui pourrait correspondre d’ailleurs à de l’éco-terrorisme doux. Supposons – car ça ne reste que des suppositions – que la Terre se réchauffe naturellement – sans AUCUNE influence humaine (ce dont je suis très sceptique) – comme plusieurs planètes et que c’est un cycle qui éventuellement va faire qu’elle va retomber dans une période plus froide éventuellement… Même à ça, on n’est obligé de se croiser les bras et se tourner les pouces en ne changeant rien dans nos habitudes de vie ?

Car c’est ce qui m’énerve de ces blogueurs qui sortent cette “Vérité avec un grand V”, l’air bavant et jouissant d’être un révélateur du “Grand Complot Climatique”: ils confirment les positions des Sarah Palin et des Stephen Harper de ce monde. Leur position ? Continuons comme nous faisons: saccageons, pillons les ressources et polluons au nom de l’économie parce que de toute façon, ce n’est pas notre faute si la planète se réchauffe, qu’il y a un trou dans la couche d’ozone, qu’il y a des pluies acides, etc. Et ne changeons surtout rien à nos habitudes, ça serait devenir de sales communistes !

Or, ça m’énerve. Peut-être que c’est vrai: peut-être qu’on met trop l’accent sur les émanations de dioxyde de carbone et pas assez sur la pollution en général. Mais est-ce que ça veut dire pour autant qu’il faut recommencer à conduire des Hummer ? Arrêter de vouloir produire des technologies automobiles et industrielles moins génératrices de GES ? Moi, je dis que non et savez-vous quoi ? Voyant comment les humains ont toujours tendance à agir à la dernière minute, je préfère quasiment qu’on me dise que la situation est catastrophique et que ça force l’ensemble de la planète à bouger. C’est terrible, mais si ça peut nous faire changer dans nos modes de vie.

Car, effectivement, la solution environnementale ne se situe pas uniquement dans la réduction des gaz à effet de serre. Elle se situe dans une consommation raisonnable, locale, dans une utilisation saine des énergies, dans le développement d’énergies “propres”, dans le recyclage, dans la cessation du suremballage, dans la protection de la faune et la flore, dans un développement urbain plus sain et respectueux de l’environnement, etc. Bref, c’est un ensemble de facteurs et de comportements que l’on doit adopter petit à petit. Pas juste les petits citoyens: les gros citoyens corporatistes doivent être mis au pas aussi ! Or, parce qu’UN groupe de scientifiques aurait PEUT-ÊTRE joué avec les données, il faudrait jeter le bébé avec l’eau du bain ? Euh… NON ! À moins de vouloir de s’auto-détruire, bien sûr.

Une commission d’enquête publique toujours ignorée: Bon, puisque notre premier nul du Québec Jean Charrue refuse toujours une commission d’enquête publique pour ne pas plonger son parti dans les abysses de la non-réélection, je vous invite à aller signer cette pétition officielle sur le site de l’Assemblée nationale. Vous avez jusqu’au 4 février prochain pour la signer. Déjà plus de 11 000 signatures au moment où j’écris, mais allez ! On peut monter ça davantage ! Partagez ce site à vos proches, question qu’il y ait bien des signataires.

Les Japonais prennent de la drogue…

… ou ils ont bien du temps à perdre. Vieille vidéo que je n’ai connu qu’aujourd’hui et oui, c’est pas très profond, mais il neige un peu et je n’ai pas envie de me lancer dans de grandes réflexions.  ;)

L’état des hommes

Nous sommes le 6 décembre 2009. Il y a 20 ans, une terrible tragédie se produisait à Montréal: à l’école Polytechnique, un fou entrait et abattait 14 femmes et blessait 4 hommes et 10 femmes pour finir par se suicider. Un événement traumatisant pour une société qui ne savait pas qu’à peine 10 ans plus tard, ça deviendrait la mode d’aller dans un endroit public abattre des gens quand on est fêlé.

Car réglons la question tout de suite: Marc Lépine est un malade mental. Point. Ce n’est ni un portrait de tous les hommes comme ont osé dire certaines féministes à l’époque, ni un gars qui avait ses raisons de faire ce qu’il faisait si on écoute un discours extrémiste adverse. C’était un désaxé qui a eu l’opportunité malheureuse de se procurer une arme.

Ces jours-ci, il y a une campagne de pub contre la violence conjugale. Remarquez qu’on dit violence conjugale, pas violence faite juste aux femmes. Avec un ex-Invincible, Patrice Robitaille – qui a pourtant un CV rempli de rôles machos – qui déclame sa solidarité envers les femmes de sa vie. Bien fait, rien de trop choc ou d’extravagant. Néanmoins, elle dérange encore certains. Parce qu’on n’aborde pas la violence faite aux hommes. Vrai. Il va falloir un jour qu’on ose en parler. Parce que ça existe. En fait, déjà la pub avec le comédien va relativement dans le bon sens dans la mesure où il ne se met pas à pointer du doigt les hommes comme LES UNIQUES RESPONSABLES de la violence conjugale.

Sauf que pour certains, ce n’est pas assez. C’est vrai que je ne comprends pas il n’y a pas eu une version contraire: une femme qui parle avec affection des hommes de sa vie. Après tout, ça sonnerait aussi bien d’entendre:

C’est en pensant à grand-papa, papa, mon chum, mon fils, que je dis par amour et solidarité envers eux: non à la violence conjugale.

Sauf que ça passerait moins bien au niveau supérieur alias le Conseil du statut de la femme. Parce qu’elles y verraient un symbole de soumission face aux hommes. Car voilà un problème: ce Conseil est présidé par une féministe, ma foi, très vieux jeu. Vous savez, autour de moi, les femmes que je connais ont de la difficulté à se proclamer féministe. Ou du moins, elles le sont mais elles ne veulent pas écraser les mâles. Au contraire, elles veulent que l’on soit TOUS égaux. Mais avec une femme comme Christine Pelchat qui continue de voir, comme certaines féministes extrémistes, le féminisme comme une arme de quasi annihilation des hommes… on est loin d’un Conseil du statut de la femme ancré dans une nouvelle réalité. Car oui, il reste quelques domaines où il y a quelques injustices, mais si on se compare au reste du monde, les femmes ici sont quasiment des reines. Une bonne chose pour la plupart d’entre nous aimant les femmes.

C’est peut-être ce qui emmène à la seconde partie du problème: tout comme il y a des féministes qui souhaitent pulvériser tous les phallus, il y a de ces hommes qui… ouf… veulent qu’on écrase les femmes. N’allez lire que cet extrait publié sur le blogue de La Kaverne (qui soit-dit en passant n’approuve pas les propos des masculinistes, je tenais à le spécifier), ça vous donnera une idée. Dernièrement, Radio-Canada révélait ce blogue absolument abject où on glorifie les actions de Marc Lépine. Je ne fais pas le lien vers l’article de la Société d’État car elle a osé mettre un hyperlien vers le blogue en question et il est hors de question que je vous pave la voie vers cette monstruosité du Web.

Car ils existent les amis et on n’a qu’à les voir sortir dès qu’on parle justement des événements de Polytechnique ou lorsqu’on parle de séparation, de divorce ou de violence dans la société… Comment ils blâment tout sur le dos des femmes qui, selon eux,  “rendent les gars et la société fif” et qui veulent tout castrer au Québec. Comment ils mettent sur des pieds de stalle des gars comme Jean-François Plante (oui, le joufflu dont même l’ADQ ne voulait rien savoir), le Doc Mailloux et d’autres qui réclament la “place des hommes dans la société”. Ce sont eux qui ont menacé de mort ce cinéaste belge ayant fait un documentaire sarcastique sur ces dits mouvements masculinistes.

Et ils finissent toujours leur plaidoyer en disant comment – au Québec – à cause du “féminazisme”, leur discours n’est jamais entendu ou pris au sérieux. Hé ben, non, les gars, on ne vous prend pas au sérieux. De un, parce que vous sonnez uniquement comme des gars qui ont vécu un divorce qui vous a coûté la peau des fesses et ou qui avez vécu des séparations clairement pas digérées. Donc, vos soi-disant valeurs pour améliorer le Québec sont légèrement biaisées par vos frustrations non réglées. De deux, parce qu’à vous entendre, on croirait que les femmes “dominent” depuis 200 ans la population… alors que ça ne fait que 70 ans que les femmes ont le droit de vote et comment dire, l’équité salariale ne date que depuis quelques années et pas partout encore. Finalement, il y a une telle haine dans votre discours, une telle volonté d’écraser la masse féminine que franchement, je ne vois pas pourquoi on devrait écouter des discours d’extrémistes – que ce soit d’un camp ou l’autre. On arrive bientôt à l’an 2010, il me semble qu’on devrait avoir dépassé le discours simpliste de la guerre des sexes pour un discours rassembleur afin de solutionner les problématiques sociétales actuelles et à venir.

Doit-on faire plus écho et prévenir la violence faite aux hommes ? Certainement.

Doit-on donner plus de ressources d’aide pour les hommes qui sentent une violence, une dépression, etc. ? Absolument, ça doit faire partie des priorités.

Doit-0n donner plus de chances aux hommes d’avoir une partie de la garde de leurs enfants et arrêter de privilégier aveuglément la mère quand on sait qu’il y a autant de mauvaises mères que de mauvais pères ? Oui.

Bref, oui pour aider davantage les hommes comme on a tant aidé les femmes (avec raison). Mais de là à embarquer et à encourager le discours de fêlés masculinistes qui rêvent au retour de l’époque où la femme était sa servante et où il pouvait la tirer par les cheveux… JAMAIS.

C’est juste de la TV…

Oui, je sais, je vous néglige. Bien occupé, je suis, et pas toujours sûr de pouvoir écrire, je suis également. Je ne suis pas fin, mais c’est peut-être parce que 2008 avait été trop intense que 2009 a été plus bas. M’enfin, je vais revenir peu à peu. Réapprivoiser le média du blogue qui commençait à me stresser plus qu’à m’emballer.

Mais bon, pas pour ça que je vous écris. Je vous écris car ceux qui connaissent un peu ARTV, vous devez connaître l’émission “C’est juste de la TV” avec André Robitaille, Marc Cassivi, Liza Frulla et Anne-Marie Withenshaw qui analysent la télévision. Hé bien, pour leur dernière avant les Fêtes, ils font une émission avec le public… et devinez qui était dans le public ? Votre humble serviteur. Hé oui ! J’ai été invité comme un paquet de gens intéressants que vous verrez intervenir dans l’émission pour parler de la télé et de notre automne.

Attention SPOILERS !

Et ça sera difficile de me manquer: et non, ça ne sera pas uniquement la voix insupportable et la vision qui risque de faire sauter votre téléviseur HD seulement qui me trahiront mais le fait que je suis carrément dans la première rangée, qu’on me voit souvent et que je parle 4 fois dans l’émission dont à Serge Boucher (ça, par contre, c’est mon coeur de coeur: j’ai pu lui parler à cet auteur de théâtre de talent et scénariste d’Aveux… dommage que ce soit ma voix insupportable qui ait été le seul à souligner la qualité d’Aveux).

FIN DES SPOILERS

Comme je disais, difficile de me manquer: avec ma voix, mon petit look nerd et je suis complètement en avant et la manière dont je suis placé (ils ont assigné les places), si je me tourne pour voir quelqu’un jaser dans mon estrade, on me voit majoritairement. Je tiens à dire que ce n’est pas vraiment pas volontaire. En plus, il me semble qu’on me voit me gratter le nez (au moins, je me fouille pas dedans)… C’est bizarre, car sur place, je n’étais pas si nerveux. Ça ne paraît pas quand je parle, mais quand même, je le confirme. Ce qui est dommage c’est qu’on n’a pas tant de temps, alors je n’ai pas pu m’étaler de long en large sur les divers sujets… mais c’est peut-être mieux ainsi, avec ma voix arrache-oreille.

Bref, je vous avoue que je ne risque pas de le regarder tout de suite. Ma famille va probablement l’enregistrer et tout alors… Mais bon, si vous voulez me voir, je vous invite à régler votre télé sur ARTV:

Vendredi 4 décembre à 21h
Dimanche 6 décembre  à midi et minuit
Lundi 7 décembre à 10h et 19h
Mardi 8 décembre à 16h
Jeudi 10 décembre à 19h

L’émission dure une heure trente, soit-dit en passant et je vous rassure, je ne suis pas là si souvent… ;) Pour ceux qui n’auraient pas le câble (fort possible), je crois bien que l’émission sera en ligne à partir du vendredi 4 décembre à 22h et ce jusqu’au jeudi 10 décembre.

Mais je suis bien critique envers moi, mais j’ai passé un super bon moment à enregistrer le tout. Ce fut fort plaisant ! Et pour ceux qui diront: mais ton nom est révélé, je leur dirai que ce n’est pas un problème. Je ferai d’ailleurs probablement des changements sur le blogue pour qu’il apparaisse. De toute façon, il suffisait d’aller voir mes quelques articles “plogués” du Sans-Papier pour voir mon nom et ma face. Alors…

Vous laisserez des commentaires si ça vous plaît sur ma “performance” (remarquez les gros guillemets)… ;)

Se souvenir, oui, mais pas juste d’un côté

Bon, c’est aujourd’hui le Jour du Souvenir. Y a-t-il rien que moi qui ne s’extasie pas devant ces cérémonies protocolaires d’une longueur insupportable sur fond de cornemuse et de coquelicots tape-à-l’oeil ?

Oui, je sais. Comme le dirait Marie Grégoire ce midi aux Ex: “C’est l’occasion d’honorer la mémoire de ceux qui ont sacrifié leur vie pour nous.” Or, voilà le mensonge ? Pour nous, vraiment ? Ne serait-ce pas plutôt pour des gouvernements, des chefs d’État incapables de ne pas succomber au désir de pouvoir/d’expansion territoriale/de pillage de ressources ?

Dans la lignée de ce texte publié sur Cyberpresse, je me dis qu’une majorité des conflits armés dont la fameuse guerre de 1914-1918 pouvaient se régler de façon diplomatique. Parce que soyons honnêtes, si la Deuxième Guerre Mondiale avait un semblant d’aspect vertueuse (un mégalomane veut prendre le contrôle du monde et nous venons pour les sauver… ça ressemble à un synopsis de film de super-héros, d’ailleurs), la plupart des autres conflits n’étaient que pour des profits économiques ou de question “nationale”.

Bref, ceux qu’on honore aujourd’hui, ce sont des pions servant dans une grosse partie d’échecs destinée à avoir plus de pouvoir. N’est-ce pas là le genre humain dans toute sa laideur ? Le titre de Radio-Canada peut paraître insultant au départ (Devoir de mémoire) mais on peut le détourner de cette façon:

On a le devoir de se souvenir que ces “sacrifiés”, mises à part pour ceux de la conscription, sont allés VOLONTAIREMENT, EN PLEINE CONNAISSANCE DE CAUSE tuer et risquer la mort pour une cause n’enrichissant que des compagnies privées et leur gouvernement.

On a le devoir de se souvenir que la majorité des conflits font bien l’affaire des gouvernements qui n’ont pas à faire des compromis, à trouver des solutions diplomatiques.

On a le devoir de se souvenir que tant qu’on continuera d’élire des chefs de guerre (*tousse, tousse* Stephen Harper *tousse, tousse*), on continuera à encourager une industrie militaire multimilliardaire et qui aime bien les petits chefs ambitieux qui veulent toujours plus d’une planète déjà bien malmenée par l’ego humain.

Conte pour adultes avertis

Ne requiert pas 18 ans et plus, mais ça prend tout de même un coeur solide.

Notre conte s’intitule: La petite gang qui voulait être aussi grosse que les boeufs

Le petit Bourassa

Il était une fois un petit Bourassa. Le petit Bourassa était un fédéraliste convaincu. Mais après qu’on ait tenté de le noyer au Lac Meech, une fée lui apparut:

- Salut petit Bourassa ! Te rends-tu compte que tes petits amis canadiens essaient de te noyer toi et le Québec ? Car j’ai une solution pour toi.

- Ah oui ? Et laquelle, fée ?

- Hé bien, tu demandes à tes amis canadiens d’avoir plus de pouvoir, d’arrêter de centraliser tous les pouvoirs dans la cour de récré d’Ottawa.

- Mais qu’est-ce que je fais s’ils ne veulent pas ?

- Hé bien, tu fais comme le petit Lévesque à l’époque: tu menaces de te séparer !

- Wow ! Mais qui es-tu, grande et sage fée ?

- Appelle-moi Jean Allaire ! Tiens, voilà mon rapport pour t’aider.

Le petit Bourassa emmena le rapport de la fée Allaire (dépeinte ci-dessous) à ses amis libéraux.

La fée Jean Allaire... oui, elle manque de féminité un peu...

Tous approuvèrent les plans de la fée, surtout les jeunes amis du petit Bourassa qui avaient eux aussi leur chef: le petit Mario. Or, dans la cour de récré d’Ottawa, on n’a pas aimé ça du tout que le petit Bourassa se fasse séduire par la fée Allaire. Alors, ils envoyèrent leur chef Brian Mulroney qui, avec sa voix grave, hypnotisa le petit Bourassa:

- Allez, Robert, viens à Charlottetown qu’on signe un accord qui sera “bon pour le Québec”.

- Oui, maître…

Si certains libéraux furent aussi pris de la transe qui envahit leur chef, d’autres petits amis furent choqués de voir qu’ils tournaient le dos au rapport de la fée Allaire. C’est alors que le petit Mario rejoignit la fée en question dans un élan de détermination:

- Fée, fée ! Bourassa a été capturé par les méchants amis d’Ottawa !

- Oui, j’ai vu qu’il ne put résister aux pouvoirs du grand menton. Que comptes-tu faire petit Mario ?

- Je vais non seulement prendre ton rapport, mais je vais rallier les Québécois autour d’un parti qui représentera ton enseignement.

- C’est bien, je suis fier de toi. À partir de ce jour, on t’appellera Super Mario.

Super Mario !

Enveloppé d’une aura de super-héros, Super Mario attira quelques petits amis (dont la petite Grégoire, le petit Caire, la petite Barrette qui allait devenir sa petite copine et d’autres) dans un nouveau clan de la cour de récré québécoise: l’Action démocratique. Tous ceux qui ne voulurent pas entrer dans la gang de séparatistes ou de fédéralistes joignirent ce groupe marginal dans la cour. Évidemment, au début, personne n’écoutait Super Mario mis à part ses quelques amis.

- Il faudrait qu’on trouve quelque chose d’intelligent à dire, s’exclama la petite Grégoire.

- De quoi ? demanda Mario.

- D’intelligent ! Bâtard ! Force-toi un peu Mario !

Mais au loin, en dehors de la cour de récré, de grands sourires machiavéliques se dessinaient en regardant Super Mario chercher autre chose à dire que le petit rapport de la fée Allaire…

En chemin vers chez lui, Super Mario rencontra quatre individus dans des longs manteaux gris. Ils portaient des pantalons gris également et deux d’entre eux fumaient d’énormes cigares, aussi énormes que leur tour de taille. Le troisième était de corpulence normale, mais ne cessait de scruter partout de manière frénétique, renfrogné presque hargneux.  Le quatrième, plus mince, s’avança vers Super Mario qui ne comprenaient pas pourquoi ils lui bloquaient le chemin.

- Nous sommes heureux de te rencontrer Super Mario.

- Qui êtes-vous ?

- (Il pointa le premier obèse.) Lui, c’est Québec Inc. qui voudrait devenir America Inc. L’autre, c’est les lobbys pour la privatisation de tout au Québec. (Il pointa le nerveux.) Lui, c’est l’intolérance contre tout sauf les Québécois de souche hétérosexuels dont les femmes restent à la maison. Et moi, je suis le patronat du Québec.

- Ah bon… Qu’est-ce que vous me voulez ?

- On a vu Super Mario que tu cherchais quoi dire et que tu ne pognais pas beaucoup avec les gens dans ta cour d’école. Rappelle-toi le concours de popularité de 2003, tu t’es fait “clencher”.

- Je sais, dit Mario d’un air piteux.

- Mais nous, Super Mario, on peut t’aider à te rendre populaire.

Super Mario les regarda, fâché :

- Je suis capable tout seul ! J’ai une belle bouille et les gens vont finir par m’aimer !

- Tu crois ?

Les deux costauds lui crachèrent la fumée de leur cigare au visage et le nerveux lui dit:

- La petite Grégoire est partie ainsi que d’autres membres de ta gang quittent peu à peu. Sans compter que tes sondages sont très mauvais.

Il lui tendit une feuille de papier. Super Mario frémit à la vue des chiffres:

- Ah non ! Que puis-je faire ?

- Hé bien, déclara le mince, si tu nous écoutes dans les prochaines années, tu pourrais avoir du pouvoir…

- Oui, je veux du pouvoir !

- Parfait !

Aussitôt, Super Mario eut un mauvais pressentiment. Et si ces hommes abusaient de sa naïveté comme le petit Bourassa à l’époque ? À travers la fumée que les gros continuaient de lui jeter dessus, il vit le mince sortir une grande spirale qui tournoyait…

- Non, vous ne m’aurez pas comme Bourassa ! Je ne serai pas à votre solde !

- Mais voyons Mario, qui te parle d’être à notre solde !

- Vous essayer de me mettre sous votre emprise avec votre roue qui tournoie…

- Mais non ! C’est juste le rapport de la fée Allaire qui défile.

- Ah bon… Pourtant, le rapport ne ressemble pas à ça à mon souvenir…

- Mais si, ça parle d’anti-étatisme, anti-syndicalisme, anti-environnement, anti-justice bonbon sauf pour les entreprises, anti-pauvres…

Super Mario tentait de lutter, mais ce rapport qui tournait, ces mots qui semblaient si doux, la fumée de cigare, la soif de pouvoir…

- Anti-gauche, bref  ? dit Mario à demi-confus.

Le mince sourit, le plan avait marché à merveille. Ils avaient le petit héros sous leur emprise.

- Exact, maintenant, écoute bien ce qu’on va te dire…

Et pendant des mois, Mario répéta sans cesse les messages des quatre acolytes. Au départ, les gens continuaient de rire de lui. Puis, arrivèrent une bande d’étranges dans la cour d’école… Ils demandaient un peu trop d’accommodements pour leurs religions diverses, des demandes parfois rétrogrades. Tous avaient peur et le petit mouton Charest ne savait que faire. C’est alors que, conseillé de ses nouveaux amis, arriva Super Mario. Drapé de lumière, il se présenta devant les étranges et leur dit :

- VOUS NE PASSEREZ PAS !

Aussitôt, la cour de récré québécoise applaudit. C’est alors que vint au même moment le concours de popularité 2007. Les élèves ne voulaient pas voter pour Grandes Dents Boisclair car il insistait pour un référendum, même s’il se trouvait minoritaire. Une idée qui ne plaisait pas aux petits amis qui préféraient rester dans le confort d’une cour de récré dirigée par Ottawa. Quant à Mouton Charest, il était arrogant depuis qu’il était chef de la récré et ils en avaient marre. Certains virent alors Super Mario comme un sauveur, celui qui allait changer le fonctionnement de la cour. Super Mario ne réussit pas à remporter le concours de popularité, Mouton Charest remportant en soudoyant les grâce aux anglophones et les votes ethniques qui n’avaient pas aimé les propos de Super Mario.

Néanmoins, Super Mario était maintenant le deuxième groupe en importance dans la cour. Plein de nouveaux amis – dont plusieurs ne connaissaient malheureusement rien des règles – il se mit à galvaniser l’attention des élèves avec des clips médiatiques chocs et de grandes déclarations sans apporter de réelles solutions. Après tous, ses acolytes de l’ombre disaient que les gens ne comprendraient pas leurs solutions. Bien sûr, certains essayèrent de lui faire voir d’autres points de vue que ceux de ses acolytes, mais il refusait de les entendre. Après tout, seul ses membres influents possédaient la vérité et ils le lui rappelaient souvent à coup de séance “d’influence à peine hypnotique”. Sauf qu’à force d’utiliser leur emprise sur Super Mario, ils abusèrent un peu et il se mit à dire n’importe quoi n’importe quand. Il devint totalement dogmatique à leur cause, au point d’effrayer l’électorat.

Ce qui fit qu’un jour, alors que tout semblait relativement calme, Super Mario s’écria:

- Je veux faire tomber Mouton Charest parce qu’il n’abolit pas les commissions scolaires !

Tous le regardèrent, éberlués. Avait-il perdu la tête ? Ce soir-là, les quatre acolytes de Super Mario l’abandonnèrent et se mirent du côté de Mouton Charest et Castafiore Marois. Son taux de popularité chuta et lorsque Mouton Charest provoqua un autre concours de popularité en décembre 2008, les élèves jetèrent dehors presque tous les amis de l’ADQ. Étant moins d’une dizaine et voyant qu’il avait mis le beau rêve de la fée Allaire par terre à cause de son aveuglement dogmatique, Super Mario déclara alors:

- Je quitte pour le bien de ma gang.

Il quitta, laissant ses petits amis inexpérimentés se débrouiller. Seuls. Lui, de son côté, alla propager son amertume dans un canal de télévision rempli de jeux insignifiants et surtout pas de nouvelles, celles-ci coûtant trop cher. Aussitôt Super Mario parti, ils durent trouver un nouveau chef pour remplacer quelqu’un d’aussi fort… en gueule.

Pendant ce temps, la fée Allaire, déprimée, décida de déchirer son rapport et de se positionner du côté des fédéralistes. Les quelques amis restant de l’ADQ se disputaient entre un ancien ami du patronat (Vieux croûton Taillon) et un autre qui était lui aussi attirés par les chants de sirène des anciens acolytes de Super Mario et même des républicains américains (Extrémiste Caire).

Or, dans la cour de récré, plus personne n’avait d’intérêt pour eux. Et quand Vieux Croûton Taillon remporta par à peine une ou deux voix, dont une fausse faite par un petit coquin de la télévision; des amis quittèrent la gang, trouvant qu’elle ressemblerait trop à la gang de Mouton Charest ou de Castafiore Marois. Extrémiste Caire bouda et décida de torpiller son ancienne gang d’amis en quittant le groupe… il n’était plus que quatre. Vieux Croûton Taillon déclara alors qu’il quitterait son poste lorsqu’un nouveau chef viendra, mais viendra-t-il dans une gang qui n’a plus sa place dans cette cour de récré si serrée ? Ils attendirent et attendirent… en vain. Le groupe se dissipa comme les dernières feuilles d’automne. Au loin, Extrémiste Caire sympathisait avec Dictateur Gendron, un maire qui désirait aussi faire du Québec le cinquante et unième État des États-Unis.

La morale de cette histoire, les enfants, c’est que quand tu bâtis un parti uniquement sur un conte de fée (comme le Rapport Allaire) et que tu te laisses influencer par des forces extérieures sans prendre en compte l’ensemble global et emmener des solutions rassembleuses, tu ne peux bâtir qu’un échec.

La semaine prochaine, nous vous raconterons l’histoire de l’Idiot et la Bête: un ancien coach de hockey sympathique mais bête et naïf se fait entraîner dans les griffes d’une bête conservatrice voulant mettre un peuple à ses pieds. Une histoire d’horreur à glacer le sang.

(Billet inspiré par l’actualité adéquiste, bien sûr, et le billet de Chantal Hébert que j’ai trouvé très drôle. En plus, toujours dans la tendance du rire, je me demande si ma collègue trouve toujours la décision de Taillon hilarante ? En espérant que ce conte la fasse encore rire. C’est drôle, hein ? On a tous parlé de la mort de l’ADQ après le départ de Dumont mais franchement, je ne savais pas que ça viendrait aussi vite.)

Un mur tombait… mais la division est-elle vraiment tombée aussi ?

Il y a 20 ans… La chute du Mur de Berlin. J’avais 5 ans et pour moi, ce n’était rien. Pour mes parents qui avaient connu quelques aléas de la guerre froide (sans véritablement connaître les points chauds comme la crise des missiles de Cuba), c’était 1000 fois plus significatif. Quant à l’Europe… la signification de l’événement était indescriptible.

Bref, 20 ans plus tard, la cicatrice de cette polarisation du monde n’a jamais vraiment été effacée. L’Allemagne de l’est peine encore à rejoindre le niveau de vie de l’ouest. En fait, c’est tout l’Europe de l’Est qui a souffert d’une Union Soviétique trop omnipotente et suffocante et un capitalisme mondial qui ne leur a offert rien.

En fait, aujourd’hui, on célèbre une journée de la fin d’une division… mais est-on vraiment sorti de la division ? Parce que franchement des murs de Berlin, j’en vois qui poussent de plus en plus. Et là, je ne parle pas d’une simple bagarre d’échiquier politique. Je parle de division sociétale profonde.

Regardez aux États-Unis. Reagan disait: “Abattez ce mur, M. Gorbatchev !” Et pourtant, le pays de Reagan est un des pays les plus scindés au monde. On soulignait le premier anniversaire de l’élection d’Obama la semaine dernière… un président élu par à peine au-dessus de la moitié des voix.

Au Québec, c’est la séparation entre Montréal et les régions, en Europe, c’est entre les immigrants et les peuples que ça se déchire. Il y a déchirure entre médias traditionnels et informels (d’ailleurs, je vous invite à lire mon texte là-dessus ici).

Dans la plupart des pays démocratiques, un mur se forme entre les instances politiques et la population et selon le mode de scrutin, ça donne des aberrations comme un maire d’une métropole élue selon les chiffres par 15% d’une population…

Le rideau de fer est tombé, certes. La division dans les peuples est plus grande que jamais. On craint la pandémie de H1N1. C’est drôle, je crains également toutes ces divisions qui pullulent. Non, pas que je cherche le consensus. Il est impossible à avoir. Mais il me semble qu’il y a une différence immense entre divergences et divisions. Car la divergence implique seulement une autre vision que soi, la division implique d’être fermé des autres réalités, elle est sourde à tout autre chant. Et ça, je les crains. Je les crains parce qu’elles ne peuvent mener qu’à une chose: la destruction entre nous.

Patates de sofa ou le militantisme paresseux est-il vraiment efficace ?

Il y a quelques semaines, le thème hebdomadaire du site pour lequel je travaille était: comment peut-on utiliser les médias sociaux d’Internet pour encourager le militantisme ? Dans ma recherche, je suis tombé sur un sujet qui faisait rage sur la Toile dans les milieux anglo-saxons. En effet, certains intervenants des milieux communautaires et humanitaires ont blâmé Internet de créer une génération de militants paresseux qui ne croient qu’un seul clic de souris est un geste citoyen. Au point que depuis 2001 (mais cette année, il y a une multiplication très grande du terme), un néologisme péjoratif est sorti: “slacktivism” (mélange de slacker et activism).

Évidemment, je ne citerai pas tous les éléments de mon article, laissant cette exclusivité à mon employeur. Néanmoins, je me permets de glisser un questionnement que j’ai à cet égard. Avant-hier, j’écrivais sur l’odeur de corruption au Québec, cette sensation de se retrouver en Sicile. Un collège blogueur m’a alors suggéré d’adhérer à un groupe Facebook intitulé : «Québécois pour une ENQUÊTE PUBLIQUE sur la CONSTRUCTION». Forcément, oui, j’y ai adhéré, en conviction avec ce que j’avais écrit. Le groupe propose même depuis aujourd’hui une pétition sur la Toile accessible à tous et qui sera remise à l’Assemblée nationale au cours de l’automne.

Et c’est là que le sujet du “slacktivism” m’est revenu en pleine gueule. Car le militantisme paresseux – si l’on veut traduire l’expression – c’est exactement ça: c’est s’inscrire à des groupes, signer des pétitions en ligne, acheter des bracelets comme ceux de Lance Armstrong pour le cancer, etc. En contrepartie,  une fois ces gestes commis, les militants paresseux ne donnent pratiquement pas d’argent aux causes et ne sortent jamais dans la rue. Bref, c’est la sensation d’aider une cause sans se mouiller.

Et ça m’embête. Non pas que je ne veuille pas signer la pétition – je vais le faire – mais je me dis : mais une fois que j’aurai fait ça, après cela… Quoi ? Je vais rester là à attendre que peut-être Charest daigne y jeter un œil distrait ? Il y avait hier des manifestations dans le monde pour que les pays luttent efficacement contre les changements climatiques. Mais comme Cécile Gladel l’écrivait à la fin de son billet: “Pensez-vous que manifester peut changer les choses?”

Hé bien, je repose la question à l’envers : “Pensez-vous que se servir uniquement d’Internet pour le militantisme peut changer les choses ?” Moi, j’ai des doutes. Évidemment, c’est plus difficile pour moi et d’autres car souvent les mouvements de masse se font à Montréal et à Québec. Mais ce n’est pas une excuse ! Parce qu’il me semble que quand une cause nous tient à coeur, on fait tout pour militer pour elle. M’enfin, c’est peut-être une critique de mon propre militantisme qui n’est pas assez présent.

Sicile P.Q.

-On a trouvé un entrepreneur/politicien honnête. -T'inquiètes pas, on va s'assurer que ça ne dure pas.

Je voulais recommencer à écrire à un rythme plus régulier, mais un vilain rhume (non, ce n’est pas la grippe H1N1) m’a forcé à me concentrer sur le boulot et le repos.

Mais j’écoute les nouvelles et lis les blogues et il en ressort une chose. Vous vous rappelez comment il y a à peine dix ans, on regardait les pays en voie de développement, les pays d’Amérique du Sud et d’Afrique, la Russie, la Chine et d’autres pays en se disant: “Hé, on est don’ chanceux de vivre dans le plusse meilleur pays du monde et jamais on sera confronté à autant de corruption que dans ces pays-là.”

Hé bien, aujourd’hui, après tout ce qui sort jour après jour grâce au travail journalistique,  je me sens Sicilien, Africain, Argentin, Mexicain, Chinois, etc. Bref, bien loin du nirvana qu’on nous vantait quand j’étais enfant et adolescent. Il ne faut pas chercher loin: où il y a de l’homme, il y a de “l’hommerie”. Et dans un système capitaliste qui valorise ceux qui possèdent, pas étonnant qu’on veule toujours plus d’argent et qu’on contourne ce mot contraignant appelé “éthique”.

Parce que disons les choses comme elles sont, à la limite, Tony Accurso a quasiment raison de déposer une poursuite contre Radio-Canada. Après tout, rien dans la loi n’empêche que des instances syndicales soient ami avec le plus influent entrepreneur au Québec. Il n’y a rien d’illégal à ce que des députés, des politiciens, des gens du monde municipal et syndical aillent sur le yacht luxueux du dit entrepreneur. Mais est-ce moral, éthique ? Absolument pas. Et c’est qu’on ne peut rien prouver de ces rencontres en catimini. Peut-être ont-ils seulement pris un bon verre de vin, accompagné de mets fins et d’un cigare en regardant le St-Laurent. Mais il y a peut-être eu aussi collusion, échanges d’enveloppes d’argent et ententes sur le bateau.

Et là, avec les actes du “Fab Fourteen” mises au grand jour, les scandales qui ont affligé la ville de Montréal depuis un an (avec un “SUPER” maire qui a à peu près la crédibilité d’un Jean Pelletier à la Commission Gomery), les frasques immorales de Benoït Labonté (alias “je n’étais pas là quand on a distribué le charisme), la tentative de sabotage des élections municipales à Boisbriand au nom de “la sauvegarde d’argent” (remarquez comment la sauvegarde de la démocratie, ce n’était pas très important pour Lino Zambito et la mairesse St-Jean) et d’autres, on se dit qu’il y a une culture pourrie au Québec.

D’ailleurs, petit paragraphe parenthèse: avez-vous remarqué la connotation italienne des noms qui sortent dans les scandales ? Zampino, Accurso, Zambito… Pas que je veuille jeter la pierre à une communauté en particulier (la corruption ici est autant “de souche” que multiculturelle), mais ça sent la mafia italienne revenue en force en ta…

Forcément, je n’ai pas connu la Commission Cliche avec mes 25 ans tout juste. Je n’ai pas connu cette purge dont on parle encore aujourd’hui. Mais une chose est sûre: je ne verrai pas de Commission de ce genre dans ma vie, je crois. Du moins, pas avec l’attitude actuelle des politiciens. Parce qu’une commission s’intéressant au milieu de la construction, mais également à la collusion des contrats municipaux et gouvernementaux et au financement des partis politiques, ça ne ferait pas tomber que quelques têtes. Ça serait une hécatombe et le PLQ et le PQ le savent trop bien. Ils savent que des irrégularités dans leur financement et avec leurs ministres et premiers ministres pourraient sortir. Alors, ils feront tout pour éviter une enquête publique.

Est-ce à dire que de voter au municipal ne donnera rien ? ABSOLUMENT PAS. Je continue, malgré notre démocratie viciée, à rester un démocrate dans l’âme et le vote reste le seul moyen de se faire entendre. Un lecteur proposait sur le blogue de Patrick Lagacé d’au moins annuler son vote en masse pour envoyer un message clair. Mais cette idée, bien que séduisante au départ, me laisse perplexe. Car elle réalisera le souhait de ceux qui veulent voir certains maires/mairesses passer pour leur bien (alias les corrompus et agents de corruption). Car eux ne voteront pas blanc. Alors, non, il faut vraiment voter pour celui ou celle qui nous semble plus “propre” (remarquez que le mot est entre guillemets).

Si l’on veut vraiment purifier l’air de notre démocratie, il faudra qu’on sorte les amis. En masse. Malgré les risques de grippe H1N1. Quitte à porter des masques, il faudra que la population démontre davantage que par des sondages et des opinions de lignes ouvertes. Parce que c’est ça la démocratie, c’est prendre le droit d’aller dans la rue et d’exiger du gouvernement qu’ils nous entendent. Ça fait trop longtemps qu’on est assis sur notre steak à beugler au téléviseur. Vous voulez une enquête publique comme moi ? Il faut sortir, manifester sa colère, exiger des comptes.

À moins que vous aimiez le fait de vivre dans les intérêts de la mafia, des Hells, etc.

Et le monde tourne

Bon, petit retour sur ce qui a touché l’actualité dans les dernières semaines et mes opinions là-dessus très courtes ou moins courtes . Évidemment, l’actualité a été chaude alors je ne couvrirai pas tout ce qui s’est passé. Seulement quelques événements:

Le petit “tour de chant” de Stephen Harper: OK, ce n’est pas le fait que le premier ministre (ancien pianiste) ait chanté une chanson des Beatles qui m’achale mais le mouvement de “Oh mais y est-tu “cuuuute” !” ou “Oh ça le rend tellement plus humain !” qu’il y a autour. Votre “nouvel ami chanteur”, je vous le rappelle, disait pratiquement il y a un an que les artistes étaient des sangsues, des bêtes en quête de visibilité dans des galas chics. Et là, on le voit dans un gala au profit des jeunes artistes… Et vous aller me faire accroire que ce n’est pas un coup politique planifié ? Ben ouais !

Oh et j’aurais bien publié la vidéo de Harper, mais comment dire, notre comité aux subventions a décidé de refuser sa demander. Pas assez de valeurs canadiennes dans la chanson (chanson britannique) et chez le chanteur aussi à droite socialement que le Parti républicain des États-Unis.

Public vs privé, l’éternel combat des écoles: À cette période de l’année, c’est le moment où l’on se rue sur les examens d’admission du privé. Bien sûr le mouvement populaire veut que point d’école privée, point de salut pour nos jeunes qui seront alors confrontés à la drogue, au sexe et pire, “aux races”.  C’est bizarre car parmi les plus grands drogués que j’ai connus au secondaire, la plupart provenaient… d’écoles privées. Et puis, comment dire, il y a peut-être plus de sexe et de drogue à l’école privée parce que ce n’est pas un club sélect et donc, forcément, il y a toutes sortes d’individus: des cancres profonds aux génies.

Le problème avec le financement de l’école privée à 60%, c’est qu’elle veut les avantages du public (financement du gouvernement) sans les désagréments (élèves à problème, familles pauvres, etc.). Alors, on veut continuer à financer le privé ? OK, mais elles devraient respecter un ratio d’élèves en difficulté et d’élèves moins fortunés dans ses murs (et donc, qui ne paieraient pas).  Quoi ? Mais ça deviendrait une école mixte, presque publique !, s’écrièrent les parents d’effroi. Peut-être mais ça serait mes conditions pour un financement de l’État. Sinon, vous vous débrouillez  comme une véritable entreprise privée ! Mais personne ne pourra se permettre un tel coût ? Pas notre problème ! Parce que pourquoi je paierais pour un système qui peut faire ce qui veut, qui peut choisir qui il veut avec mon argent et à la fois un système qui fait ce qui peut avec les faibles moyens qu’il a ? Certains partisans du privé diront qu’ils paient déjà la taxe scolaire même en envoyant leurs enfants au privé.  C’est vrai. D’ailleurs, je serais prêt à faire une exemption à ces parents: à condition qu’ils paient 2000-3000-4000 $  par année d’instruction pour leur(s) chérubin(s) comme le font tous les parents en Amérique qui tiennent mordicus à éviter le système public. C’est ça le rêve américain, ça coûte très cher.

C’est drôle, hein ? On parle souvent des vaches sacrées que l’on doit modifier au Québec. C’est le motto de l’ADQ d’ailleurs. Pourtant, parmi toutes les vaches sacrées au Québec, celle du financement public d’écoles privées passe sous silence…

Coderre et le PLC : Pas grand chose à dire. Il faut le dire, j’ai toujours vu Denis Coderre comme la grosse mascotte fatigante du Parti Libéral. OK, ouais, elle est bien sympathique au début et pleine de couleurs. Sauf que dans ce cas-ci en plus, elle a une grande gueule, elle ne la ferme jamais et elle a tendance à se lancer devant chaque lentille pour garder sa popularité. Pas étonnant que certains grinçaient des dents avec lui comme lieutenant du Québec.

Quant à Ignatieff, ça a démontré son manque de leadership flagrant et son incapacité à gérer une crise. Qu’est-ce que ça serait s’il était premier ministre et qu’il devait gérer des crises bien plus graves qu’un dodu québécois aspirant à sa “job” ? Plusieurs ne comprennent pas pourquoi la sauce Ignatieff ne prend pas. Peut-être parce qu’on croit qu’elle sent nouvelle, elle a l’air nouvelle, mais elle n’a pratiquement pas de goût, on ne sait pas où ça veut aller et quand il y a un goût, c’est un vieux fond de fédéralisme centralisateur que tout le monde déteste. Oui, la sauce peut prendre de la saveur mais pour cela, ils doivent ajouter des épices (alias des idées, des propositions rassembleuses… pas juste “s’opposer pour s’opposer”) au plus sacrant ! Parce que j’ai bien peur qu’une sauce aussi fade laisse la porte toute ouverte à un Harper majoritaire… Gulp !

Barack Obama, prix Nobel de la paix: J’ai eu deux réactions à cette nouvelle. La première était un sourire en me disant que c’est vrai qu’avec Obama à la tête des États-Unis, le discours international guerrier a changé et tout. Puis, j’ai fait comme: “Ouais, OK, le discours a changé mais pas les actions…” Après tout, ne sont-ils pas encore en Irak et en Afghanistan ? Ils se demandent même s’ils doivent envoyer plus de troupes dans ce Vietnam des années 2000…

Et puis, en un an, son bilan ne m’impressionne guère. Je comprends qu’aux États-Unis, c’est plus facile de déplacer une maison avec la force de ses bras que de faire passer un projet de loi, une réforme, etc. Mais au-delà des beaux discours, il faut du concret. Sinon, ça ne donne qu’un acteur charismatique. Alors, oui, c’est trop tôt le prix Nobel de la paix à Barack. Cependant, on peut se dire que c’est peut-être surtout un prix du style “Merci de ne pas être George W. Bush”.  Là-dessus, oui, il le mérite.

La bébelle de Guy mission humanitaire de Guy Laliberté dans l’espace: Comprenons-nous bien. Guy Laliberté n’a pas volé son argent. Il l’a pleinement mérité. Il a le droit de faire ce qu’il veut avec son dû. Donc, il a les moyens de se payer un voyage dans l’espace et il l’a fait. Parfait. Le gars est milliardaire, mais donne 1% de son revenu à sa fondation One Drop. C’est TRÈS peu, mais c’est vrai que rien ne l’oblige théoriquement à le faire.

Là où je décroche, ça a été tout le battage médiatique ici sur ce fameux spectacle qui eut lieu vendredi passé et qui franchement… était une grosse pub du Cirque du Soleil avec – oh je l’accorde ! – beaucoup de moyens, mais très longue et ennuyeuse et qui a servi à quoi au fond ? Parce que c’est bien beau dépenser des millions de dollars sur un spectacle supposé sensibiliser sur l’eau, de rassembler David Suzuki, Al Gore, U2 et d’autres artistes et militants dans le monde, mais quand le show ne passe à la télévision que dans quelques pays et sur des chaînes anonymes (genre, ici, à RDI)… Il me semble que l’impact équivaut à une goutte dans l’océan, sans jeu de mots. Oui, OK, il y avait Internet, mais franchement, je n’ai pas ressenti un mouvement de soulèvement populaire de protection de l’eau et pour que tous aient accès à de l’eau. Je suis même convaincu qu’il y a quelque part en fin de semaine, un “twit” qui a profité de la belle fin de semaine pour laver son entrée de garage…

C’est qu’à ce prix-là, pourquoi ne pas avoir simplement injecté tout cet argent dans la fondation One Drop ? Ou pour créer un documentaire coup de poing sur la question de l’eau ? Je pensé sincèrement que j’aurais préféré que Laliberté dise simplement: “Je me paie un “trip”, je vais dans l’espace. Ça a toujours été mon rêve depuis que je suis gamin.” Plutôt que d’essayer de camoufler cela sous un couvert philanthropique qui s’avère être davantage des coups d’épée dans l’eau plus qu’autre chose. Et non, ce n’est pas de dénigrer le gars, ce n’est pas pour “démoniser un riche”;  c’est juste qu’au bout du compte, on se demande s’il n’aurait pas été préférable que le tourisme spatial passe incognito plutôt que de nous faire croire à un événement MONDIAL et incroyable… qui n’a finalement pas réuni grand monde.