Conte pour adultes avertis

Ne requiert pas 18 ans et plus, mais ça prend tout de même un coeur solide.

Notre conte s’intitule: La petite gang qui voulait être aussi grosse que les boeufs

Le petit Bourassa

Il était une fois un petit Bourassa. Le petit Bourassa était un fédéraliste convaincu. Mais après qu’on ait tenté de le noyer au Lac Meech, une fée lui apparut:

- Salut petit Bourassa ! Te rends-tu compte que tes petits amis canadiens essaient de te noyer toi et le Québec ? Car j’ai une solution pour toi.

- Ah oui ? Et laquelle, fée ?

- Hé bien, tu demandes à tes amis canadiens d’avoir plus de pouvoir, d’arrêter de centraliser tous les pouvoirs dans la cour de récré d’Ottawa.

- Mais qu’est-ce que je fais s’ils ne veulent pas ?

- Hé bien, tu fais comme le petit Lévesque à l’époque: tu menaces de te séparer !

- Wow ! Mais qui es-tu, grande et sage fée ?

- Appelle-moi Jean Allaire ! Tiens, voilà mon rapport pour t’aider.

Le petit Bourassa emmena le rapport de la fée Allaire (dépeinte ci-dessous) à ses amis libéraux.

La fée Jean Allaire... oui, elle manque de féminité un peu...

Tous approuvèrent les plans de la fée, surtout les jeunes amis du petit Bourassa qui avaient eux aussi leur chef: le petit Mario. Or, dans la cour de récré d’Ottawa, on n’a pas aimé ça du tout que le petit Bourassa se fasse séduire par la fée Allaire. Alors, ils envoyèrent leur chef Brian Mulroney qui, avec sa voix grave, hypnotisa le petit Bourassa:

- Allez, Robert, viens à Charlottetown qu’on signe un accord qui sera “bon pour le Québec”.

- Oui, maître…

Si certains libéraux furent aussi pris de la transe qui envahit leur chef, d’autres petits amis furent choqués de voir qu’ils tournaient le dos au rapport de la fée Allaire. C’est alors que le petit Mario rejoignit la fée en question dans un élan de détermination:

- Fée, fée ! Bourassa a été capturé par les méchants amis d’Ottawa !

- Oui, j’ai vu qu’il ne put résister aux pouvoirs du grand menton. Que comptes-tu faire petit Mario ?

- Je vais non seulement prendre ton rapport, mais je vais rallier les Québécois autour d’un parti qui représentera ton enseignement.

- C’est bien, je suis fier de toi. À partir de ce jour, on t’appellera Super Mario.

Super Mario !

Enveloppé d’une aura de super-héros, Super Mario attira quelques petits amis (dont la petite Grégoire, le petit Caire, la petite Barrette qui allait devenir sa petite copine et d’autres) dans un nouveau clan de la cour de récré québécoise: l’Action démocratique. Tous ceux qui ne voulurent pas entrer dans la gang de séparatistes ou de fédéralistes joignirent ce groupe marginal dans la cour. Évidemment, au début, personne n’écoutait Super Mario mis à part ses quelques amis.

- Il faudrait qu’on trouve quelque chose d’intelligent à dire, s’exclama la petite Grégoire.

- De quoi ? demanda Mario.

- D’intelligent ! Bâtard ! Force-toi un peu Mario !

Mais au loin, en dehors de la cour de récré, de grands sourires machiavéliques se dessinaient en regardant Super Mario chercher autre chose à dire que le petit rapport de la fée Allaire…

En chemin vers chez lui, Super Mario rencontra quatre individus dans des longs manteaux gris. Ils portaient des pantalons gris également et deux d’entre eux fumaient d’énormes cigares, aussi énormes que leur tour de taille. Le troisième était de corpulence normale, mais ne cessait de scruter partout de manière frénétique, renfrogné presque hargneux.  Le quatrième, plus mince, s’avança vers Super Mario qui ne comprenaient pas pourquoi ils lui bloquaient le chemin.

- Nous sommes heureux de te rencontrer Super Mario.

- Qui êtes-vous ?

- (Il pointa le premier obèse.) Lui, c’est Québec Inc. qui voudrait devenir America Inc. L’autre, c’est les lobbys pour la privatisation de tout au Québec. (Il pointa le nerveux.) Lui, c’est l’intolérance contre tout sauf les Québécois de souche hétérosexuels dont les femmes restent à la maison. Et moi, je suis le patronat du Québec.

- Ah bon… Qu’est-ce que vous me voulez ?

- On a vu Super Mario que tu cherchais quoi dire et que tu ne pognais pas beaucoup avec les gens dans ta cour d’école. Rappelle-toi le concours de popularité de 2003, tu t’es fait “clencher”.

- Je sais, dit Mario d’un air piteux.

- Mais nous, Super Mario, on peut t’aider à te rendre populaire.

Super Mario les regarda, fâché :

- Je suis capable tout seul ! J’ai une belle bouille et les gens vont finir par m’aimer !

- Tu crois ?

Les deux costauds lui crachèrent la fumée de leur cigare au visage et le nerveux lui dit:

- La petite Grégoire est partie ainsi que d’autres membres de ta gang quittent peu à peu. Sans compter que tes sondages sont très mauvais.

Il lui tendit une feuille de papier. Super Mario frémit à la vue des chiffres:

- Ah non ! Que puis-je faire ?

- Hé bien, déclara le mince, si tu nous écoutes dans les prochaines années, tu pourrais avoir du pouvoir…

- Oui, je veux du pouvoir !

- Parfait !

Aussitôt, Super Mario eut un mauvais pressentiment. Et si ces hommes abusaient de sa naïveté comme le petit Bourassa à l’époque ? À travers la fumée que les gros continuaient de lui jeter dessus, il vit le mince sortir une grande spirale qui tournoyait…

- Non, vous ne m’aurez pas comme Bourassa ! Je ne serai pas à votre solde !

- Mais voyons Mario, qui te parle d’être à notre solde !

- Vous essayer de me mettre sous votre emprise avec votre roue qui tournoie…

- Mais non ! C’est juste le rapport de la fée Allaire qui défile.

- Ah bon… Pourtant, le rapport ne ressemble pas à ça à mon souvenir…

- Mais si, ça parle d’anti-étatisme, anti-syndicalisme, anti-environnement, anti-justice bonbon sauf pour les entreprises, anti-pauvres…

Super Mario tentait de lutter, mais ce rapport qui tournait, ces mots qui semblaient si doux, la fumée de cigare, la soif de pouvoir…

- Anti-gauche, bref  ? dit Mario à demi-confus.

Le mince sourit, le plan avait marché à merveille. Ils avaient le petit héros sous leur emprise.

- Exact, maintenant, écoute bien ce qu’on va te dire…

Et pendant des mois, Mario répéta sans cesse les messages des quatre acolytes. Au départ, les gens continuaient de rire de lui. Puis, arrivèrent une bande d’étranges dans la cour d’école… Ils demandaient un peu trop d’accommodements pour leurs religions diverses, des demandes parfois rétrogrades. Tous avaient peur et le petit mouton Charest ne savait que faire. C’est alors que, conseillé de ses nouveaux amis, arriva Super Mario. Drapé de lumière, il se présenta devant les étranges et leur dit :

- VOUS NE PASSEREZ PAS !

Aussitôt, la cour de récré québécoise applaudit. C’est alors que vint au même moment le concours de popularité 2007. Les élèves ne voulaient pas voter pour Grandes Dents Boisclair car il insistait pour un référendum, même s’il se trouvait minoritaire. Une idée qui ne plaisait pas aux petits amis qui préféraient rester dans le confort d’une cour de récré dirigée par Ottawa. Quant à Mouton Charest, il était arrogant depuis qu’il était chef de la récré et ils en avaient marre. Certains virent alors Super Mario comme un sauveur, celui qui allait changer le fonctionnement de la cour. Super Mario ne réussit pas à remporter le concours de popularité, Mouton Charest remportant en soudoyant les grâce aux anglophones et les votes ethniques qui n’avaient pas aimé les propos de Super Mario.

Néanmoins, Super Mario était maintenant le deuxième groupe en importance dans la cour. Plein de nouveaux amis – dont plusieurs ne connaissaient malheureusement rien des règles – il se mit à galvaniser l’attention des élèves avec des clips médiatiques chocs et de grandes déclarations sans apporter de réelles solutions. Après tous, ses acolytes de l’ombre disaient que les gens ne comprendraient pas leurs solutions. Bien sûr, certains essayèrent de lui faire voir d’autres points de vue que ceux de ses acolytes, mais il refusait de les entendre. Après tout, seul ses membres influents possédaient la vérité et ils le lui rappelaient souvent à coup de séance “d’influence à peine hypnotique”. Sauf qu’à force d’utiliser leur emprise sur Super Mario, ils abusèrent un peu et il se mit à dire n’importe quoi n’importe quand. Il devint totalement dogmatique à leur cause, au point d’effrayer l’électorat.

Ce qui fit qu’un jour, alors que tout semblait relativement calme, Super Mario s’écria:

- Je veux faire tomber Mouton Charest parce qu’il n’abolit pas les commissions scolaires !

Tous le regardèrent, éberlués. Avait-il perdu la tête ? Ce soir-là, les quatre acolytes de Super Mario l’abandonnèrent et se mirent du côté de Mouton Charest et Castafiore Marois. Son taux de popularité chuta et lorsque Mouton Charest provoqua un autre concours de popularité en décembre 2008, les élèves jetèrent dehors presque tous les amis de l’ADQ. Étant moins d’une dizaine et voyant qu’il avait mis le beau rêve de la fée Allaire par terre à cause de son aveuglement dogmatique, Super Mario déclara alors:

- Je quitte pour le bien de ma gang.

Il quitta, laissant ses petits amis inexpérimentés se débrouiller. Seuls. Lui, de son côté, alla propager son amertume dans un canal de télévision rempli de jeux insignifiants et surtout pas de nouvelles, celles-ci coûtant trop cher. Aussitôt Super Mario parti, ils durent trouver un nouveau chef pour remplacer quelqu’un d’aussi fort… en gueule.

Pendant ce temps, la fée Allaire, déprimée, décida de déchirer son rapport et de se positionner du côté des fédéralistes. Les quelques amis restant de l’ADQ se disputaient entre un ancien ami du patronat (Vieux croûton Taillon) et un autre qui était lui aussi attirés par les chants de sirène des anciens acolytes de Super Mario et même des républicains américains (Extrémiste Caire).

Or, dans la cour de récré, plus personne n’avait d’intérêt pour eux. Et quand Vieux Croûton Taillon remporta par à peine une ou deux voix, dont une fausse faite par un petit coquin de la télévision; des amis quittèrent la gang, trouvant qu’elle ressemblerait trop à la gang de Mouton Charest ou de Castafiore Marois. Extrémiste Caire bouda et décida de torpiller son ancienne gang d’amis en quittant le groupe… il n’était plus que quatre. Vieux Croûton Taillon déclara alors qu’il quitterait son poste lorsqu’un nouveau chef viendra, mais viendra-t-il dans une gang qui n’a plus sa place dans cette cour de récré si serrée ? Ils attendirent et attendirent… en vain. Le groupe se dissipa comme les dernières feuilles d’automne. Au loin, Extrémiste Caire sympathisait avec Dictateur Gendron, un maire qui désirait aussi faire du Québec le cinquante et unième État des États-Unis.

La morale de cette histoire, les enfants, c’est que quand tu bâtis un parti uniquement sur un conte de fée (comme le Rapport Allaire) et que tu te laisses influencer par des forces extérieures sans prendre en compte l’ensemble global et emmener des solutions rassembleuses, tu ne peux bâtir qu’un échec.

La semaine prochaine, nous vous raconterons l’histoire de l’Idiot et la Bête: un ancien coach de hockey sympathique mais bête et naïf se fait entraîner dans les griffes d’une bête conservatrice voulant mettre un peuple à ses pieds. Une histoire d’horreur à glacer le sang.

(Billet inspiré par l’actualité adéquiste, bien sûr, et le billet de Chantal Hébert que j’ai trouvé très drôle. En plus, toujours dans la tendance du rire, je me demande si ma collègue trouve toujours la décision de Taillon hilarante ? En espérant que ce conte la fasse encore rire. C’est drôle, hein ? On a tous parlé de la mort de l’ADQ après le départ de Dumont mais franchement, je ne savais pas que ça viendrait aussi vite.)

Un mur tombait… mais la division est-elle vraiment tombée aussi ?

Il y a 20 ans… La chute du Mur de Berlin. J’avais 5 ans et pour moi, ce n’était rien. Pour mes parents qui avaient connu quelques aléas de la guerre froide (sans véritablement connaître les points chauds comme la crise des missiles de Cuba), c’était 1000 fois plus significatif. Quant à l’Europe… la signification de l’événement était indescriptible.

Bref, 20 ans plus tard, la cicatrice de cette polarisation du monde n’a jamais vraiment été effacée. L’Allemagne de l’est peine encore à rejoindre le niveau de vie de l’ouest. En fait, c’est tout l’Europe de l’Est qui a souffert d’une Union Soviétique trop omnipotente et suffocante et un capitalisme mondial qui ne leur a offert rien.

En fait, aujourd’hui, on célèbre une journée de la fin d’une division… mais est-on vraiment sorti de la division ? Parce que franchement des murs de Berlin, j’en vois qui poussent de plus en plus. Et là, je ne parle pas d’une simple bagarre d’échiquier politique. Je parle de division sociétale profonde.

Regardez aux États-Unis. Reagan disait: “Abattez ce mur, M. Gorbatchev !” Et pourtant, le pays de Reagan est un des pays les plus scindés au monde. On soulignait le premier anniversaire de l’élection d’Obama la semaine dernière… un président élu par à peine au-dessus de la moitié des voix.

Au Québec, c’est la séparation entre Montréal et les régions, en Europe, c’est entre les immigrants et les peuples que ça se déchire. Il y a déchirure entre médias traditionnels et informels (d’ailleurs, je vous invite à lire mon texte là-dessus ici).

Dans la plupart des pays démocratiques, un mur se forme entre les instances politiques et la population et selon le mode de scrutin, ça donne des aberrations comme un maire d’une métropole élue selon les chiffres par 15% d’une population…

Le rideau de fer est tombé, certes. La division dans les peuples est plus grande que jamais. On craint la pandémie de H1N1. C’est drôle, je crains également toutes ces divisions qui pullulent. Non, pas que je cherche le consensus. Il est impossible à avoir. Mais il me semble qu’il y a une différence immense entre divergences et divisions. Car la divergence implique seulement une autre vision que soi, la division implique d’être fermé des autres réalités, elle est sourde à tout autre chant. Et ça, je les crains. Je les crains parce qu’elles ne peuvent mener qu’à une chose: la destruction entre nous.

Patates de sofa ou le militantisme paresseux est-il vraiment efficace ?

Il y a quelques semaines, le thème hebdomadaire du site pour lequel je travaille était: comment peut-on utiliser les médias sociaux d’Internet pour encourager le militantisme ? Dans ma recherche, je suis tombé sur un sujet qui faisait rage sur la Toile dans les milieux anglo-saxons. En effet, certains intervenants des milieux communautaires et humanitaires ont blâmé Internet de créer une génération de militants paresseux qui ne croient qu’un seul clic de souris est un geste citoyen. Au point que depuis 2001 (mais cette année, il y a une multiplication très grande du terme), un néologisme péjoratif est sorti: “slacktivism” (mélange de slacker et activism).

Évidemment, je ne citerai pas tous les éléments de mon article, laissant cette exclusivité à mon employeur. Néanmoins, je me permets de glisser un questionnement que j’ai à cet égard. Avant-hier, j’écrivais sur l’odeur de corruption au Québec, cette sensation de se retrouver en Sicile. Un collège blogueur m’a alors suggéré d’adhérer à un groupe Facebook intitulé : «Québécois pour une ENQUÊTE PUBLIQUE sur la CONSTRUCTION». Forcément, oui, j’y ai adhéré, en conviction avec ce que j’avais écrit. Le groupe propose même depuis aujourd’hui une pétition sur la Toile accessible à tous et qui sera remise à l’Assemblée nationale au cours de l’automne.

Et c’est là que le sujet du “slacktivism” m’est revenu en pleine gueule. Car le militantisme paresseux – si l’on veut traduire l’expression – c’est exactement ça: c’est s’inscrire à des groupes, signer des pétitions en ligne, acheter des bracelets comme ceux de Lance Armstrong pour le cancer, etc. En contrepartie,  une fois ces gestes commis, les militants paresseux ne donnent pratiquement pas d’argent aux causes et ne sortent jamais dans la rue. Bref, c’est la sensation d’aider une cause sans se mouiller.

Et ça m’embête. Non pas que je ne veuille pas signer la pétition – je vais le faire – mais je me dis : mais une fois que j’aurai fait ça, après cela… Quoi ? Je vais rester là à attendre que peut-être Charest daigne y jeter un œil distrait ? Il y avait hier des manifestations dans le monde pour que les pays luttent efficacement contre les changements climatiques. Mais comme Cécile Gladel l’écrivait à la fin de son billet: “Pensez-vous que manifester peut changer les choses?”

Hé bien, je repose la question à l’envers : “Pensez-vous que se servir uniquement d’Internet pour le militantisme peut changer les choses ?” Moi, j’ai des doutes. Évidemment, c’est plus difficile pour moi et d’autres car souvent les mouvements de masse se font à Montréal et à Québec. Mais ce n’est pas une excuse ! Parce qu’il me semble que quand une cause nous tient à coeur, on fait tout pour militer pour elle. M’enfin, c’est peut-être une critique de mon propre militantisme qui n’est pas assez présent.

Sicile P.Q.

-On a trouvé un entrepreneur/politicien honnête. -T'inquiètes pas, on va s'assurer que ça ne dure pas.

Je voulais recommencer à écrire à un rythme plus régulier, mais un vilain rhume (non, ce n’est pas la grippe H1N1) m’a forcé à me concentrer sur le boulot et le repos.

Mais j’écoute les nouvelles et lis les blogues et il en ressort une chose. Vous vous rappelez comment il y a à peine dix ans, on regardait les pays en voie de développement, les pays d’Amérique du Sud et d’Afrique, la Russie, la Chine et d’autres pays en se disant: “Hé, on est don’ chanceux de vivre dans le plusse meilleur pays du monde et jamais on sera confronté à autant de corruption que dans ces pays-là.”

Hé bien, aujourd’hui, après tout ce qui sort jour après jour grâce au travail journalistique,  je me sens Sicilien, Africain, Argentin, Mexicain, Chinois, etc. Bref, bien loin du nirvana qu’on nous vantait quand j’étais enfant et adolescent. Il ne faut pas chercher loin: où il y a de l’homme, il y a de “l’hommerie”. Et dans un système capitaliste qui valorise ceux qui possèdent, pas étonnant qu’on veule toujours plus d’argent et qu’on contourne ce mot contraignant appelé “éthique”.

Parce que disons les choses comme elles sont, à la limite, Tony Accurso a quasiment raison de déposer une poursuite contre Radio-Canada. Après tout, rien dans la loi n’empêche que des instances syndicales soient ami avec le plus influent entrepreneur au Québec. Il n’y a rien d’illégal à ce que des députés, des politiciens, des gens du monde municipal et syndical aillent sur le yacht luxueux du dit entrepreneur. Mais est-ce moral, éthique ? Absolument pas. Et c’est qu’on ne peut rien prouver de ces rencontres en catimini. Peut-être ont-ils seulement pris un bon verre de vin, accompagné de mets fins et d’un cigare en regardant le St-Laurent. Mais il y a peut-être eu aussi collusion, échanges d’enveloppes d’argent et ententes sur le bateau.

Et là, avec les actes du “Fab Fourteen” mises au grand jour, les scandales qui ont affligé la ville de Montréal depuis un an (avec un “SUPER” maire qui a à peu près la crédibilité d’un Jean Pelletier à la Commission Gomery), les frasques immorales de Benoït Labonté (alias “je n’étais pas là quand on a distribué le charisme), la tentative de sabotage des élections municipales à Boisbriand au nom de “la sauvegarde d’argent” (remarquez comment la sauvegarde de la démocratie, ce n’était pas très important pour Lino Zambito et la mairesse St-Jean) et d’autres, on se dit qu’il y a une culture pourrie au Québec.

D’ailleurs, petit paragraphe parenthèse: avez-vous remarqué la connotation italienne des noms qui sortent dans les scandales ? Zampino, Accurso, Zambito… Pas que je veuille jeter la pierre à une communauté en particulier (la corruption ici est autant “de souche” que multiculturelle), mais ça sent la mafia italienne revenue en force en ta…

Forcément, je n’ai pas connu la Commission Cliche avec mes 25 ans tout juste. Je n’ai pas connu cette purge dont on parle encore aujourd’hui. Mais une chose est sûre: je ne verrai pas de Commission de ce genre dans ma vie, je crois. Du moins, pas avec l’attitude actuelle des politiciens. Parce qu’une commission s’intéressant au milieu de la construction, mais également à la collusion des contrats municipaux et gouvernementaux et au financement des partis politiques, ça ne ferait pas tomber que quelques têtes. Ça serait une hécatombe et le PLQ et le PQ le savent trop bien. Ils savent que des irrégularités dans leur financement et avec leurs ministres et premiers ministres pourraient sortir. Alors, ils feront tout pour éviter une enquête publique.

Est-ce à dire que de voter au municipal ne donnera rien ? ABSOLUMENT PAS. Je continue, malgré notre démocratie viciée, à rester un démocrate dans l’âme et le vote reste le seul moyen de se faire entendre. Un lecteur proposait sur le blogue de Patrick Lagacé d’au moins annuler son vote en masse pour envoyer un message clair. Mais cette idée, bien que séduisante au départ, me laisse perplexe. Car elle réalisera le souhait de ceux qui veulent voir certains maires/mairesses passer pour leur bien (alias les corrompus et agents de corruption). Car eux ne voteront pas blanc. Alors, non, il faut vraiment voter pour celui ou celle qui nous semble plus “propre” (remarquez que le mot est entre guillemets).

Si l’on veut vraiment purifier l’air de notre démocratie, il faudra qu’on sorte les amis. En masse. Malgré les risques de grippe H1N1. Quitte à porter des masques, il faudra que la population démontre davantage que par des sondages et des opinions de lignes ouvertes. Parce que c’est ça la démocratie, c’est prendre le droit d’aller dans la rue et d’exiger du gouvernement qu’ils nous entendent. Ça fait trop longtemps qu’on est assis sur notre steak à beugler au téléviseur. Vous voulez une enquête publique comme moi ? Il faut sortir, manifester sa colère, exiger des comptes.

À moins que vous aimiez le fait de vivre dans les intérêts de la mafia, des Hells, etc.

Et le monde tourne

Bon, petit retour sur ce qui a touché l’actualité dans les dernières semaines et mes opinions là-dessus très courtes ou moins courtes . Évidemment, l’actualité a été chaude alors je ne couvrirai pas tout ce qui s’est passé. Seulement quelques événements:

Le petit “tour de chant” de Stephen Harper: OK, ce n’est pas le fait que le premier ministre (ancien pianiste) ait chanté une chanson des Beatles qui m’achale mais le mouvement de “Oh mais y est-tu “cuuuute” !” ou “Oh ça le rend tellement plus humain !” qu’il y a autour. Votre “nouvel ami chanteur”, je vous le rappelle, disait pratiquement il y a un an que les artistes étaient des sangsues, des bêtes en quête de visibilité dans des galas chics. Et là, on le voit dans un gala au profit des jeunes artistes… Et vous aller me faire accroire que ce n’est pas un coup politique planifié ? Ben ouais !

Oh et j’aurais bien publié la vidéo de Harper, mais comment dire, notre comité aux subventions a décidé de refuser sa demander. Pas assez de valeurs canadiennes dans la chanson (chanson britannique) et chez le chanteur aussi à droite socialement que le Parti républicain des États-Unis.

Public vs privé, l’éternel combat des écoles: À cette période de l’année, c’est le moment où l’on se rue sur les examens d’admission du privé. Bien sûr le mouvement populaire veut que point d’école privée, point de salut pour nos jeunes qui seront alors confrontés à la drogue, au sexe et pire, “aux races”.  C’est bizarre car parmi les plus grands drogués que j’ai connus au secondaire, la plupart provenaient… d’écoles privées. Et puis, comment dire, il y a peut-être plus de sexe et de drogue à l’école privée parce que ce n’est pas un club sélect et donc, forcément, il y a toutes sortes d’individus: des cancres profonds aux génies.

Le problème avec le financement de l’école privée à 60%, c’est qu’elle veut les avantages du public (financement du gouvernement) sans les désagréments (élèves à problème, familles pauvres, etc.). Alors, on veut continuer à financer le privé ? OK, mais elles devraient respecter un ratio d’élèves en difficulté et d’élèves moins fortunés dans ses murs (et donc, qui ne paieraient pas).  Quoi ? Mais ça deviendrait une école mixte, presque publique !, s’écrièrent les parents d’effroi. Peut-être mais ça serait mes conditions pour un financement de l’État. Sinon, vous vous débrouillez  comme une véritable entreprise privée ! Mais personne ne pourra se permettre un tel coût ? Pas notre problème ! Parce que pourquoi je paierais pour un système qui peut faire ce qui veut, qui peut choisir qui il veut avec mon argent et à la fois un système qui fait ce qui peut avec les faibles moyens qu’il a ? Certains partisans du privé diront qu’ils paient déjà la taxe scolaire même en envoyant leurs enfants au privé.  C’est vrai. D’ailleurs, je serais prêt à faire une exemption à ces parents: à condition qu’ils paient 2000-3000-4000 $  par année d’instruction pour leur(s) chérubin(s) comme le font tous les parents en Amérique qui tiennent mordicus à éviter le système public. C’est ça le rêve américain, ça coûte très cher.

C’est drôle, hein ? On parle souvent des vaches sacrées que l’on doit modifier au Québec. C’est le motto de l’ADQ d’ailleurs. Pourtant, parmi toutes les vaches sacrées au Québec, celle du financement public d’écoles privées passe sous silence…

Coderre et le PLC : Pas grand chose à dire. Il faut le dire, j’ai toujours vu Denis Coderre comme la grosse mascotte fatigante du Parti Libéral. OK, ouais, elle est bien sympathique au début et pleine de couleurs. Sauf que dans ce cas-ci en plus, elle a une grande gueule, elle ne la ferme jamais et elle a tendance à se lancer devant chaque lentille pour garder sa popularité. Pas étonnant que certains grinçaient des dents avec lui comme lieutenant du Québec.

Quant à Ignatieff, ça a démontré son manque de leadership flagrant et son incapacité à gérer une crise. Qu’est-ce que ça serait s’il était premier ministre et qu’il devait gérer des crises bien plus graves qu’un dodu québécois aspirant à sa “job” ? Plusieurs ne comprennent pas pourquoi la sauce Ignatieff ne prend pas. Peut-être parce qu’on croit qu’elle sent nouvelle, elle a l’air nouvelle, mais elle n’a pratiquement pas de goût, on ne sait pas où ça veut aller et quand il y a un goût, c’est un vieux fond de fédéralisme centralisateur que tout le monde déteste. Oui, la sauce peut prendre de la saveur mais pour cela, ils doivent ajouter des épices (alias des idées, des propositions rassembleuses… pas juste “s’opposer pour s’opposer”) au plus sacrant ! Parce que j’ai bien peur qu’une sauce aussi fade laisse la porte toute ouverte à un Harper majoritaire… Gulp !

Barack Obama, prix Nobel de la paix: J’ai eu deux réactions à cette nouvelle. La première était un sourire en me disant que c’est vrai qu’avec Obama à la tête des États-Unis, le discours international guerrier a changé et tout. Puis, j’ai fait comme: “Ouais, OK, le discours a changé mais pas les actions…” Après tout, ne sont-ils pas encore en Irak et en Afghanistan ? Ils se demandent même s’ils doivent envoyer plus de troupes dans ce Vietnam des années 2000…

Et puis, en un an, son bilan ne m’impressionne guère. Je comprends qu’aux États-Unis, c’est plus facile de déplacer une maison avec la force de ses bras que de faire passer un projet de loi, une réforme, etc. Mais au-delà des beaux discours, il faut du concret. Sinon, ça ne donne qu’un acteur charismatique. Alors, oui, c’est trop tôt le prix Nobel de la paix à Barack. Cependant, on peut se dire que c’est peut-être surtout un prix du style “Merci de ne pas être George W. Bush”.  Là-dessus, oui, il le mérite.

La bébelle de Guy mission humanitaire de Guy Laliberté dans l’espace: Comprenons-nous bien. Guy Laliberté n’a pas volé son argent. Il l’a pleinement mérité. Il a le droit de faire ce qu’il veut avec son dû. Donc, il a les moyens de se payer un voyage dans l’espace et il l’a fait. Parfait. Le gars est milliardaire, mais donne 1% de son revenu à sa fondation One Drop. C’est TRÈS peu, mais c’est vrai que rien ne l’oblige théoriquement à le faire.

Là où je décroche, ça a été tout le battage médiatique ici sur ce fameux spectacle qui eut lieu vendredi passé et qui franchement… était une grosse pub du Cirque du Soleil avec – oh je l’accorde ! – beaucoup de moyens, mais très longue et ennuyeuse et qui a servi à quoi au fond ? Parce que c’est bien beau dépenser des millions de dollars sur un spectacle supposé sensibiliser sur l’eau, de rassembler David Suzuki, Al Gore, U2 et d’autres artistes et militants dans le monde, mais quand le show ne passe à la télévision que dans quelques pays et sur des chaînes anonymes (genre, ici, à RDI)… Il me semble que l’impact équivaut à une goutte dans l’océan, sans jeu de mots. Oui, OK, il y avait Internet, mais franchement, je n’ai pas ressenti un mouvement de soulèvement populaire de protection de l’eau et pour que tous aient accès à de l’eau. Je suis même convaincu qu’il y a quelque part en fin de semaine, un “twit” qui a profité de la belle fin de semaine pour laver son entrée de garage…

C’est qu’à ce prix-là, pourquoi ne pas avoir simplement injecté tout cet argent dans la fondation One Drop ? Ou pour créer un documentaire coup de poing sur la question de l’eau ? Je pensé sincèrement que j’aurais préféré que Laliberté dise simplement: “Je me paie un “trip”, je vais dans l’espace. Ça a toujours été mon rêve depuis que je suis gamin.” Plutôt que d’essayer de camoufler cela sous un couvert philanthropique qui s’avère être davantage des coups d’épée dans l’eau plus qu’autre chose. Et non, ce n’est pas de dénigrer le gars, ce n’est pas pour “démoniser un riche”;  c’est juste qu’au bout du compte, on se demande s’il n’aurait pas été préférable que le tourisme spatial passe incognito plutôt que de nous faire croire à un événement MONDIAL et incroyable… qui n’a finalement pas réuni grand monde.

Bon, et on fait quoi ?

Maudite grippe H1N1 ! Dieu que ça doit faire l’affaire des politiciens ! Parce qu’avec la panique créée autour de la supposée deuxième vague à venir et toutes ces infos contradictoires, on ne sait plus où donner de la tête.

Se faire vacciner ou pas ? Certains disent que le vaccin à la va-vite, qu’il est donc plus dangereux que le virus lui-même, y en a même qui disent que le vaccin sera un produire qui fera un génocide, stratagème de compagnies pharmaceutiques (quoique ça, comment dire, je doute pas mal de cet argument). De l’autre côté, on dit que le virus s’attaque encore plus durement aux gens de mon âge, que les conséquences peuvent être plus dangereuses si une grande partie de la population ne se fait pas vacciner.

Mais bon, il n’y a pas d’obligations de le prendre. Sauf que… Moi, je vis avec quelqu’un qui a une maladie pulmonaire. Cette personne n’aura pas le choix de se faire vacciner pour la maladie comme elle doit le faire de toute façon pour la grippe saisonnière. Sauf que je me demande si ça ne serait pas plus prudent de le faire aussi, éviter que le virus court chez moi, question de ne pas mettre en danger la personne en question.

De l’autre côté, et si on s’énervait le poil des jambes pour rien ? À ce que je sache, la saison de grippe durant l’été (l’hiver dans l’hémisphère sud) dans les pays du Sud n’a pas été plus mortelle qu’à l’habitude. Et puis, rappelez-vous la panique du virus du Nil il y a 7 ans. On ne pouvait plus sortir dehors l’été sans chasse-moustique selon les “experts”. Et aujourd’hui, le virus est pratiquement invisible et même les oiseaux sont rendus immunisés !

Alors, est-ce la pandémie n’est pas déjà amorcée ? Celle de la peur ? De l’autre côté, peut-on vraiment prendre le virus à la légère ? Vous voyez le dilemme… En tout cas, vivement qu’on arrête de prendre des bribes d’informations à droite et à gauche pour faire des suppositions alarmistes. Peut-on avoir de l’information rigoureuse à ce sujet s’il vous plaît ? Ça serait déjà un bon remède à la confusion actuelle.

Polanski est coupable

Ce billet va prouver à quel point il m’arrive aussi de pencher à droite dans ma vision des choses. Faut bien que je fasse du Martineau de temps en temps. ;) Non, c’est que j’ai l’impression que ce mouvement de sympathie envers le cinéaste Roman Polanski, arrêté dimanche en Suisse, est un peu trop grand.

Vous le savez, je déteste le deux poids deux mesures. Alors quand je vois certaines personnes prendre la défense de M. Polanski alors que je m’excuse, mais il a commis le même genre d’acte envers une fillette de 13 ans qu’un certain Guy Cloutier a fait à une Nathalie Simard à l’époque et pourtant, ces mêmes personnes ont traîné – avec raison – l’ancien producteur dans la boue, je ne comprends plus rien.

Ah, c’est vrai ! C’est Polanski, cinéaste supposément raffiné (excusez-moi, mais s’il a fait des chef-d’œuvres, je le concède, il a aussi fait des daubes genre The Ninth Gate ou un énième remake de Oliver Twist), le genre qui fait baver les critiques alors que Guy Cloutier produisait des gros shows gras de popularité, des artistes populaires et des shows télé où l’utilisation de neurones était facultatif (et j’avoue que ce n’est faux là aussi).

Donc, si je comprends bien: c’est t’es un gros dégueu populiste, t’as pas le droit de violer une jeune fille. Mais si tu es un cinéaste oscarisé et plébiscité par les critiques, ah là, permets-toi toutes les conneries que tu veux mon homme ! On va te défendre !

Honte à Cassivi et Lussier !

Je pense que la cerise sur le gâteau, ce sont les réactions de Marc Cassivi et Marc-André Lussier qui osent prétendre qu’un festival de films, ça devrait être comme dans une église, tu as une immunité face à la police. Euh… NON ! Déjà que je ne comprends toujours pas pourquoi quelqu’un qui va se réfugier dans une église est à l’abri de la police…

Alors, si je comprends leur logique, un producteur/réalisateur/scénariste/acteur tue quelqu’un volontairement pendant un festival de films, on devrait laisser tomber les accusations ? Ben quoi, ça s’est passé pendant un festival de films ! Alors, c’est génial, à Cannes, à Venise, à Berlin, à Namur et même à Montréal, pendant quelques semaines dans l’année, si vous faites partie du monde cinématographique, vous avez le droit de commettre tous les actes criminels répréhensibles par la loi et on n’a pas le droit de vous arrêter ! C’est le fun, hein ? Belle jurisprudence que ça fait.

Je suis conscient effectivement que son arrestation en Suisse était un peu… moche et surprenante. Surprenante parce que ça fait des années qu’il vit en France, comment ça se fait qu’on ne l’a pas arrêté plus tôt ?!! Surtout que le gars s’est déclaré coupable ! Sauf qu’après une quarantaine de jours en prison, il a fui. Ça lui tentait plus. Car ça a beau être le réalisateur de The Pianist, mes amis, ça reste un FUGITIF !

Et ça n’a rien à voir, contrairement à ce que dit Cassivi, avec la liberté d’expression. On ne parle pas d’un cinéaste qui fait un film dont les propos ne plaisent pas à quelques pays. On parle d’un gars d’une une quarantaine d’années qui s’est amusé à badiner avec une jeune fille de 13 ans (pas 16, 17 ans sur le bord d’être majeure… 13 !!!) et l’a violée, s’arrangeant pour la droguer  afin qu’elle soit “consentante”.

Oui, mais la victime dit qu’on peut abandonner les poursuites. Euh… à ce compte-là, y a bien des criminels qui seraient dans les rues car bien des victimes abandonnent en cours de route par peur de représailles ou découragées du processus. Or, c’est la société qui poursuit M. Polanski, pas la chère dame.

Oui, mais c’est une erreur de jeunesse. Wô ! Depuis quand violer une fille de 13 ans fait partie des “erreurs de jeunesse” ? Conduire saoul ou faire du “car surfing”, oui. Consommer un mélange d’un paquet de drogues ensemble, oui. Baiser avec une fille/un gars sans condom pour un “one night stand”, oui. Voler un dépanneur, oui. Violer une mineure… Hum… Me semble que ça ne fait pas partie du processus normal. En plus, peut-on parler d’erreur de jeunesse ? Le gars avait les 40 ans dépassés quand c’est arrivé !

Oui, mais il vient d’une époque qui était libertine sur le plan sexuel / mais il a vécu des choses terribles comme sa femme enceinte se faisant assassiner par Charles Manson. OK, oui, c’est vrai que son passé a été dur. Mais à ce compte-là, y a bien des criminels qui ont un passé terriblement dur (abandon parental, toxicomanie, inceste, etc.). Devrait-on tous les acquitter ? Et puis, ne me sortez pas l’argument de l’époque de la libération sexuelle ! Parce que si vous me sortez cet argument, je vous demanderais: comment réagiriez-vous si, hypothétiquement, je vous disais que je viens d’un milieu où il était bien vu à chaque semaine d’éventrer des bébés chats et percer l’hymen des jeunes filles avec un couteau de chasse ? Me pardonneriez-vous le fait que j’attaque des jeunes filles avec un couteau en raison de cela (ce que je ne fais pas, c’est un exemple) ? Non, hein ? Vous feriez bien ! Heureusement, d’ailleurs, que je ne viens pas de ce genre de milieu. ;)

Oui, d’accord, il n’a fait qu’une victime. OK, ça fait un bon bout de temps et la justice pourrait lui donner un pardon. Sauf qu’il faut qu’il assume et aille justement devant la justice pour le demander. C’est pas en restant en Europe comme un fugitif qu’il va s’aider et je ne trouve pas qu’on envoie un bon message en disant aux agresseurs sexuels: hé, les gars et les filles, si vous êtes des génies dans votre domaine, on va vous pardonner vos actes répréhensibles car on vous aime bien !

Je suis d’autant plus traumatisé de voir les réactions françaises qui défendent gros comme le bras le cinéaste qu’ils avaient accueilli sous leur aile. Euh… C’est quoi ? En France, c’est bien vu de coucher avec des filles de 13 ans ?

Bon ben sur ce, pendant que vous me traitez de vieux réactionnaire coincé, je vais aller subir une douche de “démartineausation”. Parce que ouf, c’est dur d’écrire avec la veine sortie du front comme ça. ;)

R.E.P Falardeau: un défenseur de l’indépendance n’est plus

Pierre Falardeau (1946-2009)

Il y a toujours un moment dans l’année où deux personnalités hollywoodiennes meurent dans un court de laps de temps entre les deux et deux personnalités québécoises meurent qui font la même chose. Pour Hollywood, il y a eu en juin dernier la mort de Farrah Fawcett et d’un certain MJ (quoique la mort de Swayze aussi a fessé fort il y a peu de temps). Ici, en deux jours coup sur coup, c’est le décès tragique par suicide de Nelly Arcan et là, ce matin, le choc encore: Pierre Falardeau n’est plus.

Bon, je l’avoue je n’étais pas le plus grand fan du cinéaste. J’ai toujours trouvé imbuvable la série des Elvis Gratton et certaines des déclarations incendiaires et à l’emporte-pièce du réalisateur ont nui au mouvement souverainiste en décourageant les souverainistes mous, ceux qui branlaient dans le manche et qui se sont, pour beaucoup, tournés vers l’ADQ. Mais, il faut reconnaître que ses documentaires de l’époque étaient très forts, son film sur 1789 et sur la crise d’octobre ont été des intéressants reflets de notre nationalisme et il avait le mérite de, à défaut de rallier les Québécois, de galvaniser les tranches souverainistes convaincues et d’avoir défendu sa cause jusqu’au bout.

Malheureusement, ce foutu cancer lui aura ôté la chance qu’il voit de son vivant la souveraineté du Québec (quoique soyons honnêtes et pessimistes: pour l’instant, pas comme si c’était à l’horizon… ou ça l’est, mais c’est loin l’horizon). Évidemment, ils ne le diront pas, mais les fédéralistes rigolent de sa mort par en dedans. C’est, bien que tordu, de bonne guerre. Après tout, n’avons-nous pas tellement joui intérieurement lors de la mort de PET ?

Alors, M. Falardeau, où que vous êtes, on vous souhaite de pouvoir vous reposer de cette lutte ardente et de  savoir quand on l’aura notre pays. ;) En espérant que la réponse ne soit pas : jamais.

Par contre, je sais que vous m’en voudriez. Pas pour mes réserves face à vous, mais plutôt le fait que “j’ai plogué l’article annonçant ma mort en pigeant sur le site de Radio-Cadenas câlisse” ! J’aurais bien aimé le piger sur Le Devoir, mais le site ne parle pas de votre décès pour l’instant et quant à Vigile.net, il plogue l’article de Cyberpresse (sic).

Alors je me suis qu’entre Radio-Cadenas et Power Corporation, vous préféreriez le premier.

Un peu de cynisme dans le cas de Lacroix

Source: Blogue des conseillers

Pauuuuvvvre Vincent Lacroix ! Notre homme qui a déclaré coupable ce lundi aux 200 chefs d’accusation qui pesaient contre lui – évitant ainsi de devoir dévoiler où est allé l’argent des 9200 investisseurs – s’en veut. En effet, il aurait transmis une lettre de 2 pages à Alain Laforêt, journaliste à TVA qui a suivi toute l’affaire (surtout le procès pénal puisqu’il n’y aura pas de procès criminel, juste une condamnation).

Il est très amusant de lire les propos de l’homme et de les regarder avec cynisme:

Au procès pénal, j’ai voulu éviter un procès, mais je n’ai jamais accepté l’offre qui était une sentence au-dessus de cinq ans……

Ah donc, déjà, ça part mal. Le gars écrit une lettre aux investisseurs pour s’excuser, mais dit derechef que jamais il n’a voulu aller en prison plus que 5 ans en plaidant coupable… Hum, on sent vraiment TOUTE LA CULPABILITÉ QUI L’HABITE !

Je suis complètement terrassé des GRAVES MALHEURS et PRÉJUDICES FINANCIERS ET MORAUX que je vous ai causés.

Première nouvelle: depuis quand ? Parce que durant le procès pénal, vous aviez plus l’air baveux qu’autre chose, niant les faits systématiquement.

J’ai été mégalomane et complètement hypnotisé…

Par qui ? Les danseuses de Chez Paré ? C’est là que vous auriez dépensé vos 115 millions d’ailleurs ? Si oui, j’espère que ça valait la peine, qu’elles vous ont fait la totale. Parce que si c’est seulement en danse à 10$, ça serait de nous faire croire que vous avez eu 11 500 000 danses. Un chiffre légèrement incroyable.

Je me suis battu pour que les procédures soient en ordre, non pas pour ma non-culpabilité.

Ah j’imagine que c’est pour ça que vous avez tenté 2 FOIS de faire annuler votre procès criminel ? Pour ne pas éviter votre culpabilité ?

J’ai fait une faillite personnelle et corporative, ce qui signifie que je n’ai plus d’actifs. Tout est entre les mains des syndics … POURQUOI ON NE VOUS DISTRIBUE PAS L’ARGENT QUI SE TROUVE CHEZ LES SYNDICS?

C’est une foutue de bonne question Vincent (tu permets qu’on se tutoie et que je t’appelle Vincent ?), mais dis-moi pourquoi ne leur demandes-tu pas de le faire aux syndics ? Et il y aussi une autre question – cynique mais probablement réelle – est-ce possible que le syndic n’ait pas cet argent que tu as mis dans un compte “offshore” inaccessible ? Ou peut-être dans des résidences que ta famille refuse de vendre ?

En attendant le recours collectif, cela pourrait alléger vos souffrances. TOUT ÇA AU NOM D’UNE JURISPRUDENCE PLUS DURE.

Une jurisprudence que tu t’évites en plaidant coupable tout de suite, n’est-ce pas ?

MES ENFANTS NE VEULENT PAS ÊTRE VUS EN PUBLIC AVEC MOI.

J’espère bien, cibole ! Déjà que si tu avais, selon ce que tu as dit à ton procès, des tendances à boire beaucoup, travailler souvent et aller aux danseuses, tu devais déjà être un père médiocre. Alors, il ne faut pas croire qu’ils vont être fiers de voir que leur père a fraudé 9200 personnes pour 115 millions de dollars. Disons que ça ne doit pas être facile pour eux de porter le nom de Lacroix, surtout qu’il sont peut-être en contact avec des enfants et des petits-enfants des victimes de ta crosse.

Tout comme je l’ai mentionné à un homme qui voulait me faire payer le scandale Norbourg, tu peux me frapper mais tu ne peux pas me tuer, JE SUIS DÉJÀ MORT.

Ah, je suis d’accord avec ça. Tu devais effectivement être mort, même avant les événements. Parce que pour voler les économies de petits épargnants pour ton profit personnel et ce sans remords comme tu l’as fait, il faut être assez mort de l’intérieur. On appelle même ça de la psychopathie mon homme.

Ah, on me dira que Lacroix a des remords. Bien sûr, comme quand Guy Cloutier a plaidé coupable. Ça sonne toujours bien des excuses publiques avant une représentation sur sentence dans quelques jours. Ça permet à l’avocat de la défense de plaider le facteur atténuant des “remords”.

Sauf que des vrais remords, à mon avis, ça commence dans les moments après que le geste pas correct a été posé. Pas des années plus tard, à quelques jours et quelques semaines d’une sentence.

Si je serais prof de françès…*

*J’espère qu’on a compris que j’ai fait ces fautes exprès…

Bon, c’est un des sujets qui retient l’attention ces jours-ci. Le fameux test de français que les enseignants doivent passer depuis cet automne fait des victimes. Uniquement cette semaine, on rapportait qu’il avait eu le scalp de 14 étudiants de l’université de mon patelin, celle de Sherbrooke.

Ouch !

Pas fort comme dirait ce chroniqueur. Certains ont dit qu’il s’agissait des conséquences d’une génération pour laquelle on a abaissé les standards pour passer son année scolaire. Hé ho ! On se calme ! C’est vrai qu’il y a et a eu du laxisme au Ministère de l’Éducation… Sauf que je suis désolé mais je viens aussi de cette génération-là. Le gars dans l’article de La Tribune que j’ai cité plus haut a exactement mon âge. Pire, en regardant son nom et sa photo, je me suis rappelé que j’étais allé dans la même école primaire que lui et dans la même classe de mon souvenir !

(Note à part: c’est incroyable cette semaine comme je n’arrête pas de voir et d’avoir des nouvelles des gens qui se sont retrouvés dans mon passé… Dimanche, c’était un ancien ami – dont je me serais passé de la présence – à un restaurant. Hier, à la télé, je vois un collègue de Cégep que j’ai beaucoup apprécié jouer à un jeu télévisé… Et là, aujourd’hui, ce gars du primaire qui étudie en enseignement… ou plutôt, pas vraiment, étant donné qu’il a coulé son examen de français. :( )

Bref, pour en revenir à mon propos, je viens aussi de cette génération et c’est bizarre car, dans mon cas, je n’ai jamais eu de professeurs étant laxistes sur le français. Je ne suis pas le fruit de la réforme, elle s’est amorcée alors que j’avais quitté le primaire. Même au secondaire j’ai eu droit aux termes NORMAUX (comment ils ont osé éliminer les termes “complément d’objet direct” dont on se rappelait très facilement le fameux code COD ou COI pour complément d’objet indirect ?) dans mon apprentissage. Alors, excusez le terme anglais, bullshit que c’est une question de génération. Mes professeurs ont toujours exigé de moi et de chaque élève un français irréprochable.

Évidemment, ça ne veut pas dire que certains de mes camarades n’ont pas eu le français en horreur. Après tout, il faut le dire, j’étais reconnu pour être une “bolle” en français. Et justement, même si mon français oral n’est vraiment pas parfait, que mon français écrit contient parfois quelques lacunes et coquilles, je considère que je fais de véritables efforts pour écrire et parler comme il se doit. Personne n’est parfait, j’en conviens, mais il est normal d’exiger des professeurs que leur français soit bon. Déjà qu’avec une note de passage de 70%, on ne demande pas la mer à boire non plus.

Je serais curieux de passer le test, voir s’il est “SI DIFFICILE” qu’on le dit. Parce que, pour les deux questions que j’ai vues, c’était franchement pas si dur. Suffit de se servir de son gros bon sens. Mais bon, je ne passerai pas le test puisque JAMAIS je ne deviendrai professeur. Je sais qu’on ne doit jamais dire jamais dans la vie, mais dans ma tête, c’est clair. Ah bien sûr: je crois avoir le français pour le faire et on parle tout d’un même d’un emploi stable. On aura toujours besoin de professeurs. Ça serait un cheminement logique aussi. Du côté de ma mère, mise à part celle-ci, la plupart des membres de ma famille sont ou ont été professeurs dans divers niveaux scolaires (du secondaire à l’université).

Mais non.

Premièrement, pas question que je retourne 5 années sur les bancs d’école (ce qui veut dire 5 années d’endettement) à devoir étudier des réformes scolaires qui ne cessent de changer. Pas question que je passe mes journées dans une classe surpeuplée et indisciplinée (et que tu ne peux pas discipliner à ta guise sans le risque d’avoir les parents sur le dos) où je devrai continuellement me battre pour les intéresser (et moi qui peut devenir vite impatient quand je le veux…), me battre avec des collègues plus ou moins âgées qui n’ont pas la même vision que moi de l’éducation, me battre avec des parents qui vont forcément être contre moi, contre une direction qui va m’obliger à rouler sur un budget tellement minuscule que les seules sorties que je pourrais faire avec mes élèves seraient des excursions au dépanneur du coin et à une commission scolaire et un syndicat qui vont être prêts à me caler si je ne suis pas à la lettre les directives du Ministère de l’Éducation (et ce, même si au final, les élèves apprennent ce qu’ils doivent apprendre à leur niveau). Je n’ai pas envie de niveler par le bas (comme on le fait par exemple avec l’apprentissage de l’histoire au Québec), je n’ai pas envie d’être un robot qui se répète d’années en années sans fantaisie, je n’ai pas envie de devoir jouer le rôle de psychologue, d’intervenant social, de juge, de nutritionniste, de père, de mère, de curé, de rabbin, d’imam auprès d’enfants qui trouveront comme seul remerciement de mes services de me menacer d’appeler la DPJ. Ça me lève le coeur de devoir penser à enseigner des termes que je ne comprends pas (voir COD plus haut), de justifier des bulletins complètement ridicules et des réformes qui ne prennent pas en compte les besoins de TOUS les intervenants en éducation – pas juste les enfants. Finalement, je n’ai vraiment dans le goût d’exercer un métier méprisé par la majorité de la population qui, au lieu de regarder sa société en trouvant la poutre qui a dans l’œil de celle-ci, préfère tout blâmer sur les profs parce qu’ils sont jaloux des deux mois de vacances.

Alors, pénurie, pas pénurie, oubliez moi ! Je salue le courage des professeur(e)s et les soutient de tout mon cœur, mais je serais incapable de faire ce que vous faites. Pas dans un système aussi pourri, pourri par un peuple qui veut tout sauf se cultiver et niveler par le haut.